‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 3)Chapitre 45 sur 95 · Tome I. — Lettres. b · texte numérisé non relu

Tome I. — Lettres. b

que l'on précipitait sur les fidèles ^, nous allions dire les spectateurs, émerveillés ou épouvantés *.

Il n'est pas jusqu'aux Évangiles dialogues de la semaine sainte 3 qui ne trouvent leur explication dans cette nécessité pour rÉglise primitive, de rendre plus dramatique la relation de la Passion. Dès le IX' siècle, cette lecture dialoguëe nous est attestée ^, et il est certain que c'est là et dans les dialogues des Évangiles mêmes qu'il faut chercher le noyau des drames.

Mais avant celte époque déjà on pourrait retrouver des éléments véritablement scéniques dans certaines coutumes en usage dans quelques églises romaines au temps de Charlemagne.

A l'otiice du Vendredi -Saint à Sainte-Croix de Jérusalem, on éteignait, l'une après l'autre, toutes les lumières, de sorte qu'à la fin du Benedictus de laudes il n'en restait plus d'allumée qu'une seule que l'on faisait alors disparaître derrière l'autel. C'était le signe que la lumière du monde était éteinte, le Christ mort et que les ténèbres se faisaient sur toute la terre s.

1 Cf. Du MÉRiL, p. 51.

* L'ordinaire de Baveux (Xlll® siècle) indique qu'à la Pentecôte àes fleurs, des nuages et du feu seront précipités du haut des voûtes. [Biblù^théque liturgique, t. VU.)

* Un des officiants représente Jésus, le second le peuple juif, le troisième rÉvangélisle. Cf. Leverdier, op. cit., p. xlui, et l'usage général-

* Par M. l'abbé Muller dans une séance de PAcadémie des inscriptionet belles-lettres à propos des sigles de PÉvangéliaire de Noyon. ^'^• Revue des questions historiques, !«' juillet t90i, p. 279, et Bulletin his^^ rique et pkilalogique, I90i, n«» { et 2, pp. 132-133. Voyez aussi le remarquable lexie du Mont Cassin révélé par M. Wilmotte et où, selon son inierprétation les lettres H, Su, P désignent respectivement « Jhesus » le peuple juif (Synagoga?) et Papôtre Pierre? (Académie royale d^ Belgique. Bulletin de la classe des lettres, 1901, n« 7. pp. 746-7^-

8 Relaté par Mk^ Pierre Batiffol dans son Histoire du bréviai^ romain. Paris, Picard, 2« édition, 1895, in-8», p. 112. Nous ne pouvons songer à rechercher dans les primitives liturgies tous les élénaeni' de mise en scène qui s'y trouvent. 11 y aurait là une nouvelle éiU"*

'est le même sentiment dramatique qui ailleurs fait éteintous ies cierges pour rappeler le deuil de la nature à la *i du Christ et figurer, par le bruit des marteaux et des lelles, le tonnerre que Ton dut entendre lorsque la terre (ibla et que le voile du Temple se fendit en deux ^. e sont là les éléments de mise en scène les plus anciens quels nous puissions remonter. 11 n'y a qu'une transition (Dsible de ces usages liturgiques à la scène que jouaient les nés flamands et anglais : une croix voilée ^ (''lait dressée s de Tautel pour figurer le Sépulcre. La nuit avant Pâques retirait la croix. Un moine en aube, palme en main, s'aslit près du voile qui gisait à terre. Trois frères en dalma^ le, représentant les trois Maries, et faisant mine de chercher ^prochaient: entre Tange ei les Maries, le dialogue suivant igageait :

: L'ange. — Qui cherchez-vous dans ce Sépulcre?

> Les Maries. — Jésus de Nazareth.

> L'ange. — Il n'est pas ici, il est ressuscité comme il l'avait îdit, allez et annoncez qu'il est ressuscité 3. »

lire que plus tard nous entreprendrons peut-être. Ailleurs un voile ibe et se déchire pour figurer le vélum iempli scLssum est et un vêtent de toile représente le Partiti sunt vestimenta vien sibi (Chambers, iiaeval Stage, vol. 11, p. 5 note 5 et p. 6 note t.

Du Méril, p. 43.

On sait que maintenant dans la semaine sainte la croix et les images neurent toujours voilées. (Cf. Dom. Guéranger, La Passion et la mne Sainte in L'Année liturgique, p. 47, 8« édit., 188i. Paris, iin.)

Cf. Greizenach dans son excellent ouvrage : Geschickte des Neueren a)?Mw. Halle, Nieraeyer, 1893, in-8«, t. 1, pp. 48-49. Nous ne pouvons iger à discuter ici les opinions émises par M. W. Meyer (de Spire; is ses Fragmenta Burana (Festschrift der g. g. A. der Wissenschaft, H, in^*») où il combat ies théories de M. Sepet, lequel déclare d'ailleurs

maintenir. {Le Drame religieux au moyen âge. Paris, Bloud, 1903, i8,p.21.)

De cet embryon de drame sortira la colossale littérature des Passions du XV* siècle.

La scène que nous venons de décrire avec les additions successives, dialogue de Jésus et de Marie-Madeleine, achat des parfums par celle-ci pour en oindre le corps du Christ, apparition des Apôlres, résurrection et apparition de Jésus aux pèlerins d'Bmmaûs, constitue le cycle de Pâques.

Les incidents qui marquèrent la naissance du Christ, l'adoration des bergers, l'adoration des Mages, la colère d'Hërode, le Massacre des Innocents, la douleur de Rachel, forment le cycle de Noël. C'est là une division classique que nous obser verons souvent et qu'il nous fallait rappeler.

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