‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 5)Chapitre 25 sur 125 · LES DEIX FRÈRES MO\TAIN · texte numérisé non relu

LES DEIX FRÈRES MO\TAIN

connaître jusqu'à Finstant oii il a acquis la ccrlilude que son frère était arrivé en lieu do sûreté (en Belgique).

Le 27 ou le 28^ Montain jeune a déclaré les faits à M. le préfet de police, et demandé à être mis en liberté.

Interrogé par un commissaire de police sur les motifs qui avaient pu le porter à faire évader son frère , il a répondu :

La voix de la nature ;

Celle de la reconnaissance ;

La perspective affreuse de sa mort s'il rentrait en prison ;

La douleur de ma mère et de mes sœurs ;

Mon propre désespoir.

Et sur d'autres questions qui lui furent adressées j il ajouta : Je n'ai employé ni séduction ni corruption ; je n'ai point de complices ; je ne puis vous dire le lieu où s'est opérée la substitution de personnes et la séparation, parce que je ne \eux pas compromettre des hommes innocents.

Cependant il restait toujours en prison. Aussitôt après son interrogatoire , il m'avait fait appeler pour l'aider de mes conseils. Je fus d'avis qu'il devait immédiatement s'adresser à l'autorité supérieure, pour obtenir ou sa mise en liberté ou sa mise en jugement.

Sa mise en jugement I Quel crime avait-il commis ? Comment le qualifier ? — Il avait sauvé son frère ; il en était fier : son accusation eût été son triomphe !

Le Mémoire que je rédigeai en ce sens fut imprimé et promptement distribué; la presse périodique en rendit compte ; il n'y avait dans le public qu'une voix pour le frère qui avait sauvé son frère I

Le 22 février, Montain jeune fut mis en Mherié par ordre du Roi.

LE GÉNÉRAL CAULaiNCOURT, DUC DE VÏCENCE,

AiDis m cm? m l'empisbeur napoléûn,

ET SON pUdIPOTë^TIAIBR AU CONGRÈS DE GHATIILON.

Les calomnies, les attaques et finalement les poursuites dont M. le duc de Vicence a été Tolyet sous la Restauralion, se rattachent à l'affaire du duc d'Enghîen ; il est donc nécessaire de rappeler historiquement quelques-unes des circonstances de ce drame douloureux.

Assurément la mort du duc d'Enghien pst un des événements qui ont le plus afQigé la nation française. Un jeune prince à la fleur de Tàge , arrêté par surprise sur un sol étranger ou il dormait en paix sous la protection du droit des gens ; entraîné violemment vers la France , traduit devant des commissaires qui en aucun cas ne pouvaient être ses juge? ; tenu au secret, privé du secours de son défençeqr ; interrogé et condamné à huis clos, iftis à mort de puit dc^ns les fossés d'un château fort servant de prisop d'État, et cela en vertu d'une sentence signée en blçinc,,.., et qui n'a été régularisée qu'après coup; toutes cps circonstances accumulées, l'intérêt qui s'attaphait à la haute illustration de la personnie, feront à jamais de cette catasfrpphe un des actes les plus regrettables d'une époque d'ailleurs si féconde en événements glorieux.

La plupart des incidents de cette prpcé(}ure sefîfient restés ensevelis dans l'oubli conime un mystèpe, si un événement imprévu n'en avait arpené plus tar4 |a révélation. — Le dossier contenant les pièces originales

LE GEXKRAL CALLAIXCOLRT. 143

du procès du duc d'Enghlen ne fut pas d'abord déposé, comnie il aurait du i*élre, aux archives du uin nistère de la guerre. Il était reslé entre les mains du président de lacommissioniiiilitaire(le général Flullin). Ce dernier ayant été exilé eu 1815, on vertu de l'article 2 de l'ordonnance du 2i juillet, déposa ce dossier avec d'autres papiers on main tierce C'est là

que j'en eus communication et que je pus en |)rendre copie. J'ep fis ensuite l'examen critique, que j'intitulai Discussion des actes de la Commission militaire instituée en Van XII pour juger le ducd'Enghien.

Cpt écrit était resté dans mon portefeuille jusqu'en 1823. Mais, à cette époque, l'attention publique ayant été ramenée sur cet événement par quelques publications peu exactes, je me décidai, par le conseil de mes amis, à le publier et à révéler sur ce point la vérité historique, La curiosité universelle fut vivement excitée par l'apparition de ces pièces; le libraire Baudouin, à qui j'avais donné mon manuscrit, en fit faire successivement jusqu'à quatorze tirages ! Et depuis il leur a donné place , avec la discussion qui le précède , dans sa collection des Mémoires sur la Révolution. — En ièie se trouve un Avant-propos qui explique ces faits.

La discussion est divisée en sept paragraphes et porte sur les points suivants :

§ V\ Illégalité de l'arrestation du duc d'Enghîen.

§ 2. Incompétence de la Commission militaire.

§ 3. Irrégularité dans rinstruction.

§ 4. Vices du jugement.

§ 5. Exécution nocturne.

§ 0. Suite (recommandations du prince).

§ 7. Réflexions générales.

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