CHAPITRE I
CONFIGURATION ET COMPOSITION DU SOL, GLIBIATOLOeiE.
Le canton de Craon (arrondissement de Château-Gontier, département de la Mayenne) sans être montueux présente partout des ondulations dont les sommets n^ont pas plus de cent cinq mètres et les bas fonds trente-cinq à quarante au-dessus du niveau de la mer. C'est une altitude moyenne de cinquante mètres donnant une hauteur barométrique de 0 m. 773 (27 pouces 9 lig. 1/2 (1).
(1) A raison d*un millimètre d'abaissement par dix mètres d^élévation des terres, le niveau de la mer étant â â8<> ou 0,778 millim.
Sa pente générale du Nord au Midi est indiquée par le cours de TOudon qui le traverse par le milieu.
Les fermes dont il va être question sont placées sur le versant occidenta^ et par conséquent exposées à TEst et au Sud.
Le sol du canton est généralement argileux plus ou moins mêlé de sable siliceux et quelquefois de cailloux, il repose sur un sous-sol schisteux , feuilleté , redressé sous différents angles et souvent assez dur pour donner du moellon à bâtir et même des pierres de tailles très-solides. Dans quelques parties, notamment près la forêt de Craon^ où se trouve une partie de mes fermes, le sol est mêlé de pierres très-dures composées de schiste, de grès, de silice et d*un peu de fer , elle sont excellentes pour les routes , mais elles apportent un obstacle insurmontable è remploi des charrues à soc plat.
Entre le sol labourable et le schiste se trouve souvent, et surtout dans les bas-fonds, une couche de glaise imperméable retenant parfaitement Teau, aussi peut-on presque partout faire des mares pour abreuver les bestiaux. L'eau des puits légèrement ferrugineuse est très bonne à boire et contribue sans doute beaucoup à la bonne santé du bétail. Dans mon opinion, t^lle le garantit de la péripneumonie, maladie qui n'apparaît dans notre pays que lorsqu'elle y est importée par des bestiaux étrangers.
Notre climat est très tempéré; il serait encore plus doux si nos terres plus perméables possédaient le principe calcaire qui leur manque absolument. Déjà une amélioration sensible a été produite par le dessèchement des étangs, par une culture plus étendue, par le bon entretien des fossés, et enOn par le drainage.
Pendant dix années consécutives d'observations (de 1846 à 1855) le thermomètre a marqué au plus haut en juin et juillet 330 75 cent, et au plus bas en février, iO» 60. Ce-
peudant le 19 déccmbro 1859 il est descendu jusqu*à li degrés cent.
Nos mois les plus chauds sont juillet et août, les plus froids janvier et février.
Il tombe annuellement de 0,591 mill. à 1,065 de pluie et le nombre des jours pluvieux est de 100 à 150 par an.
La dernière quinzaine de février et la première de septembre sont les jours où il lombe le moins d'eau (1>.
Les vents dominants sont ceux de l'ouest et du sudouest, ils sont quelquefois si violents , qu'ils déracinent nos pommiers et brisent les châtaigners et les chênes.