‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 2)Chapitre 123 sur 129 · SÉANCE DU 4 JANVIER · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 4 JANVIER

Présidence de M, Dumowt.

Le secrétaire général donne lecture du procès-verbal de la séance de décembre qui est adopté.

Le bibliothécaire présente , en indiquant leur titre , les publicalions adressées à ta Société.

Le secrétaire général donne communication d*une lettre de M. le Ministre de l'instruction publique , qui réclame la coopération de la Société pour le dictionnaire archéologique de France, et transmet les indications nécessaires pour obtenir une sorte d'homogénéité dans la rédaction des notices consacrées aux localités importantes. M. le président invite les membres qui se livrent à ce genre d'études à déférer à cette invitation , et à s'entendre entre eux pour se partager ce travail , qui doit signaler, le plus brièvement possible, les origines des lieux et Texistence des monuments anciens.

Il est donné lecture d'une lettre du secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences de Turin , qui promet, à titre d'échange, l'envoi de la nouvelle série des mémoires de ce corps savant.

Le Bureau présente MM. Baudry, ancien pharmacien à Chalonnes et adjoint au maire de Chalonnes , demeurant à Angers, et Bodard de La Jacopière, propriétaire, demeurant à Craon, le premier comme membre titulaire résidant, et le deuxième comme titulaire non résidant. Ces messieurs sont élus.

H. le docteur de Smytlères ayant été nommé directeur de l'asile des aliénés de Lille, la Société lui confère le titre de correspondant.

Le secrétaire général ayant eu accidentellement cou.

naissance/ par le journal le Cosmos, que la Société d'acclimatation de Paris avait proposé une série de queslions relatives à l'histoire naturelle des vipères indigènes de la France, a saisi avec empressement Toccasion qui s'offrait à lui, de rassembler et de publier un certain nombre d'observations qu'il avait été à même de faire ou de recueillir sur cette partie intéressante de Terpétologie angevine. Il s'est donc mis à l'œuvre, et ayant pensé qu^au point de vue de la science locale son travail pouvait offrir quehjue intérêt, au lieu de l'adresser directement à la Société d'acclimatation , il a cru devoir en présenter préalable* ment l'hommage à la Société académique.

Ce travail lui a donné lieu de discuter certaines erreurs populaires, plus ou moins universellement répandues, et auxquelles des faits naturels certains , mais incomplètement observés, et par suite plus ou moins mal interprétés, ont dû , selon lui , donner lieu.

Ce travail est renvoyé devant la Commission de rédaction

M. Boreau donne lecture d'un travail qui lui a été adressé pai: M. Bodard de La Jacopière , pour être soumis à la Société. 11 est relatif à des antiquités de diverses époques observées dans le Craonnais , qui , jusqu'à ce jour» n'avaient pas encore été signalées au monde savant. C'est ainsi que l'auteur décrit plusieurs petilvens et, parmi plusieurs monuments ou édifices gallo-romains, les restes d'un temple et les substructions d'autresf édifices qui ea étaient les annexes, découverts, depuis moins de deux ans , sur un monticule près de Craon, à la suite de fouilles dirigées par l'auteur lui-même.

Ce mémoire , d'un haut intérêt à raison des fladts nouveaux dont il enrichit l'histoire archéologique de l'ancienne province d'Anjou , est également remarquable comme œuvre d'observation , d'érudition el de eritiqae.

H. Boreau est chargé d'adresser à Tauteur les remerciements de la Société pour une dette de bienvenue si généreusement et si largemenl acquittée.

Ce travail est renvoyé à la commission de rédaction.

La parole est ensuite à H. Janin , qui vient présenter des considérations aux points de vue hygiénique et éco* nomique, sur les conditions dans lesquelles s'exerce, à Angers, le commerce de la boucherie. II s*élève, lui aussi, contre une taxe unique indépendante de la nature et des qualités différentes de la viande. La taxe étant fixée généralement d'après le prix de vente du bœuf sur pied, mais préparé pour la boucherie, le débitant achète alors pour augmenter son bénéfice, et cela dans une proportion considérable, des vaches dont le prix est de beaucoup inférieur à celui du bœuf. Aussi H. Janin prouve-t-il, qu'en 1859, l'abattoir d'Angers a reçu 1,424 vaches, et seulement 1,365 bœufs! Selon H. Janin, la mesure la plus efficace pour combattre ces fâcheux errements de notre boucherie, serait de lui opposer une concurrence dans l'établissement d'un étal fondé par souscription, lequel livrerait la viande à prix réduit et selon sa nature véritable , vache ou bœuf. Cette entreprise, qui n'exigerait d'ailleurs qu'un fonds de roulement peu considérable, et qui serait facilement contrôlée dans les conditions indiquées par notre confrère , présenterait une spéculation avantageuse, et aurait une influence incontestable pour opérer une diminution dans le prix et assurer à la consommation une meilleure qualité de la viande.

Le président, tout en rendant hommage aux excellentes intentions de M. Janin;, et à tout ce que ses calculs présentent de spécieux, fait observer?que la Société sortirait de la ligne qu'elle s'est tracée si. elle faisait autre chose que d'accueillir ses vœux. M. Thouvenel parle dans m m6me sens.

Cette commuDication conduit M. Béraud à CEdre observer que dans la question si controversée de Tassimilation, sous le rapport des valeurs nutritives et gastronomiques, des viandes de bœuf et de vache, on a bien plutôt envisagé la question an point de vue de la théorie qu*à celui de la pratique, et que c'est de là sans doute, qu'il est résulté queles uns admettent cette assimilation dans la taxe, tandis que d'autres la repoussent; ceux qui Tadmettent prenant pour base unique la valeur du bœuf, et les autres, une moyenne entre les valeurs réelles du bœuf et de la vache. Selon lui, on pourrait admettre cette assimilation dans les qualités et, par suite, dans les prix, mais seulement pour des vaches de trois à cinq ans , car ce sont alors des bêtes qui ont été mises à Tengrais comme impropres à la reproduction, et qui, sous le rapport de la tendreté et de la saveur, du gras et des facultés nutritives, peuvent soutenir parfaitement la comparaison avec le bœuf; mais il faut observer que ce n'est que trèsexceptionnellement que des vaches viennent à être abattues dans ces conditions. Nos pays de l'Ouest sont essentiellement producteurs de beurre et de laitage, or, l'abon dance do la sécrétion lactée n'arrive à son apogée qu^à six à huit ans, pour diminuer progressivement et insensiblement jusqu'à dix ou douze ans. Ce n'est donc guère que de dix à quatorze ans, et môme plus tard pour les petits fermiers peu aisés, que l'on se décide à abattre une vache et que, le plus souvent, on la livre au boucher pour ne pas la voir périr dans l'étable qu'elle a enricliie de ses produits jusqu'à son extrême vieillesse. Comment prétendre dans ces dernières conditions, qui sont celles habituelles, que cette viande maigre, sèche, coriace, et généralement plus ou moins musquée, doive être coafondue, dans une taxe unique, avec celle du bœuf qui a rarement atteint ses sept années quand il vient mourir

à Tabattoir? Ainsi donc, une assimilation générale dans la taxe des vaches et des bœufs n*est pas rationnelle, au moins dans nos contrées.

L'ordre du jour étant épuisé , la séance est levée.

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