NOTICE
découverte à Richcbourg , près Beauvau.
Eu parcourant les champs qui entourent remplacement qu'occupait la ville antique de Beauvau, Farchéologuc rencontre presque à chaque pas des vestiges qui, bien que plus ou moins effacés* viennent réveiller dans son esprit le souvenir de Timportance de cette vieille cité des Gaules. Il y a peu d'années encore, nous signalions aux archéologues les dolmens qui furent élevés dans ce coin reculé des Andes par ses premiers habitants; aujourd'hui, c'est un monument d'une période plus rapprochée sur lequel nous appelons votre attention : c'est le tombeau d'un de ces Barbares du Nord dont les hordes vinrent, à diverses époques, inonder notre Gaule chevelue, que nous voulons interroger devant vous, cherchant le mystère du dépôt de ces restes de charbon qui furent renfermées avec lui dans sa tombe, et de cet amas de scories ferrugineuses qui
Digiti
Tinrent joncher le sol autour 4e $a dernière demeure.
Le 6 janvier 1858, les habitants de la vallée de Beauvau étaient occupés à niveler et à macadamiser la grande rue de Richebourg, sous la direction de H. Le Mercier, membre du conseil municipal, lorsqu'ils mirent à découvert une ouverture circulaire ayant la forme d'une gueule de four. Les uns pensèrent avoir donné le jour à une ouverture de cave ; d'autres, au contraire, poussés par la curiosité, et se rappelant sans doute que le sol qu'ils foulaient l'avait été précédemment par les Barbares du Nord, reconnurent sans peine l'ouverture d'une crypte.
Après avoir fait déblayer le terrain, composé de vieilles tuiles, de scories et de fragments d'os humains, le tout sans forme et altéré par le temps, on reconnut que la voûte, qui avait au moins tieux mètres de profondeur et un mètre de diamètre, était à plein cintre et construite avec tant de soin qu'il était difficile d'en détacher quelques pierres.
Nous trouvâmes sous cette voûte le squelette d'un vieillard, les yeux tournés vers l'étoile polaire, et ayant près de lui encore un peu de charbon.
Devant l'ouverture de cette tombe, et comme gar* diens fidèles, se trouvaient déposés beaucoup d'osse^ ments en forme circulaire. C'était sans doute la der« nière demeure d'un homme considérable.
Bien que sur cette tombe ait été élevée une chapelle consacrée au culte catholique, nous n'en pensons pas moins que cette crypte dut être antérieure à rétablissèment du Christianisme dans la Gaule. Hais à quelle nation appartient l'homme dont nous avons ainsi le squelette sous les yeux? Cest ce que nous essaierons
cette exploitation n^étaient pas encore connus à celte époque, car la grande quantité de fer qu*on retrouve abandonné là et ailleurs prouve que la science métallurgique était peu avancée, qu'on bâtissait à cette époque sur place le fourneau principal avec des tuiles que nous retrouvons ici mêlées aux scories, et qu'au premier signal on levait le camp, en emportant seulement les outils nécessaires pour recommencer un peu plus loin, et en abandonnant à la terre ainsi délaissée les restes Je ceux qui avaient succombé pendant ce séjour momentané.
Toutes ces preuves d'une grandeur passée depuis longtemps nous autorisent donc à croire que celte crypte était occupée par un capitaine venu du Nord, et que si le soldat romain, après avoir épuisé nos mines, s'éloignait à l'ordre de son chef, dédaigneux de la fertilité de noire sol, il respectait du moins la dernière demeure de son chef et se plaisait à protéger, par un monument durable, les restes de celui qui l'avait guidé dans ses travaux.
D' Odvrard.