‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 5)Chapitre 108 sur 125 · Tout ce que ce placement produira au delà de la somme de · texte numérisé non relu

Tout ce que ce placement produira au delà de la somme de

1 Lady HollaDct était justement fière de ce legs et s'en parait avec orgueil. 3 Marbot et Bignon ont accepté et noblement rempli ce mandat

ANXEXES. 529

5,600,000 francs, dont il a été disposé ci-dessus, sera distribué en gratifications aux blessés de Waterloo, et aux officiers et soldats du bataillon de Tile dËlbe, sur un état arrêté par Montholon, Bertrand, Drouot, Cambronne et le chirurgien Larrey.

37. Ces legs, en cas de mprt, seront payés aux veuves et enfants, et au défaut de ceux-ci, rentreront à la masse.

(Sous cette section , Napoléon rappelle la consistance de son domaine privé tant en France qu'en Italie. — Il en dispose : — moitié au profit des officiers et soldats qui restent des armées françaises qui ont combattu depuis 1792 à 1815 pour la gloire et Tindépendance de la Nation ; — moitié pour les villes et campagnes des provinces de France qui ont le plus souffert par Tune ou Tautre invasion. — Il lègue particulièrement un million à la ville de Brienne, et un million à celle de Méry.)

Dans cette même section il est dit : u J'institue le comte Mon- » tholon, Bertrand et Marchand mes exécuteurs testamentaires. »

(Suivent des élats des objets mobiliers et effets personnels ayant appartenu à F Empereur dont il règle la disposition. — L'inventaire des effets compris sous Tétat A, et qui devront être remis à son fils, leur donne une existence historique. C'est : )

Mon réveil-matin. C'est le réveil-matin de Frédéric II que j'ai pris à Potsdam.

Mes deux montres avec la chaîne de cheveux de l'Impératrice, et une chaîne de mes cheveux pour l'autre montre : Marchand la fera faire à Paris.

Mes deux sceaux : un de France.

Mes deux lits de fer.

Mes trois flacons d'argent, où l'on mettait mon eau-de-vie que portaient mes chasseurs en campagne.

Ma lunette de France.

Mes éperons : deux paires.

(Dans un codicille du 15 avril 1821, l'Empereur ajoute, pour être encore remis à son fils :)

Les vases sacrés qui ont servi à ma chapelle de Longwood.

Mes armes, savoir: mon épée, celle que je portais à Ausierlitz; le sabre de Sobieski; mon poignard, mon glaive, mon couteau de chasse , mes deux paires de pistolets de Versailles.

Mon nécessaire dor; celui qui m'a servi le matin dlllm, d'Austerlilz, d'Iéna, d'Eylau, de Friedland, de l'île de Lobau, de la

530 ANBiEXES.

Mo«kova el de Montoiirail. Sons ce point de vue, je désire q^'û wmi précieux à moa ûls. Le comte Bertrand en est dépositaîre.

Je charge le comte Bertrand de soigner et conserver ces objets, et de les remettre à mon fils quand il aura seixe ans.

(Enfin, il ajoute :)

Mes lits de camp, dont j*ai £ait nsage dans tootes mes campagnes

Ma lunette de guerre.

Mon médaiilier.

Le collier de la Légion d'honneur.

Le collier de la Toison d'or.

Quatre cents volumes de ma bihliothéque.

(Le testament renferme le détail du linge de toUetiej on est étoîmé du peu de consistance de ces ohjets : les pins essmtiels ■*j sont qoe par demi-douzaine.)

De même pour le détail de ses hahUkwunts : — un uniforme de dMSseur, — un de grenadier, — un de garde national, — deux chapeavx, — deux paires de bottes, — une capote grise et une verte» — nn manteau bien (celui que j*avais à Mareogo), — une aiheline, pelisse verte.

(Suivent des legs de quelques objets eonune sow verni à divers membres de sa famille.)

Un oodicîUe du lendemain 16 avril 18âl ratfimne cette £spoation solennelle :

Jb DÉSltE QTE MES CEXOSES lEPOSEVT S» LES BODS DE LA SsDEE,

ac Hamr db gb fkitlb fkasçîus qcb j'âi Ta.Tr aimé *.

Le trobième codicille, du 24 avril 1821 , contient la distribotion, entre divers légataires, d^nne somme de deux millions i prendre sur le prince Eughie Xapoléon. * Tespére, dit le testetenr, que, sans s autoriser d*aucnne raison, mon fils Eugène Xapoléon les acquillera fidèlement; il ne peut oublier les quarante millions que je lui ai donnés soit en Iulie, soit par k partage de te succession de sa mère. >

Parmi ces légaUires figurent :

Piwcj, chirurgien en chef à Waterioo, cinquante mille fnacs.

1^ fiU de Bessières, duc d*lstrie, cinquante mille francs.

La fille de Duroc, cinquante mille francs.

K^^Z"^* ''•f»^ *••••*"* ^ «««-P^ ■—'• "*1« dt L«ii-^ ^^^^ ^^ ■«■«■■■1 >■ iiHik'i crigé SMC ks *^-— ^-T"fT|irki rfciM

Aux enfants do hme et vertueux Travot, cinquante mille francs.

a Pour être répartis entre les proscrits qoi errent en pays étranger, Français ou Italiens, ou Beiges, on Hollandais, ou Espagnols, ou des départements du Rhin, sur ordonnance de mes exécuteurs testamentaires, cent mille francs.

» Pour être répartis entre les amputés ou blessés grièvement de Ligny et Waterloo encore vivants, sur des états dressés par mes exécuteurs testamentaires, auxquels seront adjoints Cambronne, Larrey, Percy et Emmery, deux cent mille francs. »

(Deux autres codicilles, en date du 24 avril 1821, renfermest encore divers legs particnliers. Dans le nombre, il y en a qui ont on caractère historique; T Empereur se reporte an commence* ment de sa carrière : )

1** Nous léguons an fils on petit-fils du baron do Tlieil, lieutenant général d*artillerie , ancien seigneur de Saint-André, qui a commandé Técole d*Aoxonne avant la Révolution, la somme de cent mille francs, comme souvenir de reconnaissance pour les soins qne ce brave ^néral a pris de nous lorsque nous étions comme lieutenant et capitaine sons ses ordres.

2f Au fils ou pelit-èb dn général Dngommter, qni a commandé en chef Tarmée de Toulon, la somme de cent mille francs. Nous avons, aons ses ordres, dirigé ce siège, commandé Tartillerie. C'est un témoignage de souvenir pour les marques d*eslime, d'affection et d*amitié que nous a domiées ce brave et intrépide général.

3° Nous léguons cent mille francs aux fils on petits-fils du député à la Convention Gasparin , représentant du peuple à Tarmée de Toulon , pour avoir protégé et sanctionné de son autorité le plan que nous avons donné, qui a valu la prise de cette ville, et qui était contraire à celui envoyé par le Comité de salut public. Gasparin nous a mis par sa protection k Tabri des persécutions de l'ignorance des états-majors qui commandaient l'armée avant l'arrivée de mon ami Dugommier.

4° Nous léguons cent mille francs à la veuve , fils ou petit-fils de notre aide de camp Muiron^ tué k nos côtés k Aréole, nous couvrant de son corps.

ô<* Suit un legs de dix mille francs au sons-officier Cantillon...

( A la fin de ce codicille , l'Emperenr pourvoit aux frais présumabks que pourra entraîner la liquidation de sa succession.)

(Par un dernier codicille, toujours à la date du 24 avril 1821, l'Empereur s'exprime ainsi : )

«Sur les fonds remis en or à rimpéralrice Marie-Louise à Orléans en 1814, elle reste me devoir deux millions, dont je dispose par le présent codicille, afin de récompenser mes plus fidèles serviteurs... »

(Suivent les noms des légataires, au nombre de quinze articles, entre lesquels ces deux millions sont répartis.)

(Enfin, à la suite du testament et de tous les codicilles se trouve la pièce ci-après : )

« Monsieur Laf6tte, Je vous ai remis en 1815, au moment de mon départ de Paris, une somme de près de six millions, dont vous m^avez donné un double reçu; j^ai annulé un de ces reçus, et je charge le comte Montholon de vous présenter Tautre reçu pour que vous ayez à lui remettre après ma mort ladite somme avec les intérêts à raison de 5 pour 100 à dater du P' juillet 1815, en défalquant les payements dont vous avez été chargé en vertu d*ordres de moi.

» Je désire que la liquidation de votre compte soit arrêtée d*accord entre vous, le comte Montholon, le comte Bertrand et le sieur Marchand; et, cette liquidation réglée, je vous donne, par la présente , décharge entière et absolue de ladite somme.

» Je vous ai également remis une boite contenant mon médaillier; je vous prie de la remettre au comte Montholon.

h Cette lettre n^étant à autre fin, je prie Dieu, monsieur Laffitte, qu^il vous ait en sa sainte et digne garde.

I) Longwood, île de Sainte-Hélène, le 25 avril 1821.

») Signé, Napoléon. »

«Monsieur le baron de la Bouillerie, trésorier de mon domaine privé , je vous prie d'en remettra le compte et le montant au comte Montholon , que j^ai chargé de T exécution de mon testament.

n Cette lettre n^étant à autre fin, je prie Dieu, monsieur le baron de la Bouillerie, qu^il vous ait en sa sainte et digne garde.

n Longwood, île de Sainte-Hélène, ce 25 avril 1821.

» Signé, Napoléon, n

IV. DÉCRETS du 5 août 1854 pour l'exécution du testament de Napoléon, — Rapport à l'Empereur,

Sire, — L*année dernière, à pareille époque, j*ai eu Thonneur de présenter à Votre Majesté le rapport de la commission chargée d*examiner les questions relatives à Texécution du testament de Fempereur Napoléon P'.

Dans ce rapport, dont Votre Majesté a bien voulu approuver

ANXEXRS. 533

les bases, la commbsion proposait d*aflecter à Vexécutkm du testament une somme de huit millions, ainsi répartie :

1° Trois cent mille francs aox ofliciers et sokUts do bataillon

de File d'Ëlbe on à leurs veuves et à leurs enfants. 300,000 fr.

2° Deux cent mille francs aux blessés de Ligny

et de Waterloo 200,000

3"* Quinze cent mille francs aux officiers et sol* dats qui ont combattu depuis 1792 jusqu'en 1815

pour la gloire et Tindépendance de la nation. . . 1,500,000

4** Quatre cent mille francs à la ville de firienne. 400,000

5® Trois cent mille francs à la ville de Mérj. . 300,000

6° Treize cent mille francs aux provinces qui

ont le plus souffert des deux invasions 1,300,000

1^ Quatre millions aux légataires particuliers

ou à leurs veuves et à leurs héritiers directs. • . 4,000,000

Total 8,000,000 fn

Au mois de janvier dernier, le conseil d*Etat a été appelé à élaborer un projet de loi sur les bases proposées par la commission; Fexamen préparatoire de ce projet a été confié aox deox sections réunies de législation et de finances.

Une commission désignée dans ce§ deox sections par M, le président du conseil d'État avait été chargée de recoeilÛr et de coordonner les renseignements indbpensables poor Im préparation . du projet de loi Les travaux de û commission n*ayant pu être achevés avant la clôture de la session du Corps législatif, il devient nécessaire de pourvoir, par Touverture d*un crédit extrtordinaire, à Texécution du testament de FEmpereur. Un plus long ajournement d'une mesure réparatrice, annoncée dans le Mani' leur dès le 14 août 1853, ne servirait qu'à prolonger des souffrances dignes de toutes les sympathies de la France et de Votre Majesté , et cet ajournement serait fatal poor un grand nombre de légataires.

La mort éclaircit chaque jour les rangs àe% anciens défenseurs du pays. Parmi ces soldats de la République et de F£mpîre, ces blessés de Ligny et de Waterloo, ces serviteurs dévoués, ces hommes héroïques qui composaient le bataillon de File d'Elbe, ceux qui survivent sont âgés, U plupart pauvres et infirmes; ils attendent avec une légitime impatience Faccomplissement àe$ espérances qu'ils ont été autorisés à concevoir, il est donc urgent de leur donner satisfaction en acquittant à leur égard une dette nationale doublement sacrée.

Ces considérations ont frappé le Conseil d'Etat; il y a reconnu tontes les conditions exigées par Tordonnance du 31 mai 1838 pour Tonverture d'nn crédit extraordinaire.

D*après les renseignements recueillis sur le nombre et la position des légataires, la somme de 8 millions, proposée par la première commission, a paru suffisante pour réaliser la pieuse pensée de Votre Majesté et les intentions de Tauguste testateur.

Assurément cette somme n'est qu'un faible dédommagement des 117 millions qui appartenaient en propre à TEmpereur, et que Fordonnance du 5 août 1818 a fait «itrer dans le trésor public; elle est loin de compenser aussi les !^00 millions dont Napoléon I*" avait disposé sur son domaine privé en Ikveur des victimes de la guerre ; mais les désastres que TE^perecir avait alors en vue se sont atténués par le temps, et le pays les a déjà en partie réparés. Il ne pouvait donc plus être aujourd'hui qoestion d'assurer l'exécution littérale des dernières volontés de W poléon 1*^'; mais il importait d'en consacrer le souvenir par une mesure nationale et définitive.

Sur le crédit ouvert, 4 millions serviront à Tacquittement des legs individuels ; 4 millions seront consacrés tant à solder intégralement les legs en faveur du bataillon de l'île d'Elbe et des blessés de Ligny et de Waterloo, qu'à réparer les désastres de Briemie et de Méry, à augmenter Ul somme des secours que, grAce 4 la généreuse initiative de Votre Majesté , la France accorde aujourd'hui aux anciens militaires de Ul République et de l'Empire; enfin à laisser aux provinces désignées dans le testament un témoignage du glorieux souvenir dont l'Empereur, s«r son lit de mort, a honoré leur patriotisme,

La répartition de cette somme ne saurait être abandonnée a«x règles communes. Votre Majesté a le droit incontestable d'imposer à la distribution des fonds spontanément affectés à l'accomptissement des dernières volontés de son immortel prédécesseur la juridiction qui peut le mieux en assurer l'exécution. Il n'est d'ailleurs pas possible de laisser aux tribunaux ordinaires la solution des questions que celte répartition peut soulever, et d'exposer l'État à des contestations judiciaires avec les légataires. Tout oe qui touche à l'exécution du testament de l'Empereur est évidemment du domaine d'une haute administration. Un pareil travail ne peut donc être confié qu'à une Commission spéciale.

Pour accomplir le plus exactement possible les volontés de l'Empereur, celte commission devra s'inspirer des règles posées dans le rapport du 12 août 1853. Ses décisions ne seront vala-

blés que par Tapprobation de Votre Majesté; mais elles recevront de cette consécration une autorité souveraine et absolue , contre laquelle aucun recours administratif ou judiciaire ne pourra être ouvert.

En conséquence , j'ai T honneur de proposer i Votre Majesté les deux décrets suivants : Tun qui ouvre un crédit extraordinaire pour Texécution du testament de Tempereur Napoléon h'; Tautre , qui nomme la commission chargée de la répartition de ce crédit.

Je suis avec respect, Sire, de V^olre Majesté, le très-humble et très-obéissant serviteur,

Le ministre d'État , Achille Fould.

Napoléon, etc..

Vu le rapport qui nous a été présenté le 12 août 1853 au nom de la commission chargée d'examiner les questions relatives à Texécution du testament de Tempereur Napoléon h';

V'u la loi du 10 juin 1853, portant fixation du budget des recettes et dépenses de Texercice 1854;

Vu Tordonnance du 31 mai 1838;

Notre conseil d*Elat entendu.

Avons décrété et décrétons ce qui suit :

Article 1*'. Un crédit extraordinaire de 8 millions de francs est ouvert à notre ministre d'Etat, sur Texercice 1854, pour être affecté à Yexécution des dispositions testamentaires de notre auguste prédécesseur Tempereur Napoléon I*'^

Ce crédit formera un chapitre spécial au bud^t du ministère d'Élat de l'exercice 1854.

Art. 2. 11 sera pourvu à la dépense mentionnée à l'article l*' au moyen des ressources du budget de l'exercice 1854.

Art. 3. La régularisation de ce crédit sera proposée au GorjM législatif.

Art. 4. Une commission, dont les membres seront désignés par nous, est chargée de procéder à la répartition de cette somme ^e 8 millions, en se conformant aux dispositions du testament et des codicilles de l'empereur Napoléon f^ et aux bases du rapport à nous présenté par notre ministre d'État le 12 août 1853.

Les attributions et répartitions faites par cette commtssioH ne seront valables qu'après avoir été revêtues de notre ap<probatioa.

Toute attribution ou répartition par nous approuvée sera ; veraine et définitive, et ne pourra être l'objet d'aucun recours.

Fait à Biarritz, le 5 aoâl 1854 Napoléon.

âSS AWEXES.

Viruios, etc.

Soat oomiBcs membres de U Commission chargée de procéder

à U répardtîoa de U somme de 8 millions affeclée à Texécution

des £«po(sitioas testamentaires de lempereur Napoléon l*' :

IDL le ^éBéral comte d*Omano, sénateur, gouverneur des In-

TaEdcs, président;

loalicr» TÎce-président du conseil d'État, vice-président;

De Parieo» président de U section des finances au conseil

dTÉUt; J. Boabj ;de U lleorthe), conseiller d'État ; De Royer, procnrenr général près la Cour de cassation, conseiller d'Etat Seront attadi: s à la Commission :

MIL Perron, dierde section an ministère d'Etat; LekoBy mailrc des requêtes au conseil d*Etat; llcsnard, anditemr an conseil d'Etat Faità BiarriUyleoaoût 18S1 Xapoléox.

(Page 316.)

AFFAIRE Dl THÉATRE-FRAXÇAIS.

Dans le procès dn Théâtre-Francab (que l'esprit de parti s*eCiwrnit de présenter an public comme une tentative de retour sur la wtmies mmiiommles de hitMS d^émi^rés)^ le duc dX)rléans atta- ^nit nne grande importance -^ à n'être point rangé personnellement dans la catégorie des émigrés. > Il n'était sorti de France qne sur la moiijkmiùm qu'il rernt i Tannée , dn décret de la Coaveition qui ordonnait son arresMion. Jusque-là il s'était batto ponr la France de la Révolution contre l'étranger et les émigrés mêlés à ses rangs. Pour me mettre en mesure de le prouver « il m'avait envoyé le décret avec la lettre suivante quatre jours avant la plaidoirie) :

*■ Ce ■orcrcdi, 14 jamier 1818.

* Je remets à monsieur Dupin le décrti d^arresMkm en ori^ gitml, que je lui recommande de la manière la plus instante, ayant toujours mis le plus grand prix à la conservation de ce papier, qui ne m'a pas quitté dans tout le cours de la vie errante que j*ai menée si longtemps. — Vous verres même par 1 autre pièce cijointe que j'ai en le soin de le faire enregistrer en arrivant en Amérique, ainsi qne d'antres pièces concernant mes frères et moi, dont rénnmération est asseï curieuse, quoique évidemment étran-

AWEXES. 537

gère au procès pour lequel il doit êlre indifférent que j*aye émigré ou non. n

En effet, je n'eus pas besoin de lire à Taudience le décret ni la lettre; mais cependant pour montrer suflQsamment quelle avait été l'altitude du duc d'Orléans pendant son exil, j'indiquai qu'au milieu de sa détresse, il n'avait accepté aucune subvention de l'étranger, et qu'il avait mieux aimé mettre à profit l'excellente éducation qu'il avait reçue , et donner des leçons de géographie pour se procurer des moyens d'existence. C'est à cela que je faisais allusion dans mon plaidoyer du 18 janvier, en disant :

tt Il quitta la France, et au milieu de son exil, il trouva

n dans ses connaissances acquises et dans son travail des res- » sources personnelles qui mirent à couvert son patriotisme et sa p fierté. »

Plus tard, le duc d'Orléans fit exécuter par Couder un tableau qui le représente au milieu des enfants à qui il donnait des leçons en Suisse. Il est debout, les yeux levés vers le ciel, la main posée sur un globe terrestre, avec l'index sur le mot France. J'ai mis au bas de mon exemplaire la phrase que je viens de transcrire.

Ce tableau a donné lieu à une pièce de vers qui ne vaut pas la peinture, mais qui en explique le sujet; elle commence ainsi :

Ce Maître qae ta vois entouré de bambins , Est an prince exilé. An sein de la misère , II sat avec honneur relever ses destins , etc.

(Page 318.)

Sociétaires 4u Théâtre-Français, — Origine.

Parmi les nom'breux documents fournis par le duc d'Orléans , dans son affaire contre Julien, se trouve sous la date du 10 février 1818 une note entièrement écrite de sa main, dans laquelle il trace, avec l'exactitude de détails que lui fournissait son excellente mémoire, Vhistorique de la Société du Théâtre-Français, dont Dorfeuille avait l'entreprise, et pour laquelle il céda son droit à mademoiselle Candeille, madame Vestris, MM. Grandménil, Dugazon, Talma, Baptiste Cadet, Michot, Devigny, Desrozières, qui furent les premiers membres de la société Grandménil. Ils s'adjoignirent ensuite Monvel, Baptiste aine, Vanhove et madame Talma. — La même note contient des détails précis sur les prix de vente du mobilier et autres objets cédés à MM. Provost et Julien, qui en devinrent propriétaires en assignats et à vil prix, ce qui donna lieu à un procès entre eux et les sociétaires...

Napoléon, etc.

Sont nommés membres de la Commission chargée de procéder à la répartition de la somme de 8 millions affeclée à rcxécution des dispositions testamentaires de Tempereur Napoléon 1^' : MM. le général comte d'Ornano, sénateur, gouverneur des Invalides, président; Rouher, vice-président du conseil d'État , vice-président ; De Parieu, président de la section des finances au conseil

d'État; J. Boulay (de la Meurthe), conseiller d'État; De Royer, procureur général près la Cour de cassation, conseiller d*É(at.

Seront attaches à la Commission :

MM. Perron, chef de section au ministère d'État; Lehon , maître des requêtes au conseil d'État ; Mesnard, auditeur au conseil d'État.

Fait à Biarritz , le 5 août 1854. Napoléon.

(Page 316.)

Dans le procès du Théâtre-Français (que l'esprit de parti s'efforçait de présenter au public comme une tentative de retour sur Us ventes nationales de biens d'émigrés) y le duc d'Orléans attachait une grande importance « à n'être point rangé personnellement dans la catégorie des émigrés. » 11 n'était sorti de France que sur la notification qu'il reçut à l'armée , du décret de la Convention qui ordonnait son arrestation. Jusque-là il s'était battu pour la France de la Révolution contre l'étranger et les émigrés mêlés à ses rangs. Pour me metlre en mesure de le prouver , Il m'avait envoyé le décret avec la lettre suivante (quatre jours avant la plaidoirie) :

« Ce mercredi, 14 janvier 1818.

» Je remets à monsieur Dupin le décret d'arrestation en original, que je lui recommande de la manière la plus instante, ayant toujours mis le plus grand prix à la conservation de ce papier, qui ne m'a pas quitté dans tout le cours de la vie errante que j'ai menée si longtemps. — Vous verres même par l'autre pièce cijointe que j'ai eu le soin de le faire enregistrer en arrivant en Amérique, ainsi que d'autres pièces concernant mes frères et moi, dont rénumération est assez curieuse, quoique évidemment étran-

ANXEXES. 537

gère au procès pour lequel il doit être indifférent que j^aye émigré ou non. »

En effet, je n^eus pas besoin de lire à Faudience le décret ni la lettre; mais cependant pour montrer suffisamment quelle avait été Tallilude du duc d'Orléans pendant son exil, j'indiquai qu'au milieu de sa détresse, il n'avait accepté aucune subvention de l'étranger, et qu'il avait mieux aimé mettre à profit l'cxceilente éducation qu'il avait reçue , et donner des leçons de géographie pour se procurer des moyens d'existence. C'est à cela que je faisais allusion dans mon plaidoyer du 18 janvier, en disant :

tt Il quitta la France, et au milieu de son exil, il trouva

') dans ses connaissances acquises et dans son travail des res- >) sources personnelles qui mirent à couvert son patriotisme et sa p fierté. »

Plus tard, le duc d'Orléans fit exécuter par Couder un tableau qui le représente au milieu des enfants à qui il donnait des leçons en Suisse. Il est debout , les yeux levés vers le ciel , la main posée sur un globe terrestre, avec l'index sur le mot France. J'ai mis au bas de mon exemplaire la phrase que je viens de transcrire.

Ce tableau a donné lieu à une pièce de vers qui ne vaut pas la peinture , mais qui en explique le sujet ; elle commence ainsi :

Ce Mattre qae ta vois entouré de bambins , Kst nn prince exilé. An sein de la misère , Il sut avec honneur relever ses destins, etc.

(Page 318.)

Sociétaires 4u Théâtre-Français, — Origine,

Parmi les nom'breux documents fournis par le duc d'Orléans , dans son affaire contre Julien, se trouve sous la date du 10 février 1818 une note entièrement écrite de sa main, dans laquelle il trace, avec l'exactitude de détails que lui fournissait son excellente mémoire, Vhistorique de la Société du Théâtre-Français , dont Dorfeuille avait l'entreprise, et pour laquelle il céda son droit à mademoiselle Candeille, madame Vesiris, MM. Grandménil, Dugazon, Talma, Baptiste Cadet, Michot, Devigny, Desrozièrcs, qui furent les premiers membres de la société Grandménil. Ils s'adjoignirent ensuite Monvel, Baptiste aine, Vanhove et madame Talma. — La même note contient des détails précis sur les prix de vente du mobilier et autres objets cédés à MM. Provost et Julien, qui en devinrent propriétaires en assignats et à vil prix, ce qui donna lieu à un procès entre eux et les sociétaires...

Napoléox, etc.

Sont nommés membres de la Commission chargée de procéder à la répartition de la somme de 8 millions affeclce à rexécution des dispositions testamentaires de Tempereur ^[apoléon l*^** :

MM. le général comte d'Ornano, sénateur, gouverneur des Invalides, président; Rouher, vice-président du conseil d'État , vice-président; De Parieu, président de la section des finances au conseil

d'État; J. Boulay (de la Meurthe), conseiller d'État ; De Royer, procureur général près la Cour de cassation, conseiller d'État.

Seront attaches à la Commission :

MM. Perron, chef de section au ministère d'État; Lehon , maître des requêtes au conseil d'État ; Mesnard, auditeur au conseil d'État.

Fait à Biarritz , le 5 août 1854 Napoléon.

(Page 316.)

Dans le procès du Théâtre-Français (que l'esprit de parti s^ efforçait de présenter au public comme une tentative de retour sur hs ventes nationales de biens d'émigrés) ^ le duc d'Orléans attachait une grande importance « à n'être point rangé personnellement dans la catégorie des émigrés. » Il n'était sorti de France que sur la notification qu'il reçut à l'armée , du décret de la Convention qui ordonnait son arrestation. Jusque-là il s'était battu pour la France de la Révolution contre l'étranger et les émigrés mêlés à ses rangs. Pour me mettre en mesure de le prouver, il m'avait envoyé le décret avec la lettre suivante (quatre jours avant la plaidoirie) :

« Ce mercredi, 14 janvier 1818.

» Je remets à monsieur Dupin le décret d'arrestation en original, que je lui recommande de la manière la plus instante, ayant toujours mis le plus grand prix à la conservation de ce papier, qui ne m'a pas quitté dans tout le cours de la vie errante que j'ai menée si longtemps. — Vous verres même par l'autre pièce cijointe que j'ai eu le soin de le faire enregistrer en arrivant en Amérique, ainsi que d'autres pièces concernant mes frères et moi, dont rénumération est assez curieuse, quoique évidemment étran-

ANxVEXES. 537

gère au procès pour lequel il doit être indifférent que j^aye émigré ou non. »

En effet, je n^eus pas besoin de lire à Taudience le décret ni la lettre; mais cependant pour montrer suffisamment quelle avait été l'altitude du duc d^Orléans pendant son exi] , j^indiquai qu\au milieu de sa détresse, il n^avait accepté aucune subvention de Tétranger, et qu'il avait mieux aimé mettre à profit Tcxceilente éducation qu'il avait reçue, et donner des leçons de géographie pour se procurer des moyens d'existence. C'est à cela que je faisais allusion dans mon plaidoyer du 18 janvier, en disant :

u Il quitta la France, et au milieu de son exil, il trouva

» dans ses connaissances acquises et dans son travail des res- >) sources personnelles qui mirent à couvert son patriotisme et sa p fierté, n

Plus tard, le duc d'Orléans fit exécuter par Couder un tableau qui le représente au milieu des enfants à qui il donnait des leçons en Suisse. Il est debout, les yeux levés vers le ciel, la main posée sur un globe terrestre, avec l'index sur le mot France. J'ai mis au bas de mon exemplaire la phrase que je viens de transcrire.

Ce tableau a donné lieu à une pièce de vers qui ne vaut pas la peinture, mais qui en explique le sujet; elle commence ainsi :

Ce Mattre qae tu vois entouré de bambins , Est nn prince exilé. An sein de la misère , Il snt avec honneur relever ses destins, etc.

(Page 318.)

Sociétaires 4u Théâtre-Français, — Origine,

Parmi les nom'breux documents fournis par le duc d'Orléans , dans son affaire contre Julien, se trouve sous la date du 10 février 1818 une note entièrement écrite de sa main, dans laquelle il trace, avec l'exactitude de détails que lui fournissait son excellente mémoire, Vhistorique de la Société du Théâtre-Français, dont Dorfeuille avait l'entreprise, et pour laquelle il céda son droit à mademoiselle Candeille, madame Vesiris, MM. Grandménil, Dugazon, Talma, Baptiste Cadet, Michot, Devigny, Desrozièrcs, qui furent les premiers membres de la société Grandménil. Ils s'adjoignirent ensuite Monvel, Baptiste aine, Vanhove et madame Talma. — La même note contient des détails précis sur les prix de vente du mobilier et autres objets cédés à MM. Provost et Julien, qui en devinrent propriétaires en assignats et à vil prix, ce qui donna lieu à un procès entre eux et les sociétaires...

Napoléon, etc.

Sont nommés membres de la Commission chargée de procéder à la répartition de la somme de 8 millions affeclée à rexécution des dispositions testamentaires de l'empereur Napoléon l*** : MM. le général comte d*Ornano, sénateur, gouverneur des Invalides, président; Rouher, vice-président du conseil d'État , vice-président; De Parieu, président de la section des finances au conseil

d'État; J. Boulay (de la Meurthe), conseiller d'État ; De Royer, procureur général près la Cour de cassation, conseiller d'État. Seront attaches à la Commission :

MM. Perron, chef de section au ministère d'État; Lehon, maître des requêtes au conseil d'État; Mesnard, auditeur au conseil d'État.

Fait à Biarritz , le 5 août 1854 Napoléon.

(Page 316.)

Dans le procès du Théâtre-Français (que l'esprit de parti s'efforçait de présenter au public comme une tentative de retour sur les ventes nationales de biens d'émigrés) , le duc d'Orléans attachait une grande importance « à n'être point rangé personnellement dans la catégorie des émigrés. » Il n'était sorti de France que sur la notification qu'il reçut à l'armée , du décret de la Convention qui ordonnait son arrestation. Jusque-là il s'était battu pour la France de la Révolution contre l'étranger et les émigrés mêlés à ses rangs. Pour me mettre en mesure de le prouver , il m'avait envoyé le décret avec la lettre suivante (quatre jours avant la plaidoirie) :

« Ce mercredi, 14 janvier 1818.

» Je remets à monsieur Dupin le décret d'arrestation en original, que je lui recommande de la manière la plus instante, ayant toujours mis le plus grand prix à la conservation de ce papier, qui ne m'a pas quitté dans tout le cours de la vie errante que j'ai menée si longtemps. — Vous verres même par l'autre pièce cijointe que j'ai eu le soin de le faire enregistrer en arrivant en Amérique, ainsi que d'autres pièces concernant mes frères et moi, dont rénumération est assez curieuse, quoique évidemment étran-

AXXEXES. 537

gère au procès pour lequel il doit être indifférent que j^aye émigré ou non. n

En effet, je n^eus pas besoin de lire à Faudience le décret ni la lettre; mais cependant pour montrer suffisamment quelle avait été l'altitude du duc d^Orléans pendant son exil, j'indiquai qu'au milieu de sa détresse, il n'avait accepté aucune subvention de l'étranger, et qu'il avait mieux aimé mettre à profit l'excellente éducation qu'il avait reçue, et donner des leçons de géographie pour se procurer des moyens d'existence. C'est à cela que je faisais allusion dans mon plaidoyer du 18 janvier, en disant :

tt Il quitta la France, et au milieu de son exil, il trouva

y) dans ses connaissances acquises et dans son travail des res- » sources personnelles qui mirent à couvert son patriotisme et sa » fierté. »

Plus tard, le duc d'Orléans fit exécuter par Couder un tableau qui le représente au milieu des enfants à qui il donnait des leçons en Suisse. Il est debout, les yeux levés vers le ciel, la main posée sur un globe terrestre, avec l'index sur le mot France. J'ai mis au bas de mon exemplaire la phrase que je viens de transcrire.

Ce tableau a donné lieu à une pièce de vers qui ne vaut pas la peinture, mais qui en explique le sujet; elle commence ainsi :

Ce Mattre qae tu vois entouré de bambins , Est un prince exilé. An sein de la misère , Il sut avec honneur relever ses destins , etc.

(Page 318.)

Sociétaires 4u Théâtre-Français, — Origine,

Parmi les nom'breux documents fournis par le duc d'Orléans , dans son affaire contre Julien, se trouve sous la date du 10 février 1818 une note entièrement écrite de sa main, dans laquelle il trace, avec l'exactitude de détails que lui fournissait son excellente mémoire, Vhistorique de la Société du Théâtre-Français, dont Dorfeuille avait l'entreprise, et pour laquelle il céda son droit à mademoiselle Candeille, madame Vestris, MM. Grandménil, Dugazon, Talma, Baptiste Cadet, Michot, Devigny, Desrozières, qui furent les premiers membres de la société Grandménil. Ils s'adjoignirent ensuite Monvel, Baptiste aine, Vanhove et madame Talma. — La même note contient des détails précis sur les prix de vente du mobilier et autres objets cédés à MM. Provost et Julien, qui en devinrent propriétaires en assignats et à vil prix, ce qui donna lieu à un procès entre eux et les sociétaires...

Cela servait d'autant mieux à prouver combien le prix transactionnel payé par le duc d'Orléans à Julien était supérieur aux déboursés de celui-ci.

(Page 344.) CONSEIL D'APANAGE.

Le Barreau a toujours eu de la peine k comprendre pourquoi les Conseils de la Liste civile et des Princes apanagistes n*étaieiit pas composés exclusivement d'Avocats , et comment il se faisait qu'on y admît des Magistrats. En un mot, les Avocats regar* daient cela comme un passe-droii fait à leur Profession.

Cependant, il en avait été ainsi même sous fancien régime, où la Magistrature des Parlements, justement jalouse de ses prérogatives et de sa considération, n'aurait certainement pas permis & aes membres d'accepter, en dehors de leurs fonctions publiques ^ un titre et des services qui auraient compromis l'indépendance et la dignité de leur caractère.

Dans une de mes conversations avec M. Henrion de Pansey, qui roulaient le plus ordinairement sur nos anciennes lois , et sur la partie historique du droit français, dans laquelle il était fort versé, comme autrefois Etienne Pasquier; je lui avais fait part des objections du Barreau, sans lui dissimuler qu'elles s'appliquaient aussi à sa personne, puisqu'il était tout à la fois Président de la Cour de cassation et Chef du Conseil d'Apanage de la maison d'Orléans. Je lui posai donc nettement la question pour lui et quelques-uns de ses collègues : u Comment se fait-il, disait-on an » Palais, que le Président Amy, le Conseiller Borel de Brétizel, et » surtout If. Henrion de Pansey , Président de la €o«r de Cas- » aation, au lieu de se réserver pour juger leurs j«stkiabiea, » sttîeol coonne engagés au service d'une partie? «

Voîci le sommaire très-exact de la réponse de ee grand Ma^* traty qne je pris soin de rédiger par écrit en rentrant dbez DM, et «knt j'ai souvent depuis reproduit la substance dans mes conversations avec mes confières.

« Dans les services que Ton peut rendre aux Rois et a«x » Princes, me dit M. Henrion , il y en a de plusieurs sortes et et » divers degrés*

» U y a les services de ceux qui dépendent y et à qui tmi or- » damne; par exemple, le gentilhomme de la Chambre, le dianiH T) beUan , les maîtres et aides àeB cérémonies , les secrétairet dei » commandements, les intendants. Ces offiders ont chacun le«r

« mérite propre, leurs detoirs spéciaux, leur fidélité à garder, la » reconnaissance à avoir : — ce sont à proprement parler des » serviteurs vis-à-vis de leurs maUres,

n L*aide de camp a aussi des devoirs de subordination, de « loyauté, de dévouement, à remplir : mais dans un ordre dif- » férent et plus relevé; il reçoit des ordres, des missions, mais y> c'est le service militaire avec sa dépendance hiérarchique et sa » disdpUne,

7) Quant aux membres d^un Conseil, Magistrats on Juriscon- » suites, dont Toffice est de donner leur avis au Prince qui les T) consulte sur ses affaires, il ne leur donne pas d^ordre: vis-à-vis « de lui, ils conservent toute leur liberté; sans cela leurs avis ') n^auraient ni vérité ni valeur.

V II ne prend pas non plus avec eux le ton d*un maître, ni Fau- -n toriié du commandement. Il ne leur enjoint pas d'avoir à lui » donner conseil, iii surtout de le lui donner dans tel ou tel sens. ^ Il fait appel à leur expérience, il s'en remet à eux du soin » d'examiner, de délibérer, de prononcer. En un mot, ils lui retêr )> dent des services , mais ils ne sont pas ses serviteurs. Ils resteal ^ ce qu'ils sont, magiiitrats, jurisconsultes, faisant l'ofûce éà îî conseillers, envers un véritable client ; — éclairant la marclM » de ses affaires, défendant ses intérêts, mais avec cette attitude y* qui convient à l'homme dont on invoque les lumières , en bd » demandant celles quon na pas. (M. Henrion appuyait sur ces » derniers mots.)

» Le rôle de conseiller privé d'un Roi ou d'un Prince est donc » entièrement distinct des autres genres de service.

» Si le Roi est bienveillant, si le Prince eit affable, s'il m ^) montre appréciateur élevé des conseils qu'on lui donne, les camr ^ seillers seront profondément touchés de l'honneur qu'il leur m » fait en les appelant à lui , en leur accordant son estime et ta » confiance, en rebaussant leur position dans le monde, par la piaee » qu'il leur accorde dans ses Conseils intimes et près de sa Personne. n Ils devront le respecter, l'aimer, lui être dévoués en échange » des procédés honorables dont il use à leur égard : — mais too- ^ jours est-il que, par la nature même et la force des choses, V celui à qui on demande conseil est dans une position tout autre » que celle de l'officier et du serviteur à qui l'on dit : Allez là, — ^) Faites cela. — Celui-ci abdique sa volonté, pour revêtir et ezé- '> cuter la volonté d'autrui. Le conseiller, au contraire, voit souvent ^ sa volonté, ou, si l'on veut, son sentiment prévaloir. Alors » même que le conseil donné en toute âme et conscience n'est pas

» suivi , il n*en résulte aucune diminution dans la situation du » conseiller ; et il reste vrai de dire, que celui qui donne conseil» n n^est pas Tobligé de celui qui le reçoit.

» Voilà pourquoi les Magistrats des Cours souveraines, sous » Tancienne Monarchie, et depuis, n^ont pas hésité à faire partie » des Conseils soit du Roi, soit des Princes, pour leurs apanages » et leurs domaines privés. » — Et M. Henrion concluait en ajoutant : tt Voilà, Monsieur, pourquoi et à quel titre j'ai consenti à n être membre et Chef du Conseil de l'Apanage d'Orléans, sans » croire déroger à mon titre public : vous pourrez le redire à vos n confrères, n

(Page 348.)

Madame la duchesse douairière d'Orléans.

Je retrouve dans mes papiers une Note que m'avait suggérée la lecture du testament de madame la duchesse douairière. Celte Note fut envoyée au Moniteur, qui l'inséra dans son numéro du 26 juin 1821. Je la reproduis ici, parce qu'elle donne une idée vraie du caractère bienveillant et juste de cette excellente Princesse :

« Peu de temps avant sa mort, madame la Duchesse douairière d'Orléans a dicté un testament qui offre le plus touchant accord des sentiments de la religion, de la nature, et de l'amitié.

» Ses premières affections se portent d'abord sur celui qu'elle appelle à plusieurs reprises son cher fils, et sur sa chère fille.

» Elle lègue à M. le duc d'Orléans le tiers de ses biens par préciput; mais elle prend soin d'expliquer à sa fille la cause de cette libéralité. Cela ne tient point à une préférence injuste : la testatrice chérit également ses enfants. Mais M. le duc d'Orléans est père d'une nombreuse famille, dit la testatrice, et la tendresse de mademoiselle d'Orléans pour son frère est telle, qu'elle aurait elle-même conseillé cette disposition.

» De même, lorsque madame la duchesse d'Orléans fait un legs au jeune duc de Penthièvre, elle s'en excuse en quelque sorte vis-à-vis de ses autres petits-enfants. Elle attache du prix à les convaincre que ce legs n'est qu'un hommage qu'elle rend à la mémoire de son respeciable père, dont ce jeune Prince porte le nom. Elle termine en donnant à tous ses enfants sa bénédiction.

» Dans ses autres dispositions, les personnages les plus augustes trouvent l'expression délicate des sentiments les plus noblement rendus. — Soit que madame la duchesse d'Orléans satisfasse

AWKXES. 541

à ses devoirs de religion par des recommandations pieuses , soit qu^elle s^abandonne aux souvenirs de la reconnaissance, aux épanchements d*une touchante amitié, ou aux sentiments de la générosité et de la bienfaisance qui lui étaient si naturelles, partout on trouve même simplicité, même candeur, même bonté.

» Ce testament couronne dignement la vie d^une vertueuse princesse qui a mérité tant d'éloges, et dont la perte inspire de si touchants regrets. »

(Page 382.)

Une lettre au duc d'Orléans — *et sa réponse, pour montrer combien, si jeune encore ., il avait de sérieux dans V esprit et d'aptitude aux affaires.

Lettre aa duc d'Orléans. « Paris, le l^*^ novembre 1835.

rt Monseigneur, j*ai vivement regretté de n'être arrivé ù Paris que le lendemain de votre départ. J'aurais pu , du moins , vous adresser de vive voix les vœux que j'exprime ici pour que ce voyage, entrepris dans des vues si élevées, vous soit heureux en tous points y et ajoute à votre réputation de brave et loyal prince, celle de prince observateur, sachant voir par lui-même, et non par finesse d'autrui; voyant les choses telles qu^ elles sont, et non telles qu'on lestai/ apparoir quelquefois aux yeux qu'on veut fasciner.

n Je n'ai rien à dire sur l'état militaire et la guerre, cela vous regarde plus spécialement.

» Mais je vous recommande de vous servir de vos connaissances en droit pour apprécier surtout à Alger :

n l^" Vétat des personnes , sous le rapport de libres ou d'esclaves; — de la jouissance des droits naturels, civils, politiques.

» — La situation des colons européens vis-à-vis des indigènes.

n !2o Vétat des biens, mobiliers ou immobiliers : — Lapro^ priété, base des sociétés , est-elle bien garantie à tous les possesseurs? — Le mode de transmission est-il bien assuré?

n 3*» Pour l'administration de la justice : — N'oubliez pas qu'elle se rend au nom du Roi. — C'est la première dette de la souveraineté; — c'est par l'équité de nos tribunaux que les gens du pays apprendront à révérer la personne du Roi qui leur envoie des juges.

)> Je me borne à ces points. Monseigneur. Votre sagacité naturelle sera assez éveillée sur les détails, par l'aspect des lieux et

les conversations avec les hommes. Gansez surtout tant que voas pourrez avec les chefs du pays; sachez leurs griefs ; eux seuls sauront voos les dire.

1) Je termine en vous suppliant de ne pas vous exposer témérairement; — de ne pas trop vous confier à Tardenr de votre courage y et de songer à la France qui vous aime et compte aussi sur vous.

» J*ai Thonncur d^être, avec le plus profond respect, Monseigneur, de Votre Altesse Royale, le très-dévoué et très-affectionné serviteur. Dupin. i

Réponse de M. le duc D'ORiiairs. n Alger, 18 Doveml»re 18S5.

n J*at retrouvé, mon cher Président, dans la lettre que vous m*avez écrite le l*^*" novembre, et que j^ai reçue ici à mon arrivée^ une nouwelle preuve de rattachement que vous m^avez témoigaé en toute occasion ; et les bons conseils que vous m'y donnez m'ont fait regretter plus vivement encore de n'avoir pu causer avec vous avant mon départ pour la Corse et FAfrîque. J'ai an motos cberw ché à profiter des indications que vons me donnez, et j'ai tâché 4e diriger mes observations vers les points sur lesquels vous avez hîea voulu attirer mon attention. En Corse, ma tâche a été faetie; Je remède au mal social qui travaille ce pap est apparent au premier coup d'œil; en agissant avec persévérance et fermeté, l'-on parviendra à modifier les mœnrs corses qui sont le seul obstacle à toute amélioration. Que le Corse ne sorte plus armé; qoe les fonctionnaires d'un ordre inférieur^ étant choisis parmi les hommes du continent, n'encouragent plus la guerre civile et l'impuissance des lois; que cette population fainéante, mais non paresseuse, éprouve quelques besoins qui la forcent de travailler plus qu'elle ne le fait aujourd'hui, où elle n'a besoin ponr vivre que de quelques châtaignes ramassées dans les bois, et pour confier d'autre abri que de l'ombre des arbres; que tout c^a se fasse petit à petit , et l'état de la Corse changera.

» Ici le mal est aussi apparent , et le remède est rsmtïs facile & indiquer. Ici il n'y a pas seulement à faire : il faut auparavant beaucoup^irf ou^/t^/il faut effacer la trace de bien des iniquités qut> ont été aggravées encore par la corruption et la rapacité générales. Le maréchal Clausel comprend ce que sa tâche a de difficile , et il s'est mis à l'ceuvre avec un courage et une fermeté qui lui ont déjà valu d'importants succès. 11 a éteint ici l'esprit de parti : il a résisté aux prétentions déraisonnables de quelques colons; il a abaissé l'arrogance de nos ennemis ; il a commencé qudques acte»

AXiXEXES. 54a

de réparation poar les indigènes, et surtout il a commencé & donner à tous, Européens et indigènes, quelques garanties de sécurité qui sont la base de toute société, et dont ce beau et malheureux pays avait été constamment privé jusqu*à présent L* armée le seconde efficacement, elle sert ici avec dévouement; et Tuniforme du soldat est le seul habit qui ait échappé au juste mépris des indigènes. Tout ce qu'il y a de beau et de bon ici a élé fait par Tarmée, et fait gratis; et, en outre, son attitude morale et digne a été jusqu'à présent le seul frein apporté à rimmoralité et à la corruption. Mais aujourd'hui on voit le but vers lequel le maréchal veut marcher; ce but est compris et apprécié par tout ce qu'il y a d'honnête ici; il ne faut seulement pas se laisser effrayer par l'énormilé de la tâche.

n A mon retour à Paris, je compte, mon cher Président, causer de tout cela avec vous, et vous donner des détails et des explications qui ne peuvent trouver leur place dans une lettre écrite an milieu des préparatife de mon prochain départ pour Cran. Là^ comme à Alger, je me rappellerai vos sages conseils; et j'espère que de votre côté , vous croirex toujours aux sentiments d'attachement de votre affectionné , — Ferdinand- PhiUppe d'Oeléans. »

(Page 385.) Funérailles de madame la princesse Adéhnde.

(Journal ia Presse, du 7 janvier 1848.)

« I>rcQz , 5 jtnTÎer an soir.

s Aujounfhui ont en lieu dans cette résidence les obsèques de S. A. R. madame Adélaïde. Sa Majesté a voulu rendre elle-même à la tombe celle dont la mort va laisser un vide si profond dans la maison royale.

n Déjà, depuis dix-sept ans, les caveaux funèbres de Dreux se sont ouverts à diverses reprises devant le deuil de notre monarchie : l'auguste dépouille du Prince royal, si tristement et sitôt enlevé à la France; celle de sa sœur, Tillustre et respectable princesse Marie de Wurtemberg, ont douloureusement inauguré cet asile de mort, dont le roi Louis-Philippe a voulu faire le Saint-Denis de la dynastie nouvelle.

1) Là dVrlIenrs étaient les tombeaux des princes ses ancêtres ; là , son auguste mère a d'avance marqué la place des descendants de sa race.

» Ce fut madame la duchesse douairière d'Orléans, fille du vertueux duc de Penthtèvre et mère du roi Louis-Philippe, qui.

5'é4 AXXEXES.

dès les premières années de la Restauration, ordonna la construction de la royale chapelle. Mais elle ne put voir terminer Fédifice que ses sentiments de piété lui avaient fait entreprendre.

n A la mort de cette illustre princesse, en 1821, Sa Majesté, alors duc d'Orléans, ordonna de continuer les travaux de la chapelle et y fit transporter la dépouille de celle qu'il venait de perdre. Déjà, dans ces caveaux encore inachevés, reposaient les cendres du duc de Penthièvre , celles du comte de Toulouse et de plusieurs princes et princesses de la famille.

» Élevé sur le trône, S. M. le roi Louis-Philippe comprit que la sépulture de Dreux était insuffisante, que les caveaux sombres, tortueux et sans air ne pouvaient renfermer d'une manière convenable les dépouilles mortelles de la famille royale. Il résolut alors d'agrandir les constructions que madame la duchesse d'Orléans avait laissées incomplètes. Aussitôt, le dôme circulaire a été terminé et entouré de portiques ; on a élevé de vastes galeries disposées avec art , de manière à se rattacher, sans clisparale , aux ouvrages et aux constructions premières. Cet arrangement, qui est dans le style gothique et dont l'élégance est des plus remarquables, a procuré les moyens d'ajouter aux anciens caveaux, sans les détruire entièrement, deux étages de grandes salles audessous du dôme et de vastes galeries basses parfaitement éclairées, pouvant contenir près de cent tombes.

i> Les tombeaux disposés dans la chapelle de la Vierge sont spécialement destinés au roi, à la reine, aux princes et princesses.

» Celui de Leurs Majestés, plus spacieux et plus élevé que les autres , se trouve placé au centre de la nef, faisant face à l'autel. Tous les tombeaux sont disposés de manière à recevoir la statue couchée du personnage qu'elles doivent renfermer. Déjà la mort a fermé trois de ces tombes royales depuis dix-sept ans. Ce sont celles de M. le prince royal, de regrettable mémoire; de madame la princesse Marie de Wurtemberg, enlevée si jeune et si belle à la vie; et du jeune duc de Guise, fils de S. A. R. M. le duc d'Aumale.

)) Une quatrième tombe vient encore de s'ouvrir et de se refermer, c'est celle de l'auguste princesse dont les funérailles ont eu lieu aujourd'hui. Madame la princesse Adélaïde reposera à côté de sa vertueuse mère , dans cette même chapelle de la Vierge où , depuis dix-sept ans , Leurs Majestés sont venues déjà tant de fois conduire le deuil de leur famille.

» Une grande et touchante simplicité a présidé à ces funérailles. La religion seule y a déployé ses pompes consolantes.

AXNEXBS. 545

» Dès trois heures du matin , ou commençait à célébrer des messes aux différents autels de la chapelle. Leurs Majestés, ainsi que les princesses , sont venues de bonne heure assister à lune de ces messes. Madame la duchesse d*Orléans s^est rendue également à la chapelle à diverses reprises. L^auguste veuve n'allait pas seulement prier pour Tâme de celle que la mort vient de nous ravir : son inconsolable douleur la ramenait sans cesse au tombeau du prince royal, où les rares assistants n*ont pu sans être émus contempler son recueillement et sa noble résignation*

n Vers onze heures, et peu de temps avant Tarrivée du char funèbre, ou a annoncé Farrivée de S. M. la Reine des Belges. Une scène des plus attendrissantes a eu lieu en ce moment Le Roi a quitté ses appartements pour recevoir lui-même, sur le perron de la résidence, son auguste fille, qui s'est, en sanglotant, jetée dans les bras de Sa Majesté. L'un et l'autre ont mêlé quelques instants leurs larmes, et cette entrevue est bientôt devenue plus louchante encore par l'arrivée de la reine mère et des princesses ses filles. Tous les cœurs étaient attendris en présence de cette famille auguste , brisée et confondue dans une même douleur.

» Leurs Majestés et les princesses sont ensuite rentrées dans leurs appartements.

» A onze heures et demie , les cloches de la chapelle ont annoncé l'approche du char et du cortège funèbres.

» Le cercueil de madame la princesse Adélaïde, accompagné des princes ses neveux, à qui le Roi avait confié cette douloureuse mission, venait de s'arrêter à deux kilomètres environ de la ville de Dreux. C'est là qu'on devait aller recueillir les augustes dépouilles.

» Dès l'arrivée du char à cette dernière station , M. le duc de Nemours, M. le prince de Joinville et M. le duc de Montpensier ont immédiatement mis pied à terre. Les trois princes, en uniforme d'officiers généraux et couverts de longs manteaux de deuil , ont été reçus par une assistance nombreuse , parmi laquelle se trouvaient les préfets de l'Orne, de l'Eure et d'Eure-et- Loir; les sous-préfets de Dreux, de Mortagne, de Nogent-le-Rotrou, de Châteaudun, avec des membres du conseil de préfecture, du conseil général; le lieutenant général commandant le département, le colonel de la 2* légion de gendarmerie et les députations de plusieurs tribunaux et du barreau en robe , et un grand nombre d'officiers de la garde nationale et de l'armée.

n Dans une voiture, en avant du char, se trouvait rarchevéque de Ghalcédoine , accompagné de plusieurs prêtres.

» Un immense concours de population était accoum hors de la ville, et, malgré 1* inclémence de la température, assistait dans «■ recueillement profond à Tarrivée du cortéga

» A midi, un nombreux clergé, venu des difSh^ntes paroisses des environs , a quitté processionnellement la chapelle royale et Ait allé recevoir le corps.

« Quand Tarchevéque de Cbalcédoine a eu jeté Teau saînfe snr k cercueil, le cortège s'est dirigé directement vers la résidence voyale.

» Un détachement de gendarmerie et un escadron de cuirassiers oovraient la marche. Ils étaient suivis d'un aulre escadron de dragons, d*un détachement d'infanterie et de la musique de la garde nationale exécutant des symphonies funèbres.

« Venaient ensuite le clergé, ayant la croix en tête, Farcfaevèque de Cbalcédoine (officiant), les évéques de Versailles, d^Evreux et d'Amatta , revêtus de leurs vêtements et insignes épifoopanx.

» Le char funèbre, recouvert d'ornements blancs et noirs, et traîné par huit chevaux , était précédé d'un piqueur h cheval de kl princesse défunte.

n Derrière le char, entouré d'ofQciers et d'attachés à la maison royale, s'avançaient les trois princes à pied et découverts. Leurs Altesses Royales étaient accompagnées de trois aides de camp du roi : les lieutenants généraux comte de Ruroigny, Gourgaud et de Chabannes; du lieutenant général Boyer, aide de camp du due de Nemours; du général Thierry^ aide de camp du duc de Montpensier, et du capitaine de vaisseau Touchard , aide de camp de M. le prince de Join ville, du comte de Grave et de Chezelles, officiers d'ordonnance du roi; Vatout, député; des généraux de Lavœstine et de Sainte-Aldegonde , baron Fain, Lami, secrétaire des commandements de la princesse défunte; du lieutenant général Jacqueminot; Desmousseaux de Givré, député; Dentend, notaire de la maison du roi; de Gérente, administrateur du domaine privé ; du duc de Montmorency et d'autres officiers et serviteurs de la maison royale, etc.

n Derrière ces divers personnages étaient les divers employés de la maison de la Princesse, suivis de MM. les préfets, souspréfets, maires, adjoints et membres de la magistrature et da barreau, tous en robes.

» La marche était fermée par une compagnie de voHîgeurs de la garde nationale et par la compagnie des vétérans en garnison à Dreux.

» Cest dans cet ordre qae te cortège a traversé la ville, aa milieu des démonstrations de la douleur publique. Toutes let maisons étaient pavoisées et recouvertes de tentures en signe de deuil.

» ihrivé à la première grille d'entrée de la résidence royafe, le char funèbre s'est un instant arrêté. — C'est là que le Roi est venn recevoir les restes de son auguste sœur, et s'est placé à la tête du cortège, suivi de Kf. le comte de Montalivet et de M. Dupin aîné. Malgi-é la fermeté et l'énergique puissance de Sa Majesté, son visage trahissait les émotions douloureuses qui lui brisaient te cœur. Tous les yeux se portaient sur lui avec un douloureux attendrissement.

n Bientôt le cercueil est arrivé à la porte de la chapelle, où se trouvaient réunis les pauvres de la ville, tenant un cierge à hr main, et habillés aux frais de Ih liste civile. C'était la dernière aumône de celle qui fut pendant sa vie la consolatrice de tant d'afQigés, la providence de tant de malheureux.

D Le cercueil a été retiré du char et déposé sur le catafali^ue. La Reine, les Princesses étaient déjà prosternées au pied de Fantel, attendant l'arrivée du Corps. Le Roi, visiblement ému, est allé se placer au centre de la nef, ayant la Reine des Français à sa droite et la Reine des Belges à sa gauche. Les autres places , à droite et à gauche de Sa Majesté, ont été occupées par les princes et les princesses.

n La suite du cortège a pris place derrière la famille royale , tandis que le cercueil était déposé au milien de la nef sur un catafalque recouvert du manteau royal et d*une riche couronne.

» Pendant toute la cérémonie, où l'archevêque de Chalcèdome a oflicié, le Roi, la Reine et la famille royale sont restés constamment recueillis et absorbés dans leur douleur muette.

» A l'issue de la messe, chacun des évêques présents a donné l'absoute.

" Après le Libéra y le clergé officiant, cierges en main , et les quatre évêques , mitres en tête , descendent dans la chapelle sépulcrale. Le cercueil est porté par des hommes vêtus en grand deuil. M. le général comte de Rumigny vient immédiatement.

n Le Roi, avec une émotion qui gagne toute l'assistance, suit le cercueil. M. le duc de Nemours est à la gauche de Sa Majesté. Les autres princes descendent successivement; puis MM. les lieuta^ nants généraux Gourgaud, Aymard, de Chabannes, aides do camp du roi, les aides de camp des princes; MM. le lieutenant génériri Jacqueminot, Vatout, le baron Desmousseaux de Givré, les géné-

raux Lawœstine et de Saintc-Aldegonde , le duc de Montmorency, M. Lami, M. le docteur baron Pasquier, M. le docteur Blache, M. de Chastellux, M. Dupin, et diircrs autres personnages.

n La Reine et les Princesses sont restées à leurs places.

» Après le De profundis on a placé le cercueil dans le caveau funèbre.

» A cette heure suprême, au moment de ce dernier adieu, jeté par le frère à sa sœur qui n'est plus, la douleur de Sa Majesté a tout à coup éclaté. On venait de placer les restes de la Princesse dans le caveau mortuaire, Teau sainte venait d'être jetée sur le cercueil muet, et la pierre du tombeau allait se fermer sur ces cendres aimées, quand le visage de Sa Majesté se voile d'une sombre et soudaine pâleur. Appuyé sur ses fils qui se pressent autour de lui, il se sent chanceler, et les sanglots étouffent sa poitrine. Ce n'est qu'après un instant de lutte sur lui-même, que le Roi parvient enfin à retrouver toute sa fermeté. Il jette encore one fois un regard douloureux vers la tombe où va reposer celle qui fut l'objet de son affection la plus vive, et gravit lentement les marches de ia chapelle sépulcrale pour rejoindre la Reine et les Princesses.

» Après s'être arrêtée quelques instants au pied du principal autel. Sa Majesté, suivie de la Reine, des Princes et des Princesses, s'incline tristement devant la foule des assistants. Bientôt après la famille royale était rentrée dans ses appartements.

» Le Roi a reçu les évêques et les autorités. Plus de quatre cents personnes ont eu l'honneur d'être admises à la table royale , où les couverts ont été renouvelés deux fois.

» A cinq heures, les voitures royales se sont avancées : LU MM. la Reine des Belges, madame la duchesse d'Orléans et les deux princesses occupaient la première voiture. Avant le départ, le Roi a remercié de nouveau avec effusion les prélats et les personnes qui étaient venus témoigner de leur sympathie pour cette haute douleur.

» A minuit y Leurs Majestés étaient de retour aux Tuileries. »

(Page 386.)

Cesi pour un tel acte, consommé en une seule vacation, et consistant en vingt lignes d'écriture tracées sur une enveloppe , que l'on réclamait plus tard de la succession bénéficiaire un honoraire de 50,000 francs , que nous eûmes quelque peine à faire réduire à moitié !

On ne se fait pas one idée des sommes énormes qu'il en a

coûté à la famille d'Orléans — depuis 1814, en frais, faux frais, honoraires, droits d'enregistrement et de mutation pour des actes souvent improductifs; par exemple, les droits payés pour la donation du 7 août; ceux payés pour l'usufruit des biens de madame Adélaïde, éteint presque aussitôt après son ouverture. Cela monte à 5 ou 6 millions î

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Ouvrage de M, de Montalivet sur la liste civile, 2* édition, 1861.

M. de Montalivet , qui avait géré cette même liste civile que M. Vavin avait été chargé de liquider, fit imprimer d'abord une brochure, en 1850; puis en 1851 un volume in-8<*, qui contient les détails les plus intéressants et les plus honorables sur la manière dont le Roi avait disposé des revenus de la liste civile, et compromis sa propre fortune et celle de ses enfants au service de la Rojfauté.

Je ne veux point affaiblir par une analyse des choses si bien dites et si clairement démontrées avec pièces justificatives: — mais je veux au moins donner la Table des matières, pour qa*on puisse y recourir en sachant d'avance ce qu'on doit y rencontrer.

— Avant propos,

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