SM GIRODET-TRIOSON
une édacation soignée, dans laquelle le dessin n'entrait que comme un art d'agrément
Son goût pour la peinture se déclara assez tard , au moment ou il achevait sa philosophie. Entré dans TEcole de David , ses progrès furent rapides. Lauréal au concours de 1789, et pensionnaire de l'Ecole de Rome, il dut, selon l'usage , envoyer à Paris une figure d'étude peinte ; ce fut le tableau A^Endymionl on connaît les autres chefs-d'cBuvre qui Font placé au rang des premiers peintres de son temps.
M. Trioson , qui avait dirigé son éducation et contribué de sa fortune à lui procurer de quoi suffire aux dépenses de ses études et de ses voyages, l'adopta pour son fils : et de ce moment Girodet, ajoutant à son nom celui de son père adoptif, s'appela Girodet-Trioson.
Le jeune peintre s'en montra reconnaissant, nonseulement en faisant un admirable joor^miY de M. Trioson, mais en composant pour lui son beau tableau A'Hippocrate refusant les présents du Roi de Perse.
Par son testament, Trioson légua ce tableau à l'Ecole de médecine ; et il institua pour son légataire universel Girodet-Trioson, qui, d'ailleurs, eût été son héritier par cela seul qu'il était devenu son fils adoptif.
Les collatéraux de M. Trioson , repoussés par ce double titre, ne mirent aucun obstacle à ce que M. Girodet recueillit la succession de leur parent. Mais lorsque en 1824, ce grand artiste vint à mourir, laissant à son tour toute sa fortune à la fille puînée de son frère (Rosine Girodet, dame Despréaux), ils formèrent opposition aux scellés et annoncèrent l'intention d'attaquer l'adoption. Ils contestaient les soins donnés par Trioson à son fils adoptif, parce que dans son compte de tutelle, il portait ses dépenses, ce qui prouvait^
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disaient-ils, qoe Trioson n'avait pas enlendo élever le jeune Girodet à ses frais , ni loi en faire don.
Mais il était facile de répondre qoe, si, ponr la réga* larité de son compte et pour en être légalement dé* chargé, M. Trioson avait porté quelques-ânes des dépenses faites pour l'éducation de son pupille , cela n'empêchait pas qu'il ne l'eût aidé d'ailleurs par des secours de diverse natore : ce qui suffisait aux termes do Code civiL
Cependant Içs parties étaient en présence ; l'assignation en mainlevée de l'opposition était donnée. Madame Despréaux m'avait dès le principe appelé à son aide et choisi pour conseil. J'avais revu tous les actes de l'adoption, ils me semblaient parfaitement réguliers; d'ailleurs les fins de non-recevoir abondaient; nous étions à l'audience, et j'étais prêt à plaider, lorsqu'on vint nous annoncer un désistement. L'affaire se termina ainsi.
Ma bonne parente et son mari se montrèrent fort reconnaissants, bien plus du service que j'étais prêta leur rendre que d'un service que je ïeur eusse rendu effectivement, puisque tout s'était borné à des conseils et à préparer une plaidoirie qui ne put pas avoir lieu. Ils ornèrent mon cabinet d'un charmant petit tableau iiAtala entièrement peint par Girodet , et qui n'était que la réduction de son grand tableau origînaL Girodet avait été chargé avant 1814 de faire le portrait en pied de Napoléon , revêtu de son costume impérial , tenant le sceptre de la main gauche , la main droite étendue sur un globe près duquel était ouvert le livre du Code civil. On devait placer un de ces portraits dans la principale salle d'audience de toutes les Cours impériales.' Plusieurs avaieiït été déjà livrés, mais it en restait dans
l'atelier cinq ou six plus ou moins avancés, d'autres à l'état d'ébauche dont Girodet avait seulement retouché la tête et les mains, laissant à ses élèves le soin de les terminer; Despréaux et sa femme me donnèrent l'exemplaire entièrement peint par Girodet qui servait de modèle pour les copies que la Restauration survenue ne permettait plus d'achever. — Plus tard, le Roi Louis-Philippe me fit don d'une copie de son portrait , aussi en pied, peint par Winterhaller, que j'ai placé en regard.