l-V ZOIAVE
de celle foi , que l'idéal qu'elle rêvait n'était réalisable que dans la seule classe où se trouvenl les barons.
Septembre arriva.
Celle fois, ce fut Paiileux qui, le premier, alla trouver la baronne.
— Avant de faire venir M. le baron, débuta-l-il du Ion le plus gracieux, il sérail peut-être sage de causer un peu en chilïies.
— Chiffres...
— J'aime ma fille et compte lui donner, en la mariant, une belle dot...
— Excellent père !
— Mais j'ai la ferme volonté que son mari lui apporte autant au moins qu'elle apportera. Si c'était plus, ça m'est égal...
— D'argent comptant?
— Ou de valeurs représentant de l'argent... Que voulez-vous ? je suis liounne d'alTidres !
— Mais mon (ils est baron, M. Paiileux I
— Je fais grand cas de ce titre, madame la baronne, et nous l'estimerons ce (|u'il \iiiil. Hostera ensuite à compléter lu différence,
— Aslolphe est précisément k celte heure chez
r;^ loiAVK. 429
l'un de nos parenis... pareiil éloigné, il est vrai... mais qui doil lui laisser un fort Joli patriiuoin^^ et qui se trouve présenlenienl à la dernière extrémité...
— Parfait! conclut Pailleux. Vous me tiendrez au courant de la santé du cousin!...
Huit jours après, le baron de Follavoine écrivait que le cousin était mort en lui laissant une solennelle bénédiction pour tout héritage.
— Comment allait se retourner notre maîtresse intrigante?
Bien que l'indifférence lui eût déjà médiocrement réussi, pour se donner au moins le loisir de la réflexion, elle essaya d'une feinte rupture.
Lorsque Pailleux revint de lui-même demander des nouvelles de l'héritage, auquel, au fin fond du cœur, il s'intéressait effectivement assez fort, la Follavoine prit tout à coup de grands airs révoltés. Spéculer ainsi sur la mort d'un parent, d'un ami, quelle horreur ! Faire dépendre l'union de deux cœurs d'une question d'arirent... quel manque de délicatesse! Ah!... lorsque la baronne de Foila-» voine avait eu la sotte grandeur d'.inie de vouloir condescendre à accepter mudemoi^ellc Pailleux pour
130 r?ï ZOUAVE,
belle-fille, elle s'alteiKniil h lui Irouver des pnreiils plus nobles de senlimenls, plus dignes de s'enlendre avec elle î
El eenl autres phrases à l'avenanl, pour compléter l'effet de celle fulgurante apostrophe.
Quelque perspicace que fut Pailleux, il n'y comprit, celte fois, rien du tout, et se relira tout abasourdi.
Néanmoins, la baronne altendil et bouda vainement toute une quinzaine; Pailleux ne revenait pas.
Que résoudre ^.. que décider?...
Aslolphe, d'un autre côté, commençait à perdre patience, et ses créanciers aussi. Le mariage pressait.
Madeleine attendait bien son idéal baron, ainsi que b'S juifs allondcnl encore le Messie; et chaque fois qu'un noiiveiiu roman allumait l'orage dans sa Jeune imagination, elle ouvrait bien vite à deux ballants toutes les fenêtres de son cœur.
F:illait-il fair*' venir enliu l'impalient Astolpho fl Tcxliiber tout i\ coup, de quoli|ue dramaliquo faeon, aux regards prévenus en sa faveur de In it'une liiiciiii' m (|uèle de son roman '
La Follavoine connaissait bien Madeleine; elle JBvail que, lorsque Thérilière aurait au cœur un r«^el et robuste amour, on aurait en elle le plus puissant, le plus victorieux des auxiliaires !
Oui... mais Aslolphe, par malheur, ne réalisait aucunement les conditions du personnage principal. Il était pelit, il était laid, il était sot. Pour qu'on l'acceptât comme héros de roman , il fallait qu'il restât sagement dans son nuage; pour le faire aimer, il était ess'»nliel qu'on ne le connût que de très-loin ; pour qu'il inspirât une forle passion , il était nécessaire qu'on ne le vil pas.
Tout cela devenait, comme on pense, assez difficile.
La baronne chercha nonobsinnt et trouva.
Sitôt que mademoiselle Pailleux fut réintégrée au pensionnat, notre inlriirante alla rendre visite à la pédagogue, sa complice, et par hasard rencontra Madeleine au parloir.
Comme d'habitude, la jeune fille s'empressa \ers i'Wo.
La Follavoine détourna vivonx^iit la tète et f'Mpnit de vouloir l'éviter.
— 0 mon Dieu! demanda la jeune pension-
i52 vn ZOUAVE.
naire en lui prenant les mains, est-ce que vous
m'en voulez? Est-ce que vous ne m'aimez plus?
— T'en vouloir, chère enfanl ! se récria la baronne avec loules les apparences de la plus douloureuse contrainte... ne plust'aimer... bien au contraire! Et d ailleurs ce n'est pus la faute... à loi !
— Ma faute... De quoi s'agil-il donc?
— Sans l'avoir voulu, ma bonne Madeleine, sans le savoir peut-être... tu me rends la plus infortunée de toutes les mères!
— Moi ?
— C'est un mystère que j'ai promis à les parents de ne point te dévoiler.
— Un mystère?
— Plus un mol!... j'ai juré... Non... non... ne m'interroge pas, ma fjlle !
Naturellement, Mad(.'leinc insista, câlina, supplia.
Le désespoir parul arracher enfin à la baronne un aveu.
— Kh bien ,... (il-elle avec efTorl... eh bien ,... sache dune ce secrol :... mon (ils le baron...
— Le baron ?
IN ZOCAVE. 433
— Le baron Aslolphe ! Madeleine... le noble baron de Follavoine...
A ces trois habiles baron, la jeune romanesque avait soudain dressé l'oreille.
— Enfin? demauda-t-elle, déjà d'avance palpitante.
— Il l'aime î
— Grand Dieu î
— Il l'adore... il en devient fou... il en mourra certainement!
Quelque savamment porté que fût le coup qu'elle venait de recevoir en plein cœur, quelque flatteusemenl émue qu'elle se ressentit dans tout son élre, Madeleine eut le bon sens de demander cependant :
— Mais comniefil cela se pcul-il... madame?... je ne le connais pas...
— Il le connaît, lui! reprit la baronne en essuyantune fausse larme, il l'a vue... mon enfant... partout il suivait U'S pas...
— Où cela!... quand donc cela? lit naïvement la jeuiic (ille.
— 0 mon Dieu... mon Dieu! sanglota sponla-
némenl la machiavélique comédienne. Pauvre ba- 3. 9
ronî niallieureux fils... elle ne l'a pas même remarqué...
— Mais où donc?
— Partout... à la campagne, derrière les haies en fleur... au bord de la mer, blolli dans les rochers de la falaise... mais le soir seulement... toujours la nuit! Il est timidement poétique, mon Aslolphe î
— Astolphe!
— Dans celle ville enfin... chaque dimanche... à l'église... caché dans l'ombre d'un pilier... devant Dieu!... Madeleine... cesl devant Dieu qu'il osait seulement l'aimer!
— Ah!
El la jeune fille, les yeux levés vers la voûte, porta subilemenl la main h son cœur.
La préface était finie; elle lenait enfin le premier chapitre de son roman.
Sitôt qu'il eut la parfaite conviction de cette passion fatale, continua notre feuilleton vivant sans remettre la suite au prochain numéro, sitùl que ccl invisible sylphe (|ui Nolli^'cail sur ses pas sentit qu'il tout jamais c'en était fait de son cœur... 'oin de se montrer à loi, comme eût fail un amant
vnlgaire... il vint che\aleresqueraent rue Irouvcr, €l me dit...
Ici la Follavoine prit un temps, plus perfide encore que n'eussent été d'immédiates paroles.
— Que dil-il? ne tarda pas effeclivemenl à demander récouleuse suspendue à ses lèvres.
— « Noble ei tendre mère, mon âme s'est éprise d'un de ces amours qu'on prétend ne plus être de notre époque... J'aime pour la vie... Allez trouver les parents de celle jtune fille aux cheveux d'or, et demandez-la-Dioi pour femme!... »
— El... vous?
— J'y allai ! car on a pieusement conservé dans nos vieilles familles ces patriarcales et franchis coutumes qui seules s'harmonisenl avec le véritable et saint amour.
— Oui... oui...
— Ouil... malgré la dislance qui te sépare d'Aslolphe... ô trop funeste jeune fille! entraînée par la profonde sympathie que tu m'inspirais, convaincue d'ailleurs qu'il y allait des jours de mon malheureux fils, j'allai loyalement trouver M. Pailleux.
— Eh bien?
156 i':v zoLWE.
— Ton père n'est pas ce que îu penses, ô Madeleine ! Ion père est riche, irès-riche , trop riche!... El nous, de toutes nos splendeurs englouties dans l'abinie des révolutions, il ne nous reste plus que le titre illustre, que le nom sans lâche de nos aïeux ! Madeleine, ion père refusa...
— Ciel !
— Il refusa de façon à ne permettre aucun retour, à ne nous laisser aucune espérance!
— H se pourrait!
— Il se peut! Je ne me prononcerai pas ici sur cel impitoyable et sordide orgueil... M. Pailleux est voire père, Madeleine, vous devez le respecter jusque dans ses égarements, jus(jue dans ses turpitudes... I
— Madame la baronne?
- Si ce n'était que cela... mon Pieu!... mais il lit plus encore !.. .
— Quoi donc, madame... quoi ?
— .Vbusaiit de nuire ln>p e,\i)uise chevalerie, de noire ilésifiléressemenl pur trop oiiblieu.x df 5oi -même...
— Kxpliqucz-vous... de grâce...
It ZOUAVE. l^J
— Il sut arracher au baron de Follavoine la douloureuse promesse de s'éloiirner à l'inslant, de parlir, de renoncer même à l'innocenle consolalioii de l'eiitrevoir parfois, ô Madeleine! de le suivre de loin, de l'aimer en silence!
— Pauvre baron! ne pul se défendre de murmurer à demi-voix la jeune flile alîendrie, pauvre Aslolphe !
L'aslucieuse mère comprima aussitôt un mouvement de satisfaclion et de plus bulle poursuivit :
— Quant à moi, chère et pauvre enfant, il exigea que je lui fisse le serment de ne plus le revoir— et voilà pourquoi je voulais l'éviltr— surluul de ne rien te révéler de celte malheureuse passion que lu ignorais encore... Madeleine... que lu eusses ignorée toujours... si lu ne m'avais arrêtée, suppliée, forcée de le tout dire... Mais tais-loi du moins!... tais-toi \is-à-vis de ton cruel père qui m'accuserait d'avoir manqué à ma parole... oneques cela ne s'est dil de la parole des Kollavoineî lais-loi même a\ec ta mère, un bon cœur, celle-là... mais trop simple pour nous comprendre... a\ec loul le monde, lais-loi... Mado-
138 Vf zouwR.
leine... Il fauTnie le promellre, il faut me le jurer à ton tour... Oh ! lais-loi!
La jeune fille éplorée promil sincèrement Jura tout ce qu'on voulut.
— Adieu ! lui dit solennellement alors la baronne. Ainsi qu'un preux des anciens jours, le bjiron de Follavoiiie a déjà fui , eniporlaiit dans son cœur le trait mortel qui Ta blessé!... Je vais le joindre, mais sans espoir de le guérir... je pars à mon tour... cl je ne reviendrai jamais... non... jamais... Adieu, loi quMI ne m'est plus permis de nommer ma fille... adieu! Garde du moins un pieux souvenir aux deux exilés que tu auras faits et qui ne cesseront de s'entretenir de loi sur la terre étrangère! Pense parfois au tendre et malheureux baron que lu ne dois jamais connaître ! Adieu... Madeleine... adieu ! Prie pour Aslolphe !
El c'est là-dessus qu'elle sortit!
Puis, sitôt qu'elle cul entendu la porte se refermer sur elle, avec quelle soudaine transformation de physionomie, avec quelle hilarante el Iriomphanle Krimiice elle se dit :
— Bien joué, bironne! Le l>ailleux n'a qu'à se ItMiir muihienanl... sa lille est prise... bien prise!
c:t ZOUAVE. 139
El s'il fallait un dernier coup de langue, la maîtresse de pension le donnera !
Pauvre Madeleine! ce surcroît de féminine rouerie était superflu pour l'accaparer le cœur!
Et qu'on n'accuse pas ici notre héroïne de trop de naïveté, de crédulité, de sensibilité.
En premier lieu, la baronne de Follavoine avait toutes les apparences d'une véritable grande dame, et passait incontestablement comme telle dans tout le déparlement.
Puis Madeleine avait été si bien étudiée, si parfaitement préparée, si merveilleusement intéressée, captivée, enivrée par le suprême coup de maître de la baronne!
A partir de celte heure-là, si son idéal, si son héros n'eut pas une forme bien précise encore, il eut du moins un nom : il S'appeia Astolphe!
Astolphe... c'était un nom de roman. Il prit immédiatement la place de tous les héros amoureux qu'avait alternativement adorés Madeleine; il réunit en lui seul, en lui seul il résuma toutes leurs tendresses, tous leurs dévouements, toutes leurs fijiélités. L'enthoiisiasle rêveuse s'en lit un compagnon invisiblement assidu... un sylphe, comme
liO rn ZOUAVE,
avait dit la baronne. Elle lui parlait tout bas dans une sorte de recueillement religieux, elle l'encourageait, elle le consolait, elle en rêva... (il faut bien, bon gré mal gré, qu'on en arrive à nous croire...) elle finit par l'aimer... N'avait-elle pas commencé par le plaindre !...
D'ailleurs, l'institutrice n'élait-elle pas toujours là, répélant à propos de tout :
— Astolpliea faitceci !... Aslolpbe disait cela !... Astolplie avait coutume d'agir ainsi!... Voilà une pensée, un trait, des vers dignes d'AsIolpbe !... Spirituel Aslol|)he!... délicat Astolphe!... généreux Aslul|)lie!... intrépide Aslol|)lie!... chevaleresque Astolphe!... ô malheureux!... 6 Idéal Astolphe!...
Je vous dis, moi, que si tout cela eût été dit el fait ouvertement, tout haut, il ne se fût pas trouvé dans tout le pensionnat une seule pensionnaire qui ne fui devenue passionnément amoureuse de cet invisible prince charmant sous lequel se cachait un Riquet ù la llouppc, de cet Amadis inconnu, de ce Lauzun, de cet oiseau bleu qui se nommait Astolphe!
Quelqu'un cependant) ril|)u désabuser Madeleine,
r\ ZOUAVE. m
objeclera-t-on... la désillusionner à lemps... l'éclairer...?
Mais qui? Sa maîtresse? elle élail dans le comploi... des amies? elles y fussent toutes entrées le plusinnoeemmentdu monde... son père? sa mère?... elle avait juré de ne leur rien dire... et d'ailleurs, quelque exclusivemenlqu'ellesesùtaiméepareux... hélas! nous l'avons établi plus haut, ce n'était pas là que pouvaient s'épancher ses confidences de jeune fille!
La baronne, enfin, reparut encore une fois.
Toujours par hasard, chez une des amies de la maîtresse de pension chez laquelle celle-ci avait mené par hasard Madeleine...
— Eh bien ?... demanda-t-elle vivement... Astolphe?
— Il existe encore... mais il a failli mourir!... je tremble toujours de le perdie....\h î si du moins, Madeleine, il pouvait parfois te voir... fût-ce même de très-loin... mon pauvre fils serait sauvé!
— Que ne revient-il ici !
— Y songez-vous, mademoiselle ? il a promis à votre père... le baron de Follavoinea juré!
— C'est vrai!
Ii2 TN ZÔrAVE. '
— D'ailleurs... ici... dans une ville de province... à Caen... impossible... Ah !... si lu pouvais venir à Paris, Madeleine !
— A Paris...
— Là, tout reste secret... là, je saurais trouver un moyen... là seulement tu peux me rendre mon fils!...
— El vous nie répondez...?
— De loulî
— El vous êtes certaine qu'AsloIphe... ?
— Foi de mère !
— Eh bien ! fit Madeleine après un silence... eh bien !... comptez sur moi... jMrai...
La Follavoine n'en demanda pas davantage ; l'accent résolu de Madeleine, l'énergique éclair dont avaient brillé tout à coup ses grsJtids yeux noirs, garantissaient le succès.
Mais, en revanche, le moment épineux arrivait où il allait falloir absolument montrer Astolphe.
— Bah ! bah ! se dit la baronne... nous avons dit de très-loin... on aura soin que i'enlrevue ail lieu lonjonrs au crépuscule... idem plus lard, lors de la présentaiit'i! (inicicllc. L'imagination de la péro-
t5 ZOLAVE. 145
nelle suppléera, je le gage, à loules les réalités qui maiiqueronl à son idéal !
A quelque temps de là, le Pailleux el la Follavoine se rencontrèrent.
L'un et l'autre ils avaient fort envie de renouer, car, il faudrait bien se garder de le croire, Pailleux n'était nullement antipathique à l'alliance projetée. Le litre de baronne lui agréait énormément pour sa fille; l'influence de la Follavoine l'avait déjà puissamment secondé dans son ambition, et dans tous les cas, tout en allongeant la courroie, il comptait bien s'en servir encore; comme tout le monde, enfin, il lui supposait une certaine aisance, el visait principalement à ce qu'elle s'en dessaisît le plus possible en faveur des jeunes époux. Bref, il faisait une affaire, il marchandait, il allait prêter une dot et voulait ses garanties. En attendant, avare de sa (ille non moins que de ses écus. il ne montrait ni ses écus ni sa tille. Si elle allait trouver le baron Irop à son goût, si elle s'avisait de l'aimer... peste! Pailleux c.jnnaissail trop sa Madeleine pour ne pas éviter la lutte... .Non... non... pas d'imprudence î... L'affaire avantngeusenif'nt conclue d'abord, le contrat moralement signé entre les parents... ensuite,
\H C?l ZOUAVB.
seuiemeiit, la première rencoiilre, l'enlrevue expérimeiilative, el. comme dans les mariages orientaux, le dévoilement de ia fiancée... voilà loul uniment ce que voulait Pailleux!
La Follavoine s'en doulail bien, héUis! Or, comme elle n'avait point d'argent à exhiber, elle exhibait d"abord son baron... à l'insu bien entendu du vieil harpagon... et spéculait sur une romanesque passion, sur l'indomptable volonté de Madeleine, pour contraindre ces diables de chiffres ù reculer devant les amours !
Là était toute la question, toute la partie entre la Follavoine et le Pailleux.
Ce fut lui qui, de son masque le plus avenant, entama le premier l'entretien.
— Madame la baronne, dit-il, a témoigné tant d'intérêt |)our ma fille, pour son éducation , que je crois de mon devoir de la prévenir d'un changement de pensionnat , d'un déplacement même... assez coûteux...
— Où va donc mademoiselle Pailleux? demanda la Follavoine d'un air encore quelque peu pincé.
— A Paris!
— Ah!
. l> ZOUAVE. 145
— C'est l'erifanl qui me l'a demandé, qui l'a voulu... par amour pour la luusique, pour le piano, sur lequel elle devient en effet d'une force très-brillante. Dans quelques jours elle part.
— Très-bien, Pailleux... Vous avez eu grandement raison... Paris... il faut Paris, telle a toujours été mon opinion... Cette chère Madeleine, du reste, n'y sera pas seule., puisque j'y suis! J^irai la voir, si toutefois vous le permettez, je puis même la faire sortir chez moi...
— Pardon! interrompit vivement Pailleux.
— Quoi? Gt la Follavoine qui restait en suspens, la bouche en cœur, le regard en flèche.
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