PROJET D'ADOPTION DU DUC D'AUMALE
tant les pièces avec lui alla rendre sa visite au duc de Bourbon à Saint-Leu, où il déjeuna. Le soir il me manda de venir le voir le lendemain , a parce que sa n visite rendait une nouvelle entrevue nécessaire '. »
Dans la matinée du 11, je me rendis au Palais-Royal, oîi je trouvai M. le duc d'Orléans, et nous convînmes des modifications désirées , afin qu'on pût les soumettre dans leur état définitif à l'appréciation des Conseils de M. le duc de Bourbon.
M. le duc de Bourbon n'ignorait pas que c'était moi qui avais rédigé les projets , et il s'en était montré satisfait. Il se rappelait ce que j'avais publié en 1823 sur le procès du duc d'Enghien ; il m'en avait fait remercier; et quoique j'eusse alors décliné l'honneur de lui être présenté , il n'en avait été que plus touché d'un acte si évidemment désintéressé de ma part.
Tout cela traîna jusqu'à la fin du mois de juin 1829. Le 1*' juillet, M. le duc d'Orléans m'écrivit : « Je crois qu'on veut consulter sur votre projet d'acte M. Tripier, M. Gairal et vous; on me dit, eiptis d'autres. J'ai dit: A la bonne heure, mais consultez-les tous les trois réunis en conférence, car le combat singulier engendre la divergence , et vous pourriez bien recevoir autant d'avis que vous appelleriez de conseillers. »
Plusieurs conférences eurent lieu en efiet entre MM. Tripier, Gairal et moi. Ils déclarèrent que si une adoption devait avoir lieu, elle ne pouvait pas être faite en meilleurs termes ni par des motifs plus nobles et mieux exprimés. Tripier seul, toujours homme du droit privé , et ne voulant rien voir en dehors et au delà de la lettre du Code civil , objectait que les parties ne se trouvaient pas dans les termes précis des articles ' Lettre da 10 juin 1829.