‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 5)Chapitre 51 sur 125 · JAY ET JOUY · texte numérisé non relu

JAY ET JOUY

avantage la noble fermeté avec laquelle ils avaient marché au supplice! .

a En cela , disais-je , qu'y avait-il donc à reprocher w à récrivain ? Il n'a pas même dit aux juges : Vom n fûtes sans justice; — il leur a dit seulement : Voitë yi fûtes sans pitié 1 j? — Et j'ajoutais : « Pitié, larmes, » regrets, de tout temps vous fûtes permis sur une » condamnation I On a pu plaindre Calas et Labarre yi SOUS l'ancien régime; pleurer les victimes de la Ré- » volution en présence de la Révolution même ; sous )) l'usurpateur on a plaint le Roi légitime; moi-même w j'ai pu sous ce gouvernement déplorer la mort du » duc d'Enghien!... »

Quant à M. Jay, auteur de l'article Boyer Fonfrède, on lui reprochait d'avoir voulu, en le justifiant, faire V apologie du régicide.

Cette accusation n'était pas fondée; car M. Jay, loin d'approuver le vote de Boyer Fonfrède, l'avait au contraire qualifié àe funeste et déplorable erreur, qui fut la cause de grands maux.

Sans doute M. Jay attribuait des vertus à Boyer Fonfrède; mais, en condamnant la conduite d'un homme sur un point qui mérite d'être condamné , l'équité de l'histoire ne veut-elle pas qu'on rende également justice aux qualités qui l'ont distingué ? — A l'appui de cette thèse, qui faisait le fondement de ma défense, je citais l'exemple de l'historien Hume, qu'on accuse d'avoir été partial seulement en faveur des Stuarts, et qui cependant, après avoir fait parler les douleurs de Charles I" et de Strafford, n'en a pas moins fait sous d'autres rapports l'éloge du régicide Harisson, dont il loue l'élévation de sentiments, la force et la présence d'esprit, disant que sa conduite a

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