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OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES

FaltM à liiuiey ea 1866

Par M. JoLBS GHAUTARD.

§ /. Hiver iSéS-^tm.

L*hiver de cette année, quoique s*annonçam en décembre par une période de froid assez prolongée, s*esi fait remarquer par une température Variable et généralement peu élevée. Ainsi, à part 2 jours de gelée en novembre et 17 en décembre, nous n*en comptons que 1 en janvier, 1 en février, 6 en mars et 1 en avrlF, total 28 ; tandis que nous en notions 93 pour Thiver précédent.

L*hiver météorologique , qui comprend décetnbrè , janvier et février, ne contient que 19 jours, pendant lesquels le thermomètre est descendu au-dessous de zéro, dont S seulement pour 1866.

Ainsi en résumé, les jours de gelée se répartiSSêfnt

par mois, ainsi qu'il suit :

iO pour l'hiYer météorologique

Une seule fois» le 27 décembre» le thermomètre est descendu à 9*,5. A peine les canaux et les étangs se sont-ils congelés et a-t-on pu faire les provisions de glace nécessaires aux besoins de Tannée.

Parmi les mois de décembre» de janvier et de février qui seraient susceptibles de lutter avec les trois mois de Tbiver qui vient de s*écouler» nous trouvons, d*après Arago» ceux des hivers de 1822 et de 1824. Mais il faut ensuite remonter assez haut dans Thistoire poiir retrouver des périodes de ce genre. Ainsi la plupart des arbres fruitiers portèrent fleurs pendant les premiers mois de Tannée 1719. Les chroniqueurs rapportent queThiverde 1420 fut si doux quon eut des cerises en avril et du raisin en mai. Lannée 1289, où Charles d*Anjou monta sur le trône de Sicile, donna des roses et des violettes pendant Thiver. Au mois de janvier 584 on cueillait des roses dans les campagnes voisines de la cité des Parisiens.

Nous n*avons pas la prétention de dresser le catalogue de ces hivers extraordinaires et surtout d'expliquer Torigine de ces irrégularités dans Tordre J des saisons. La question est peut-être encore au-dessus des forces de la météorologie contemporaine (1).

Nous avons voulu montrer, en en signalant quelquesuns, que ces anomalies se sont produites de tout temps, et .que ce mot de certaines personnes : les saisons sont bouleversées, il n*y a plus d*été, plus d*hiver ou plus de printemps, a toujours eu sa raison d*étre, par suite de conditions accidentelles de température, de direction du vent, ou d'autres phénomènes, réunis pendant une même année, de manière à en modifier les allures climatériques habituelles.

§ //. Printemps^ Èlé^ Automne 4866.

Le printemps n*a présenté rien de saillant.

L*été débute par quelques jours de chaleur, mais vers le 20 juillet, à la suite de violents orages, le temps redevient froid, pluvieux et conserve ce caractère Jusqu à la fin de la saison. Les pluies continuelles des mois d*aoùt et de septembre nuisent considérablement à la rentrée des récoltes d'ailleurs peu abondantes et de médiocre qualité.

(1) Consalter un excellent article die M. de Fonyielle, daos le Coimoi, i i février 1 866, intitolé : Corrélation de» hivert de» deum atlimtique».

Ver$ la 6q de septembre et pendant le courant d'oelobre» le oiel reste couvert et le temps plutôt humide que pluvieux. Durant cette période, la t|uantité d*eau est si feible que les pluviomètres peuvent k peine la • mesurer. Malheureusement, il n'en a pas été de même pour le centre de la France qui, à cette époque» a souffert de eea terribles et désastreuses inondations qui ont eu taot de retentissement.

A la fin d'octobre I a[$rès 26 jours de sécheresse» surviennent d'abondantes averses qui se continuent presque sans interruption jusqu'à la fin de Tannée.

S ///. Pression barométrique.

La hauteur moyenne du baromètre pour Tannée est de 742~.

Le maximum de pression a été remarqué le 2S janvier à 9 heures du malîn ; il était de 7S9'*",6. La température étant de 2^ et le vent soufQantduS. E.» calme.

Le minimum de pression a eu lieu le 28 février à 6 heures du matin ; il était de 718°^°^ ; le thermomètre indiquait 4%6« le vent soufflait du S., calme.

L'oscillation des pressions extrêmes est donc de 41 ■^"',6 .

§ 4. Température.

La température moyenne de Tannée en degrés centigrades, est de 10*,56.

Le maximum qui a eu lieu le 28 juin h midi, était de

28^,6. Le baromètre marquait 713,9, et le vent soufflait faiblement de S. S.-E.

Le minimum a été de — i"",!, le 1*' décembre, à 6 heures du niatin^ sous un vent d*Est et une pression do 74r»,5.

ii'éefirt des températures extrêmes «9t de dSf^Q-

Il y a çu :

11 fois delà rosée;

1 1 fois du givre ou gelée blanche ;

IS fois de la gelée dure ;

1 fois du verglas.

I 5. Udométrie.

L^année 1866 marquera parmi les années humides de ce siècle.

La quantité d>au tombée h Nancy a été de 989°*". Dans ce total n*est pas comprise Peau, d'ailleurs peu considérable cette année, provenant de la fonte de la neige, de la grêle ou du grésil.

D*aprà9 M. Simonin, nous ne trouvons» de 1841 à 1859, que Tannée 1856 offrant une quantité de pluie supérieure à celle de celte année ; elle était de 994 mil*limètres.

La proportion d'eau tombée aux environs de Nancy en allant vers l'Ouest est plus forte encore, Notis devons à Fobligeance de M. Jacquiné» ingénieur en chef du service du canal de la Marne au Rhin, la commUDiciH

tion des nombres obtenus aux pluviomètres établis dans les départements de la Meurthe et de la Meuse.

Ainsi à Gondrexange, le total de Teau tombée en

1866, serait de 1^250

à Bar-le-Duc 1»,245

à Demange-aux-Eaux 1"^»089

D'après M. le doeteur Marchai, il ne serait tombé à Lorquin, situé à TEst de Nancy» que 977"^ d*eau de pluie.

Le nombre des jours de pluie est de 160» chiffre qui» d*après M. Simonin, représente exactement la moyenne des jours de pluie, k Nancy, de 1840 à 1859.

Nous comptons en outre :

46 fois du brouillard;

7 — de la bruine; 17 — de la neige ;

5 — du grésil ;

3 — de la grêle.

La Meurthe sort de son lit à plusieurs reprises, une fois en février et en avril» une fois en novembre et en décembre.

A Lorquin , M. Marchai signale plusieurs averses diluviennes et véritablement écrasantes, Tune dans la nuit du 16 au 17 novembre, une seconde du 13 au 14 décembre. Elles avaient été précédées Tune et Tautre par un abaissement brusque et urès-étendu du baromètre.

§ 6. Vents et tempêtes.

Les vents dominants ont été les vents d*Ouesl. Le rapport de leur fréquence est indiqué dans le tableau suivant :

N.-ff.-O. 5,8

O.-N.-O. %fi

N. 5,6 O.-S.-O. Ifi

Il y a eu sept tempêtes.

Le nombre des orages a été de 18, généralement peu importants et accompagnés d'aucune circonstance particulière qui mérite d*étre signalée.

§ 7. Mètres lumineux.

Un halo solaire , visible pendant une partie de la journée, a été aperçu le 18 juin à Lorquin ; le ciel était légèrement voilé par des nuages transparents.

Mais le principal incident cosmique de Tannée, est Tapparition d*étoiles filantes dans la nuit du 13 au 14 novembre.

Bien que ces phénomènes n'aient pu être étudiés à Nancy, vu letat du ciel, ils ont trop occupé Tattention publique dans d'autres localités et ils présentent par eux-mêmes trop d'intérêt pour que nous ne les mentionnions pas, au moins pour mémoire.

^apparition de ces brillants météores comporte deux sortes de périodicité : chaque année, s(u mois d*aoùt et de novembre» il y a une recrudescence dans leur nombre ; de plus, c*est tous les 33 ou 34 ans que le flux de novembre atteint un maximum extraordinaire. Olbers, Tastronome à qui Ton doit la découverte de Pallas et de Vesta, annonça le premier l'existence de cette période de piua d'im tiers de siècle » que les pluiqi^ 9i rfOl^rquah\m de 1799 et de 4833, lui firent sans aucun doute soupçonner; il prédit pour Tannée 1867 un nouveau maximum. Enfin la question r^prisç avec de nouvelles donqécis par le professeur Newtpn, du cpllé|;e de Yale (Etats-Unis), iqdiqua pour 1866 même, Tépoque précise du phénomène. On voit que la prédiciioH 3*est de tpt^s points accomplie et que la coïncidence d*une année remarquablement humide s*e9t inainteque.

Voici, d*après M. Stephan, directeur de l'Observatoire de Marseille, quelques nombres qui indiquent avec une netteté parfaite la marche et Tintensité de ee beau phénomène :

De {0 heures à 11 heures 6 étoiles dans U moitié orientale da ciel.

Dell — à — 30 min. 12 —

De tl \i, SQ min, k minuitf . t .... 3a t-^

De minait à minuit IK min 26 —

De — 15 min. à minait 50 min. ÏS —

De — 50 — à - 45 — 88 —

Dans la minute suivante, en 6 secondes, on en signale KO.

A pariir de ce moment il devient impossible de comp^ ter les météores. La totulité de la voûte céleste est ail*lonnée par de brillantes gerbes qui 9*élancent de Test k Touffii, en laissant pour la plupart lur leur passage de longues traînées lumineuses. Presque tous ee« météoroi semblent émaner d*un oeotre situé dans Ia constellatiop du Uon. A partir de 1 heure 18, le phénomène ^'affaiblit lentement, tout en se prolongeant encore d^iuie QHUtîére sensible jusqu'il la pointe du jour,

La comparaison la plus juste que Ton puUse foire de oe magnifique spectacle» serait cell# d*un splendide (^ d'artifice tiré 4 une hauteur immense»

Quelle peut être la cau9a de ces étonnants pbénoinène^î

Il n*est pas douteux que les étpile» fijautcs, )e« bolides, les aérolithes ou météorites aient une origipe ço9ipique ou* si Ton veut, que ce soient des corps peupUnt les régions célestes. La rapidité excessive avec laquelle ils se meuvent, la hauteur considérable ^ laquelle ils apparaissent dans les régions supérieures de TAtipospbëre, le fait constaté quiis semblent émaner toujours du point même du ciel vers lequel se dirige la (erre, ont suggéré dè^ Ipngtemps Thypothése que ce9 petits corps font partie d*un ou de plusieurs anneaux de matière circulant, comme tes planètes même, autour du soleil. Chaque molécule de ces agrégations est, eu un mot, une véritable petite planète en miniature,

La distance de ces anueaux au soleil est à peu prés

égale à celle de la terre ; de plus, le plan moyen des orbites qu*ils décrivent est incliné sur le plan de Torbile terrestre ou de Técliptique, et la durée de leurs révolutions est à peu de chose prés égale à une année, c*estk-dire à 36SS jours 1/4. Il est facile alors de comprendre que la terre venant à passer chaque année par Tun des points où Fun des anneaux coupe le plan de Técliptique, la rencontre de ces astéroïdes et de notre planète en sera la conséquence nécessaire. Tous ceux dont la route est assez voisine de la terre pour venir frôler notre atmosphère s*enflamment au frottement qui résulte de leur prodigieuse vitesse, traversent des épaisseurs d'air variables, et après une courte apparition continuent leur voyage. La masse énorme de la terre trouble sans doute plus d*une de leurs orbites ; la perturbation peut être assez forte pour que le petit astre, entraîné dans la sphère d'attraction de notre globe, vienne comme un projectile se précipiter à sa surface, delà les aérolithes ou pierres tombées du ciel. .

Quant à la périodicité trentenaire signalée, elle s'explique aisément, en admettant une variation dans Texcentricité de Torbite de Panneau météorique. Alors la rencontre de la terre s*effectuant tantôt dans les parties les plus denses, tantôt dans les parties moins pressées, il en résulterait des variations correspondantes dans le nombre des apparitions. La concordance des prédictions, basées sur Thypothèse, avec les observations des années antérieures, et surtout avec celles de cette année,

donne h cette hypothèse même un caractère de vraisemblance qu il importe de signaler, mais dont la certitude ne sera parfaitement établie qu'après une discussion complète des données recueillies sur ces anneaux, telles que leur position, leurs dimensions, leur nombre, les éléments des orbites et tout ce qui concerne la constitution physique et chimique des corps dont ils sont formés.

S 9, Ozonoméirie.

Des expériences relatives à la détermination de Tétat ozonométrique de Pair, d*aprës le procédé Schœnbeia, ont été poursuivies pendant plusieurs mois. Nous donnons ici le tableau des résultats obtenus (1).

(1) Les nombres correspondent aux différents de^és de l'échelle dressée par M. James, de Sedan.

VABIiBACT dM Obserrmtlons OEonométrl^ae* faites pendmat 1m elaq premiers mois de 1866.

Dàtib.

jAlITlIft.

FiTBIlft.

Mars.

ÂTaiL.

Mai.

i.tf

iO

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