‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 4)Chapitre 17 sur 120 · AGENT ET MATIÈRE · texte numérisé non relu

AGENT ET MATIÈRE

Agent et matière, tel est le résumé de la question que nous nous proposons d'esquisser à grands traits et d*exa* miner particulièrement sous une de ses faces.

Ce yaste si:uet a été l'objet des laborieuses recherches et des savantes méditations des philosofAes des temps passés.

C'est qu'en effet tout est agent ou matière autour de nous, depuis le minéral, depuis Tatome même jusqu'à rétro infiniment puissant, jusqu'à Dieu.

En songeant aux actions mutuelles des particules des corps , à la vie végétale , à la vie animale , à l'âme qui doute, pense, cherche, trouve, admire, comprend et aime, une idée probablement très ancienne s'est présentée de* vaut notre esprit ; nous nous sommes mis à Tœuvre avec ardeur, et c'est le résultat de nos travaux et de nos réfle^ xions que nous allons faire connaitre.

Pourquoi redire ce que d'autres ont peut-être mieux dit que nous? C'est que les grandes vérités ne peuvent être énoncées trop souvent ; pour qu'elles puissent se propager et pénétrer dans un {dus grand nombre d'esprits , ^ on ne saurait les reproduire de trop de manières dififérentes. Si nous avons rencontré des idées analogues dans des auteurs anciens et modernes, elles ont faiblement attiré notre attention; c'est en contemplant la nature, en cherdiant à lire quelque chose dans ce grand livre rdu divin maître, que nous avons cru apercevoir le trait lumineux qui nous a si vivement trappe; nos réflexions , nos pensées, nos conclusions viennent donc en grande partie de nous-méme , et si nous nous rencontrons avec d'autres chercheurs dont nous^ n'avons pas subi l'influence, il en résultera plus de valeur , plus d'importance , plus de vie pour les idées que nous allons émettre; nous croyons donc devoir parler.

Le matérialisme de notre langage est à notre avis le principal obstacle au mouvement libre et universel de ces pensées ; sa forme nous porte en général à accepter plus facilement les faits de l'ordre matériel que les vérttés de l'ordre immatériel; ici*mômë ne suis-je pas obligé de foire usage du mot « immatériel , » c'est à dire d'un at^ectif entaché d'une négation, pour qualifier des choses réelles; je ne dois pas employer l'adjectif « spirituel , » car il peut exister, il existe même des êtres immatériels qui no sont pas comme notre âme et Dieu des êtres spirituels. Loin de nous cependant la pensée de nous révolter contre ces imperfections qui sont la conséquence de la loi du prc^rès; le langage se modifie et se perfectionne en même temps que l'humanité; les formes matérielles tendent à disparaître toutes les fois qu'elles peuvent troubler la pensée; la clarté, la simpKdté, la pureté et la précision exigent en effet de plus en plus que l'on présente sous une forme

lûatéiielIéGé ^ui est tnatëi-iël, et âdiiâ tine forme imiiiatérièile ce (}ui est iiitimatériel.

Le grandDescartes, dans ées écrits si justement célèbres, nous donne en plusieurs passages des exemples remarquables d'un discours qui s'élève et se purifie comme sa pensée; comme ii aspire à se détacher de Tempire des sens ! « Je fermerai les yeux, dît-il, je boucherai mes 9 oreilles, je détournerai tous m^ sens, j'effacerai même a de ma pensée toutes les choses corporelles, ou du moins, B parce qu'k peine cela se peut-il faire, je les réputerai » comme vaines et fausses, et ainsi m'entretenànt seule* » meut moi-même, et considérant mon intérieur, je ta-' 9 obérai de mè rendre plus connu et plus familier à itioi- 9 même. Je suis une chose qui pense, c'est-à-dire, qui 9 doute, qui affirme, qui nie, qui connaît peu de choses, 9 qui en ignore beaucoup , qui aime , qui hait, qui veut , 9 qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent. »

Ouels heureux efforts pour dégager son âme de ses liens matériels f Fortement préoccupé de son être intellectuel et de Dieu, il va perdre en partie la matière de Vue et déclarer que Tesprit humain est plus aisé à connaître que le corps; éhirtïé alors de ce feu saci^ qui fui révèle sa force morale tout entière 1 il grandit à ses propres yeut; un édair de génie traverse son esprit. Je doute. Je pense,' je suis, s*écrie-t-H, et les bhses de la philosophie cartésienne sont posées.

Tout ediier à sa pensée. Descartes aspire avant tout à connsdtre Fimmatériel et à le nièttre en évidence. Entre les êtres immatériels il distingue son âme et Dieu qui sont alors les principaux buts de ses recherches.

Nos rfflexions sur l'attraction moléculaire nous ont conduit à poser des problènfies qui semblent se rattachei^ an précédent.

Lorsqu'on observe avec attention les phénomènes dri

monde matériel^ tout semble 4m que d€(u^;pa|rMoul6& élémentaires de matière agissent mutuellemeqt Tune. sur Tautre à toute distance; o'est en étudiant les principales phases de cette action iputuelle selon la distance oiplé-. culaire que nous avons posé les bases d*une nouvelle npiér thpde de recbercbes, que Von pourrait nommer méthode des intervalles, et qui selon nous est e^pdée à rendre 4es services à la science. .

Étudier séparément chaque phase spéciale dans toi|s ses détails, chercher le caractère principal, de chacune d'elles, trouver ensuite le lien qui unit tous ce^ paractè-r res^ td est en deui^ mots Tesprit de cette méthod^.. >

C*est en la prenant pour guide que nous avons cherché, è sqnder les mystères des actions mutuelles des particules élémentaires de la matière selon les différents intervalles. Que Ton traverse des régions connues, que Fon se lance dans des régions inconnues, on reconnaît partout le fait de cette action mutuelle; nul ne le conteste; mais lorsqu'il s'agit de s'en rendre compte, la raison humaine senible reculer.

En effet, Tlnertie est aussi une propriété bien connue de la matière, et on est porté è conclure que deux pai;ticules inertes agissent mutuellement Tune sur l'autre.

Newtoii, qui le prepiier est parvenu à. poser avec pré* cision ce problème élémentaire , nous fiait songer à Des-, caries.

Le géomètre anglais, en présence de deux inocules et dalpur action mutuelle, nous semble présenter une certaine analogie avec le philosophe français en présence de son doute et de sa pensée; cependant l'état de leur esprit est bien différent : Descartes vient de faire uu naufrage universel; U ne conserve qu'un seul point d*appui, son doute et sa pensée, il ne peut reculer, il faut qu'il marche en ayant et il s'élance avec toute la,puissanQe,de son gé-

oie. Son énergie se Irpave alors tout entière dans ce qu'il émt.

Newton, au contraire, vient de parcourir avec bonheur un long trajet, il est parti des phénomènes très compliqués que présentent les mouvements des corps planétaires, et, par une suite de raisonnements rigoureux, il arriva à poser le problème élémentaire de la gravitation. Après avoir accompli une œuvre qui fera Fadmiration de la postérité, après avoir parcouru un long trajet d*une marche assurée, il rencontre une difiSculté capitale et s'arrête; ce qu'il va dire alors n'aura pas cette énergie que nou^ avons reconnue dans les phrases de Descaries, mais le caractère d'un esprit qui cherche la vérité et ne la voit pas. « Je me 9 sers, dit-il, du terme d'attraction pour exprimer d'une 9 manière générale Feffort que font les corps pour s'ap- » prêcher les uns des autres, soit que cet effort soit Teffet 9 de l'action des corps qui se cherchent mutuellement^ ou 9 qu'il soit produit par des émanations de l'un à Tautre ou » par l'action de Téther, qu de tel autre milieu corporel 9 OU incorporel. »

Eu présence de l'attraction et de l'inertie, le philosophe simple, sage, modeste et profond se refuse à énoncer une absurdité.

Le lien mystérieux lui échappe, parce qu'il ne voit clairement que la matière, son &me et Dieu.

Il nous semble cependant qu'il y a quelque chose de plus à voir dans notre problème élémentaire.

Chacun déclare que la matière est inerte, mais dire qu'elle est inerte, c'est dire qu'elle est le non agent; mais il y a action , il y a donc un agent.

Quelle est la nature de cet agent ? Osera-t-on le présenter comme un fluide que l'on qualifie d'impondérable, pour le douer de la propriété d'échapper à tous nos moyens positif d'investigation? Il a'en sera pas moins matériel,

et la même absurdité se dressera devant noos ; cai' , étant matériel; il serait inerte , il serait non agent ; il faudrait alors dire que le non agent est Tagent; il n^ a qu'un seul moyen selon nous de lever celte difficulté, c'est de reconnaître que Taction moléculaire e^t due à un agent qui ne peut être matériel, c'est à dire à un agent immatériel. Combien ndus regrettons ici de ne pouvoir carac-^ tériser ceitte propriété positive de fanent , autreiùent que par un adjectif entaché d'une nc^gation. C'est peut-être cette formé négative ^u langage ç(ui dans cette circon'stance jette un voile épais devant noire esprit, et il est bien remarquable (fje ce défaut du langage ne se trouve pas seulement du côté de Vimmatériel, il se trouve aussi du côté du matériel. En effet, on dit : « La matière est inerte, » et cet adjectif inerte est aussi lui entaché d'ude négation. Quand on s'énonce ainsi : « La matière est inerte, » on formule une pensée très incomplète; on déclare en effet que la matière est inerte ou n'est pas l'agent; on reconnaît tacitement qu'il y a un agent et on ne le dit pas ; nous commettrions une faute semblable si ifiouâ nous contentions de dire : « L'agent est immatériel , » car ce serait mettre l'agent en évidence et jeter un voile è'ur la matière.

Nous ùous trouvons donc en présence de deux êtres; nous ne les appellerons pas agent et non-agent, pas plus que matière et non-matière; nous les appellerons agent et matière, afin de les mettre également en évidence.

Exposoûs maintenant notre doctrine au sujet de l'agent et de la matière.

Chaque pariicule élémentaire de matière est accompagnée d'un agent que nous appellerons l'agent immatériel élémentaire : pour abréger nous nous contenterons de l'appeler l'agent élémentaire; ce que notre ftme est par rapport à notre corps peut nous donner une idée de ce que*

dott être ragent élémenlaiiB par rapport à sa particule; nous ne faisonrun tel rapprocbeâdeot^oe pour iadiitoer notre jpensée, car il 8*agit id M deux rapports bien différents, comme nous essaierons de le montrer dans la suite.

L'existence de Tageot élémentaire est par rapport à nous aussi nécessaire que celle de la particule élémen* taire sur laquelle il agit; U ne nous est pas plus donAé de lesséparer quedeles unir; taat que dura la particule éléroentaâre, Fagent élémentaira est en rapport •? eo elle; nous en voyons la preuVe dans la stabilité des Me qui ré^ gteaent les phénomènes du monde ptlysiqu^.

Depuis bien longtemps on dit : « Rien ne se crée, rien ne se perd dans la nature ; » c*est lAméme idée, mais on n'y trouve pas la distinction importante de l'agent et de la matière.

Dans ces derniers temps, M. Grove, dans son important ouvrage sur la corrtialion des forces physiques, est arrivé à condure que ni la matière ni la force ne peuvent être créées on anéanties. La Itxnme sons laquelle le savant anglais énonce cette conséquence montre, qu'après avoir parcouru des chemins bien différents, nous arrivons à des résuHals qui [Hrésentent une grande aùal(^ie. Hais nous devons déclarer ici qtie le mot force dont il fait usege dé* signe rensemUe des forces physiques , la chaleur, la lumière, l'électridté. D dit en eflbt : « L'emploi du mot form » au pluriel peut être critiqué par ceux qui n'attachent • pas an mot force l'idée d'une iactton spédflque , mais » celle d'une puissance universdie assodée avec la ma^ 31 tière, et dont les divers phénomènes que la matièra pré^ 3» sente ne sont que des effets diversement modifiés, é

Le mot « forces » a donc dans Tesprit de M. 6rove>iin sens tout différent de celui que nous compranons sous la c^aomination d'agent immatériel éliémentaire,

CoatiDUûQS de développer abs idées relativement, à la particule élémentaire et à Fagrat-^mentaire.

De même que notre âme, Tagent élémentaire n'abesoin, suivant I*expression de Descartes, d*aucun lieu pour exister; il n*est pas étendu. La particule élémentaire de matière est au oontraire étendue; /entrons dai» qndqnes détails à ce sujet

« En 1823, M. Seguin aine, ayant une conversation 9 scienlifique,avec Herschel, le pria delui exposer son opi* » nionâur la question delà dimension et de la densité des » moléciiles à leur dernier état de division : Herschel ré* » pondit qu'il pensait que L'une pouvait être comme infini- '» ment petite et l'autre comme infiniment grande. Sur Tob- 9 servatioo faite par H. Segi)in qu'une pareille expression » avait dans la bonobe d'un savant aussi éminent une » portée toute différente de celle qu'elle avait dans la bou- » cbe de toute autre personne et que pour le bien foire 9 comprendre et ôppréeier, H. Seguin avait besoin qu'il 9 lui expliquât le s^is précis de cette expression, Herschel * lui assura qu'il pouvait la prendre dans l'acception la 9 plus large et la plus étendue qu'on pût lui donner. »

Ces paroles d'Herschel sont sages et protondes. Ce grand gâaie qui a tant de fois observé l'univers, et par conséquent admiré tant de fois la puissance infinie du créateur, déclare par sa réponse que l'on peut conceiroir mais non atteindre les limites de cette puissance; nous remarquons principalenient dans ces paroles l'idée d'un volume de matière qui va topjours en décroissant, mais qui ne s'annule pas d'une manière absolue ; il y a ici une idée analogue à œlle que nous avons de l'élément d'une courbe ; on ne peut jamais atteindre l'élément d'une courbe, en multipliant infiniment les côtés du polygone inscrit dans cette courbOi et cependant on ne doit pas ooo* fondre l'élément de la courbe avec le point géomtoique,

car Félément de coarbe a une direction tneo détermiaée, tandis que le point géométariqne n*en a pas.

Nous ne comprenons pas à notre point de ?ae que Ton pnisse regarder les derniers élémentsdes corps ou, comme on dit, les atomes, comme des êtres simples, sans étendne, de simples centres de force. Dire que les atomes sont des pmnts géométriques résistants , il nous semble que c*est nier Texistenee de la matière, et notre esprit recule de* Tant cette négation.

PonrsuiTons le cours de notre doctrine et parlons des relations qui existent entre les agents élémentaires et les particules élémentaires.

Chaque particule éléménteire de Funivers est acoom* pagnée d'un agent immatériel élémentaire; tous ces agents agissent mutuellement et directement les uns sur les autres, et impriment à la particule qui les accompagne une action résultant des impressions diverses qui leur Tiennent des autres agents; ces liens mjrstérienx des agents entre eux et des agents avec leurs particules, sont la source des menreilles du monde matériel. Guidé par cette idée, nous ayons cherché à embrasser Tensemble des phénomènes du monde physique, et h pénétrer dans leurs détails, et il noosa semblé que notre nouvelle oro^ yance jetait nne nouvelle lumière et apportait une sorte de vie élémentmre dans tous les phénomènes de la gra- Tîtatîon, de la dialeur , de la lumitee et de réiedricité.

& nous ccmsultions nos foi^ces, aoos nous arrêterions an ponit où nous arrivons ; mais nons devons montrer en pea de mots la différence qui existe selon nous ent^e le rapport de Tagent élémentaire et de la particule élémen*taire, et le rapport de Tàme avecle corps.

Le naturaliste, embrassant son domaine d*un seul coop d'oeil, y reconnaît une sorte de série progreesive dépôts le minéral le pins simple jnsqu^à ranimai le pins âevé;

parni ctis êtres, si nombreux et si diTors, il distingue trois grands groupes; suivant là natuœ dés manifestations qu*il observe dans chacun d'eux, ii les désigne par ces trois noq» : Règne minéral , règne végétal , règne anitnal.

Règne, tel est le mot ou plutât Tidée réveillée dansTeSiprit de rhomme par la contemplation et Tétude de la na* ture ; pour qu'il y ait règne, il faut qu'il y ait unrégnanti un agent.

Considérons trcMS êtres types : un minéral, un v^égétal, uû animal représentant les trois règnes. L'agent du mi* néral est l'agent immatériel élémentaire; dans le minéral l'agent est en rapport immédiat avec la particule. Dans le végétal se trouve un autre agent immatériel que l'on pourrait appeler l'agent végétal ; il n'est pas en raj^rt immédiat avec les particule^ qui ccrniposeiit le végétal ; il est seulemenièn rapport avec les agents élémentaires qui accompagnent chacune: d^elies.

nans l'animal se trouve un autre agent immatériel que l'on pourrait appeler l'agent animal ; cet agent n'est pas le seul qui se trouve dans cet être , il y a aussi en lui des agents de l'ordre végétal et de l'ordre minéral; l'agent animal est en rapport immédiat avec ces derniers, et en rapport médiat avec les particules âémeotaires.

Il est un autre règne, un antre royaume, celui de la pensée ; notre âme est l'agent qui y préside. Dans l'hommte se trouwre non-:seu)ement l'Ame humaine, mais tous les figonts inférieurs dont nous vçnons déparier et avec lesquels elle est en rapport : il y a donc une grande difiérence entre le rapport de l'agent élémentaire et de la par^ Hcule, et le rapport de rftme avec ce que l'on appelle le ccrps.

NoDS avons caractérisé les trois règnes par trois êtres tJTlBcipaux, par trois types; mais il y a en réalité une série

progressive a nops av(His fait ici ce qu*OQ fait içp m^thémau^es po^r étudier les courbes: on détermine un certain nombre de points de chacune d'elles, on les joint par des lignes droites et on a un polygone qui approche d'autant plus de la courbe^ que Tona déterminé un plus grand nombre de points; pour avoir une idée de plus en plus précise de la courbe qu'on étudiç , on intercale de nouveaux points entre ceux qu'on a déjà déterminés ; de même pour avoir une idée complète de Thomme à notre point de vue, il est nécessaire de faire entre les trois types des intercalations analogues. Chez Thomme, outre Tâme humaine , il y a dans ce qu'on appelle le corps , la représentation de toute la série minérale, végéiale et animale. Le corps est multiple et divisible à Tinfini, non seulement sous le rapport des particules matérielles qui le composent; mais encore sous le rapport des agents immatériels qui s'y trouvent dans toutes leurs nuances depuis Gagent élémentaire jusqu'à l'agent animal le plqs élevé; en nous l'âme seule est une et indivisible. Les âmes des homnies ne sont pas en rapport immédiat, elles sont en rapport médiat et le principal intermédiaire est ragent élémentaire* Pour en donner un exemple , supposons que je parle à un homme; par un acte de ma volonté je produis un ébranlement dans l'air, chaque agent élémentaire qui accompagne chaque particule de l'air obéit à ce que je veux et transmet à sa particule une action correspondante ; l'air vibre et l'influence de cette vibration va se transmettre depuis les agents élémentaires qui se trouvent dans mon semblable jusqu'à son âme.

Après être parti de la difiQculté devant laquelle Newton s'est arrêté, nous sommes parvenu au point de départ de la philosophie cartésienne; nous nous trouvons en présence de Tflme qui pense et qui veut, qui cheiche et qui

A. Bouché.

Aflffrs, 85 janvier 1860*

trouve, qui imagine des théories et les applique , qui as* pire sans cesse à augmenter sa puissance dans le royaume de la pensée, qui est faite à Timage et à la ressemblance de Dieu,

Dieu, cet être qui a son royaume infiniment plus vaste que le nôtre , Dieu , c'est Tagent infiniment puissant par qui tous Tes autres êtres sont créés. Il est en rapport avec nous et il dépend de nous de multiplier nos rapports '4^ avec lui ; il suffit pour cela de chercher à lire dans tous les '^ grands phénomènes physiques et moraux qui s'accora- '^ plissent autour de nous ; plus on lit , plus on comprend r^ et plus on en est intérieurement récompensé; on sent naître en soi cet amour divin dont Vàme de Kepler adonné une si grande manifestation, en annonçant au genre hû-' main la découverte des lois qu'il venait de lire. C*est dans cet amour divin que Tftme puise une énergie croissante qui nous pousse à entreprendre sans cesse de nouvelles recherches.

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