‹ Une académie sous le DirectoireChapitre 4 sur 54 · Le 2 avril · texte numérisé non relu

Le 2 avril

OU plutôt le discours de Chamfort, qu'il devait s'approprier en le prononçant du haut de la tribune, fut publié par le véritable auteur. C'était une diatribe violente, une condamnalion accablante. Chamfort, dans ce discours qui devait prendre une telle importance en passant par la bouche du grand orateur, appelait l'Académie française « une école de servilité et de mensonge ». A peu d'années de là, de nouvelles académies devaient démontrer au m onde que ce n'est pas seulement dans la monarchie traditionnelle qu'il y a des écoles de servilité! Il lui reprochait d'être «inutile »; accusation déjà ancienne, puisqu'on en trouve la trace en 1777, époque où l'on parlait de la réunir à l'Académie des inscriptions*. Tout ce que Chamfort accordait à l'Académie française, c'était de ne pas coûter trop cher*. Elle n'entrait pas pour beaucoup dans le déficit. Elle était la moins coûteuse des inutilités. Il proposait en conséquence de la supprimer avec toutes les autres académies, ou plutôt de l'anéantir; car c'est le terme dont il se servait.

Mirabeau, en grand esprit qu'il était, professait

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