CHAPITRE XXII
BOiS, ABBOarCULTURB.
Depuis des siècles on laissait croître en toute liberté sur nos haies toute espèce d*arbres bons et mauvais, leurs basses branches étouffaient nos cultures et quand on les élaguait, on en faisait des espèces de balais à longs manches couverts de gros nœuds, dans lesquels se mettait la pourriture et qui ôtaient au bois toute sa valeur.
Mes fermiers ont défense de s'occuper de Télagage, cette opération est confiée à uu garde qui se contente d'arrêter le développement des trop grosses branches en les rabattant à 0" 50 du tronc; il les coupe ras lorsque le tronc a acquis comparativement à ces branches une grosseur suffisante. Quand les branches sont encore verdâtres il les coupe encore ras le tronc ; les brindilles sont ménagées pour donner de la nourriture à larbre, el enfin il a pour règle de n'élaguer complètement le tronc que jusqu'à moitié de la hauteur totale de l'arbre. Ceci est pourles essences dures, quant aux peupliers il sont élagués complètement tous les cinq ou six ans.
Les barrières de nos chatnps exigent une certaine quantité de bois. Au lieu d'abattre de grands arbres pour cet objet, j'exige que mes fermiers laissent sur leurs tètarts, de chfttaigner principalement, deux ou trois maîtres brins qui à 14 ans peuvent servir à faire ces barrières. Quand j'abats un châtaignier sur une haie , j'examine s'il a des bourrelets au pied ; dans ce cas je le coupe sur collet et
bientôt il repousse une forêt de rejetons dont quelquesuns sont encore conservés pour les clôtures, échelles, râteliers et autres usages.
Du reste les terrains qui ne peuvent donner d'autre produit sont plantés d*arbres appropriés au sol; ainsi les bords des rivières et des ruisseaux ont reçu des peupliers de Virginie (vulg. peuplier suisse) le plus profitable de tous , à rexception toutefois du Blanc de Hollande , mais ce dernier ne convient que dans des positions humides et où Ton n*a point à craindre Teffrayante multiplication de ses rejets.
Dans les endroits secs, je plante d*autres essences, principalement des châtaigniers greffés, dont les fruits sont aussi recherchés que le bois, car on connaît la réputation des marrons du Craonnais : ils valent ceux de Lyon(l).