‹ Une académie sous le DirectoireChapitre 34 sur 54 · Né à Fréjus le 3 mai 1748, morl à Paris le 20 juin · texte numérisé non relu

Né à Fréjus le 3 mai 1748, morl à Paris le 20 juin

le tiers-état ? — Moyens d'exécution dont les représentants de la France pourront disposer en 1789.

Ces brochures n'étaient pas improvisées sous l'impulsion de l'opinion publique. Sieyès avait longuement et mûrement réfléchi, et il s'était formée par l'étude et la méditation, des doctrines qu'il exposait dans un style sobre, clair et didactique, et qui furent celles de toute sa vie. Son écrit sur le tiers état eut un succès prodigieux, parce qu'il reposait sur une idée juste, qu'il répondait à une passion ardente, et qu'il se résumait en une formule claire. « Qu'est-ce que le tiers-état? Tout. Qu'a-l-il été jusqu'à présent dans Tordre politique? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose, v II demandait plus que cela; mais, en 1788, il se contentait de l'égalité pour commencer.

Sieyès fut élu membre des états généraux. Il s'y montra, dans les journées décisives de 1789, non pas un des premiers, mais le premier. Le clergé et la noblesse s'obstinaient à délibérer séparément; il dit au tiers-état : « Vous êtes l'Assemblée nationale ! » Le roi faisait donner aux députés l'ordre de se séparer; il leur dit : « Nous sommes aujourd'hui ce que nous étions hier : délibérons. t> Après avoir fait échec aux deux aristocraties et au roi, il effaça

jusqu'au souvenir des vieux privilèges provinciaux en divisant la France par départements et en la soumettant à une administration uniforme. Au lieu d'une volonté calme et d'une ambition toujours dominée par un égoïsme prudent, donnez-lui l'éloquence, l'amour du bruit, et autant d'audace dans Faction qu'il en avait dans la pensée, et il égalera les plus grands de ses contemporains en puissance et en renommée. Mais il ne lui plut pas de lutter de front contre les erreurs de la Révolution ; il s'effaça, pendant les années terribles, moitié par dédain, moitié par peur : a, Silence coupable }d, avait dit Mirabeau à la tribune. Non seulement il se taisait; mais dans certaines circonstances solennelles, otj il fallait beaucoup risquer pour bien voter, il votait mal. Lui qui, à la république, préférait la monarchie, « parce qu'elle donne plus de liberté au citoyen » , vota la mort du roi. Il la vota sans phrase, et on lui mit dans la bouche ce mot (c la mort sans phrase » qu'il n'avait pas prononcé. On lui demandait ce qu'il avait fait sous la Terreur. Il répondit : « J'ai vécu. > Quand il y eut un peu d'ordre et de sécurité, il consentit à se. mêler aux affaires du dehors, non à celles du dedans. Il refusa une première fois la place qui lui fut offerte dans le Directoire. Il y entra

pourtant sur la un, et voyant que les hommes et la constitution étaient également impuissants^il songea à faire une constitution conforme à ses idées, et rêva d'y jouer le premier rôle. « Il me faut une épée, dit-il. » Ce ne pouvait être que Bonaparte. Bonaparte vint et ne se laissa pas faire sa part. Il prit tout. Sieyès rentra pour jamais dans le silence; mais, cette fois, en s'assurant le titre de sénateur et de gros revenus. C'était un homme dont toutes les pensées se tournaient en dogmes, et toutes les défaites en abdications. II fallait toujours qu'on acceptât sa pensée ou sa démission. Il fut exilé sous la Restauration, et mourut à quatre-vingthuit ans, silencieux jusque dans la mort, car il n'a laissé aucun mémoire.

Sieyès au début de sa vie était enlré dans le clergé, comme on y entrait le plus souvent à cette époque, c'est-à-dire qu'entre plusieurs carrières, il avait choisi celle-là : c'était toute sa vocation. Même quand il était chanoine en Bretagne ou vicaire-général à Chartres, il lisait Locke et Condillac plutôt que des livres de théologie. Les électeurs pensèrent à lui pour le siège métropolitain de Paris : il les avertit qu'il n'accepterait pas. Il disait : a Je n'ai jamais ni prêché ni confessé. » Quand on lui demanda le

) novembre de livrer ses lettres de prêtrise, il pondit qu'il n'en avait plus; qu'il avait déposé jpuis plusieurs années tout caractère ecclésiasjue, qu'il ne connaissait d'autre culte que celui ! la liberté, ni d'autre religion que celle de l'huanité et de la patrie. Il se montra assez assidu X séances de la seconde classe de Tlnstitut, mais est probable qu'il ne prit que peu de part aux ivaux de la section. A la première constitution du ireau, il fut élu président. On lui donna un vicéésident contre l'usage (Grégoire). Il fut d'ailleurs sent de France en 1798, comme ambassadeur à rlin, et il ne rentra que pour faire partie du rectoire. •

G reuzé-La touche* était un membre de la Contuante et de la Convention, qui avait voté contre mort du roi et le décret du maximum. Il fit ente successivement partie du conseil des Anciens, conseil des Cinq-Cents et du Sénat conservateur. e rendit utile dans ces diverses assemblées par connaissances spéciales en matière d'agriciile et de finances. Ses rapports et ses discours sur subsistances, sur le dessèchement des étangs, et

• Né à Ghatellerault (Vienne)» le 18 septembre 1749, mort à X (Vienne), le ?3 octobre 1800.

surtout sur le commerce des grains, alors soumis à des restrictions et à des prohibitions extrêmement déplorables, et pour lequel il réclamait la plus grande liberté, le désignèrent au comité d'instruction publique de la Convention pour la section d'économie politique. Il est naturel aux assemblées délibérantes de s'exagérer la valeur desservices rendus dansleurs commissions et leurs bureaux. Greuzé-Latouche avait publié en 1783 un écrit intitulé : DeVunim de la vertu et de la science dans un jurisconsulte^ et, en 1790, une bonne description topographicpie du district de Ghâtellerault. C'est avec ce mince bagage qu'il entra à l'Institut ; d'autres membres de la fondation y furent plus déplacés que lui. Son principal titre philosophique est sans doute d'avoir inspiré à la commission de constitution, dont il était membre, l'idée de placer une déclaration des devoirs à la suite de la déclaration des droits. Il donna lecture à la classe d'un Essai sur la tolérance philoso* phique et Vintolérance religieuse^ inspiré par les idées de Jean-Jacques. Tout le monde alors était en philosophie générale avec Jean-Jacques ; en philosophie spéciale, avec Condillac. Creuzé-Latouche était un vrai patriote. C'était un galant homme dans la vie privée et un modéré dans la vie publique. Il

mourut en 1800. Champagne a dit de lui, dans la notice qu'il lui a consacrée, et qui fut lue dans la séance publique du 15 germinal an X, que sa manière d'aimer le peuple était de vouloir qu'il fût heureux; « mais, disait-il, l'aimer, ce n'est pas adopter ce qui lui plaît, c'est faire et' dire ce qui lui est utile » .

Dupont de Nemours* s'appelait en réalité Dupont, et il fut député de Nemours à l'assemblée constituante. Delà ce nom de Dupont de Nemours. Après avoir beaucoup voyagé, beaucoup publié, rempli avec talent et surtout avec dévouement divers emplois, secondé Turgot peïldant son ministère avec la passion d'un sectaire et le zèle d'un ami, Dupont avait pris une imprimerie à son compte; il était même imprimeur de l'Académie des sciences, et il prenait sur la firme de sa maison le titre de Dupont, député de Nemours. C'était un monarchique et un libéral, mais c'était surtout un disciple de Quesnay et ufa philanthrope. Voici comment le dépeint Lacretelle dans son Histoire du Directoire : € Aimable, enjoué, éminemment courageux, plein d'honneur, né pour le travail, susceptible de beau-

1. Né à Paris le 14 décembre 1739, mort dans rÉtat de Delàware, le 6 août 1817.

coup d'illusions et sur les hommes et sur les événements, enclin à l'esprit systématique, il croyait toujours marcher vers un âge d'or que la raison enfanterait; mais Piiijustice et le crime le rendaient bouillant d'indignation. II paya sans doute tribut à l'erreur; mais je n'ai pas connu d'homme plus porté à sacrifier, soit au bien public, soit à Tamitié, les intérêts de sa fortune cl ceux même"* de sa gloire. » C'est un portrait charmant, et on peut ajouter qu'il est fidèle, car tous les contemporains lui ont rendu la même justice. Voici encore deux mots qui ^le peignent bien. Pendant l'émeute du iOaoût, il accompagnait Louis XVI dans le trajet des Tuileries à l'Assemblée, et lui faisait une barrière de son corps : « Monsieur Dupont, lui dit le roi, on vous trouve toujours où l'on a besoin de vous. > L'autre mot est de Turgot, qui Taimait tendrement et connaissait bien ses qualités et ses faiblesses. « Dupont sera toute sa vie, disait-il, un jeune homme d'une brillante espérance:.» Il est très vrai qu'il eut toute sa vie le courage et l'activité de la jeunesse. La longue persécution qu'il subit, la privation de nourriture et de sommeil pendant qu'il se cachait pour échapper à la Terreur, les angoisses de la prison, l'exil n'ôtèrent rien ni à ses illusions

L'ÉCONOMIK POLITIQUE. 317

ni à son courage. Il se retrouva lout entier au conseil des Cinq-Cents. Étranger, sous l'Empire, à toute fonction publique, il multiplia ses écrits en tous genres avec une fécondité étonnante. Il fut en 1814 secrétaire du gouvernement provisoire qui prépara la Restauration ; puis, après le retour de nie d'Elbe, croyant sa cause définitivement vaincue, il prit son parti en brave, et retourna en Amérique; il y mourut deux ans après, âgé, mais non pas vieux; il agit et il écrivit jusqu'à la fin avec l'exubérance et l'imprudence de la jeunesse. Il eût fait des œuvres plus solides et plus durables s'il avait été plus sévère pour lui-même. Ses nombreux ouvrages ont les qualités et les défauts d'une conversation brillante.

Il est évident que tout devait rouler sur Dupont de Nemours et Rœderer, dans la section d'économie politique; car on ne pouvait raisonnablement compter sur des hommes tels que Sieyès, Talleyi'andetmêmeLacuée. Dupont de Nemours se mit résolument à la besogne. Il communiqua à la classe de nombreux extraits d'un ouvrage qu'il a publié sous le titre de Philosophie de Vunivers. Il n'était pas athée, comme Naigeon, Volney, Cabftnis; il n'était pas non plus déiate à la façon

de Rousseau et de Bernardin de Saint-PieiTC.

Voici comment il parle de Dieu dans un mémoire où il rend compte de La chaîne des êtres^ par Bonnet, c Partout oùrintelligence se manifeste, il y a un Dieu. Il y en a un dans le polype et peut-être plusieurs ; il y en a un très respectable dans l'éléphant; il y en a un admirable dans Thomme; il y en avait un sublime dans Confucius, dans Locke, dans Newton, dans Turgot; il y a le dieu des dieux dans Tunivers. 9 II lut un mémoire sur Tesclavage des nègres et sur l'utilité de former des établissements à la côte d'Afrique pour la culture du sucre par les nègres libres; un autre, bizarrement intitulé : Des courbes politiques^; un autre, dont le titre n'est pas moins étrange : Pourquoi la plupart des chemins so7ît tortus, et pourquoi il est rare que les hommes et les gouvernemens marchent droit; un autre qu'il appelle Le Serpent^ ou Commentaire sur le second chapitre de la Genèse^ d'autres sur le Shastavendumy le Bonn de Hesch, et plusieurs questions de mythologie orientale. A la séance publique du 15 nivôse an V, il lut un mémoire

1 . Il s'agît de l'impôt et de la production représentés par deux courbes, de manière à former ce qu'on appellerait aujourd'hui un tableau graphique.

sur la Sociabilité et la Moralité des chiens^ des renards et des loups. C'était une de ses singularités de croire à l'intelligence et à la moralité des bêles, et il a fait plus d'une dissertation sur leurs sciences, leurs institutions sociales et leur langage. Enfin, en l'an VII, il fut nommé pour six mois président de la classe.

Il lut cette même année, le 22 ventôse, un mémoire sur le Nombre des écoles primaires que Von doit établir. Il voit clairement la difficulté, qui consiste à priver les parents des services de leurs enfants, ou du revenu qu'on peut tirer d'eux en les employant à un métier. Il propose de faire de petites écoles très rapprochées des familles, ouvertes à rheure où le travail est terminé, inspectées plutôt que dirigées par le maître, et dans lesquelles un élève plusavancéserviraitde moniteur à huit ou dix commençants. Le jeudi, il y aurait une leçon du maître lui-même pour toutes les écoles ou sections, qui ce jour-là seraient réunies. C'est le fameux système d'enseignement mutuel, qui devint si célèbre au début de la restauration. Mais il insiste surtout, et par des raisons péremptoires, pour qu'on établisse une école par commune, et non pas, comme le proposaient quelques personnes, une école par

canton. Il montre fort bien qu'il ne s'agit pas seulement deFinlérêt des Tamilles, mais de celui de l'État, de sa richesse, de sa puissance. Il demande que les instituteurs soient bien payés. Il fixe le minimum à cinq ou six cenls francs, en demandant qu'il y ait des traitements beaucoup plus forts. Il accepte, comme propre à entretenir le zèle des maîtres, la division en traitement fixe, et en revenu proportionnel au nombre des élèves. Il soutient que des instituteurs bien payés et bien traités par la République formeront d'honnêtes gens et de bons patriotes.

Au moment où il lisait ce mémoire, il se disposait à quitter momentanément la France dans l'intérêt de ses études économiques. L'amour des voyages l'avait ressaisi. Un de ses biographes prétend qu'il voulait s'éloigner pour échapper définitivement aux vengeances des partis et à une forme de gouvernement qui ne garantissait pas la liberté individuelle. II avait été un moment désigné pour la déportation^ aprè^ le 18 fructidor, et il n'avait évité les déserts de Sinnamari, que grâce à la courageuse amitié de Chénier. Peut-être ces appréhensions bien naturelles avaient-elles pénétré dans son cœur intrépide. Il est plus vraisemblable

que l'amour de la science le poussait, car il avait l'habitude de braver le danger, ou plutôt de ne pas l'apercevoir. L'Institut, d'après le décret organique, devait nommer tous les ans six de ses membres pour voyager ensemble ou séparément et faire des recherches sur les difîérentes branches des connaissances humaines autres que l'agriculture. Dupont de Nemours se fit nommer et partit, sans compagnon, pour TAmérique. Ce ne fut pas un voyageur négligent. Sa correspondance commença avec son voyage. La classe entendit le 17 vendémiaire an VIII, une lettre écrite par lui de l'ile de Ré, à bord de l'A igfie ammcaiw. Il fut décidé que « la lettre du citoyen Dupont, qui prouve sa belle âme, sa sensibilité, son attachement à l'Institut, et ses regrets d'en être éloigné, serait inscrite en entier au procès-verbal, et qu'il lui serait fait réponse ».

Les mémoires se succédèrent rapidement. 11 envoie à la classe la description d'un mollusque qu'il croit être la Scyllœa pelasgica de Linné ou la Scyllœa margaritacea de Bosc; un mémoire sur la force des courants du golfe du Mexique; d'autres sur la nature de la côte à l'est de l'Amérique septentrionale, sur des îles et îlots à l'embouchure de

THudson, de la Passaïk et du Rariton, sur la formation de Teau dans les corps animés, sur les végétaux, les polypes et les insectes; un mémoire étendu Sur le jardin que la République possède en Amérique, Ce dernier mémoire était accompagné de difîérents échantillons que Dupont de Nemours proposait d'acclimater en Europe. Nous trouvons encore un mémoire, envoyé des États-Unis, sur la théorie des vents. Il rentra en France en 1802, et passa dans la troisième classe de l'Institut à la réorganisation qui eut lieu Tannée suivante.

LacuéeS après avoir été quelque temps capitaine de cavalerie, avait siégé à l'Assemblée législative, où il votait avec les modérés. Il fut parmi les modérés pendant toute la Révolution, et parmi les plus préoccupés de leur sécurité personnelle. Il avait publié quelques écrits militaires, par exemple un Guide de l'officier particulier en campagne y ou connaissances nécessaires pendant la guerre aux officiers particuliers, C'estaussi des questions militaires qu'il s'occupa à la tribune, et plus rarement, mais avec une égale compétence, des questions fînan-

1. Né à La Massas, commune d'Hautefage (Lot-et-Garonne), le 4 novembre 1752, mort à Paris, le 14 juin \Ui.

cières. Il remplit plusieurs emplois importants dans Fadministralion de la guerre et fut même proposé pour la place de ministre. Il entra dans la conspiration du 18 brumaire et resta depuis invariablement attaché à la fortune de Bonaparte qui l'employa grandement et le combla d'honneurs et de faveurs. Il était connu, dans la seconde partie de sa vie, sous le nom de comte de Gessac. Cessac était le nom de sa terre, il avait même porté dans sa jeunesse le nom de chevalier de Cessac; il fut fait comte par Napoléon. Il est difficile de dire pourquoi il fut appelé dans la seconde classe de l'Institut en 1795, et comment il se trouva plus tard membre de l'Académie des sciences morales et politiques et de l'Académie française. II fut une fois président de la seconde classe, et deux fois secrétaire; il fît aussi partie de diverses commissions. Je trouve de lui, à la séance du 7 nivôse an VI, une lecture Sur la Force armée; mais il ne paraît pas qu'il ait communiqué d'autre mémoire, ou fait personnellement aucun rapport de quelque étendue. A la Législative, Lacuée avait défendu les prêtres réfractaires dans la mesure de ce qui était possible. Il est mort, en 1841, dans les sentiments d'une grande piété.

Talleyrand * a été tout, et a élé mêlé à tout dans sa longue carrière. Ce qu'il a été le moins, c'est académicien. On aurait dû le mettre dans la section de législation, où l'appelaient le rôle qu'il avait joué à la Constituante, et le célèbre rapport sur rinstruction publique, qui est à la fois une loi et un livre. Il ne faut pas croire cependant qu'il fût déplacé dans la section d'économie politique. II avait acquis, dans l'administration des affaires du clergé, dont il était agent général avant la Révolution, une connaissance approfondie des questions de finances. C'était un de ces esprits studieux, réfléchis, actifs, qui comprennent vite et bien, ne se contentent pas d'à peu près, ne s'occupent que du côté pratique des choses, le discernent avec facilité, le jugent avec bon sens et en tirent rapidement toutes les conséquences utiles. 11 sembla, dans les commencements, qu'il allait être un membre assidu et zélé. Il lut deux grands mémoires, qui furent très justement remarqués, et il accepta la place de secrétaire; mais il venait à peine de commencer ses fonctions, quand le Directoire lui confia le ministère des relations exté-

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