‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 5)Chapitre 60 sur 125 · LE JOURNAL DES DÉBATS. U · texte numérisé non relu

LE JOURNAL DES DÉBATS. U

M. Bertin prit ensuite la parole, et rappela en peu de mots son dévouement, son exil, ses périls , ses souffrances pour la royauté ; il protesta de la pureté de ses sentiments monarchiques, et déplora l'aveuglement de ceux qui avaient cru a rendre un grand ser- » vice à la couronne en amenant devant une cour n de justice des cheveux blanchis au service de la îî Royauté. »

La Cour se retira pour délibérer.

Les conseillers avaient à peine quitté leurs sièges , qu'on vit un respectable vieillard s'approcher de M. Bertin et lui serrer affectueusement la main. C'était M. le comte de Montlosier. a Mon cher Bertin , lui » dit-il, vous venez de rappeler des souvenirs qui 9) m'ont bien vivement ému. La dernière fois que je » vous ai vu, c'était au Temple; car, vous le savez, » nous y étions détenus ensemble , ad pias causas, y*

La délibération se prolongea pendant plus de trois heures. Pendant ce temps, la salle et ses avenues étaient toujours remplies par une foule considérable qui manifestait une véritable anxiété.

Enfin la Cour étant rentrée en séance, M. le premier président, d'une voix ferme et digne, prononça l'arrêt qui , <( faisant droit sur l'appel , met les appely> lations et ce dont est appel au néant; émendant, » décharge Bertin aine des condamnations contre lui » prononcées; — au principal, le renvoie de la plainte. y>

tt Ces derniers mots sont à peine prononcés , dit l'éditeur du Procès, que des bravos et des cris de Vive le Roi! éclatent spontanément dans toutes les parties de la salle et au dehors. M. Bertin aîné et son avocat reçoivent les plus vives félicitations. »

C'est par de telles ovations que se terminaient alors

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