‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 5)Chapitre 46 sur 125 · LA SOUSCRIPTION NATIONALE · texte numérisé non relu

LA SOUSCRIPTION NATIONALE

La cause fut des plus gaies, et les prévenus furent acquittés cum plausu en première instance et sur l'appel.

Gomme j'avais , selon mon usage dans les procès de presse, refusé les honoraires de mes clients 'qui d'ailleurs étaient mes amis, ils imaginèrent de m'offrir un petit Miroir j monté en forme de psyché, sur la glace duquel l'académipien Emmanuel Dupaty, l'un d^eux, avait tracé deux vers qui exprimaient leur reconnaissance. (Voyez la Biographie d'Ortolan , p. 48. ) — Gosse publia aussi une pièce de vers à cette occasion.

LA SOUSGRIPTION NATIONALE.

1" juillet 1821.

Le 26 mars 1820 fut portée une loi qui, dans certains cas, permettait de détenir les citoyens sans jugement : c'était une de ces lois qu'on a nommées lois d'exception.

Plusieurs citoyens frappés des malheurs individuels que cette loi leur paraissait devoir entraîner, proposèrent d'ouvrir une Souscription nationale en faveur des citoyens qui seraient victimes de la mesure d'exception sur la liberté individuelle.

Tel était le titre à\x prospectus qu'ils firent imprimer. Il portait les signatures de MAI. Laffitte, Lafayetle, d'Argenson, Kératry, Manuel, Gasimir Périer, Benjamin Gonstant, le général Pajol, Gévaudan, Etienne, Odîlon Barrot, Mérilhou, Joly (de Saint-Quentin), Dupont (de l'Eure) et Ghauvelin.

LA SOUSCRIFilOiV NATIONALE. iOi

Divers journaux répétèrent Tannonce de ce prospectus, chacun y joignit ses réflexions.

Le ministère, qui redoutait pour sa loi l'effet de la souscription, en fit poursuivre les auteurs. Tous, à l'exception des pairs et des députés contre lesquels le procureur général se contenta de faire des réserves j furent renvoyés à la Cour d'assises, ainsi que les jour^ nalistes qui leur avaient servi d'écho.

Chacun d'eux choisit un défenseur.

Aux audiences des 29 et 30 juin, on enietidit successivement MM"*' Jay, Rhumilly, Coffinières et Devaux pour divers journalistes, APMocquart, dont le plaidoyer pour Gossuin était remarquablement écrit, M* Tripier pour Gévaudan , M* Darrieux pour son collègue Odilon Barrot, et AP Legouix pour le lieutenant général Pajol.

La discussion paraissant épuisée, les autres défenseurs, au nombre desquels je me trouvais comme chargé de la défense d'Etienne et de mon confrère M* Mérilhou , renoncèrent à plaider.

M. l'avocat général de Broë ayant repris la parole et cherché dans une seconde attaque plus vive et plus redoutable que la première exposition, à remettre l'accusation des chocs qu'elle venait d'éprouver, tous les défenseurs, d'un commun accord, me chargèrent de répliquer dans l'intérêt général de la came.

La tâche était d'autant plus délicate que, venant après un si grand nombre d'avocats distingués, il semblait difficile de dire quelque chose de neuf. Mais j'avais profondément médité mon sujet, mes recherches m'avaient fait découvrir des autorités précieuses qui devaient avoir tout l'attrait de la nouveauté. Armé de ces matériaux, que j'avais groupés autour des objections

Page 1