HENRI PLON, EDITEUR
8, RUE GARANGIÈRE.
Je veux profiter des loisirs que m'a laissés mon abstention des fonctions publiques et des moments qu'il plaira àDieudem'accorder encore,.... non pour écrire ce qu'on appelle des mémoires historiques (je n'ai pas cette prétention) ; — mais pour fixer quelques souvenirSj et laisser à ma famille et àjnes amis, au Barreau, objet de mes premières et de mes plus vives prédilections, à la Magistrature, au sein de laquelle j'ai passé plus de vingt années, à mes concitoyens qui m'ont honoré tant de fois de leurs suffrages, à ma patrie enfin et à la postérité, si je dois aller jusqu'à elle, un certain nombre de faits et de réflexions concernant mes études, mes travaux, mes opinions et les principaux actes auxquels j'ai pris part dans le cours de ma longue et laborieuse carrière.
J'éviterai de m'arrêter à des détails d'enfance, d'éducation première et de mœurs locales , qui manquent presque toujours d'intérêt, excepté quand il s'agit de ces enfants merveilleux qui , dès leur plus jeune âge , ont passé pour des prodiges ! — Mes commencements n'ont pas eu cet éclat.
M. Ortolan, longtemps mon collaborateur, et resté toujours mon ami, a d'ailleurs inséré dans la Notice biographique qu'il a tracée sur moi en 1840, tout ce
que nos conversations et ses entretiens avec mon père avaient pu lui fournir de faits particuliers : ceux qui sont curieux de ces détails pourront y recourir.
En rendant compte de mes travaux si divers et si multipliés, ce biographe trop bienveillant a laissé sans doute beaucoup à dire à la critique ; et, Dieu merci , la presse des partis, si rarement juste et presque toujours passionnée , a largement usé de son droit à mon égard.
Js suis loiu de m'en plaindre; et, en interjetant quel'quelois appel des jugements qui ont pu me blesser par leur exagération ou leur injustice, je ne demande qu'une cho^e aux juges à venir^ c'est de ne prononcer qu'âpres avoir lu et parités ouies, conune l'exige la vraie justice.