LE GÉNÉRAL DAI^UBSNIL. IM
cimetière. Je m'approchai, et me faisant connaître, on me laissa entrer. Je pénétrai dans les cours et me rendis à la chapelle du château où s'achevait l'office des morts. Au moment de sortir, je fus enlouré par les généraux et pressé par eux de tenir un des cordons du catafalque avec le général Excelmans et deux autres officiers généraux. On fit plus, on me convia de prendre la parole sur la tombe du général , et on y mit ào telles instances que je ne pus m'y refuser. Heureusement que le trajet depuis la chapelle du château jusqu'au cimetière communal de Vincennes était assez long pour me laisser un peu le tepaps de me recueillir et d'arranger avec moi ce que j'aurais à dire. Nous arrivâmes près de la fosse : les officiers et soldats de l'artillerie et du génie se formèrent en cercle ; la population se pressait en arrière, et ce n'est pas sans une vive émotion que je prononçai cette courte allocution :
tt Messieurs , le général Daumesnil sera regretté non-seulement par toute l'armée, mais par la France entière. Dans le civil comme dans le militaire, citoyens et soldats, tous lui rendront le même hommage, celui qui est dû au courage et à la vertu.
» Avant 1814, le général Daumesnil semblait avoir assez fait pour sa gloire, mais il lui était réservé de l'augmenter encore par sa noble conduite dans le commandement de la place de Vincennes.
yi Menacé en 1814 par des forces immenses, comparées surtout à sa faible garnison, bien loin de céder aux sommations des étrangers, il les avertit de ne point se risquer à la portée du canon de la forteresse , et cet ordre ( car ce ne fut point une capitulation) fut respecté.