‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 4)Chapitre 65 sur 120 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

ARBRES à FRUITS, CIDRB.

Notre canton depuis 200 ans ne cultive plus la vigne pour en faire du vin , nous avons seulement des treilles le long des murs où 1^ raisin mûrit très-bien, mais la réflexion des rayons solaires contre un mur, lui est indispensable pour bien mûrir , aussi est-ce une malheureuse .imitation des pays plus chauds que le nôtre, de vouloir suspendre la vigne sur des fils de fer au-dessus des murs, on n'obtient ainsi que des veijus.

A défaut de vin nous sommes donc obligés de faire du cidre. La grande quantité de nouvelles haies que j*ai ou redressées ou faites à neuf, m'a donné le moyen d'y planter beaucoup de pommiers; j'évite le plus possible d'en planter au milieu des terres laboural>les, leur ombre cau-

sant aux moissons une perte que les pommes sont loin de compenser.

Après avoir recherché les meilleures espèces du pays telles que la bréhaigne, Tatéloire, les nombreuses variétés de fresquin, le frangé, le cœur de bœuf etc., j*ai cherché à me procurer en différentes provinces les espèces les plus renommées pour leur cidre, c'est ainsi que j'ai eu de Bretagne le gros-doux fade et amer, le large pepin-Barbarie , Halbranche, Doux-Menier, Petit-Gauthier, bédange rouge et blanc, grillé blanc et normand etc.

J'ai eu de Normandie, la longuette, la jolie normande, le petit et le gros fresquin normand etc.

Plusieurs de ces espèces nouvelles pour le (^ays commencent à rapporter et font d'excellent cidre , mais qui ne vaut pas encore celui donné par la bréhaigne appelée aussi bédange ou pelU doux de Bretagne.

Nous mettons en place nos sauvageons à Tftge de 4 à 8 ans, selon qu'ils ont plus ou moins bien réussi en pépinière ; alors ils peuvent être mis en défense des besliaux au moyen de quelques épines , et ont 4 à 5 centimètres de diamètre. Deux ans après leur plantation on les greffe à !i mètres de terre. Après la première année, si les greffes sont trop vigoureuses, on les rabat à 30 ou 40 centimètres. Les jeunes arbres sont cultivés et fumés avec des feuilles ou autres débris végétaux tous les ans.

Les pommes sont broyées par deux cylindres de fonte entre lesquels elles se réduisent en pulpe; autrefois on plaçait immédiatement cette pulpe sous le pressoir, j'ai exigé qu'on la laissât macérer vingt-quatre heures dans des cuves avant de la presser ; par là, le ci^re acquiert de la couleur, s'assimile les principes tanniques qui l'empêchent de s'engraisser , et les pommes laissent échapper plus de jus.

Nous fiiisons aussi une petite quantité de cidre de poire ;

il se garde moins bien , aussi n'en fttitron que peur sup^ pléer à celui des pommes, car les poiriers donnent souvent du fruit les années où le pommier n'en donne pas. du reste ils sont traités comme les pommiers. Les meilleures espèces à (ûdre sont , le céleri, le casse lasse, le pineau, etc.

Nos pommes ne rapportent guère que tous les quatre ou six ans, le poirier plus souvent; le prix du cidre et du poiré est très-variable et dépend du plus au moins d'abondance ; quelquefois il ne vaut que 6 francs la barrique de 230 litres, et quelquefois 30 fr. et plus.

La forme de nos pressoirs est variable, parce que Texpérience Yi*a pas encore sanctionné la forme la plus utile et en même temps la plus économique : cependant on abandonne généralement, faute de bois, les pressoirs à longs fûts, très-énergiques il est vrai, mais qui n'exigent pas moins de 6 à 7 pieds de chêne ou de châtaignier pour leur construction. Les petits pressoirs à deux jumelles portant un écrou d'où descend une vis en bois de 0,22 de diamètre sur une maie à jour de 1 mètre à 1 mètre 20 en carré, sont les plus usités. Les pressoirs à vis centrale en fer coulent souvent et sont généralement peu estimés.

Nos marcs sont entassés et foulés dans une fosse murée où ils se conservent pour la nourriture des porcs pendant l'hiver.

Quant aux autres arbres à firuits je cherche autant que possible à réunir dans mes jardins et dans ceux de mes fermes les meilleures espèces de poiriers; j*en possède environ deux cents variétés , leurs greffes sont à la dis* position de no& jardiniers qui propagent ainsi d'excellents fruits dont ils peuvent garantir les qualités et l'identité , aussi leurs nombreuses pépinières commencent à avoir une réputation méritée.

Outre les poiriers, mes fermiers possèdent dans leurs

jardiiis tous les fruits qui peuvent ajouter quelque chose à leur bien-être et trouver leurs vente au marché, teisquc cerises, raisins, pèches en plein vent, prunes, noisettesavelines, groseilles do toutes espèces, coings etc.

Page 1