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NOTICE SUR L'ÉGLISE DE SAINT-CLÉMENT

DE CWLAON.

Dans un précédent article nous croyons avoir prouvé l'existence à Craon d'un établissement gallo-romain dont le centre civil était très probablement placé au sommet du coteau nommé les Provenchires : nous avons dit n'y avoir trouvé que d'insignifiants débris de poterie. Depuis, on nous en a procuré beaucoup d'autres rencontrés non auprès de renceinte circulaire que nous avons décrite,^ais t>eaucoup plus bas et provenant des habitations placées entre le pied du coteau et la rivière : c'est à ces habitations qu'a succédé évidemment le village de Blocbet (1).

Nous avons aussi prouvé que sur le coteau opposé à

(1) Les preuves d*an établissemeot gallo-romain à Craon se multiplient de plus en plus : on vient de nous procurer une pièce d'or trouvée très certainement aux PrôTenchères. Elle a 20 millim. i/2 de diamètre; imparfaitement ronde; bombée du côté de la tête, concave au revers. Or jaune pâle.

Au droit, tête grosse, laurée, cheveux bouclés et courts. La cou^ ronne est attachée par des bandelettes se terminant par i glands. Une de ces bandelettes vient horizontalement onduler sur le bas de la joue. Cette pièce nous paraît ressembler singulièrement aux statères de Ph lippe 11 de Macédoine. On sait que les Gaulois s'efforcèrent de les imiter, mais les gravures que nous avons vues des statères leur donnent 17 millim. et ont pour revers un bige, tandis que le revers de la nôtre semble avoir été couvert de divers objets allégoriques très difficiles à distinguer, même à la loupe. Cependant on croit y reconnaître une tête de bœuf, une amphore, un arbre, etc. Ces objets sont en relief très (iemx ainsi que la tête. Du reste nulle inscription, et nul cordon sur les bords.

celui des Provenchères avait existé uo temple gallo-romain dédié à Mars-Mulion, et qu'à ce temple avait succédé une église dédiée à saiat Clément, mais à quelle époque a été bâtie cette église ? — En d'autres termes, à quelle époque le culte des idoles a-t-îl fait place à celui du vrai Dieu dans cette partie de TÂnjou ?

Vers Tan 57Q, Chilpéric, roi de Soissons» aidé par les Augevins, faisait la guerre k Guercb, roi de Bretagoe. Ennius, évéque de Vannes, s'interposa pour Caire la paix. Le prélat plut tellement à Chilpéric, que ce prince l'engagea à venir gouverner le diocèse d'Angers alors sans pasteur. Ennius, touché de compassion à la vue de nos populal ions encore plongées dans l'idolâtrie, tandis que nos voisins les Arviens. devenus Diablintes-Cénoraaos , possédaient depuis le yv siècle plusieurs églises, entr'autrès Cômes et Cossé sur nos frontières, ât venir saint Martin de Verlou (Vertavensis) , breton d'origine , e^ le chargea de porter les lumières de l'Évangile avec la civilisation dans les cantons A'outre-Mûine, c'est à dire dans notre pays. Ce saint abbé, après avoir rempli sa mission avec un succès digne de son zèle, mourut en 601. Le Lion qu'il avait évangélisé et plusieurs églises aux environs de ce bourg le prirent pour patron. Remarquons que le Lion (Legio) était comme Craon un ancien établissement romain, et qu'il est infiniment probable que le saint missionnaire dut principalement porter ses travaux sur ces centres primitifs de populations.

Remarquons encore le grand nombre de pai^oisses de nus environs qui ont saint Martin pour patron : Athée, Ballols> la Chapelle, Cherancé, Loigoé, la Selle, Saint-Martin-du- Limet, Pommerieux, Simple et Ménil. Lors même que le patron de ces églises ne serait pas saint Martin de Verlou, mais saint Martin de Tours, on peut croire que ces nouvelles paroisses copfondirent souvent dans leur vénéra*

lion le patron de leur fondateur et leur fondateur luimême (1).

D'autre part, Grégoire de Tours, qui parlé aussi de saint Martin de Vertou, dit que de son temps ( 559 - 593) un homme nommé Floridus et une femme de Craon (ex vico Camoensi in Andegavo territorio) furent guéris à Candes sur le tombeau de saint Martin de Tours ; cet homme qu^on avait été obligé d'apporter, avait les pieds et les mains contraclés (2).

Puisque Craon avait une population chrétienne au milieu du VI* siècle, comment ne pas penser qu'il devait celle transformation au saint missionnaire envoyé par Ennius dans ce même temps; que les nouveaux chrétiens, dans la ferveur de leur zèle, renversèrentle temple de Mars-Muliou , avec ses débris construisirent notre première église, et cachèrent dans ses fondations la pierre dédicatoire dont nous avons parlé dans notre première notice, dont l'inscription n'était plus pour eux qu'un honteux souvenir d'idolâtrie?

Ce qui pour nous achève de démontrer l'existence de cette première églisedu vr siècle, ce sont quelques débris qu'on aperçoit encore dans le jardin de l'ancien prieuré (cure actuelle). Leurs ornements en zig-zag ou dents du scie et entrelacs grossiers appartiennent évidemment au style latin ou roman primitif; ces débris en calcaire oolithique semblable à la pierre de l'inscription, ne peuvent être confondus avec ceux de la reconstruction faite par le prieur

(1) Le Pertre (Itle-et-Vilaine) à 6 lieues plus au nord que nous, était un monastère bâti par Clovis II (638-656) en Thonneur de saint Martin de Vertou (Annales des Bénédictins citées par Tabbé Foucher).

(2) Lit. 11/ chap. 48 des miracles, etc. La forme latine des noms Horidus et Taurus, Tauricus de IMnscription, donne à croire que la population dç Craon comprenait plusieurs Romains d'origine.

Crevant en 1525 et dont nous parlerons bientôt , ceux-ci étant en pierre schisteuse du pays.

Le plus remarquable débris de Téglise primitive est une table portée par un tronçon de colonne et placée sous les tilleuls. Elle a près d'un mètre carré et semble avoii; formé un entablement. D'autres pierres du môme genre se voient dans l'escalier vers l'ouest qui descend sur la terrasse du jardin.

Ajoutons encore à ces preuves qu'à moins d'un siècle de là, du temps de Clovis II (644-660), de Thierry 111(688- 690) et de Childeberl III (695-711), le Craonnais comptait déjà six paroisses. Elles sont citées par ce prince dans une charte par laquelle il les exemptait de certains impôts. Voici leurs noms : Marans , Gêné. Bouille, Senonnes, Canuncus et Sylviliacus. On peut voir cette charte lout au long dans Hiret p. 101. On ignore quelles sont les paroisses désignées par les deux derniers noms (1). Toutes six dépendaient de l'abbaye de St-Sei^e, mais s'il existait des paroisses à Bouille et à Senonnes, assurément devait-il y en avoir à Craon, où déjà se trouvaient des chrétiens, comme nous l'avons vu, du temps de Grégoire^de Tours.

Un siècle plus tard, dit le môme Hiret, Pépin (751-769) confirma à la puissante abbaye de St-Aubin la possession des églises de Pruniers, de Mairon et de St-Climent. Ce mot confirma donne évidemment à St-Clément une existence antérieure à Pépin. Le môme auteur affirme que l'abbaye de St-Aubin conservait dans ses archives un ti-

(1) On serait tenté de supposer que Sylviliacus n'est que la traduction du nom celte Craon, Craum forôt, mais nous n'avons vu nulle part que Craon ait appartenu à St-Serge ; seulement cette abbaye posséda dans le Craonnais une terre appelée Nubiliacus (in pago Andegaveosi in vicaria Croniacensi). Cart. de St-Serge cité dans le Gall. Christ, vêtus. T. IV, p, 822. Charte de l'an 895.

Ui

tre par lequel Louis-le-Débonnaire et Charles-le-Chauve (814 à 877) lui avaient concédé Mairou, StClément, Sougé et Hontreuil (1).

Vers le même temps (850), Lambert, chassé du comté de Nantes qu'il avait usurpé, vint avec ses Normands s'établir à Craon. 11 choisit cette retraite, dit la chronique nantaise, parce que ce village dépendait du monastère de St-Clément de Nantes, dont sa sœur Doda était supérieure.

Comme on le voit, les guerres continuelles entre nos rois et les princes bretons nous avaient déjà fait changer de maître. Erispoé s'était intitulé prince de Bretagne et des pays jusqu'à la Mayenne (Lobiueau), et Charles-le* Chauve, pour avoir la paix avec Salomon, successeur d'Erispoé, lui concéda les mêmes pays et de plus la riche abbaye de St- Aubin. A ces conditions le prince breton promit fidélité à Charles et lui paya le tribut d'usage (censum) (2), de sorte que nous relevions à la fois de Bretagne pour le temporel, et d'une abbaye d'Angers pour le spirituel : transactions assez communes dans un temps où le revenu était à peu près nul, partout ailleurs que dans les abbayes.

Sans doute notre église, comme notre pays, eut beaucoup à souffrir depuis le commencement du vu* siècle jusqu'au xs et ceci confirme encore notre opinion sur l'existence de Sl-Clément avant ces trois siècles de dévastation pendant lesquels il est peu probable qu'elle eût pu être bâtie, et pendant lesquels aussi elle eût été détruite complètement si, comme la plupart des églises du temps, elle eût été en bois.

Quoiqu'il eu soit, notre pays respire un peu sous Foulques le Bon, comte d'Anjou (938-958). Ce prince, à qui la

(i) Maironius, ClementiDiacus» Sabiacus,Mona8tenoluni. Hiretp.304. (2) Annales de Sl-Bertin, année 861 , citées par Ménage.

postérité a décerné le plus beau des surnoms, s'appliqua à faire refleurir ragricullure el à réparer les églises. Peutêtre la nôtre fut-elle de ce nombre, car cerlainement elle existait à cette époque, puisque Suhard, un des barons de la première maison de Craon, vivant sous Foulquesle-Bon, la donna /ou la rendit , on ne sait lequel dire, à Tabbaye de St-Aubin, avec une maison y attenante, à condition d'y bâtir un monastère.

Ainsi l'église de St-Cléraent, très probablement fille de St-CIément de Nantes, tout en dépendant de TAnjou sous Chilpéric ; bâtie au vi* siècle sous l'inspiration d'un missionnaire breton ; donnée au viii« siècle à la puissante abbaye de Sl-Aubin, puis rendue à la Bretagne au ix« par Lambert, ou de son temps, revint encore à St-Aubin au x«. Nous allons voir qu'elle n'était pas au bout de ces vicissitudes.

Sous prétexte que la clause mise à la donation de St- Clément n'avait pas été remplie par les religieux de St- Aubin, Guérin, fils et successeur de Subard , reprit notre église, s'en appropria les revenus et la fit desservir par des prêtres séculiers. Indépendamment des motifs d'intérêt qui pouvaient exciter sa convoitise, nous pensons que se croyant réellement sujet de Bretagne par la donation de Charles-leCbauve, et de plus ayant dpnné Berlhe sa fille unique en mariage à Robert de Vitré, Guérin devait voir avec peine son église dépendre d'Aiyou.

Hais alors la brillante et valeureuse famille des Ingclgériens était en possession du comté d'Ai^jou. Sans doute ils avaient vu avec dépit l'attribution du Craonnais à la Bretagne et n'attendaient qu'une occasion pour s'en ressaisir. Elle ne tarda pas à se présenter : Guérin étant allé porter son hommage au duc de Bretagne, Geoffroy Martel, alors comte d'Anjou, le fait citer à la cour de ses barons. Guérin, assuré du puissant appui de Conan, duc de Ere-

tagne, sa garda bien de comparaître. Il est condamné par contumace comme traître et félon ; la guerre est déclarée. Hais Conaoïest surpris par la mort; Guérin, saas appui, est battu et tué par Robert-le-Bourguignon , parent du comte d'Anjou, et sa baronnie confisquée au profit de son meurtrier.

Le corps de Guérin fut apporté à Craon et enterré dans le cloître des religieux de St-Clément. C'est très probablement à son tombeau que les chanoines de Si-Nicolas ("collégiale du château) étaient tenus de temps immémorial de venir processionnellement chaque année chanter un Libéra le mardi des Rogations. Un procès-verbal de 1632 dit que ce tombeau était couvert d'une pierre d'ardoise toute figurée de carreaux (peut-être les lozanges de l'écu de Craon) (i) et qu'elle était située près d'un pilier du cloître, cour actuelle de la cure ; il qe serait pas étonnant que la veuve de Robert de Vitré qui fut obligée 10 ou 15 ans plus tard, par des considérations politiques, d'épouser le meurtrier de son père, et de faire épouser sa fille au fils de son nouvel époux, ait voulu, mémo avec la coopération de ses enfants, fonder ce triste anniversai^^e. C'était dans les mœurs du temps.

Notons ici un fait important pour notre église, car il fut pour elle une source continuelle de contestations et d'interminables procès : en donnant la baronnie de Craon à Robert-le-Bourguignon, Geoffroy qui, quelques années au|)aravant, en 1047, avait fondé Vendôme avec l'idée d'en faire un établissement religieux de premier ordre (2)

(1> Toutefois les^ armoiries ne datant guère que du xii« siècle, et Vécu lozangé n^âyant probablement appartenu qu'à la â« maison de Craon duot Robert-le-Bourguignon fut le cbef, nous ne donnons cette probabilité quVec la plus grande réserve.

(2) Pour qi^e rien ne manquât à Tillustratiou de celte ^laison, le pape Grégoire VU (1073-1085), voulut que ses abbés fussent de droit cardinaux du titre de St Prisce.

se réserva la propriété de Sl-Clément pour le donner avec loutes[les[églises dont il avait la disposition^à cette puissante abbaye quUI peupla de ^Bénédictins avenus de fMarmoutiers.

Voici la charte de donation de] St-Clément à] l'abbaye de Vendôme telle que la donne Hiret , p. 202.

« Ego Gosfridus Andcgavorum cornes /per hujuscons- 9 criptionis noticiamjel polentis aetatis fldelibus notuna » fleri volui et apud futuras post nos generationes^à ca- » lumniis (contestations) omnibus tutum, quod ecclesiam » S. Clementis apud castrum Credonis sitam ,*cum deci- » mis et rébus ad| eam juste pertinenlibus.f^monasterio » S. Trinitalis quoJ Vindocinii a novo fundavi et mona- » chis ibidem sub domino Oderico abbale degenlibus ac » successoribus eorum , sicut alias [eas donaliones meas » in perpctuum possidendam, pro redemptione peccato- » rum meorum dedi in augmenlum victualium vestrum » et necessarios sumptus ipsorum. Quam quidem eccle- • siam Suthardus vetulus olim Huberlo abbati et moaa- » chis S. Âlbini in manu miserai ad hoc ut ulli eam ad ab- » batiam augmenlando producerent. Sed post modum, » cum illi convenlum istud complere nollent, Garinus » Suthardi âlius, sibi illam resumpserat, et ad clerico- » rum servitium redactam/in manu suotenuerat. Cum » verohonorem (Oef) Credonis ia'manudominicumhabui, » S. Trinilati illam dedi antequam honorem Robêrto » Burgundioni Qdeli meo (leude , vassal) donavissem : » nam ab iliius donatione ecclesiam banc simili S. Tri- » nitati priusdonatam exceptam denomioavi, quiamonas- » terio S. Trinitatis in moram cellae possidendam iradi- > deram.EgoGausfredus cornes donationem islam feci, n et pro hoc>ignum S. Crucis ârmavi. Grsecia comitissa A huic donationi prœsens interfui. Isti sunt qui lestes ad- » fuerunt: Odericus, abbas, etc. Aclum Andegavis civiiate.

» 7« kal. april. anno ab. Inc. Dom. millesimo 53 (26 mars » 1053). »

On voit par cette charte que le comte d*Anjou tenait mieux une épée qu*une plume puisque ne put faire qu*une croix.

Les bénédictins de Vendôme vinrent bientôt s'établir à S. Clément et en furent ainsi les curis primitifs, titre qu'ils conservèrent jusqu'à 89, et comme St-Clément était la seule cure de Craon (St-Nicolas, bâti plus tard, n'était qu'une collégiale), il s'en est suivi que lorsque dans les derniers siècles, les seigneurs de Craon voulurent prendre le titre foi t envié de patrons et fondateurs de cette église, les religieux soutinrent avec succès qu'ils n'avaient d'autre patron que le roi, puisqu'il était un membre de l'abbaye de Vendôme fondé par des princes souverains auxquels avait succédé Louis XI, qui s'empara , comme on le sait, de l'Anjou sur le bon roi René.

L'abbaye de Saint- Aubin, à qui cette donation enlevait encore Saint-Clément, jeta les hauts cris: elle adressa successivement de vives réclamations à l'évèque, au comte d'Aojou, au cardinal légat Gérald, alors à Chartres, et enOn au pape lui-même. Ils ne craignirent pas d'envoyer vers lui jusqu'à trois fois un de leurs religieux nommé Milon qui, s'il ne réussit pas dans sa mission , en rapporta du moins un chapeau de cardinal, et accompagna en France le pape Urbain II. Le souverain pontife, soit qu'il tint à ménager un seigneur aussi dévoué et aussi puissant que le comte d'Anjou, soit qu'il fût empêché par d'autrt'S motifs, ne se pressa pas de Répondre. Pendant ce temps, Geoffroy-Martel mourut en 1060; enfin, en 1072, le pape choisit Aldrod, évêque de Chartres, pour connaître de cette affaire. Orric, abbé de Vendôme, fut condamné à payer à l'abbaye de Saint-Aubin 200 livres pour l'indemniser de la perte de Saint-Clément. VII. 10

Les religieux de Saiot-Aubio trouyant que Sainl Clément valait bien davantage, refusèrent de souscrire à celte décision, et le pape renvoya Tafibire à son légat, exi le faisant assister de Tarchevêque de Tours et de Tévéque d* Angers. Les deux abbés furent assignés à comparaUre devant eux à Bordeaux. Foulques Réchin, alors comte d'Anjou, trouva plus simple et plus expéditif de faire eulever Tabbé de Sàint-Aubin à son passage à Saint-Jeand'Angély. Cet abbé trouva moyen de dépécber sécrète* ment à sa place deux de ses religieux : vains efiforts, la première décision fut conflrmée et le pape la ratifia en 1093. — L'affaire parais^t donc enfin terminée ; point du tout, soixante-quatre ans après , à force de réclamations, Tabbaye obtint de Pascal II , en 1115, le prieuré de Saint- Jcan-sur-Loire, en compensation de Saint-Ciément — Rare et remarquable exemple de ténacité qui peut donner une idée de Tesprit de suite qui dirigeait successivement les chefs de cette célèbre abbaye.

Pendant que tout ceci se passait, Robert le Bourguignon, chef de la seconde maison de Cnion mpurait en Palestine, et son fils Renaud avait ratifié le don de Saint- Clément k Vendôme vers 1070. Huit ans plus tard le même baron donnait aux moines do Vendôme établis à Sainl-Clément les droits perçus sur les personnes adnùses à jurer sur les reliques des saints et sur celles qui se faisaient remplacer pour le service de guerre. Ces derniers droits porlaienl le nom d'Écuage (scuta belU),

Déjà vers 1067, HathUde, lanle paternelle de Renaud, avait donné à Saint-Clément, Téglise de VetuU eampi qu'on croit être Bonchamps, la transformation du V en B étant fréquente (1); ce qui est certain, c'est que le don

^1) De Veluli cmnput à UpUcaminu, nom de Boachimps eo iifiO, la traositioa est facile.

de Bo&obamps fut confirmé à Vendôme en 4136 par Innocent II, et qu'il en a dépendu par le moyen de Saint-* Clément 4 jusqn*en f7S9.

Ces diverses donations prouvent que les intentions de Subard furent enfla exécutées sous Robert le Boiirgui^ gnon, et leur date donne certainement celte de la vérita-ble fondation du prieuré de Saint-CIémenI (1067 à 1070). Ce prieuré touchail à Téglise; ses jërdins, en plein midi, descendaient en terrasse au bord d*un étang dont la cbaussée faisait partie du chemin se rendant de Saint-^ Clément à Chàtelais.

Maurice I*', fils de Renaud le Bourguignon, fut un de nos barons les plus obicaneurs. Après avoir approuvé du vivant de son père ses diverses donations aux établissements religieux» il n*eutrien de plus pressé, son père mort, que de les contester. C'est ainsi qu*il voulut em-piéter sur les droits de Saint-Clément , mais il Urbuva en Geoffroy de Graon, abbé de Vendôme et son cousin germain, un rude contradicteur. A cette occasion Geoffroy écrivait à Hamelin, prieur de Saint-Clément : « Je vous » préviens que je dois aller à Angers la veille de l'Ascen- » sion avec une grande suite, pour Tafiaire que vous sa veas. • raimerais mieux perdre avec honneur ce que nous pos- » sédons à Craon , que de souffrir sans réclamation les •^ détestables et iqustes coûtâmes (droits, impôts) que » cet homme sot et désordonné (ineompoêitus et faiwAê) » voudrait imposer sur les biens de TEglise. Adieu, confiez- 9 ;vou8 en la cUmenee de saint CUmmt votre patron , et ne » doutez pas un instant de notre triomphe. » En effet, Maurice appelé avec Tabbé devant le plaid tenu par Foulques Y h son château d* Angers, fut condamné à bire amende honorable et à jurer qu*il ne reconunencerait pas (aooée

ites).

Tel fut le résultat de la première lutte que le prieuré de

SaiDtrClëmeiit eut à soutenir contre les barons de-Grioo. Il élaii impossible que deux Qefs si Toisios» établis comme nousTavoDS vu, par Robert le Bourguignon, indépendants Tun de Taulre, et avec une juridiction particulière, ne fussent pas soaVent eu mésintelligence ; c*est ce qui arriva trop souvent.

Vers 1371, Isabeau, dame de SuUy , seule héritière de son frère Amaury lY, dernier baron de la deuxiènie maison de Graon, eut de Vifs démêlés avec le prieuré de Saint-Clément; il fut terminé par un aocord en cour de parlement. Les principales dispositions de Vûîiéi feront connaître Tobjet de la contestation.

Le prieur reconnut devoir au jour d'Angevine, vingt livres de tailles, 4 deniers de œns pour la doserie de Tissus, 4 sols, une jalaie (1) de vin et quatre pains appelés alors chouaisnes, pour le pré Madame , contigu àTeirclos des Jacobins, 18 sols de devoirs pour le fief de la forât (droit d*y prendre du bois), un septier ( 3 hectolitres 92 lilres) d^avœne et une charreté de^paillesur les dîmes d'Athée.

De leur côté les religieux furent maintenus dans leurs droits de haute, moyenne et basse justice, ainsi que dans rbooneur de posséder exclusivement à la Tissalière on gibet à quatre piliers, à charge toutefois de^dire cb*que semaine deux messes de requiem le londi (ou ne dit 'pas pour «qui) et Une4e Nolre^Dande, le samedi.

Quant aux deux foires qui se tenaient alors, l'une dans le bourg ménr^e de Saint^Gtémènt, Taulre au prieuré (2), il fut convenu <iu'elles se tiendraient dorénavant Coules

(i) Jalle ou jatte d'où test Tenu le nom de droit de jalage butremeot de forage et qui se mesurait civec une jalle.

(2) L'exiguité de ces emplacements prouve le peu d'importanct des foins dealers.

deuil dans le bourg, Tune la veille de TAscension (nous la verrons plus tard transférée h Saint-Eutrope, le jour delà fête de ce saint), l'autre, le lendemain de la Saisit- Clément (1) ; que le prévôt de Craon viendrait aux dites foires, et que les marchands ne délieraient leurs sacs et ne vendraient leurs denrées qu'après que ledit prévôt aurait fait élever le gant au t)out d'une gaule, après quoi le prévôt irait percevoir la eoutume sur les denrées' vendues. En ce qui regarde le Hef de la forêt, ou droit de forêt de Craon, les religieux eurent le droit de prendre le bois de chauffage sans montrée (c'est-à-dire sans conlrôle) et le boîe vert ou de construction avec montrée^ Taccord est dblé de 1387. ^

En 1450, Ives Laibnd, ancien' prieur de Saint^tément, devenu abbé de Vendôme, fit ouvrir le tombeau de Saint-^ Eutrope évoque de Saintes au I1I«» siècle ; il est ' probable qu'il envoya nne partie des reliques à son ancien prieuré, et que ce fut à celle occasion que fut bâtie la chapelle de Saint-Eutrope à laquelle furent attachés des revenus et entr'autres la foire de l'Ascension, qui se tenait h Saint^ Clément comme nous l'avons dit, et qui au lieu d'être à une date mobile (du 27 avril au 6 juin) fut ainsi Sxée au 30 avril, jour de la fête de Saint-Eutrope.

Ce changement dans le local de la foire et les défenses qui durent être faites de ne plus exposer de marchandises ce jour^là à Saint-Clément, excitèrent nécessairement des querelles et des mécontentements. Ils seront restés dans la mémoire du peuple sous forme de légende où figurent le seigneur de l'Ile Tyson comme vainqueur du diable , et celui-ci, pour sa consolation, emportant les anses des pots exposés précisément ce jour-là à la foire. Ce qui pourrait infirmer ces suppositions, c'est que le héros de

(1 > Ces deux foires ont été transportées à Craon depais la révolution.

celle lëgeade populaire est un Lantivy , et que cette famUle ne possédait pas Tlle au xy« siècle.

La chapelle de Saiat-Euirope de?iat uo petit prieuré dont l*abbé de Vendôme se réserva la collation. En 1666 il se composait d'une maison avec cellier, él^ble, cours, jardin, fuie, foiirnil et four banal, le tout endos de ipurailles. Il possédait en outre, verger, bois de haute futaie, garennes à lapins, droit de prendre 24 boisseaiix (7 hectolitres 83 litres) de bon blé sur Tissus; droit de pèche le long des terres du prieuré, propriété de la M oinerie eo Livré, et de deux Jandes près la Glanerie, exemption de toute servitude seigneuriale , notammea,i ^aUer tourner le moulin banal à blé et à draps du baron.

En 1774 il possédait en outre au bord de TOodon, le joli vallon nommé vallée de Josaphal, un pré de 2 hommées (0, 66 ares) et environ six journaux (3 hectares) de terre Iç^bourable, joignant le champ de foire de Saint- Eutrope et la Chicoterie.

On voit aisément que Téglise de Saint-Clément a été successivement agrandie sans aucun plan d'ensemble et pour obéir au besoin du moment. Ces diverses constructions disparates défient toute régularité, on dirait que gênés, contrariés par le voisinage du prieuré, le3 bâtisseurs ne faisaient que du provisoire en attçndwt une construction générale.

Pour comble de disgrâce, les principaux habitants imaginèrent en 1526 de bâtir en appentis, contre le seul collatéral existant un second collatéral formé de plusieurs chapelles fermées, ce qui, au moins en dedans de Téglise, n'augmenta pas sa difformité.

Louis de Crevant, alors prieur, n'y avait consenti qu'avec la plus grande peine, cela seul serait une preuve de son bon goût. Il en donna bientôt une nouvelle preuve dans la reconstruction du cheeuc de SaininCUémeot. €e

chœur, qui avait été o^tre église primitive bâtie, comme nous croyons l'avoir prouvé, au Ti« siècle, tombait en ruine. Crevant entreprit de le reconstruire; comme il a été détruit pendant la révolution, nous ne pouvons en donner une idée que par les détails d'un procès-verbal de 16S4.

Ce nouveau chœur était formé de deux voûtes d'arrêté en pierre de taille (i), la clef pendante de ta première voûte'portail les armes de France, celle de la seconde les armes de Crevant (écartelé d'azur et d'argent) ; Tarcade de ravalement qui séparait les deux voti^tes, portait les armes de Craon. L'autel des religieux était au fond du chœur au dessous d'une verrière que le soleil levant illuminait des plus vives couleurs, et dont la partie supérieure portail les armes de France, celles de Charles de Bourbon, ancien prieur de Saint-Clément, et celles de Craon.

Dans ce chœur existait un tombeau orné d'une statue couchée ayant une levrette à ses pieds. Les religieux prétendaient que c'était la sépulture d'un seigneur de l'île Bouchard, ce qui est peu vraisemblable , à moins que ce ne fût Georges 1*' de la Trémouille qui par sa femme était en effet seigneur de l'tle Bouchard.

A droite en entrant était la chapelle de Notre-Dame, dite, on ne sait pourquoi, la Toucharde, à moins que son fondateur n'ait été un seigneur de la Touche, ancien fief de la mouvance de Saint-Clément. Ses vitraux portaient les armes de la Trémouille.

A gauche, se trouvait la chapelle de Saint-Benott patron de Tordre; au-dessous existait une crypte presque entière-

(i) Il est a remarquer que ees pierres de taille étaient en schiste, tandis que celles du temple de Mars-MuUoo étaient en calcaire. Deux chapiteaux géminés placés à la porte de la cuisine de la cure actuelle, sont certainement un débris du chœur du xvi« siècle.

rncnl abandonnée au xviiP siècle k cause de sa vétusté. Elle était sans doute le seul reste de Téglise primitive; aujourd'hui il n*en reste pas vestiges, mais dans une maison voisine, bfttie des matériaux de Tancien chœur, on voit trois colonnes qu'on a employées à soutenir le plancher des caves, et qui très probablement proviennent de celte crypte. Entièrement rondes et d'un diamètre de 0,33 à 0,35 on voit qu'elles n*ont pas été engagées dans les murs et qu'elles devaient soutenir les arcs de retombée d'une voûte; Tune d'elles a pour base un chapiteau renversé de 0,54 de hauteur, à trois rangs de feuilles à peu près plates : au premier rang sont des palmettes à 4 ou 5 lobes de 0,10 de hauteur, au deuxième, les feuilles ont 0,21 , sont plus découpées et se rappro^>'hent de la forme de Tacanthe, le troisième rang n'est formé que de feuilles d'iris de 5 à 6 centimètres de large sur 9 de haut , droites et appliquées; au dessus est encore une torsade que recouvre un tailloir portant à ses quatre angles des figures humaines fort dégradées; des rosaces sont placées dans les faces rentrantes du tailloir.

Le fût de la deuxième colonne est canndi^ enfin la troisième repose sur un socle d'ordre ionique, composé de deux gros tores avec listel séparés par une gorge, de style tout romain.

Je soumets ces détails aux archéologues, peut-être pourront-ils en conclure une date certaine; tout ce que je puis dire, c'est que j'y ai trouvé une grande ressemblance avec les colonnes do la crypte de la chapelle Saint- Paul de l'église de Jouarre (Seine-et-Uarne), que l'on attribue au vi« siècle.

Le chœur bâti par L. de Crevant ressemblait assez à celui d'aujourd'hui, sauf qu'alors la grande arcade qui le séparait de la nef, était orné d'un jubé où on lisait l'épitre et l'évangile.

Penl-étre la reconstruction totale de Téglise eût suivi celle du chœur si, par un abus toujours défendu et pourtant toujours toléré, les revenus de la communauté n'avaient pas été peu après attribués à un abbé commendataire.

C'est aussi L. de Crevant qui en 1537 reconstruisit la maison abbatiale du prieuré telle qu'elle existe encore. On a détruit seulement à la pyramide qui couronne la principale croisée, les armes de France qui y étaient sculptées, et aux pyramides des deux autres petites jcroisées les armes de Craon qui y avaient été mises en reconnaissance du droit de forêt accordé au prieuré en 1267.

Sur la porte en accolade du côté de la cour étaient les armes du prieuré, d'a2ur semé de fleurs de lys d'or, sur le tout une ancre d'argent par allusion au martyre de saint Clément (1).

Pendant la guerre de la Ligue, notamment en 1592 pendant le siège de Craon, les troupes des divers partis vinrent successivement s'établir au prieuré et s'en firent même un retranchement fortifié. Les vitraux furent détruits pour en avoir le plomb et les bâtiments tombèrent dans le plus triste état; le second bas-côté de l'église, construit en 1526^ fut presque détruit; on fut obligé de le réparer en 1619.

Au milieu de ces terribles guerres de religion, les religieux se dispersèrent, ou prirent partie pour ou contre la Ligue; les chroniques citentruQ d'eux, nommé Duchelou, qui devint lieutenant d'un capitaine ligueur de Craon.

La paix revint enfin par l'abjuration de Henry IV, et les religieux rentrèrent dans leur couvent en 1597. Marin Boislève, lieutenant général du sénéchal d'Anjou, vint

(1) L*aiicre symbolique forme encore un meneau à la croisée placée sur la sacristie.

constater les dégâts; il descendit à Craou à rb6tdlerie tenue par François Cobon, père probablement ou parent du célèbre évéque de Nismes. Les réparations des bâtiments des Bénédictins furent estimées à 3,500 livres, somme qui vaudrait dix fois plus si on la compare à l'évaluation des revenus de quelques métairies du prieuré qui fut faite dans le même temps. Boislëve recommanda aux religieux de ne plus chasser ni pêcher et de se renfermer dans les devoirs de leur état.

En 1613 une vive émotion 8*empara des habitants de la paroisse^ ce ne fui pas un lutrin qui en fut cause , mais des bancs de Téglise.

En face du jubé étaient placés les bancs de quelques gentilshomnies : le prince de Bourbon, alors seigneur de Craon, accorda au seigneur de TEpinay, son ancien sénéchal à Craon» de mettre son banc à la place de celui des procureurs de la fabrique, entre ceux de Ghoigne (1) et de la Jacopière. Pour mieux s'assurer cette place, Tancien sénéchal avait promis à la fabrique une chasuble bdU et honneste.

Hais le seigneur de File Tyson, ofiFtisqué de voir le sénéchal à une place plus honorable que la sienne, s*y opposa vivement , de longues discussions s en suivirent pendant lesquelles le prince vendit la terre de Craon à la famille d'Alougny vers 1620.

Le seigneur de Tlle alors un Lantivy, profita habilement de ce changement pour faire enlever le malencontreux banc du seigneur de TEpinay et pour mettre le si^i à sa place. Il triomphait ! mais son triomphe ne fui pas long. Oubliant ses anciennes habitudes de magistrat et de

(1) Fief loAgtemps [Kifisédé par la famille de Clers, famille coooae dès le XI* siècle. V. 52« charte de la Roê et Bodin, Anjou, t. i«%^. S40.

jage, le bouillant sénéchal 8*arme d*uQe hache , tombe à coups redoublés sur le bane de Tlle et le met en pièces. Oq ne sait vraiment pas à quels excès ces messieurs se seraient portés, si le nouveau sénéchal du marquis d*AloU'gny Rochefort n*était Tenti interposer son autorité et terminer assez plaisamment leur querelle, comme nous le verrons bientèt.

Ce sénéchal, averti de la prochaine arrivée du nouveau baron, s^empressa de venir au prieuré s^enquérir de la place dtt'bancdu seigneur de Craon, patron et fondateur di Véglise. La réponse était d'autant plus diflScile que depuis les guerres de la IJgue, ces seigneurs avaient embrassé le parti de la réforme et n'avaient pas résidé à Craon.

Déplus, le prieuré depuis peu avait subi un grand changement : le prieur Jacques Teillard, en exécution d'un contrat passé entre Tabbé de Yendème et les religieux de Saint -«Maur, avait ag^gé Saint -Clément à celte célèbre congrégation; en vertu de cet arrangement de nouveaux religieux avaient été installés à Saint- Clément, le premier juillet 1624. L'extrait suivant des conditions du contrat donnera une idée de Tétat de noire prieuré.

Le prieur comraendataire laissait aux religieux vingt setiers de seigle et six d'orge (en tout 68 hectolitres) pour subvenir aux distributions qui se faisaieiit aux pauvres trois fois la semaine (c'était à peu près 65 livres de pain par chaque donnée). Pour leur entretien, les religieux eurent la petite métairie avec la dime qui s'y amassait, lés métairies de la Tronchaie, de la Hamelinière, de la Cbolière et de la Bouterie, les dimes d'Athée et de la chapello Craonnaise, les closeries de la Potherie et de la Bacherie, le grand jardin du prieuré, l'étang qui existait encore alors au bas du jardio, le jardin de Blins derrière la oha<

pello de Notre-Damc-la-Grande (aujourd'hui le bas da jardin de la cure^. Ils eureni pour habitation les bâtiments conventuels (la cure actuelle) et pour leur donner une sortie particulière commode, on ouvrit près du clocher le portail dit de Saint-Benott encore existant. LV*nsemble de ces revenus s'élevait en 1&99 à 4,500 livres; ils étaient sept religieux, c'était pour chacun 648 livres.

Le chœur désormais réservé exclusivement aux religieux, fut fernié, et à la place du jubé on éleva deux autels dédiés, celui de droite en entrant à Notre-Dame, et celui de gauche à Sainte- Anne. Entre ces autels était une porte de huit pieds de large, ouverte au moment des offices et par laquelle on voyait facilement ToflOciant du bas de l'église.

Contre le mur du transept à gauche vers la sacristie actuelle, était l'autel paroissial de la Trinité, et plus loin, du même côté, Taulel des morts- A droite, après l'autel Notre-Dame, était encore contre le même mur l'autel Saint-Sébastien ; ce qui faisait cinq autels en espalier sur la même ligne, disposition aussi insolite que disgracieuse à l'œil.

Le prieur promit en outre à ses religieux, une charretée de foin, trois atr^es de paille, trois busses (barriques) de vin pour dire la messe, et quatre charretées de fumier, le droit de prendre dans la forêt de Craon le bois nécessaire pour leur chauffage, sauf dix charretées réservées pour son usage particulier; il s'engagea encore à payer annuellement 40 livres pour les grosses réparations, les petites étant à la charge du fermier, et mille livres une fois payées pour leur mobilier. Le prieur resta chaîné des ornements de l'église et se réserva pour logement les bâtiments qui portent encore le nom de prieuré; quant à son revenu, nou^ pensons qu'il se composa des métairies de la Besriaidière et de la Senaudière en Louvaines, évaluées 300

livres, la Fromentinière et Tissu 400 livres, la closôrie da Portail 60 livres (le prieuré actuel), à quoi il ne faut pas oublier d*igouter la Tissalière sur laquelle se dressait le terrible gibet du prieuré.

Il ne faut pas croire du reste que ces revenus fussent exempts de grosses charges. Le fils de Tancien fermier du prieuré nous a assuré pour Tavoir souvent entendu dire à son père, que les dtmes en blé couvraient à peine les rentes de même nature dues à divers établissements tels que Tabbaye de la Roë, Thôpital de Craon , les Dominicains du faubourg, etc. de telle sorte qu'il était content quand les mêmes dtmes lui restaient pour fçdre sa ferme, c'est-à-dire le revenu des religieux.

La cure de Saint-Clément avait à elle seule 36 setiers (94 hectolitres) de blé pour sa dîme.

En raison de tous les changements survenus dans la communauté, le sous-prieur demanda au nouveau sénéchai un délai de deux mois afin d'en référer au prieur, car depuis la réforme de la maison, le chœur faisait partie de la clôture. Mais Tarrivée très prochaine du baron ne pouvait supporter de si longs délais, et pour s'emparer des placés honorables, sous prétexte de faire cesser les querelles des gentilshommes qui se les disputaient, il décida que le banc du baron serait mis à la place de ceux de rile et de TEpinay, sans pr^udice de la place que le baron prétendait avoir personnellement dans le chœur. — C'est toiiûours la fable de Thuilre et des plaideurs ! — En conséquence les bancs des deux prétendants furent enlevés pour faire place à celui du baron. Hais les religieux refusèrent de souscrire à celte justice humaine. On plaida et après 19 années de procès, on finit en. 1632, par où on auraitr dû commencer : on choisit des arbitres qui décidèrent que le banc de TEpinay serait replacé où il était 4'abord en faoe de Tautel de la Tnaité, ayant|à sa gauche

ceux de Choigne et de Boutigné, et à droite , séparé par ralléo de procession, le banc de la Jacopière.

A peine celte grosse affaire était terminée qu'il en sur* gît une nouvelle à Toccasion des droits et prééminences que les chanoines de St-Nicolas contestaient aux religieux de St-Clément.

Le nouveau baron prit fait et cause pour son chapitre , et un proc^ s*engagea le i*' février 1647. Corame pour mettre le comble à ces animosités , le 15 août suivant « les chanoines de St-Nicolas refusàrent de recevoir la procession de Sl'Clément.

Pendant que ce nouveau procès suivait son cours, François Camus , prieur claustral , crut s'apercevoir que depuis longtemps la justice du prieuré était tombée dans un complet et déplorable oubli. Jaloux de remettre en ?igueur ses anciennes prérogatives, il fait défense à tout siyet du prieuré d'intenter une action judiciaire partout ailleurs que par devant lui , ordonne que les plaids se tiendront tous les 15 jours le samedi, et, en attendant mieux, établit son prétoire sous le grand porche du prieuré. Ce porche n'était fermé que d'un bout, les plaideurs devaient quelque peu s'y morfondre. Il finit par le placer dans une maison de la rue qui descend au presbytère*

Six ans auparavant, en 1642, le prieur Ste*Martbe avait remis en vigueur le droit du prieuré de posséder un four banal. Tous tes sujets devaient y cuire leur pain sous peine de 5 sols d'amende. Il avait aussi recouvré le droit de chauffer ce four avec. le bois de la forôt de Craon.

Mais il est temps de revenir aux démêlés interminables de nos prieurs. ^* De nouveaux griefs étaient encore venus s'sgouter aux premiers. Le curé — je veux dire le vicaire perpétuel de SI Clément, s'était avisé de recommander au prône comme patron et fondateur de l^église^

M. d*Alougny à la place du roi •— et , pour combler le mesure, deux hommes condamnés à mort pour homicide en 1656 et 1661 et sujets de la baronnie, furent pendus au gibel de la Tissalièrë, propriété exclusive, nous Tavons vu> de la justice du prieuré. C'était plus quMI n*en fallait pour entamer un nouveau procès.

Enfin, après quinze années de procédures qui allèrent jusqu'au Parlement, après même que les religieux eurent obtenu de la Cour commission de faire assigner le défunt marquis de RochefùTt pour voir dire, etc» , — les parties en vinrentaupoint par lequel ellesaurai^nt pu commencer, comme dans le précédent procès, c'est à dire à remettre leur différend entre les mains d*un arbitre. Un atvocat au Parlement leur fit souscrire en 1662 la transaction dont voici les principales clauses.

Les religieux de Sl-Clément et les chanoines de SI- Nicolas feront réciproquement les honneurs à la sépulture de Tun d*eux ; -- à la Fête-Dieu, les chanoines se rendront au chœur de St-Clément pour assister à la procession générale dans laquelle les Bénédictins auront la droite et le premier rang (1). Le dimanche dans l'octave, les chanoines viendront de même, après en avoir été priés par un des religieux. Le même ordre sera suivi dans la procession, excepté qu'en allant et en revenant, le St- Sacre- , ment sera porté par l'oflOiciant de St-Nicolas , conjointement avec celui de St-Clément; mais ce dernier donnera seul la bénédiction au prédicateur qui prêchera sous les halles. (Ces prédications se faisaient aussi aux processions de l'Assomption et de la St-Nicdas d'été, 9 mai.)

Pour les processions de St-Marc, de la confrérie de St-

(i) A toutes ces processions assistaient en bon ordre le collège ^t les diverses corporations portant chacune une bannière ornée' des insignes de leur professioB. . .

Nicolas, de T Assomption, etc., les chanoines seront avertis par les religieux, mais pour les processions de nécessité publique ils seront avertis par les fabricants. Les chanoines ne pourront administrer le St-Sacrement que les uns aux autres, à leurs chapelains et à leurs enfants de chœur.

En ce qui concernait le baron de Craon, il fut convenu que Ton s'en tiendrait à la transaction de 1387. Le baron et sa famille eurent un banc au chœur paroissial près le principal autel. Personnellement le baron eut la première place au chœur des religieux après Tabbé, le prieur et Tofllciant. Même rang pour Tencens et l'eau bénite. — Au prône, prières nominales pour le baron, pour madame son ipùuse et sa famille, après celles pour le roi et la maison royale. — Enfln le baron eut le droit de mettre litres et tentures dans Téglise, mais non en dehors ni dans le chœur, et fut condamné à ne pouvoir prendre le beau titre de patron et de fmdateur.

Le prieuré, en vertu de la fondation de Geofifroy Martel, fut reconnu de fondation royale et maintenu dans ses prérogatives de haute, moyenne et basse justice, môme dans celle de posséder le terrible gibet à quatre piliers ; mais il ne fut pas dit si les condamnés de la jnstiœ du baron purent enfln jouir de la faveur de s*y faire pendre.

Il eut droit d'avoir four et moulin banaux , halles , foires, sénéchal (1), procureur fiscal, greffier, notaire, sergents et enfin, ce qui lui fut plus utile, le droit de prendre dans la forêt de Craon tout le bois nécessaire pour le four banal et pour le monastère.

Outre son vicaire perpétuel ou curé, la paroisse de St- Clément avait un sacriste-vieaire ayant droit à certains

(1) Cette charge était remplie ordinairement par des officiers du grenier à sel de Craoo, ou par des avocats; le dernier titulaire fut Jacques René Chassebœuf , père de notre trop fameux Voliiey.

reveous, entr'aatres : cehii de la petite Jaoopière que le prieuré aliéna en 1783, 4<)eDierB par glm soaàék la grosse tour, àmsjL geriies par métakiéret-uae pajrdosorie, 3 boisseaux (97 lit.) de froment rwge donnés par le prieur ; mo^^ yennant ces redevanoes, le sacriete ét«t chargé de fàurnir le pûn de comrntmion et les. cordes du grand et du petit cloebet.

Toutes <^oses6eniblaient donc enfin réglées, io«s les procès finis, quand la discorde qui toujours ? eflle^tnt^eqcore seconer ses feiindons sor 4q màlheureusa** église de StCléroent.

Lesprtireseécnliers, seuls et Téritables adinkûstraieura des scHUS spirituels dans la paroisse de St^Clément, ne pouvaiesl se résoudre au titre. modeste de- vicaire et encore moind à oeiui de vicaire perpéiud, pendant que le titre de curé Msâi réservé à des reiigkuK, utiles sans doul^ et charitables, mais compiéteraent dispensés des labeurs du ministèrev Ils pouvaient dope en opnscitnoe se croire p«[«nis de |»endrd le titre de leurs fonctions^ -^ 0*autr€i part, appuyés sur lettrs anciens droits, oUigés même de les transmettre dans leur inlégrilé à leurs successeurs, les religieux s*y opposaient de tout leur pouvoîor* Les choses allèrent 4i loin.qne les religieux, sans douAe pour faire preuve .de leur autorité dans Téglise, se crurent permis de sortir .prôœssionaellement de leur cbcsur pen* dant le sermondu^^teur^ et que celui-ci, dans un regcat^ table accès de surexdtotion , Jeta son bonnet carré à la tète de Tofflciant I ^ Tentai ne animis œdestibus ira f

La population prenait parti pour ou contre , rémotion: était grande, une sentence vint enfin y mettre 4n «n 1700. ^ Le vicaire perpétuel de St^lément ne put pren-' dr^ le vénérable titre de curé '^ du moins offlcieltemefiA — et le prieuré, qs^b de Saiptr Benoit, congrégation dtf vu. ii

St^Maur , toi Diaiotenu dans ses litres de : btcbdier do présidial d'Angers, membm dépeftidant de ia Trinilé de Vendôme, imrtaédiat au St-Siège, de fondation royale, seigneur spiriiael et temporel du bomg\ fief et seigneurie deSt'Clément et auiredfiefsetarrièrerftats. .

Désormais nu) événement de quelque im^oriapoe ne vint troubler la paix de notre église jusqu*en 1791; Cotait le calme précurseur idehi plus (terrible tempéle. A oéftte époque JaConstitmnie, après avoir eu le malbeurde dé* cbirer le mandat qui lui avait été iCooflé piu^> 'la France, eut le malbeur encore plus grand de demander.au clergé en serment oontraiile à ses devoirs.-, des troupes furent placées à Craon^» ebmmefiartout, pour appayér le .décret. Le vénérable de la Becnarderie; alors otiré, moata'^ chaire avec ses deux ricairea pour déclarer hautement quHl regardait ce serment comme^ne apostasie. -^ Depuis ce moment poursuivi, cbUigé de se cacher, il passa dansla Vendée.: W y iut pris, raaisiSQUs le^iDOia d*un procuPéur syndic également réch^cbé: Gondansné àmort sôus ce faux nom, ildiécUira>qui ilëtaîlietqu'il voulfût mourir pour la foi. C'était une; victime de pluâ, sa demande ne pouvait ètre^ refusée. Ge saint prMre^ qui avait laissé à son troupeau rexeraple de toutes les v^ertos^ quiies savait rehaussées par son énergique protestation 4n haut de la cbaire, les' couronna ipar le martyre: «il fut guillotÎDé à Angers; Se» restes furent pieusement necueillis^ et peutêtre notrH^ antique église de Stt^Clément peui^eHe se gloriQei* de terminer par un saint taJongué suite de ses pas* teor&j . l '. . - t. .1: ...,.,- .

:• Après la disperçion du clergé flddle, legouv^neoneot d'alc»rs init à la tête des paroisses c|es. prêtres /sans venta- Ue'>raiè6ion.i On les (appela intrus. Gelui> qui oemplaça M. de la Bemarderie ne remplit pas longtemps ses fonc-

lions (1). Au schisme succéda le culte de la Raison, e( la raison humaine substiluée à la raison divine enfanta les tunpitudes que Ton sait et la terreur en 1793. Les registres de rétat-civil furent confiés aux officiers municipaux. Voici un extrait de ces actes : Le 8 brumaire de Tan viii delà BépuUîque une et indivtôible, devant nous , H"^*" , président de radministration numicipale... ont comparu an Temple de la Raison de la commuue de Craon pour coalrader mariage, etc., etc. — - Lqs cérémonios du culte furent interrompues dans notre pays jusqu'au l""' août i801. Dans cetintervalle de temps quelques ecciésiasli^ ques, notamment HM. Bonssion, curé de Boncham^s, Dutertre, carédeCongfier, Harsollier, ancien principal du collège éa Graon et depuis curé de> Livré où il a laissé de si profoàds souvenirs de ses vertus, administrèrent les saorethents en cachette, en affrontant mille fois la mort. Un volumC' ne suffirait pas à raconter les pieuses ruses et les actes d'héroïsme' qu'enfanla cette longue et terrible persécution.

. Enfin les victoires du Premier Consul rénnirenl dans une admiration commune les partis épuisés. Le culte fût rétabli, et par le concordat de 1802, nos paroisses du Craonnais et la partie du département de la Mayenne dépendant autrefois du diocèse d'Angers, passèrent 'à celui du Mans.

ka rétablissement du culte, H. Pivron fut nommé cnré de Craon : il fit de St-Nicdas son église paroissiale; elle était pkis au centre de la population et peut-être moins ruinée que St-Clément. 8a destination n'a pas changé depuis. '

(i) II se nommait Benoit^ avait été vicaire de St-CIément, puis chanoine de St-N^coias. Son ancien curé, M. de la Berûarderie, Tappe- ' lait Mdotmeitr de consciences. Au' concordat il fut nommé tutè de la S^ ^ il est mort pencoàsidéré ^ - .

Quaat à noire pauvre St-Clémeot, {Mre$qiie abandoiuié pendaDt 28 ans, à demi ruiné par le temps et par le marteau révolutionnaire , il allait bienlàt ne plus faire qtt*im monceau de ruines, quand de généreux habitants, d^ connus par leurs bienfaits et leurs fondations charitables, M. et Vt^^ de la Croix, obtinrent Tautorisation d'en bire une succursale. Ils firent toutes les réparftticins nécessaires, et elles n'étaient pas petites ; ils fondèrent enfin un revenu suffisant pofur Tentretien d'un curé el d'un vicaire. Le maire d*alors, H. Letort-Beauohéne, fia?<msa de tout son pouvoir cette heureuse restauration*

Au mois d'août 1829, M. Baumier, alors «aisé de Niafles, vint prendre possession de la nouvelle 'Cnre. L'an* cien presbytère, qui était presque devenu uo «(laavais lieu, fut rendu à. sa destination, mais. il JEut échangé fiea d'années après contre Tancienne communauté des Bénédictins , contiguë à l'église et beaucoup^ plus commode.

Craon compta désormais deux paroîsses dans sa circonscription communale, mais l'antique église. de St-Qément, berceau de nos premiers chrétiens, qui pendant tant de siècles avaient su maintenir ses prérogatives^ dut céder pour jamais sa prééminence à: la simple eollégiale qu'elle avait tant.de fois humiliée.

La nouvelle paroisse de St*Cléaient se compfesa de la partie de la commune Iqui se trouve à l'ouest de l'Oudon, excepté le bourg, unepariie du parc du. château, lee miâ* sons dites la Petite Guierche, et l'hôpital.

Après M. Baumier, mort on i840i, et M. GourU^, en 1842, St-Clément possède pour curé M. Goillotin. Grâce encore à la générosité de M"^ de la Croix et de qjaAques autres habitants, cet ecclésiastique ^, su tirer un parti inespéré d'une église qui semblait, défier toute régularité. Sous la direction de M. Tessier, architecte, le deuxième bas-côté si disgracieux, a été /i^lranchi, U^gliâg

est devenue aussi régolrère qae possible, et Tanciéû cfaœar des Bénédictins s*est reiêtvé en 1850, plus brillant qvte jamais. Son élégante arcbite^ture est empruntée au XI?** siècle. Ses deux voûtes d'arrélo à nervures arrondies, reposent sur des colonnes engagées d'une grande bar* diesse et à chapitaux feuilles. Cinq croisées à fiiénaux et à vastes colonnettes, représentent dans leur^ riches vitraux la Ste*Vierge, St-Clémenl, et les quatre évangélistes : elles éclatent, éblouissent quand le soleil levant vient les frapper de ses premiers rayons ; maiâ peu à peu leurs feux s*ariiortissent, leurs couleurs vives mais adoucies semblent s'attaeher à tous les objets, et, images de nos passions et de celles qui trop souvent enflammèrent nos bons religieux, finissent par tomber et s'éteindre sur les ftoids^rvis qui recouvrept leurs cendres.

Dépendances de Vaneten priefÊiri de 8t-CfémenL

Prieurés dont la collation était réservée à Tàbbé dé Vend(yme : St^-Eutrope. — Bouligné avec le prieuré d'Athée« — Boncbamps. Pleins (chapelle).

Chapelles régulières ou claustrales de Tancienne fondation de St-Clément, réunies à la roanse conventuelle par sentence de 1518 : Notre-Dàme-la-Grande. — Notre- Dame-la-Toucharde. — St-Pierre de Craon. — St-Thomas de Craon, -^ Si-Marc.

Relevaient du prieuré *. Le vicariat perpétuel de Saint- Cléraent (c'est-h-dhre la cure), la communauté des prêtres de la dite paroisse. — La sacristie. — Les chapelles : Rabory, Cheneloup. — Trépidan. — Des Vaux. — L'Aurenaye. ^ La Hôurisserle. — La Perriète. — La Petite- Jacopière. — Bois-Rôuhaull. — La Piverderie. — Mocque- Chien. — La Pommeraie. — Lô Tortière. — L'aumônerie St-Jeao. — L'inflmierte de rabb^ye de la Roô.— L^égîise

collégiale de St^NiooIas de Craon, dans laquelle les religieux béoédictias sont supérieurs et curés primitifs. — Les chapelains, soi-disant chanoines de St-Nicolas. — Le chapelain do St-Nicolas, les vicariats perpétuels, c'est-àdire les cures d'Athée et de la Chapelle Craonoaise. -- Les cures de St-Saturnin et de St-Martin-du-Limet. — Le chapelin du Bois-Jouan, la chapelle de la Barre-aux^Auberts, de Thôpital St*JuIien de Livré qui devait ^in setier de blé au segretain (^cristain) du monastère. — Le curé et le prieur de St-Pierre-de-Bonchamps. — La grande boite de Téglise paroissiale de St-Cléoient* — La boite des t reposés de la même ^lise et le chapelain de la Brosse de Livré.

Les' prieurs dépendant de St-Clément étaient tenus à dire la première messe dans les paroisses où étalent si* tués leurs prieurés.

A peine. esHl nécessaire d'cgouter que parmi les chapelles citées, un très petit nombre possédaient réellement un o]caloire» Presque toutes étaient des legs à charge de services religieux, acquittés dans les églises voisioes; d'ordinaire on les donnait aux jeunes prêtres ep attendant qu'ils f^ssent placés dans les cures.

Limites de V ancien, fief et prieuré de Sl*Climent.

Partant du carrefour de la Croix-Adorée (des vœux) elles laissaient à droite Thôpital St-Jean, passaient par la Petite Guierçhe, arrivaient à TOudon, qu'elles remontaient jusqu'au, ruisseau de la Grangerie> limite de la paroisse de Livré, traversaient Tancienne roule de la Guierçhe (ou de la Ro0), suivaient la rue)le de Beauvais à Rome, passaient entre, le Grand etJe PelitChauvigné, puis par les Carleries, la butte de Britais, Soulioche, le chemin de§ Bourons qu'elles suivaient jusqu'au Verger, elles re«

roontaienl FOudon jusqu'à la prée Hadame qu'elfes laissaient près les Jacobins et rejpjg^aieat la Croix«-A4oréet;

Liste des prieurs titulaires ou cqfnmeniat^irfs 4f St'Clépiw»t dont nous avons retrouvé les nomj^^

1151-1158 Jacob. Charte 144 de la Roô.

1200 Renier (Rainerius). Cb. de St-Nicolas, bibl. de

Cbâtaugontier.

1387 ^ Brcssigault de Craisines.

1441 Philippe Maillard.

1450 Ives Lafond, devint abbé de Vendôme.

1466-1476 Macé Plancbon.

1496 Jean Brete^u.

1507 Ant. de Crevant, famille de Touraine.

1513 Jean Fretryau ou Freteau.

1526-1545 Louis de Crevant, évèque de Sebaste, abbé de

Vendôme. 1574 Girard Broust.

1577 Ponce Broust.

1580 Charles de Bourbon.

1589 Ch. Seguin.

1589-1597 Georges Duplessis Mouscberard, nommé par

la Ligue.

1598 Charles Garnier ou Gautier.

1598-1628 Jacq. Teillard.

1602-1647 Pierre de Sle-Harthe.

1657-1680 François Camus.

1688-1693 Louis le Meignan.

1710 Denis Nageon.

1713-1718 Jacq. Bouillard.

1773-1791 Beaupoil de StAulaire, aumônier de Harie-

Anloinette.

Prieurs dausttiaux :

1602-1615 Jacq. de St-Ofibttge.

Germain Harrousier.

Innocent Ftahauf.

Grégoire Légrafid.

Anselme de la Bogne.

Pierre Gonnier.

Lu en séance de la Société académique, les S mai et 6 juin 1860.

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