‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 4)Chapitre 83 sur 120 · DU PROFESSEUR DUJARDIN · texte numérisé non relu

DU PROFESSEUR DUJARDIN

Félix Di^ardin naquit à Tours, en 1801. Son grand-père et son père, horlogers venus de Lille, aimaient les collections et durent avoir , par leurs exemples , une grande influence sur le développement des goûts de notre futur savant : Tun aimait les fleurs et les tableaux, Tautre recueillait des médailles. Une mère, d*une haute intelligence et d'une grande piété , veilla sur lui , ainsi que sur ses deux frères, qui suivirent comme externes les classes du collège de Tours.

Le père de Dujardin, voulant lui donner le goût de son état, lui apprit à maniet* ses outils: ainsi se développa cette grande habileté manuelle de Tanalomiste, ainsi fut acquise cette rare aptitude à la construction des appareils et au travail des métaux.

Pendant ses études, Diyardin était porté par un vif attrait vers Tart du dessin et vers les sciences d'observation. Il passait ses soirées à Técole de dessin de la ville ; il trouvait chez un chirurgien, ami de sa famille, des livres d*anatomie, la chimie de Fourcroy et les parties d'histoire naturelle de la grande Encyclopédie méthodique. Etudiant ses livres avec passion , il en faisait de volumineux extraits.

Enfln, il posséda une Chimie de Thénard et quelques produits chimiques ; les expériences et leurs accidents commencèrent dans la maison. Epris de cette science , il ne pense plus qu*aux laboratoires de Gay-Lussac et de Thénard , où tant de merveilleuses expériences venaient de s*accoroplir, et il se demande comment il pourrait y pénétrer. Le seul moyen qu*il entrevoit est celui de devenir élève de TÉcole polytechnique. Vite , Dujartin étudie les mathématiques avec un succès rapide ; il décide son frère a!né à suivre son exemple, le fait travailler, le prépare, et ils se présentent tous deux en 1818. Par le plus étrange des hasards, I*élève seul fut admis et le maître échoua.

Il crut alors que la peinture lui offrirait une carrière: il alla à Paris et travailla quelque temps dans Tatelier du peintre Gérard.

Mais les études scientifiques Tatliraient toujours; une occasion se présenta pour s'en rapprocher. Un emploi d'ingénieur dans une grande usine des Ardennes lui est offert, et il va auprès de Sedan diriger des travaux de construction et d'hydraulique.

En 1823, notre futur professeur se marie dans les Ardennes, et bientôt il retourne à Tours où, pendant quelque temps, il dirige un établissement de librairie, et donne des leçons particulières de mathématiques et de littérature. La clientèle des leçons devint assez étendue et assez fructueuse pour lui permettre d*abandonner entièrement le commerce des livres. Tous ses loisirs sont alors consacrés à rhistoire naturelle. Chercheur infatigable, Dujardin arrive en quelques années à connaître à fond la flore et la faune de sa province. Il forme des collections de coquilles, de minéraux, et il peut étudier avec f^uit la géologie de la Touraine et les fossiles alors peu connus de la craie et des faluns.

Sous rimputsion de M. Charles Dupin , les villes fou>

daient alors des cours publics de sciences appliquées. La ville de Tours chargea Dujardin , âgé de 25 ans , de faire un cours de géométrie. Trois ans plus tard, un cours de chimie lui csl également demandé, et la ville pourvoit libéralement à Torganisation du lat>oratoire. Dès ce moment, il eut des ressources toutes nouvelles pour étudier la chimie : il s'en occupa beaucoup, et consacra un temps considérable & des recherches sur les acides organiques, sur les actions lentes, et siy la cristallographie.

Pendant ces mêmes années, il Ot de longs et fréquents voyages pour compléter ses recherches sur la géologie de la Touraîne, et pour terminer une Flore complète d'Indreet-Loire, qui fut publiée comme l'œuvre anonyme ou collective de la Société d'Agriculture du département (1).

Son enseignement , sa vie laborieuse , lui avaient valu une position hautement considérée à Tours et fort rassurante pour un père de famille; mais Dujardin sentait sa valeur, et il se trouvait trop à l'étroit dans une ville de province. Aussi, & l'âge de 33 ans, dans toute la maturité de son jugement, renonce-t-il aux avantages de sa position pour aller à Paris, prêt à se faire décidément chimiste, ou géologue, ou zoologiste.

Il renonça promptement aux travaux de chimie. Déjà habile à manier le microscope, il vit que l'avenir de la zoologie était dans les animaux marins inférieurs. Pour se livrer à cette étude difficile, il passa à Toulon l'automne de Tannée 1834; et là il commença la découverte des rhizopodes en trouvant des faits importants pour l'histoire des œmatules, ces représentants dans nos mers delà classe des encrines qui peuplèrent les mers anciennes.

Cependant, il lui fallait une nouvelle campagne d'observations avant de livrer ces faits à la publicité. Au prin-

(1) Un volume in-So de 472 pages. Tours, Marne, 1833.

temps de 1835, il retoorne à Toaloa, où il AdI une ample RKHSSon d*obserf atioDS nouvelles. Mais ce qu*il avait à introduire dans la science était si contraire aux notions admises quMI voulait se mettre au-dessus de toute contradiction sérieuse. ITayant pu apporter vivants à Paris les animaux dont il venait de découvrir la vraie nature, il fit un nouveau voyage ^r les cdtes de Normandie, et, dans Tautomne de 1835, il put enfin annoncer à Tlnstitut sa belle découverte des rkixop^ies. Dans ces mtliofes, dans ces vcrHeales vivantes, que Digardin put montrer aux zoologistes de TAcadémie, on vit avec lui des oi^nismes infiniment simples, au Deu des prétendus céphalopodes foraminiférei, qu*une erreur avait fiiit admettre dans la science.

La découverte des rkixopodes préludait à une autre découverte d'une importance radicale en physiologie et pour laquelle le jour de la justice n*est pas encore arrivé.

Ces animaux sont formés d*une glu vivante qui s*étend, s*étire, se meut, se colle à elle-même, puis se fond de nouveau en une masse globuleuse. Cette matière qui vit sans avoir la forme ni la texture des êtres vivants, c*esl le sarcode.

On a peu compris en France la portée de cette découverte; les esprits y étaient mal disposés par les idées toutes concrètes de Técole de Cuvier; puis sont venues les théories allemandes sur la formation des organismes par les cellules, et on a accepté dans la science courante tout un monde de faits inexacts, qui ont*£ait perdre de vue la découverte du sarcode.

Des rhizopodes, notre zoolc^ste était conduit à la révision de rhistoire des animalcules microscopiques dits tn/tootres. Ici encore on avait cru à des oi^nisations bien plus compliquées que la nature les a flûtes. L'erreur formait un corps de doctrine admis sur la foi d*un grand

nom. U fallait prouver que les analomies complexes , si bien peioles dans de grandes planches splendidement éditées, étaient le produit d*imaginalions trop fécondes ou d'erreurs d*optique. Il fallait n^léguer les estomacs, les intestins et tant d'autres organes des infusoires au rang des cavités accidentelles dont les masses sarcodiqws ont la propriété de se creuser et de se débarrasser tour à tour dans leur activité de vrais protées,

Dujardin prouva bien tout ce qu'il avançait ; il dut même prouver que ses microscopes et ses yeux valaient autant^ sinon mieux ^ que ceux de ses prédécesseurs. Il le Qt en décrivant chez les infusoires des détails de forme qui sont reconnus vrais^ et qu'on n'avait pas vus avant lui.

L'erreur pourtant est longue à déraciner, surtout lorsque les considérations de personnes y sont mêlées. Aussi a-t-on jeté beaucoup d'ombre sur ces découvertes, et il n'est pas impossible qu'on entende encore parler d'infusoires polygastriques, et encore nommer infusoires fossiles les diatomées, qui ne sont que des végétaux.

Il est difficile de se faire une idée de la prodigieuse activité de Dujardin, pendant les années de 1835 à 1839, si on ne parcourt pas les Annales des Sciences naturelles et les comptes-rendus de l'Académie.

En 1836, il voulait publier un travail, commencé depuis longtemps, sur les polypiers de la craie. Pour avoir de nouveaux termes de comparaison, il fait un voyage géologique dans l'Eissel et à Haëstricht, et, peu de temps après, il présente à l'Institut les premières planches gravées d'un ouvrage qui est resté inachevé.

N'ayant ni place ni fortune, mais une famille à entretenir et deux enfants à élever, il était forcé d'écrire dans .les journaux scientifiques. Bientôt il est frappé de leur insuffisance. Eh bien ! il crée un journal qu'il rédige presque seul, et qui, un an après, va se fondre dansl'fcfco du

monde savant, n'ayant Ipn résister à la eoncurrence des feuilletons scientifiques de la presse à quarante francs.

C'est au milieu de ces fatigants labeurs, très peu rétribués, qu'il écrivit ses Promenades (f tin naturaliste (1) , livre d'une simplicité charmante, qui ne manque jamais d'inspirer au lecteur le goût de l'observation des insectes.

Presque en même temps, il fait connaître un perfectionnement important du microscope. .

Le calcul l'avait conduit à construire un système de lentilles, concentrateur de la lumière, qui réunit tout le faisceau réfléchi par le prisme ou le miroir à un foyer se confondant avec l'objet même soumis à l'observation. Ce système est aujourd'hui adapté par tous les constructeurs à leurs instruments, sous le nom d'Eclairage de Dujardin.

C'est encore dans cette période de fiévreuse activité qu'il publie d'autres mémoires, tels que ceux sur la structure des dents (2), sur la structure du foie (3), sur un appareil pour observer les raies du spectre (4) , et fait de nombreuses communications à la Société géologique, parmi lesquelles on remarque on travail considérable sur la géologie et la paléontologie de la Touraine.

Quelques années s'étaient à peine écoulées depuis l'arrivée de Dujardin à Paris, que sa réputation scientifique était solidement établie et universellement reconnue par toute l'Europe. Cependant il n'occupait pas encore déposition qui lui assurât cette tranquillité d'esprit, qui est indispensable aux hommes voués à de grands travaux scientifiques. C'est pourquoi il accepta une chaire de minéra-

(1) In-8. Paris, 1838.

(2) En 1846.

(3) En 1838.

(4) En 1839.

logie et de géologie qu*on lui oBni h la Faculté des Sciences de Toulouse.

Entré en fonctions en avril 1839 , il en sortit quelques mois plus lard, pour venir à Rennes y organiser la nouvelle Faculté des Sciences, et y occuper une chaire p\v& conforme à ses goûts, celle de botanique et de zoologie.

Son court passage à Toulouse fut marqué par un travail sur YEyosnodon, mammifère fossile intéressant, trouvé dans le Tarn.

Les travaux de longue haleine et non moins glorieux de Dujardin datent de Rennes, où notre collègue habitué à une vie modeste et retirée , ne distrayait de tout son temps consacré à Tétude que celui qu'il devait à Téducation de ses deux enfants.

Il n*y avait pas un an qu*il était parmi nous qu'il publiait déjà un ouvrage capital (1), V Histoire des Infusoires, suivie , à une année de distance, d'une autre publication non moins important|3 qui, malgré son titre modeste de Manuel de r Observateur au microscope (2), ne se maintient pas moins au premier rang parmi les livres de micrologie.

L'étude des helminthes, ou vers intestinaux, attirait depuislongtemps notre collègue, par ses difficultés mêmes, et par les mystères qu'elle promettait de dévoiler. Il s'y livra entièrement jusqu'en 1844 , et à cette occasion il manqua de découvrir la liaison de ces faits de génération alternante et de transmigration que d'autres plus heur* reux ont enfin démontrés dans ces dernières années. Effectivement, il avait observé des faits de transmigration chez les musaraignes, chez les oiseaux des marais, et il les avait communiqués à linstitut.

(1) En 1840 et 1841.

(2) Collection des manuels Roret. — Année 1842.

BvOmrt mtÊÉmtiU des Hdmâmikn \\.

Les lotsûsqtte Ikôardu tnwTïH as ailîai de oes j tnraas étaîeoi omsacrés pv loi a la rédactioa de i breox articles pour le diclMonaire dliisloîre aalfirette de M. Ciur!€S d'OrbîgDy. à décoQTiirks InssionBatMHis hkztfresd'ao cmslaoé décapociede aosoùlK, Japaniflawa km§k9miï . obfienrée à THal de larve m de aie , à él iMfier la perméabilité des liquides pour le gai ci à observer des faits pleiiis d*intërêi sur la prodnrtîoQ des «oabpJkes mtedmêaire$ , eomme phase de firnctificatîoo des polypes bydraîres ; ces derniers fuis ool pris place dans la science aree ceox observa par Saars et par Siebold, et îH col serri de base à la nolioo ocorelle des générations alternantes.

Le% fréquentes relations que Diqardin avait avec Finstitut devaient nécessairement attirer Fattention de celle illustre compagnie sur l'aotetir de si nombreux et si remarquables travaux.

En effet, en 1S44. la section de zoologie et d'anatomie de TAcadémie des Sdences inscrivit le nom de Di^ardin sur la liste des candidats à la place que Geoffroy-Saint- Hilaire venait de laisser vacante et que M. Yalenciennes fut appelé a remplir.

Cette distinction , quoique infructueuse , ne surexcita pas moins Fardeur de notre collée qui ne tarda pas à •publier un second mémoire sur les acalephes médusaires; et comme il lui était impossible de donner suite à certaines recherches, faute de pouvoir consulter des ouvrages d'un grand prix, il n'hésita pas, ne se souvenant que des intérêts de la science, à demander Faulorisation de se

(1) Publié Yen U fio de 1844.

faire suppléer à Rennes, pour aller à Paris travailler sans entraves.

Un an après (1) son nouveau séjour dans la capitale, il publiait un nouveauQ travail sur les yeux simples des insectes, question qu'il traita au double point |de vue de Toptique et de Tanatomie.

Les événements politiques ;de 1B48 rengagèrent à reprendre possession de sa chaire. Laissant à Paris sa famille, dans Tintérét de sa fille qu'il tenait à perfectionner dans Part du dessin , il revint à Rennes passer cinq anné('S dans la paix d'une solitude profonde, tout près de réglise de SaintHélier.

Là, il menait de front des^travaux très divers, sans se hâter d'en achever aucun : il se plaisait à voir grandir les horizons scientifiques, comme il arrive à mesure qu'on s'élève. Il travailla, il expérimenta et réfléchit beaucoup. Ses heures de repos ou de loisir furent données le plus souvent à la conversation du bon curé , son voisin , qui sut réveiller dans le cœur de Dujardin des sentiments qu'une mère pieuse lui avait inspirés dès l'enfance et qu un amour trop vif de la science avait assoupis.

Toutefois , ces années de retraite n'ont pas été stériles. En 1849, il combat victorieusement la prétendue découverte d'une circulation péritrachéenne chez les insectes.

Un an plus tard , il publie un travail sur les acariens , dont l'appareil buccal lui avait servi de sujet pour un mémoire qu'il avait fait connaître en 1844; et, poursuivant des études sur la production de la cire chez les végétaux et chez les animaux, il trouve le moyen de distinguer ce produit sous le microscope.

Ces recherches sur la cire le conduisent à une révision de l'histoire naturelle des dorthena, des coccus ou galUn-

(1) En i847.

sectes, et des kermès, ces producleurs étranges de cire et de résine; il est ainsi amené à considérer ces insectes comme un ordre distinct des hémiptères.

Il est naturel que, dans ces anatomies microscopiques, il rencontre souvent dos faits nouveaux : aussi en signal^l-il plusieurs en 1850 (1), dans un travail sur le système nerveux des insectes, et découvre-t-il chez tes abeilles un énorme développement des ganglions céphaliques, qui peuvent vraiment être considérés comme un cerveau.

Dans ce même temps de profonde solitude, il fait paraître des observations sur les pycnogonides, parasites bizarres des animaux marins , et il réfute encore une prétendue découverte, celle d'un système nerveux chez les tœnia. De plus, il se livre à de nombreuses recherches pour trouver des procédés photographiques susceptibles de flxer les images du microscope.

Ayant horreur du faux, il aurait voulu pouvoir conserver et montrer à tous ce qu'il était heureux d'avoir vu. Il aurait voulu prouver ainsi que ce qu'il ne voyait pas n'existe réellement pas; il aurait voulu enfin expulser de la zoologie et de l'histoire des tissus les illusions d'une micrographie erronée.

U ne réussit pas plus qu'on n'a réussi après lui, car il ne faut pas compter comme sérieuses les épreuves données par des microscopes solaires. Les appareils qu'il avait construits, comme les nombreuses expériences- qu'il avait faites, sont restés inutiles.

Une pareille activité ne pouvait le faire oublier par l'Académie des Sciences, qui en 1852 Tinscrivit pour la seconde fois sur la liste des candidats à un fauteuil vacant dans la section de zoologie ; trois ans plus tard, elle le ât

(1) C'est dans cette même année que la décoration de la L.égiond'Honneur vint le chercher dans sa retraite de Saint-Hélier.

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aussi figurer parmi les savants qu'elle signalait au Gouvernement comme dignes d'occuper la chaire d'anatomie comparée du Muséum, chaire illustrée par Cuvier, et que la mort de Duvernoy venait de laisser vacante.

Ces deux nouvelles marques de sympathie de la part de rinslitut restèrent sans efftt : deux compétiteurs plus heureux remportèrent sur Dujardin ; cependant, elles servirent à lui dessiller les yeux. Il vit enfin que tant qu'il aurait vécu loin de Paris, il aurait eu peu de chances d'être nommé titulaire de l'Académie des sciences, quoiqu'il eût entassé travaux sur travaux.

Frappé de cette lumière nouvelle pour lui^ et délivré de certaines obligations de famille (1), il se décide à attendre à Rennes, encore cinq ans , le jour de sa retraite pour rentrer à Paris, et y achever sa carrière de savant.

Dominé par ce projet, il redouble d'énergie, malgré les atteintes sourdes de la cruelle maladie qui devait nous le ravir. C'est de ce moment qu'il commence ses recherches sur les echinodermes ( encrines, astéries, oursins, holothuries), recherches destinées à enrichir de nouveaux faits l'histoire de ces animaux, et à lui créer un titre scientifique d'une haute portée.

Il était entièrement absorbé par ce grand travail, lorsqu'il apprit sa nomination de membre correspondant de l'Institut. Il en fut flatté comme d'un honneur non sollicité; mais visant plus haut, cette distinction ne fut pour lui qu'un nouvel aiguillon.

L'histoire des echinodermes, qui devait prendre place

(\) M. Dujarâin n*a eu que deux enfants : M. Albert Dujardin, aujourd'hui professeur agrégé à TËcole impérial^ d'application de la médecine militaire au Val-de-Grâce, et qui en 1855 faisait partie déjà du corps médical militaire ; MU« Louise Dujardin, mariée en 1859 , et décédée en 1857.

près de rhîstoire des infasaires et des helminthes, était déjà à rimpression avec des planches admirablement dessinées, lorsque la maladie, à laquelle il devait succomber, éclata avec les symptômes les plus alarmants.

En proie aux plus vives souffrances, ei ténue, presque mourant, il ne continuait pas moins à poursuivre Tachèvement de Tœuvre à laquelle il avait attaché tant d*espérances ; mais la mort vint Tinterrompre le 8 avril 1860.

Lorsque ce livre paraîtra, on devra reconnaître, dans la partie que Digardin avait écrite et dessinée, Texquise sincérité qui Ta empêché d'avancer un seul fait inexact du rant ses vingt-cinq années de travaux.

Rien de ce qu*il a vu n*a été démenti par les découvertes ultérieures : on a trouvé davantage , mais non autrement. La loyauté et la bonne foi restent le cachet caractéristique du passage de Dujardin dans la science, comme la prodigieuse universalité de ses connaissances doit être un sujet d'admiration pour ceux qui Tout connu.

D' Malâgutti ,

Bfembre hononirp.

Lu en séance de la Société académique le 9 janyier 1861.

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