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Né à Paris le 22 février 1723, mort le 6 septembre

menée une Histoire de France à près de quatrevingts ans, et la pousse jusqu'à quatorze volumes. Son principal ouvrage est YEsprit de la ligue.

Dacier ^ n'appartenait ni au monde des philosophes, ni à celui de la politique. Il dut son élection â la réputation qu'il s'était justement acquise par ses travaux d'érudition, et à sa place de secrétaire perpétuel de l'ancienne Académie des inscriptions ^t belles-lettres. Il était membre du corps municipal de Paris au commencement de la Révolution, et fut chargé d'organiser les finances de la ville d'après les nouveaux systèmes. Il montra, dans ces fonctions, une telle capacité, que Louis XVI, qui connaissait d'ailleurs ses sentiments monarchiques, lui offrit le portefeuille des finances; mais Dacier ne poussa pas le dévouement jusqu'à l'accepter, et se hâta de rentrer dans son obscurité et de revenir à ses chères études.

Gaillards qui fut élu membre de la seconde classe en même temps que Dacier, appartenait comme lui à l'Académie des inscriptions. Il était de plus membre de l'Académie française. C'est

1. Né à Valognes (Manche) le 1" avril 1742, mort à Paris le 4 février 1833.

2. Né à Ostel (Aisne) le 26 mars 1726, mort à Saint-Firmin Oise) le 13 février 1806.

l'auteur de la Rivalité de la France et de l'Angleterre. Sa vie politique peut être résumée d'un seul mot : il était l'ami de Malesherbes.

Raynal et Gaillard ne firent que paraître sur la liste des titulaires de la seconde classe. Raynal mourut le 6 mars 4796; mais en apprenant son élection il avait envoyé sur-le-champ sa démission, fondée sur son grand âge. On lui donna pour successeur Bouchaud*, qui lui-même n'avait pas moins de soixante-dix-huit ans au moment de la fondation de l'Institut. Bouchaud, professeur de droit naturel au Collège de France et membre de l'Académie des inscriptions, était arrière-petit-neveu de Gassendi du côté maternel. Gaillard donna sa démission, comme Raynal, en alléguant pour raison qu'il ne pouvait se résoudre à quitter Chantilly où il demeurait. Il entra pourtant dans la troisième classe, comme membre résident, sept ans plus tard, à l'époque de la réorganisation de l'Institut par le premier consul. L'Institut admit son excuse en 1795, et le nomma, dès l'année suivante, associé non résident de la seconde classe. Il fut remplacé comme titulaire par Legrand d'Aussy*, ancien jé-

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