‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 4)Chapitre 16 sur 120 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

SUR

. D'ANnS «inS lETlLLIFta M L'INJOII

sDifns vm trvBi m lss uoms n u m snint.

Les anciennes exploitations métallni^ques de rApjou n'ont été jusqu'ici l'objet d'aucune étude spéciale, ce qui tient évidemment à l'obscurité ou h l'incertitude qui régnent sur la quantité et la nature même du minerai qu'elles durent alors fournir, comme sur l'époque à laquelle on doit faire remonter son extraction.

Des renseignements de diverses sortes par nous recueillis, des recherches faites sur les lieux mêmes, nous ont engagé à essayer de combler, si imparfaitement que nous le dussions faire, une lacune regrettable dans la science locale, et, après que nous aurons ainsi tenté une esquisse de nos anciens gîtes métallifères, à signaler à l'attention des industriels, le siUfaU de fer si libéralement répandu par la nature dans certains de nos terrains crétacés et qui convenablement traité pourrait donner de riches produits de plusieurs espèces.

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Nous sommes bien loin d'ailleurs de nous dissimuler tout ce qu'a d'ingrat et de difficile la tâche que nous toulons ainsi accomplir dans les conditions particulières où nous nous trouvons placé, et obligé que nous sommes de marcher à peu près seul, n*âyant à demander aucune indication précise aux historiens de TAnjou, non plus que bien peu à espérer des naturalistes de ce siècle. Le premier de ceux-ci en eflTet, Renou, qui, lui, avait fait de la science pratique, n'a rien publié... Professeur aussi instruit que modeste de notre École centrale, très versé dans la science minéralogique, il avait été jusqu'en 1792, directeur des travaux des houillères de Montjean. Il avait donc longtemps habité aux confins du pays des Manges, cette partie la plus riche et la plus intéressante en espèces minérales de tout l'ancien Ai^ou, puisque le sol y est constitué par un soulèvement des plus anciennes roches, de celles sur les prolongements desquelles, à des points diamétralement opposés en Poitou et en Bretagne se rencontrent les métaux sublimés par l'action ignée, et dont le soulèvement fut contemporain de l'apparition des granités Vendéens.

Si Renou ne laissa aucun travail imprimé, du moins par ses leçons et des communications verbales et incessantes avec ses nombreux élèves, Chevreul, Bastard, Guépin, Béclard, Millet, Davy La Roche, etc., en répandant le goût des études miuéralogiques il transmit à ceux-ci le précieux dépôt de ses observatious et de ses opinions. Bastard s'appliquait alors plus qu'aucun d'eux à la minéralogie qu'il dut plus tard sacrifier à la botanique, mais toutefois sans la négliger jamais entiè • rement; et il s'y livra de nouveau d'uue façon plus spéciale, vers la fin de sa carrière, lorsqu'après 1816 il vint habiter, pour ne plus en sortir désormais, la ville de Chalonnes et se trouva placé alors pour ce genre d'études dans

une situation analogue à celle de son ancien maître. Comme celui-ci il ne publia rien sans doute, mais mieux inspiré il réunit du moins dans un travail d'ensemble tout ce qu'il avait pu recueillir sur la minéralogie départementale. Ce fut ce manuscrit, par lui confié à son ami et ancien élève le docteur Ollivier, pour qu'il en fit usage, qui fournit à ce dernier d abondants matériaux pour le mémoire qu'il publia sur notre minéralogie.

Ce fut encore ce même travail qui probablement passa ensuite aux mains de Desvaux, qui évidemment n'avait pu en quelques années d'herborisations rapides et peu multipliées, rassembler les éléments multiples et variés d'une flore et d'une minéralogie angevines. Enfin l'on peut encore admettre que cet ouvrage de Desvaux, devint à son tour la source où durent puiser deux savants qui, bien qu'étrangers au pays, écrivirent néanmoins eûp profesêo sur sa minéralogie et sa géologie, et à qui, si actifs et expérimentés en de telles recherches qu'ils dussent être, le temps nécessaire dut manquer, non pas. seulement pour pouvoir découvrir nos produits minéra- Ic^iques, mais même pour reconnaître leurs stations et vérifier sur place, les fa|ts qui leur étaient signalés d'avance.

Tous ces travaux qui se sont succédés dans un espace de 20 années à peine, et comme engendrés les uns des autres, ont par suite de cette étroite parenté un caractère scientifique éminemment identique : c'est que tout ce qui eût pu se rapporter à la métallurgie y a été omis ou à peine indiqué, ce qui sans doute doit rendre l'essai que nous venons ici tenter plus nécessaire, mais ce qui malheureusement aussi le rendra forcément plus aride et plus incomplet.

L'origine des exploitations métallurgiques qui ont laissé des traces dans nos contrées doit certainement remonter

è des temps fort reculés. Les Romains , on n*en peut douter, ont dû exploiter notre sol, sans que cependant il soit possible à défaut de documents historiques quelque peu précis, d'apporter aucune preuve physique à Tappui de cette opinion. Avant eux les Gaulois avaient dû également fouiller les gttes métallifères, car avant Tinvasion romaine ils employaient le bronze pour la fabrication des objets d*art, des armes, des ustensiles de diverses sortes et dans ce temps où le commerce extérieur et les communications maritimes étaient à peu près nuls, ils devaient nécessairement rechercher, partout où le sol semblait devoir les leur oflTrir, le cuivre et Télain nécessaires pour fabriquer le bronze. Ils connaissaient en outre le plomb, Targent et Por, et la possession de ce dernier se trouve assez attestée par rhistoire de la faucille ou serpette des druides. Les mines de certains de ces métaux devaient être situées dans le sud du pays des Andes, mais en parcourant ces contrées et visitant les lieux où elles durent être exploitées, nous n'avons nulle part remarqué de traces d'aucune galerie, ce qui doit faire penser que ces exploitations étaient toutes superficielles et à ciel ouvert. Si du moins Ton eût pu retrouver là quelques débris antiques , quelques voies d'un caractère déterminable, quelques médailles ou des outils abandonnés par les anciens explorateurs, ils pourraient nous éclairer sur celui de ces deux peuples anciens par nous indiqués auquel on peut attribuer ces travaux , mais tous les indices manquent avec les enseignements de l'histoire et ce n'est qu'en s'appuyant sur un nom , sur une étymologie quelque peu douteuse, que l'on a admis que le pays des Hauges, pagus metallicus des Romains, exploité par les Celtes d'abord, le fut ensuite par leurs conquérants.

Sans doute on peut bien supposer qu'à l'époque où les légions romaines vinrent s'abattre sur notre province,

ses habitants par une illusion commune à tous les peuples envahis durent penser que roccupation no serait que passagère et s'appliquer ainsi tout d*abord à ne pas révéler les lieux qui cachaient des richesses minérales, mais dans les conditions où de telles exploitations avaient dû être faites, elles ne pouvaient rester longtemps ignorées et le soldat romain dut succéder bientôt aux travailleurs indigènes, et plus avancé qu'eux dans les connaissances métallurgiques, ce dut être lui aussi qui commença Texploitation du fer oligisle. Ce serait donc à ce temps que Ton pourrait faire remonter le commencement de la fabrication de ces objets gallo-romains en fer, dont nos collections archéologiques s'enrichissent incessamment; ce serait donc alors aussi dans cette partie de la Gaule Chevelue, que succéda Yàge du fer, comme l'appellent les archéologues étrangers, kVàge du bronze.

Ainsi l'on peut admettre comme très vraisemblable qne c'est à cette même époque que l'on doit rapporter ces tas de scories ferrugineuses observés dans diverses parties du département et qui y attestent l'existence d'exploitations sur lesquelles les traditions locales et l'histoire sont restées également muettes. Ainsi à Sl-Léger-des- Bois on trouve en divers endroits le sol jonché de scories ferrugineuses ; des vestiges analogues et du laitier de fer se rencontrent encore dans la forêt de Chambier, dans la commune de Denée-sur-Loire, dans la forêt de Longuenée, et près de Beauvau, etc., et du reste comme en aucun de ces endroits on n'a retrouvé de débris des fourneaux employés pour réduire le minerai, l'on doit penser que l'on se servait soit de forges portatives, soit au moins de ces constructions légères qui n'avaient qu'une durée éphémère.

Nous avons déjà dit qu'il ne nous était resté aucun document écrilquelque peu ancien qui pût nous éclairer sur vn. 8

répoque et Torigioe de ces exploitations du fer digiste; cette absence est la même pour tous les autres métaux.

Noire chroniqueur Bourdignéqui en 1529 prétendait reproduire tout ce qui était connu d*après les plus anciens documents relatifs à TAnjou, dans son chapitre IV^ Tun des plus curieux quant à ce qui regarde la constitutiou naturelle du sol et où il traite des fleuves et des bois, parle bien en effet de mines et de carrières mais ne dit mot des exploitations métalliques.

Quant à Piganiol de la Force ^ qui écriTait en 1699, et qui dans son histoire de la France a donné une histoire abrégée de TAnjou, il est évident qu^il n*a rien vu par lui-même et que si ses indications sont en partie vraies, au moins dans beaucoup de cas, en ce qui .concerne la métallurgie, elles sont empreintes des exagérations trop habituelles aux annalistes de son temps. Nous y trouvons d'abord quelques renseignements sur les fabriques de salpêtre qui existaient entre Saumur et Angers, où le nitre était extrait des débris de la craie tuffeau, puis on y voit qu*il avait existé une mine de plomb au Petit-Moutier ou Montrevault, mais qu'en 1699 elle était à Tétat de mine abandonnée parce qu'elle était trop ingrate, ce qui signifie sans doute que l'auteur supposait le minerai trop difficile à extraire ou à traiter, ou encore trop pauvre dans son rendement. Il indique qu'il y avait au contraire à Chenaux, commune de Courcelles, en Anjou, une autre mine dont on pouvait à la fois extraire de l'argent, de Tétain, du plomb et même de l'airain, ce qui veut dire sans doute du cuivre. Lorsque l'on admettrait l'existence d'une mine en ce lieu, il resterait certainement fort douteux qu'elle put offirir la variété de métaux signalée par notre auteur et surtout une richesse en argent qu'il n'évalue pas & moins de 10 sols d'argent par chaque 100 livres de charbon qui aurait été selon lui accompagné d'un peu

(for haut m couleur. Or aijyourd^hui on n'y trouve que de la houille, contenant parfois à la vérité du fer sulfuré qu'on a cru longtemps être argentifère, lequel aura sans doute provoqué Terreur de notre historien.

Cest ce même auteur qui nous apprend qu'en 1651 un Louis de Cossé, duc de Brissac et seigneur de Pouancéi fonda une usine métallurgique près de TétangdePouancé. Ce sont les forges appartenant maintenant à M. le marquis de Préaulx qui leur a fait subir de grandes modifications. Ainsi avant lui on fabriquait le fer avec une fonderie, deux chaufferies et trois feux d'afiSneries, et une partie de ces appareils a disparu pour faire place à un seul haut fourneau, dit delà Prévière, lequel n'est plus alimenté par les minerais de la Feuvrais et de la Sépélière, dépôts en partie épuisés et abandonnés, mais bien par des minerais de Rougé et de la Noê, canton de Chàteaubriant, lesquels par leur mélange donnent de 40 à 45 0/0 de gueuse. La castine qui était employée comme fondant a été également remplacée par un autre calcaire.

C'est du reste au xvii* siède, que nous rencontrons aussi le premier minéralogiste digne de ce nom qui ait étudié l'Anjou : il appartenait très probablement à une famille de notre province et avait dû l'habiter, car autrement comment aurait-il pu acquérir des connaissances suffisantes pour oser demander à Louis XIV un privilège pour l'exploitation de nos gîtes métallifères? C'était Christophe Bautru sieur de la Bouillerie, lieutenant d'artillerie, qui portait en effet un nom connu dans notre pays. Ce fût en 1641 qu'il obtint du Roi le privilège exclusif, « en » raison , est-il dit , de connaissances particulières qu^il • avait des métaux et des lieux, et après s'être assuré qu'il » y avait des mines de plomb et d'étain à MmUrevault^ s d'exploiter ou de faire exploiter, chercher ou faire cher^ B cher, ouvrir et profonder dans tout l'Anjou, pour tirer

« métaux et miaéraux, et autres choses de prix cachées » dans rinlérieur de la terre, ainsi qu'à Chàleaugontief- et » à Pruniers. »

Après avoir adressé sa demande au maréchal de la Heilleraye, surintendant des mines de France , privilège lui fut concédé de jouir pendant dix années des fruits de son entreprise. (Extrait du registre des Insinuations du prési* dial d'Anjou , du 29 août 164i).

Nous voyons donc que le pays des Hauges avait dès ce temps fixé Tattention des métallurgistes, mais pour le connaître mieux nous laisserons parler Bastard, qui nous donnera quelques renseignements sur les anciens travaux qui avaient été exécutés dans cette contrée.

Dans une lettre inédite qui a pour titre : Herborisations dans les Hauges, adressée à H. Boreau, on lit ce qui suit : « Quelques auteurs font venir de Mala gens, ce nom de Hauges, et d'autres le croient avec plus de raison peut-être dérivé du mot metallurgia ou pagus meUUHcus, que les Ro* mains avaient appliqué à cette partie du pays des Andes... En 1812 , j*ai visité Saint-Pierrede-Hontlimart au retour d'un voyage géologico-botanique dans les petites montagnes d'Arez, etc., etc. H. Hectot m'avait parlé à mon passage à Nantes d'un minerai brillant trouvé près de Hontrevault, je me dirigeai vers cette ville à mon retour. Therborisai sur les bords de la Divatte, mais pas assez avant dans les terres et pas aussi heureusement que H . Lloyd qui vient d y découvrir V Impatiens noU tangere. A Hontrevault j'appris que les minières étaient àSaint-Pierre-Honilimart; arrivé sur les lieux , je trouvai un «canton qui avait été fouillé profondément, mais à ciel ouvert, de sorte qu'il en était resté de profonds ravins et de petites collines, etc., etc. , tout cela était couvert d'herbes. Ainsi il y a longtemps que ce filon métallique est abandonné. Peut-être cela remonte-t-il au temps des Romains; quoiqu'il en soit«

j*ai pris parmi les déblais récents que venait de faire exécuter le propriétaire, M. Tristan-Martin, dont j*ai eu beaucoup à me louer, j'ai pris, dis-je, un bon nombre d'échantillons métalliques et autres, à peu près 100. Les plus remarquables sont le fer arsenical , amorphe ou mispickel ; il a pour gangue le quartz amorphe. Il est au muséum d*histoire naturelle de Paris où je Tai envoyé avec ce nom.

» Ce minerai accompagne ordinairement les filons de cuivre pyrileux, de zinc sulfuré, de plomb et d'étain. C'est sans doute pour Tun de ces métaux que ces mines ont été ouvertes autrefois , car le fer arsenical ne peut être d'aucun usage. »

Le mispickel servait bien, à l'époque gallo-romaine, à fabriquer quelques chatons de bagues, desamulettes, mais l'arsenic lui-même n'était d'aucun usage. Quant à l'étain dont on se servait alors, on a supposé longtemps qu'il était tiré des lies Cassiterides ou Iles Britanniques, mais il est peu probable, comme le fait observer H. Hellet, dans son travail sur la minéralogie du Limousfn, publié en 1858, que ces mines, qui n'ont jamais été excessivement riches, situées loin des Gaules, et au milieu de peuplades barbares, aient dû produire tout Tétain qui était alors employé dans les arts ; on peut donc penser que le Limousin notamment et quelques autres contrées des Gaules ont pu fournir une partie de celui qu'on alliait à l'or et à l'argent pour les objets précieux, et au cuivre pour la fabrication des armes.

Si la mine de St-Pierre-Moutlimart a fourni du plomb sulfuré, peut-être était il argentifère. Desvaux du moins en a trouvé quelques échantillons, non loin de là, au bord de l'Evre, au rocher de Bralles. Il y a encore dans la même commune un filon de cuivre pyriteux amorphe égalemeat

avec gangue de quartz gras qui a pu lui-même donner lieu à une exploitation utile.

Les morceaux de minerai , que Ton trouve çà et là abandonnés sur le sol, à Saint-Pierre-Montlimart, furent san's doute les premiers indices qui guidèrent Bautru , et rengagèrent à faire de nouvelles recherches. En visitant les quatre grandes excavations qui y existent, on retrouve l'exploitation à ciel ouvert telle qu'elle fut pratiquée autrefois ; on retrouverait même encore, dit-on, les sentiers tracés par les ouvriers qui portaient le minerai h la forge, si une belle végétation n'était venue recouvrir tout le sol.

Ces excavations sont au nombre de quatre et affectent pluâ ou moins régulièrement la forme de vastes entonnoirs au fond de l'un desquels existe une pièce d*eau qui empêche d'en pouvoir reconnaître la profondeur véritable, et qui laisse ignorer si cette excavation ne se terminait pas par des puits plus ou moins perpendiculaires, et qui auraient atteint, sous forme de galeries plus ou moins développées, les veines métalliques. Les deux plus grandes de ces sortes de carrières paraissent , au reste , avoir un diamètre de 60 à 80 mètres , et une profondeur visible jusqu*à la surface de l'eau de 33 mètres environ.

Le seul endroit où se montre encore en ce moment le filon métallique est une grotte placée presque de niveau avec Teau qui recouvre le fond d'une de ces mines, mais il nous a paru trop peu considérable pour qu'on ait dû s'y arrêter. A en juger par les morceaux de 10 à 20 kilog. , abandonnés à la partie supérieure, ce filon, dans son ensemble général, devait avoir une certaine puissance.

M. Tristan-Martin, propriétaire du terrain où sont situées ces mines , et qui a recherché avec soin tout ce qui peut s'y rapporter , a découvert un titre qui prouve

qu'en 1050 cette pièce d*eau couvrait déjà le fond de cette mèroe mine.

Bauini n*a donc dû que poursuivre des travaux déjà abandonnés depuis un temps immémorial. Nous remarquerons au surplus que les scories que nous avons pu examiner ne nous ont offert que de légères traces de plomb. On les trouve répandues sur le sol , maintenant transformé en jardin, en face la maison même de H. Tristan-Martin, ce qui doit faire supposer que les fonderies se trouvaient placées à peu de distance des excavations.

Pour peu qu*on ail Thabitude de pareilles recherches, en suivant la direction , non pas d*un seul fllôn mais de plusieurs, on arrive à constater de nouveau leur présence, en partie du moins, à la Motte-Sauvage, commune ûfL Puiset Doré , dans des conditions identiques à celles^ qui se présentent à Montlimart.

Des travaux analogues à ceux-ci ont été également exécutés à Saint-Remy-eu-Mauges , mais nous ignorons quelle était la véritable nature du (minerai qui fut extrait en ce dernier endroit.

Le sud de TÂi^ou , peu riche en oxyde de fer hématite, n*a pas dû tarder à en être épuisé ; les besoins allant toiqours en augmentant, nos mines en filous peu importants ou en dépôts sans profondeur auront bientôt cessé d'être exploitées ; mais Toxyde de fer pulvérulent que Ton retrouvait à Saumur, sur la route de Doué, et que Ton avait bien à tort autrefois doté du nom de Bol â^ Arménie, a fourni longtemps son contingent à la pharmacie. Ainsi Charas, eu 1669, désigne Blois et Saumur comme pouvant fournir le bol d'Arménie. Pomet dans son Histoire des drogues , le répète sans se préoccuper de la différence qu'il y avait entre les deux substances et donnait la préférence à notre terre argileuse qui ne contenait pas d'oxyde de cuivre comme le véritable bol d'Arménie.

Cet oxyde avait été employé auparavaDt par les Romains pour fabriquer les tuiles et pour peindre d'ornements rouges les pierres des tomt>eaux.

Le gisement de ces divers métaux et les Qlons quartzeux qui les accompagnent au milieu de nos roches stratifiées et dans le voisinage de nos roches éruptives, sont autant de produits connexes, autant de formes sous lesquelles se manifestent les effets d'une même cause.

En nous appuyant sur les considérations générales qu'a présentées M. Elle de Beaumont sur les Qlons et les émanations métallifères volcaniques, nous retrouvons les métaux appartenant à cette origine qui ont pu être exploités anciennement dans nos contrées ou ceux que nous y découvrons par nos exploitations actuelles qui y occupent géologiquement les places que la science est venue leur assigner.

L'éruption des roches ignées à Denée par exemple, a eu pour résultat la dislocation, le brisement, le soulèvement des roches sédimentaires métamorphiques , des fissures dans la masse, dont une partie a dû être remplie par la matière éruptive, ou bien encore un remaniement des matières métalliques préexistantes.

Si nous ignorons encore aujourd'hui l'endroit précis d'où Ton a dû retirer le fer chargé de cuivre qui a été ainsi anciennement exploité à Denée, nous avons la conviction qu'il ne doit pas être très éloigné de celui où l'on voit actuellement les scories provenant de cette exploi-tation, car le fer hématite se trouve au milieu de schistes dont quelques-uns, à ce dernier endroit, sont chargés de cuivre surtout dans la partie adjacente aux serpentines.

Nos roches éruptives sont d'ailleurs généralement pauvres en métaux ; le fer lui-même n'y existe guère qu*à l'état d'oxydulile et en grains isolés. C'est donc au milieu de nos roches sédimentaires que l'on dut surtout autrefois

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chercher les méiaax dont on faisait usage et c'est là aussi seulement que Ton devra avoir l*espoir de rencontrer plus tard des gisements assez riches pour motiver de nouvelles exploitations.

Nous terminons ici cette première partie de notre travail. Comme on le voit , il s'agissait surtout pour nous , h Taide d'une esquisse rapide, de rapprocher, pour les sauver de Toubli, quelques faits qui mieux étudiés pourraient donner lieu dans un temps plus ou moins éloigné à des découvertes plus importantes.

DBS LieniTBS ET DBS SULFUEB8 DB FBR.

Le fer et le soufire forment dans la nature plusieurs composés dont les deux principaux se distinguent par la couleur d'abord, bien que celte difTérence soit moins tranchée qu'on le pourrait croire, et par leur forme cristalline dont le caractère très saillant met obstacle à toute confusion. Le sulfure jaune en effet cristallise en cube, et la pyrite blanche ou sperkise a pour forme primitive le prisme avec des cristaux màclés et des angles rentrants. Nos schistes, nos calcaires, nos lignites offrent souvent en quantité notable le fer sulfuré mais souvent dans les incrustations qu'il y forme il serait impossible de reconnaître auquel des deux composés dont nous venons de parler on doit le rapporter, si sa couleur n'était alors assez tranchée pour empêcher toute confusion.

Jusqu'à ce jour ces deux sulfures avaient été regardés comme formés d'éléments semblables et unis dans les mêmes proportions, bien qu'ils n'aient pas cependant la même pesanteur spécifique, celle de la marcassite étant de 5 tandis que celle de la sperkire n'excède pas 4 , 7 et est

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très variable. DofiréDoy dans son traité de minéralogie a persisté dans cette opinion, malgré les travaux de Berze- Uns, qui a démontré que si la composition de ces deux corps présente une similitude d*éléments, le sou&ne est néanmoins en excès ou en proportion variable dans la pyrite blanche (comme Ta vérifié aussi le professeur Guibourt), et s*y associe même à un peu de silice et de manganèse, tandis que la pyrite jaune ou marcassile est composée exclusivement de fer et de soufre dans des proportions identiques.

Quant à la cause qui fait que la pyrite jaune est presque inaltérable à Tair, tandis que la sperkise ou pyrite blanche s'altère facilement, elle ne parait pas avoir encore été présentée d*une manière entièrement satisfaisante. L*e léger excès de soufire que contient la pyrite jaune ne peut jouer là aucun rôle appréciable et le manganèse serait dans le même cas s*il restait à Tétat d*oxyde ; mais si au contraire on le regardait lui-même comme un sulftire, on pourrait penser alors que la décomposition de la sperkise serait due à un phénomène magnétique.

Si on examine à quel état se trouvait dans la nature le fèr sulfuré avant d*étre ce qu*il est aujourd'hui, on peut admettre qu'il a pu être le résultat de deux causes parfài* tement distinctes, à savoir : un produit de la fusion et de la volatilisation, ou celui d'une dissolution opérée dans Teaù à une forte pression ; origines comme on le voit bien dffiTérentes.

Quant à la première, plusieurs fiaits se présentent à son appui.

Nous retrouvons en effet ce composé disséminé dans nos roches primitives à l'état de fer sulfuré magnétique; jusqu'à ce jour à la vérité nous ne le connaissions pas dans nos granités d'Anjou , mais nos diorites des environs de Cbolet l'offrent accidentellement ; les serpentines qui bor-

dent notre terrain bouUler, les roches porphyritiqoes qui ont soulevé nos couches de houille et d*anthracHe en présentent aussi des cristaux. Ces exemples suffisent sans doute pour prouver dans ces circonstances sa nature ignée, sa formation par suite de fusion ; mais nous observerons alors aussi qu*il a pu n'en être pas toujours ainsi, même dans les roches éruptives ou primitives. Car si par suite de la réaction des éléments les uns sur les autres, dans nos serpentines de deuxième formation , à Denée , par exemple, an moment où elles ont apparu, il a dû se répandre, du moins on peut le supposer, une très grande quantité d'hydrogène sulfuré, alors, Toxygène de Tair, s'unissant à Thydrogène, aura formé cette eau dont toutes nos serpentines sont imprégnées de 10 à 12 V» et une partie de Toxyde de fér magnétique ou oxydulite aura pu changer de nature et se transformer en fer sulfuré au moment de la décomposition de Thydrogène sulfuré. Si cette hypothèse était admise , il faudrait admettre que le fer sulfuré pourrait être encore le produit d'une réaction chimique.

Dans ces conditions du reste, il résiste à tous les agents extérieurs, qu'il soit jaune ou blanc, cristallisé ou non, et semble doué d'une constitution particulière qui jusqu'ici a échappé et probablement échappera longtemps encore à nos recherches. Passons maintenant à la production du sulfure par la voie aqueuse.

Aujourd'hui certaines eaux minérales telles que celles de Chaudesaigues (Aveyron), de Bourbon-Lancy (Saône et Loire), déposent du sulfure de fer sur les corps rugueux qui sont lavés par elles. Ce qui se passe ainsi à notre époque géologique a bien pu avoir lieu autrefois sur une plus grande échelle dans notre pays même : nos lignites , nt)s bois pyrilisés ont dû probablement être baignés et profondément pénétrés par des eaux chargées des mêmes prin-

cipes minéraux. Dans ce cas le sulfure de fer de nos ligniles ne peut être confondu avec celui des roches primitives ou ignées , c*est évidemment un produit neptunien , mais alors qu'il soit cristallisé ou non, il ne peut se conserver et il se décompose à une température ordinaire quand il est exposé à Tair.

Le lignite trouvé dans les couches médianes du terrain crétacé, à Beaufort-en-Vallée, est formé de firâgments plus ou moins volumineux de végétaux ligneux dicotylédones, de troncs ou de branches d'arbres plus ou moins altérés ou reconnaissables. On Ta rencontré à 14 mètres en creusant un puits artésien , formant une couche épaisse , homogène et horizontale, laquelle évidemment appartenait àun bassin dont on ne peut guère apprécier retendue , mais que Ton peut cependant supposer devoir occuper cette immense dépression du sol, fermée à Touest par les schistes d'Angers et limitée des autres côtés par les collines de craie-tuffeau ou de calcaire jurassique qui forment la vallée de Loire. Ce banc de lignite pyritisé avait 4 mètres 66 cent, d'épaisseur et repose sur un banc d'argile de 51 m. d'épaisseur. Ces lignites ont absorbé une telle quantité de fer sulfuré blanc qu'il s'y est parfois substitué entièrement aux substances organiques et que des vers entiers qui avaient perforé ces corps ligneux s'y trouvent transformés en pyrite. Evidemment ces lignites durent s'entasser alors et séjourner dans une sorte de lac ferrugineux où la concentration des eaux par l'évaporatiou ou par toute autre cause dut graduellement s'opérer. Dans les parties de ce lac où l'on peut supposer qu'il existait peu de corps ligneux et et qui se sont trouvées ainsi privées de lignites, il se forma un dépôt sédimentaire sous forme de plaques qui a été constaté en certains endroits. Ce dernier fait aurait quelque analogie avec les dépôts formés par nos eaux ferrées lorsqu'elles tracent

leur lit entre deux couches de sable et qu*ea s*y filtrant elles laissent derrière elles un dépôt ferrugineux.

Ces observations rapprochées de ce qui se passe à Bourbon-Lancy, donneraient donc une nouvelle force à Topinion de Dufirénoy que ce sulfure s'est formé aussi par la voie aqueuse. Déplus comment expliquerait-on autrement la formation du carbonate de fer, qui est venu remplacer la partie végétale dans les palmiers qu'on trouve dans la houille ? On est bien forcé d'admettre pour ce dernier fait géologique que le carbonate de fer était en solution avec le carbonate de manganèse qui l'accompagne toujours, tous deux isomorphes à l'état de carbonate aussi bien qu'à l'état de sulfure, et que la sperkise alors a retenu au moment de sa formation un peu de sulfure de manganèse , qui lui a fait perdre sa propriété de se conserver.

En présence de pareils faits, la formation neptunienne de nos pyrites des lignites devient évidente. Faisons observer au reste qu'il n'y a pas que les végétaux qui se soient ainsi pyritisés dans ce milieu aqueux. Les ammonites dont le corps présentait à l'extérieur des aspérités se sont fréquemment transformées en sperkise , et parfois c'est après s'être changées d'abord en carbonate de chaux qu'elles se sont ainsi pyritisées, métamorphoses en rapport du reste avec le milieu liquide qu'elles occupaient et dans lequel elles avaient vécu peut-être.

Nos schistes renferment souvent du fer sulfuré jaune qui paraîtrait s'être produit successivement par la voie ignée et par la voie neptunienne. Ainsi dans les filons, on voit à la surface du quartz, quel que soit son état, des cristaux de fer sulfuré , lequel a dû se volatiliser en même temps que le quartz était en fusion. Mais notre sulfure se trouve cristallisé en outre souvent à la partie supérieure des cristaux prismatiques du quartz, ce qui ferait supposer que la oristallisation de la silice était alors achevée

avant le commencement de celle de la sperkise. Si Ton examine ce que les ouvriers de nos ardoisières nomment des rafles, on remarque en effet que le sulfure est toujours sur un lit de silice, accompagné quelquefois de chaux carbonatée, sous forme cristalline légèrement colorée ou jaunie par Toxyde de fer; d'autres fois la silice est recouverte d*une légère couche d'oxyde de fer rouge provenant de la décomposition du sulfure jaune, décomposition qui s'opère même dans le sein de la terre avec déperdition de soufire sans qu'on sache ce qu'il est devenu.

Les eaux qui tenaient en solution peut-être, ou au moins en suspension les éléments terreux de nos schistes, éléments très variables, chargées d'un peu de carbonate de chaux dans le voisinage du calcaire dévonien, étaient sans doute sulfurées. Après que les schistes ont eu pris leur forme et leur consistance, le sulfure et la chaux contenus dans les eaux, dont le schiste était imprégné, trouvant un point d'appui sur les filons quartzeux qui avaient pénétré les schistes, ont cristallisé de préférence sur la silice qui s'était cristallisée la première comme ils l'auraient fait sur tout autre corps rugueux, sur nos trilolites par exemple, où ils se sont substitués à la matière organique dont il n'est pas resté de trace.

Le milieu dans lequel le sulfure de fer a cristallisé a nécessairement manifesté son influence sur sa forme cristalline, et à raison des éléments étrangers qui ont dû être introduits dans sa composition, sa cristallisation a dû ainsi considérablement varier. Aussi les globes de sperkise de 2 à 3 kil. que l'on trouve au milieu du calcaire dévonien de la Heignanne n'ont-il pas la forme en crête de coq que prennent ceux de la sperkise de nos lignites, mais affectent celles d'octaëdre dont les faces sont inégalement inclinées. Notons de plus celte irrégularité que ces globes mêmes de sperkise sont intérieurement sillottoés par des

Teines de calcaire spathique et que dans cette partie, ils sont restera Tétat de fer hydraté hématite.

Les pyrites en se décomposant peuTcnt donner une génération métallique, c'est-à-dire deux produits différents : l» Le fer hématite hydraté qui conserve toujours la forme cristalline originelle : dans nos grauwackes celle de cubes d'oxyde de fer formés par épigénie, par suite de la décomposition de la pyrite jaune ; d'autres fois, mais plus rarement, la forme partielle du prisme rhoroboidal, ou enfin celle des cristaux crétés qui appartiennent au sulfure blanc ; 2<> un autre produit dû à une autre décomposition et appartenant à une nouvelle série de faits dont on connaît la cause, c'est le sulfate de fer blanc amorphe^

Les lignites pyritisés avec cristaux visibles ou non, ne se conservent pas dans nos collections ; le sulfure de fer blanc, exposé à l'air s'exfolie toiyours en lamelles, qui se détachent irrégulièrement de la surfoi3e des cristaux; tandis qu'à l'intérieur, le sulfure qui est interposé entre les fibres du bois où il a cristallisé et où il a pris une forme plus ou moins corallolde en s'y moulant, subit également l'influence de l'humidité qu'il absorbe tout aussi bien par l'intermédiaire du lignite que s'il était exposé directement à l'air nu.

Nous avons d^à fait ailleurs l'histoire d'un pareil phénomène, en parlant de la décomposition du sulfure d'antimoine et des oxydes qui prennent naissance dans ces mêmes conditions hygrométriques et épigéniques (J). Tous ces composés binaires paraissent donc plus disposés

(1) Voir le 3« et le 4e vol. des Mémoires de la Société académique de Maine et Loire, 1858.

Le sttifîire d'antimoine des fourneaux contient un peu de sulfure d'argent, Tessai en a été fait par le professeur Durocher. (Voiries Annales des mines, i* série, tome xvm, pages AS à 50).

que d'autres à changer de nature , et à former de nouveaux oxydes ou de nouveaux sels, mais probablement parce qu*une même cause agit alors, et peut-être est-elle due à ce qu'il se forme un couple voltaique.

Le sulfate de fer est visible aussitôt qu'il est formé, à l'état de protoxyde blanc; mais Thydratation ou l'adjonction d'une molécule d'eau à une molécule de sel leliquéfle, arrondit ses surfaces en lui donnant la forme soyeuse de lamellaire qu'elle était, et en respectant sa couleur blanche jusqu'à ce qu'une nouvelle quantité d'oxygène vienne s'ajouter au protoxyde de fer pour en faire quelques mois après un oxyde plus oxydéen commençant toujours par l'extrémité des fibre».

Dans la cristallisation d'un sel, les lamelles obéissant à une loi symétrique viennent généralement se grouper sur le même plan, mais ici l'opération se fait dans un autre sens, l'addition de l'eau s'opère par l'extrémité des fibres^ ce qui occasionne leur prolongement, et du moment qu'elles ont acquis toute leur extension, la décomposition commence en se manifestant par une légère coloration. Nous ne pouvons mieux comparer ce cas d'amorphisme qu'à celui où une parcelle d'eau glacée s'approprie à chaque instant l'humidité de l'air ambiant pour former le givre que l'on voit par un temps froid s'attacher aux arbres.

Le chimiste et le minéralogiste donnent à ce sel le nom de sulfate de fer, tant qu'il est à l'état de protoxyde; ils ont sans doute raison l'un et l'autre; mais une fois que sa couleur a varié, il faudrait l'appeler d'un nouveau nom, selon son degré d'oxydation. Pour le chimiste ce serait alors un sulfate de protoxyde; pour le minéralogiste, il n'a pas encore assez de stabilité pour pouvoir constituer une espèce, tandis qu'oxydé une fois de plus encore, il devient la melanlerie de Beudant ou son sulfate de fer

ocreux crîstalHsable, verdfttre, définition tout h fait incompatible, puisque cet auteur le regarde comme un sel protoxyde, et que le sulfote de fer du minéralogiste doit être un sel verdâlre cristallisé et susceptible de s*altér6r,

M. Guibonrt, qui a étudié avec attention la formation de ce sel, le considère comme « un sulfate de fer hydraté, » épigénie d*autant plus r6marqusd)le que le fer et le sou- » fre tie se trouvent plus dans ïes mêmes rapports dans » le sulfure que dans le sulfate et que la moitié du soufre » est ici mise à nu, sans qu'on sache ce qu'il devient. »

H. Lccoq, dans son traité de minéralogie, le regarde, lui, comme un sel double. Faisons observer ici, que ce sulfate de protoïyde dé fer toujours blanc et amorphe, et sous forme d*efflorescence sur les masses de sperkise, prend la forme capillaire sur nos lignites, formés anormales que Geoffroy-St-Hilaire a classées et définies dans sa TératologU minérale.

Dans les arts on peut se procurer ce sel hydraté de plusieurs manières, par exemple en taisant filtrer une sohition de sulfate de fer concentrée à travers un corps poreux: Cette {anomalie dont on retrouve des exemples en minéralogie, ce sel exceptionnel placé au milieu d*uQ corps humide, demande des mois entiers pour se décomposer en oxyde de fer; on doit attribuer àans doute cette résistance, soit à son état moléculaire, sans affinité pour iine nouvelle oxydation, soit à ce qu'il s'en trouve préservé par l'excès même d'acide sulfuriique qui accompagne toutes ces couperoses.

Lés lignites sont assez abondants en Anjou, pour que leur exploitation pût être lucrative. A Mithan, daus le département du Gard, où les lignites sont exploités avec avantage, leur puissance n'excède jamais 3 mètres, tandis que celle de nos lignites de Beaufort, comme nous Tavons déjà dit, atteint 4 m. 66 c.

vui. 9

, ^îep.que^cci Ugnite fpûl c^jir upe gfwde ressource jpour ijB phaufifiage, toutefois il est lelleiuent chargé de .sperkise que la fabrication d^ la. couperose verte pour les arts, serait qucore d'uu avantage plus prononcé. On doj^t (lonc s'étonner de ce qu'aucun ind^$triel n'ait encore pensé à l'utiliser sous ce rappert et à profiter ^ainsi de oe que la nature 4ious a si l^rgernent offert; sa présence près de nous est cependant connue depuis longtemps. , M. Renou, en effets paraît avoir été le premier èb la signaler» ipais depuis elle a été maintes fois constatée dès qu'on a perforé le sol dans nos anciennes alluvions à une oert£^ne profondeuPi soit à Beaufort et dans ses environs, soit à Saumur, soit dans les parties basses de Soulaire et de Bourg» à Durtal, à Cbeviré-le-Rouge où l'on a rencontré le jayet, à Longue, sur les bords de l'Authion.elc. (i).

Tous nos lignites sont placés du reste à la partie intermédiaire des terrains crétacés, et ils contiennent de 40 à $00/0 de charbon.

Ep général, ils sont fibreux et présentent encorQ|, comme d^à nous l'avons indiqué, les caractère;^.d*un bois. altéré pfrr uja séjour prolongé dans Teaj^ ferrée; ils sont pajiois chargés 4e rnatières organiques dans le genre des cqur serves ou des oscillariées spus forme de filament^ blancs, simples, non cloisonnés, variant par^pis aussi de couleur, quelquefois bleus/ rarement routes. Ces productipns 3pnt adhérentes au jUlgnite qui parait alors pomme enveloppé d'une couche gélatineuse jaunâtre. L'on peut vérifier leur naturç en laissantséjourner^e lignite dans de l'eau disMUée à l'abri, de l'air,, et en se servant ensuite d*ua bon microscope pour les étudier.

(1) Voir la Statistique de Maine et Loire, par Desvaux.

4ài

Yoici du resté la composition du lignite de Bèaufdrf selon M.

Cendres retenant toi^ours un peu de fer î 100 parties.

Matières volatiles, ' 51 —

Charbon. 42 —

Dans cette opération on s'est éyidemraent servi de lipite pur de tout sulfure de fer.

En comparant cette analyse à celle d*autres lignites provenant d'autres pays, on reconnaît que les cendres sont ici plus abondantes, ce qui tient sans doute à la pré^ sence de Toxyde de fer qui en augmente le volume. Cet oxyde ordinairement à Fétat de iaimatt, contribue d'ail-* leurs à donner au lignite cette couleur brune, qu'on attribne généralement à un commencement d'altération du corps ligneux lui-même et qui n'est que la couleur propre à tout bois qui a s^oumé dans une eau plus on moins terragineuse.

H. Regnaud,dans un mémoire remarquable consacré à la recherche des éléments des principaux combustibles, a reconnu, ce qui d'ailleurs a été constaté par plusieurs antres savants chimistes et géologues, français et étran-* gers, que leur richesse en coke ou en charbon, augmente en raison directe de l'ancienneté des terrains auxquels ils appartiennent. C'est ce qui fait sans doute aussi que nos tourbes des environs de Saumur, sur les bords de la Dive, dont la formation relativement à d*autres tourbes des terrains alluvionnaires est l'une des plus récentes, ne fournissent à l'analyse que 25 on 30 0/0 de matière combustible, de sorte qu'au lieu de les employer pour le chauffage, on préfère les livrer à l'agriculture comme engrais.

La conclusion qu'on peut tirer de tout ce que nous venons de dire touchant nos lignites, c'est qu'ils se présentent ici en de telles conditions qu'ils peuvent fournir ou

un combustible précieux et économique facilemœt exploitable, ou du sulfate de fer susceptible de devenir Taliment d'uqie nouvelle industrie pour TOuest de la France. L'on pourrait en effet Texploiler pour en extraire comme le faisait un de nos eonfirères, feu M. Belon, de Tacide sulfurique et môme du soufre. Dans ce dernier cas Tagriculture trouverait moyen d'utiliser les résidus qui se produisent sous la forme de cendres rouges. Quant à Tavenir auquel pourrait prétendre cette entreprise, ne sa* vons-nous pas combien toutes les industries se déplacent facilement lorsqu'elles eut à leur disposition des matières premières peu coûteuses et qu'elles sont dirigées avec intelligence et prudeuce. En 1750, le sulfate de fer qu'employaient les pharmaciens et industriels d'Angers était tiré de Passy qui en avait le monopole et aujourd'hui c'est le département de l'Aisne, ce sont les environs d'Andaye qui le livrent au commerce.

Pourquoi donc continuerions-nous à aller chercher au loin ce qui peut se produire si près de nous et comment et pourquoi ne ferions-nous pas des vœux pour que notre Anjou se voie enfin doté d'une industrie qui promet d*ôtre lucrative?

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