L'ERMITE EN PROVINCE
u La pension accordée aux émigrés de la Corse et de Toulon n'a pas passé sans quelques difficultés. Le colonel Davies a prétendu que les émigrés français ne devaient plus rien réclamer de l'Angleterre , puisque Louis XVIII était rétabli sur le trône.
» U. Arbutbnot lui a répondu que , quant aux émigrés de Toulon, ils devaient, en vertu de la capitulation faite avec l'amiral Hood, continuer de recevoir leur pension pour le^ ^rvices qiiih avaient rendus à V Angleterre.
îî Le cliancelier de l'Échiquier a ajouté que les émigrés toulonnais étaient pour la plupart des officiers de marine, qui étaient entrés au service de l'Angleterre lors de la capitulation de Toulon.
)) M. Benn^t a prétendu que des hommes qui avaient servi contre leur patrie ne devaient pas recevoir de récompense de l'Angleterre ; qu'ils avaient çervi l'Angleterre , ou par attachement pour la famille des Bourbons ou par des motifs dont il ne parlerait pas par délicatesse pour ces individus : que dans le premier cas , la France devait les récompenser ; que dans le second cas, ils ne devaient rien recevoir du gouvernement anglais.
}) Malgré cette opposition , les sommes demandées out été accordées. »
Le Constitutionnel du 13 janvier 1822 annonce que, parmi les pétitions inaérées dans le dernier feuilleton delà Chambre, on remarque celle du sieur Abeille, qui réclame le payement de cent cinquante heotolitres de vin fournis en 1793 à l'armée anglaise qui occupait Toulon,
PROCÈS Dl MIROIR.
(mm. JOUY, ARNAULT, DITATY, GOSSE, ETC.)
18 mai 1821.
Au milieu d'un grand nombre de poursuites pour délits de la presse, le procès du Miroir a une physionomie particulière.
Ses rédacteurs n'étaient pas accusés d'avoir commis un délit, soit d'offenses, soit d'attaques, etc., etc. ; ils étaient seulement prévenus de contraventions aux lois de la censure.
Le Miroir ayant pris pour titre Journal des spectacles j des mœurs et des arts, les rédacteurs avaient pensé qu'ils étaient exempts de la censure à laquelle les lois d'exception n'assujettissaient que les écrits périodiques consacrés en tout ou en partie à la politique; mais le ministère soutenait que les rédacteurs du Miroir n'en tombaient pas moins sous le coup de ces lois, parce que si leur journal n'était pas entièrement ni ouvertement consacré à la politique, ils se servaient habituellement à' allusions j d'apologues et de tournures sous lesquels ils parvenaient à communiquer à leurs lecteurs des nouvelles ou des idées politiques.
Le ministère public, pour mieux caractériser leur genre de malice, leur reprochait le fréquent emploi qu'ils faisaient du sarcasme politique !
Ainsi toute la cause consistait en interprétations, à l'aide desquelles l'accusation s'efforçait de transformer en articles politiques des rédactions que les prévenus soutenaient n'avoir point ce caractère.