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lé sang brunit sous Taclion directe de Téther sulfurique et prend une coloration presque noire sous l'influence de rélher nitrique il revêt, au contraire, une coloration plus vive que celle de Tétat normal, à la suite de son mélange avec Téther chlorhydriquc. 'Au moment des premières tentatives d*éihcrisaiion on s'occupa beau* coup de la coloration foncée du sang, mais ayant, pour ma part, dès ce moment, porté mon attention sur cette transformation de couleur considérée comme un symptôme de rélhérisme, je ne pus, en dix-neuf années, noter plus de trois ou quatre fois un aspect plus foncé du sang/ soit pendant Faction de Téther, soit pendant Faction du chloroforme, lors des amputations, seules opérations qui permettent un jugement certain sur la coloration du sang. Avant rempfoi des agents anésthésiqucs j'avais vu, déjà, plusieurs modifications de coloration soit du sang artériel, soit du sang veineux et j*ai fini par conclure que les agents dont il s'agit ne sont pas la cause unique des modifications observées. J'ai fait, déjà, mes réserves sur ce point en présentant les symptômes des éthérismes dus à l'étber et au chloro«forme.
M. Maurice Perrin a indiqué des gouttelettes de graisse surnageant et paraissant révéler un élat gras du sang provoqué par l'action de l'alcool et des agents anésthésiques. J'ai vu plusieurs fois ces gouttelettes, je les ai renconlrées, tout récemment encore (décembre 1865), lors d'une amputation de la cuisse, mais je ne
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rapporte poini leur apparitian à une acUoD rapide de réther et. du eUoroforme» BMiia k une modifieatiOD ao^ dennedueà des' habitudes alcooliques, ^a i<838v eo publiant quelques faits rares (I), j*ai don^ rhistaire d'un conducteur de diligenœ k qui le 3 octobre 1886 j*at pratî^éi pour cause de broiement du pied, Vam^ piitatioQ dan» Farlioulation médio-tarsienne. L'aotepsie eadaivérique me permit de constater la préseace d*buiie daasrles reines et ce fait me fit^ à la suite de robserva-^ tiooi indfquer une théorie des combustiona dites spon» tanées si problématiques d'ailleurs.
ie n*ai pas répété les expériences faites k Valde du microscope. IIM. J. Guérin, Chambert et Leberl ont vu sous rinfluence directe des agents anésthéaiquea» la contraction det gtobufes et leur forme déchiquetée sur les bords» mais ees habiles observateurs n^ont pluare* trouvé ces altérations lorsqu'ils ont examiné les gflo*bules du sang de sujets ayant offert Téihérisme.
De son côté, l'analyse chimique n'a point démontré une action puissante des agents anésthésiques sur la composition du sang. MM. de Grorup et Chambert n'ont pas trouvé de différences entre ce liquide pris à l'état normal et celui des sujets éthérisés. M. Chambert, il cat vrai, dans une expérience fiaite directement sur le sang, a constaté qu'une addition considérable d'éther
(i) Décade chirurgicale ou Obicrvatiom de chirurgie pratique. i83S, îa.8«.
sulfurique le rendait fluide, et M. Lassaigne a Indiqué pour le sang des sujets éthérisés un léger exeés d*eau dans le sérum offrant une teinte fodgeéire, une' dfnUmitjon du poidà du ciAkH et une dinvitaiion d6 «à deni\vé. Mais les faits jpfrétlques ne répotîdènt viulleniem aux rés«fftàts etitrevus dans ees èiqléHénees. i*al dànddtré, clarreihelit, ie feispêre, le foruialSM normale' du oaiHol à^tèè lès opérations, de telte sorte que lesiiémôrràgfeé né sdnt pas plus fréquentes après rataéèihésiMtlon qu*è1Tes ne le solA «h dehors de sa pnthiue. Nouf avons Vtl teé Rgàtures ibitiber sans danger dans l^un et f autre cas, et il n*est pâ^ bors de propos de noter, leT, que la rédnion par priemlère intention réussit aussi bîèn cheiles sujets soumis ft i^anésthéslatton que ebez eeux qui sont privés du bienfait de rétbérisDoe.
Théories relatives à des décompositiims des divers éléments fies n^enls anéslkésiques.
L*anéstbésie a été considérée comme la conséquence de ta paralysie de Taction de Toxygène humide sur le sang. C*est par analogie que M. Edouard Robin a émis celte théorie. Considérant que les substances qui préservent de la putréfaction les matières animales mortes agissent en les mettant à Tabri de la combustion lente qui en serait opérée aux températures ordinaires par 4866 i^
Toxygéne humide, H. Robin a pensé que lorsque ees substances, antiputrides après la mort, pénétraient k dose suffisante dans la circulation pendant la vie, elles s'opposeraient, aussi, à la combustion lente des éléments du sang, et par suite pourraient déterminer la mort par asphyxie. H. Robin a expérimenté sur des animaux les effets de la diminution d*oxigénation portée graduellement jusqu*à sa suppression complète, et trouvant que la quantité de vie chez les animaux est en proportion de la quantité de combustion qui s*y opère, il a conclu que les agents de conservation après la mort devaient être, pendant la vie, sédatifs, hyposthénisants, anésthésiques ; qu^en conséquence, Téther et le chloroforme devaient 8*opposer à la combustion du sang, à sa conversion complète en sang artériel et que leurs effets anésthésiques provenaient, sinon en totalité, du moins en grande partie de cette source. En d'autres termes, dans cette théorie, Téther sulfurique et le chloroforme paralysent l'action de Toxigène humide sur le sang protégé ainsi, en quelque sorte, par ces agents et c*est cette diminution de Toxigcnation qui contribue puissamment à déterminer les phénomènes de Tanésthésie, si tant est, dit Fauteur, qu'elle n'en soit pas la cause unique.
Je crois à la vertu anti-septique des agents dont il s'agit, je puis même en ciler des effets très-remarquables (i), mais je pense que la théorie de H. Robin est
(i) Une coalenrre fot, en 185i, tuée ptr rtetioD de It ▼tpeor
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infirmée par un certain nombre de faits puisés dans mes propres observations.
Et d*abord, la succession des modifications de l'économie dues aux agents anésthésiques n*est pas celle qui a été indiquée par Tauteur de la théorie ; cette succession n*est pas constituée par des périodes commençant par la sédation, Thyposthénie et se terminant par Tanésthésie. En recherchant les manifestations de Téthérisme dans chaque fonction: intelligence, circtilation, respiration, appareil musculaire, etc., etc., nous avons
da chloroforme e( placée dans ua filet de gaze sospeada dtDs un flacon, assez mal fermé d'ailleurs, contenant ao-dessous da filet ane forte couche d'élher sulfurique. L'animal fut admirablement conservé, il resta souple et avec tous ses caractères extérieurs. 42 ans après la mort de ranimai, les collections de TEcole de médecine ayaut été transportées dans le palais de TAcadémie, le flacon fut trouvé vide par le conservateur qui ne se doutant pas de Texpérienct plaçai l'animal dans un autre bocal rempli d'alcool où il se trouve eucore aujourd'hui. Les symptômes présentés, le 4S{ juin 18!{l, lors de l'aoésthésiatioB furent les suivants. L'animal avait été placé sur un plateau de bois, près d'une éponge imbibée de chloroforme, et recouvert par une cloche d'une assez grande dimension (grande cloch» à fromage). Pendant la première minute, des mouvements vermiculaires eurent lieu ; ii ces mouvements succéda, pendant une demi-minute, un calme complet, puis survint, pendant quelques secondes, une agitation extrême suivie de mort apparente. L'animal fut mis au grand air ; la région cervicale offrit alors quelques légers mouvements et réagit sous les piqûres d'épingle. La région caudale paraissait paralysée et n'offrait point de réaction aux piqûres. Les réactions observées à la région cervicale s'éteignirent rtpidemeni et la mort ne fut plus douteuse.
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vu, au Contraire, d&nd llmmense mtfjofité des ^s, lorsqu*on ne précipite pas Tapparition des tfymi)(6tn^, d*&bord Tetcitation de chaque fbnctioïi éomm^ jpf emière période de réthériâme et ranésthésie et lé collapsus comme périodes ultimes. Il parait inutHe de répéter oes preuves, et la distinction faite déjà entre Vaspliyxie et îéthérisme, et la conservation delà couleur normale du sang artériel peuvent, aussi, servir ti*ari:umeût contre la théorie de M. Robin.
t)es théories relatives à la décomposition des agents anéstbésiques dans le torrent circulatoire^ celle de MM. Detraold et Ozanam doit auirer, tout particulièrement, Tattention parce qu'elle s*annooce oomme la conséquence d*une loi. D*après cette loi tous tes corps carbonés, volatils ou gazeux, jouiraient de propriétés anéstbésiques, à une puissance d'autant plus élevée que ces corps seraient plus carbonés, et Tacide carbonique serait par conséquent le type, par excellence, de Tagent tnésthésique. M. Detmold a pensé que Téther et le chloroforme fournissaient, par leur décomposition, du carbone qui absorbait Toxigène du sang. Cette théorie a été attaquée par sa base même par MM. Maurice Perrin et Ludger Lallemand qui ont démontré que la richesse en carbone de divers agents ne représente pas, toujours, une puissance anésthésique correspondante. L'amylène plus carboné que Téther est moins actif que lui. L*éther hydrochlorique est moins actif que le chloroforme, bien que sa formule donne Tidée d*une éner-
gie pli|s griMule» A rémimération de ces subs^inces il faut encore eq miauler uoe aulrç, celle du prot^xide d*azo(e doDt la propriété anésiUésique ne peut être contestée. A ces raisons^ tirées de la cbiqoie» 9'a--v jouient cnpu^ore des moUfs d*un autre ordre pour repousser Tidée de la Recomposition au sein de Torganisme des agents anésthésiques. Comrpent admettre, disent les auteurs qui viennent d*étre citési des décompositions qui donneraient naissance à des ga^ éminemment délétères pour le sang, tels que 1^ chlore et Tacide cblorhydrique. A ce$ diverse? raisons, j'ajoute, encore, les remarques que j*ai consignées sur Texbalation pulmonaire. Dans cette fonction on recoinnait, en effet, après Tanésthésiation, et sans aucune altération, Todeur de Tédier et du chloroforme, sans que pendant un certain nombre de jours cette odeur se modifie malgré la longue présence des agents anésthésiques dans réconomie. Une négation de cette théorip est, peut-être, encore apportée par les recherches qui ont montré que Tair expiré par les sujets anésthésiés eon^ tenait moins d'acide carbonique qu'avant ou après Tanésthésiation. Je n*ignore pas que ces recherches ont été contredites par MM* Ville et Blandin.
Je ne dirai que quelques mots sur V action mécanique attribuée par MM. BlacH, PirogofT, Co^e et Bagsbi à la tension élevée des vapeivs anésthésiques se produis sant dans le système circulatoire et comprimant le cerveau. Celte interprétation a été combattue par Texpéri-
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mentation directe et surtout par le raisonnement. Je n*ai pas d'expériences personnelles à ce sujet et je me contenterai de joindre aux idées opposées à ces théories (fette remarque que la compression qu'elle admet comme point de départ pour la production de fanésthésie est portée à un degré parfois très-remarquable lors des iraumatismes, et que, dans un certain nombre de circonstances, l'intégrité des fonctions cérébrales n'est point immédiatement altérée. En 4840, dans un service médical, établi aux ateliers du canal de la Marne au Rhin, j*ai constaté cette intégrité, pendant douze heures» chez un ouvrier blessé par un éclat de rocher qui après avoir fracturé le pariétal gauche avait pénétré au centre de la masse cérébrale. Lors de l'accident le blessé avait perdu seulement son sangfroid et s'était mis à fuir avec une très-grande vitesse.
Je dois aussi consigner, ici, l'opinion de M. W. Hammond, de Philadelphie, qui ayant mis, sur des chiens, le cerveau à découvert avant l'emploi des anésthésiques, a indiqué que, pendant Fanésthésie, les vaisseaux artériels charriaient du sang veineux, que le cerveau se contractait pendant le sommeil déterminé par réther, et qu'il se gonflait, au contraire, pendant l'anésihésie produite par le chloroforme. Nous avons déjà apprécié l'état anormal du sang, et quant aux états organiques si différents, dont il est ici question, il est difficile de les admettre en présence de lésions fonctionnelles identiques telles qu'elles sont produites par l'éther et le chloroforme.
SIMPLE PAS8A6B DBS AlfÉSTHÉSlQUBS DANS LE SANe ET LEUR ACTION DIRECTE SUR LES DIVERS POINTS DD STSTÉME NERVEUX.
Resle une dernière opinion, la plus simple de toutes, qui, peut-être même à raison de sa simplicité, a eu moins les honneurs de la discussion et qui me parait être Fexpression réelle des faits, à savoir le passage pur et simple de l*éther et du chloroforme dans le torrent circuialoire, quelle que soit la voie d'absorption choisie, et son action directe sur les divers points du système nerveux.
Les preuves sont, ici, de deux ordres, celles qui inflrment les opinions précédentes, et celles qui tendent ù prouver Topinion dont il s*agit. Les premières preuves viennent d'être indiquées à Foccasion de chacune des théories qui ont été rappelées rapidement. Toutes ces preuves montrent pendant réihêrisme Fintégrité des liquides et des tissus, et dès lors jusiiflent Fidée du simple passage des agents anésthésiques 'dans le sang. Mais il faut ajouter une autre preuve que j'ai déjà invoquée et qui milite en faveur de ceUe théorie. C'est le rejet par la voie pulmonaire des agents anésthésiques eux-mêmes , non-seulement après quelques heures d'absorption , mais même après plusieurs jours ;
— M4 — non-seulement à la suite de rintroduction dans Téconomie de doses considérables des agents anésthésiques, mais aussi après Tabsorplion des doses les plus légères de oes agents, Tanésih^ie ayam été obiepu^. Ces eqst •îdéitrtKios ne permettent pas d'admettre q^e Texbala- Uon pulmonaire soit la voie de sort^ pouf la seule partie des agents qui n*ayant pas été décomposée dans le Wrrent circulatoire n*a pas servi à la production de réthérisme. Ici une analogie existe enUre Vétber, le cbloroforme et Talcool. Ce dernier agent reste, aussi, dans Torganisme sans transformation. Je puis à cet égard ciler un fait très-remarquable. En i84i, ayant pratiqué Tautopsie d'un charretier écrasé, en état d*ivre3se, par sa propre voiture, j*ai reconnu, d*une manière saisissante dans le cerveau^ Todeur de Talcool qui avait déterminé Tivresse chez ce malheureux.
Une fois l'intégrité des agents anésthésiques admise dans le sang, il ne reste plus qu'à établir une analogie entre ce qui se passe dans la profondeur des tissus et les faits constatés à l'extérieur du corps. £n regard de la théorie des empoisonnements dus à l'imbibition par le sang chargé des substances toxiques dont Fontana a donné les premières preuves, MuIIer a établi la théorie de l'empoisonnement des nerfs eux-mêmes. Laissant de côté les expériences faites sur les batraciens et qui ont démontré, à la suite de l'imbibition des tissus d'un membre, non-seulement l'anésthésie locale, mais encore Tanésthésie générale, je ne m'écarterai pas de la ques-
lion envisagée uniquement chez Thomme. Pour ma pari, je n*ai pu reproduire ces anéstbésies superficielles observées par MM. Simpson el Roux^ à la suite de i*exposilion d*une partie d*un membre au Qpnlacl des anéstbésiques sous plusieurs formes. En i849, j*ai exposé les résultats de recherches (p. 350, l. l^t p. i33> t. 2) qui prouvent que Tanésthésie peut être obtenue par Taction directe de Téther el du chloroforme, chaque fois que cette action peut s*exercer sur les nerfs mis à nu, mais que Tanésthésie locale ne pouvait élrc obtenue en dehors de ces conditions. Ces faits me paraissent résoudre parfaitement le problème de l'action des anésthésiquesv Us passent intacts dans le sang et ils portent directement leur action sur les divers points du système nerveux.
MM. Pappenheim et Good, aidés du microscope, ont pensé que les modifications des fibrilles nerveuses par Tagent anésthésique sont en raison de sa quantité apportée par les vaisseaux sanguins, de la consistance de la gaine et de la fibre primitive, de la nature chimique du liquide nerveux et de sa liquidité, et que si le cervelet subit avant la moelle épinière et avant le bulbe Tinfluence de Téther, c*est que ses fibres sont plus délicates que celles de ces parties. Bien que M. Chambert n*ait pas trouvé les différences organiques signalées, et qu'il ait judicieusement observé que la régularité des phénomènes constatés chez les animaux étbérisés ne se manifestait pas toujours chez Thomme, i|
faut bien admettre que puisque chez llioinine les fonolions sont influencées dans un ordre qui est presque toujours le même, et dans un temps différent, e*e8t que les parties dans lesquelles se localise le principe de ees fonctions n*offireiit pas la même résistance à Faction toxique des anésthésiques, et ime différence de structure doit être admise, nécessairement, pour rendre compte de ces faits. En présence d'une dérogation k la loi commime qiif préside à la manifestation des divers effets de Téthérisme, et en présence d'accidents n*est-on pas, aussi, autorisé à admettre que, dans ces cas exceptionnels, il existe une modification individuelle générale ou partielle qui explique soit la promptitude anormale et générale de Téthérisme, soit son intensité parfois extrême, soit une interversion dans ses manifestations habituelles. Il n*est pas nécessaire d'admettre, toutefois, qu'une modification matérielle considérable existe dans les tissus nerveux anésthésiés. En effet, qui n'a été frappé, parfois, d'une analogie, j'allais presque dire d'une similitude entière entre le sommeil dû à l'éther et au chloroforme et le sommeil physiologique dans lequel la pulpe cérébrale ne présenterait pas probablement des modifications appréciables au microscdpe, si l'observation pouvait avoir lieu dans ces conditions. Et la simple réflexion montre qu'il doit en être presque de même pour les lésions admises théoriquement dans le système nerveux à la suite de l'action directe des agentô. Le retour très-rapide du système nerveux à
l'éiat normal après l'anésihésialion et les alternances d*excitation et de collapsus qui s*opérent, quelquefois» dans le temps de quelques secondes ne permettent pas d*admettre que ces ahéraiions physiques puissent même être appréciables et Ton peut comparer encore ces intoxications à celles qui sont dues à Todeur d*un bouquet de violettes, à celle d*une rose, modifications cérébrales très-appréciables dans leurs résultats et que le microscope ne pourrait certainement pas reconnaître. Quoi qu*il en soit, notre investigation s*arréte à faction intime de Tagent anésthésique sur la structure des parties nerveuses. Si cette action mystérieuse peut, dans quelques circonstances, modifier ces parties d*une manière très-brusque il n*en est pas ainsi d*habitude, et ce n*est qu*après une excitation apparue dans chaque Tonction qu'est observée la diminution de son énergie et parfois sa suspension, de telle sorte qu'elle peut être réduite à sa force virtuelle.
Les recherches relatives au mode d'action des agents anésthésiques sur l'économie ne donnent pas, avonsnous dit déjà, satisfaction à une curiosité scientifique stérile : elles aident à reconnaître les causes de mort, et, par conséquent, elles mènent directement à la pratique chirurgicale.
Dès qu'on ne fait plus intervenir une asphyxie quelconque pour expliquer l'anésthésie, il ne reste pitis qu'un très-petit nombre de théories à étudier comme explication des morts qu*on a déplorées en diver» pays.
I^pr^e|Biîireliypothé9e€»tladJaûDmioaetIasu^ .
par trop» prolongée ^ea fpBctioQ3 qiii sont indispeiiaa,' blés à roMreltai de la vie». Le» (oae^oDs de la respîrartiorr ei de lit; eirculaiioa se. trouvent, en effet, parfois irée^amobidries ei e'est dans .^a eirconetanç^ seules qu*oa pisUft rapporter la coloration noire du sanf à récbéristne qui a dimiatfé, outre mesure, Taclion desi puissances îASpiratriees ; dans quelques cas méme^ îl j a suspension momentanée de ces (onctions qui sont la manifestation même de la vie. On comprend, facilement, qu'une anésthésiation trop prolongée puisse amener Tabolition de oes fonctions indispensables k la vie, et un suicide accompli avec Téther, en Amérique^ par iin homme dont le nom est attaché aux premiers essais de l'élbérisation, a prouvé comment un emploi systématique trop prolongé de Tagent anésthésiqne pouvait entraîner la mort.
Dans ces cas la mort fait suite au collapsus dont elle est la dernière et terrible expression. Cette éventualité doit, sans cesse, être présente à la pensée' du médecin lors de toute anésthésiation ; elle a toujours préoccupé le chirurgien, à un très haut degré, lors des opérations faites à la clinique de Nancy,, et plus que partout ailleurs, peut-être, par la raison même qu*à Nancy la période de transition qui en réalité est le commencement du collapsus est toujours cherchée dans le but d*établir, sincèrement, la vraie période chirurgicale.
Les morts dues à cette cause sont rares toutefois, et
c*est à peine si Ton peut en entrevoir quelques-unes dons les nomlseUtt i^cueHs scientifiques qui ont indiqué les terminaisons fatales observée» dans divers pays. Mhigté rabseno6 de documents précis k eetégài'd, Je h'hésite pas cependant à croire que la mort tt dâ, plus d*Une fois, être la terminaison d'tin ooUapsils général progressif. Mais W ti'est pas moina^rai qu'il faut reeherther une autre explication pour toutes les morts rapides constatées presque au début et non h la fin dea anésibésiations faites soit ayec Téther, soit avec le chloro- {brme, soit aVec ramyléne.
C'est la syncope qui a été invoquée comme expliea- ■tlon de ces morts subites, et il ne me parait pas pouvoir exister de doutes à cet égard. Des preuves k Tappui de eette opinion sont tirées de plusieurs ordres de faits. En première ligne doit figurer Tabsence des lésions organiques chez les sujets décèdes brusquement pendant les inspirations des agents anésthésiques. D'autres preuves sont trouvées ensuite dans Fétude des circonstances qui ont été- constatées lors de ces morts et auxquettes certaines analogies donnent une grande valeur. Des circonstances qaï se présentent lors de Tanésthésiation, les unes sont propres au sujet anésthésié, d'autres résuhent des opérations pratiquées, d'autres enfin et surtout se rapportent aux dispositions l^rises par le chirurgien lui-même.
L'état organique des malades est souvent bien reconnu et il est facile de constater les modifications par-
fois bien profondes qui résultent pour réeonomîe des maladies elles-mêmes ei des états qui Jes suivent. La résistance du système nerveux est appréciée, aussi en partie, en raison des fatigues qu*il a éprouvées, soit par la douleur, soit par Tinsommie, soit par le travail de la pensée, soit par des ébranlements antérieurs. D*aulres états n'apparaissent pas aussi bien au chirurgien et il ne lui suffit pas d*avoir ausculté le cœur et les poumons pour qu*il ait la certitude de Fintégrité de tous les organes. Certaines dispositions fâcheuses ne sont pas, en effet, décélées par Texamen physique du malade. Il en est ainsi par exemple de ces modifications cérébrales, parfois permanentes, parfois momentanées au contraire, qui ne permettent pas à un individu de passer sans vertiges au-dessus d*un précipice, qui ne lui permettent pas de regarder sans trouble considérable les objets trèsélevés et de s*élever lui-même au-dessus du sol.
Sans doute les conditions organiques peuvent favoriser un arrêt dans la circulation, à un moment déterminé, mais elles ne paraissent entrer que pour une part bien minime dans la cause des accidents si redoutés. J'ai plusieurs fois anésthésié des malades portant de graves lésions du cœur et des poumons ; j*ai, un plus grand nombre de fois, soumis aux inhalations des agents anésthésiques des sujets dont Testomac contenait une grande quantité d*aliments et j*ai ailleurs exposé les inconvénients sérieux de ce dernier état, au point de vue soit de la difficulté de produire Tanésthésie,
soit de la difficullé de la pratique des opérations, mais jamais je n*ai vu cet état donner lieu à une menace de mort.
C*est au système nerveux surtout qu*il faut attribuer les prédispositions principales aux accidents dont il s*agit. Qui n*a vu cet état, parfois si embarrassant, de Fesprit des malades, cette terreur inexpliquée apparaissant à la proposition de l'emploi du moyen le plus simple, soit en vue du diagnostic, soit en vue du traitement. J*ai rencontré un malade d'une pusillanimité excessive, menacer de se faire sauter la cervelle si je persistais à lui conseiller Tusage de bougies urètrales, et j'ai, déjà, rapporté un cas de mort du à un effroi prolongé, en dehors de toute tentative d'anésthésiation. Aussi lorsque pour des opérations légères, les extractions de dents, par exemple, j'ai cédé aux sollicitations de malades en proie à la terreur de la souffrance, j'ai toujours considéré les anésthésiations que'je pratiquai dans ces cas comme plus dangereuses que celles qui avaient lieu naturellement lors de graves accidents traumatiques.
Parmi les circonstances qui résultent de l'opération, il faut en signaler quelques-unes qui dominent toutes les autres. L'hémorragie qui, sans l'emploi des agents . anésthésiques, amène facilement la syncope, ainsi qu'on le voit si souvent, à l'occasion d'une simple saignée, peut certainement la favoriser lors de la diminution déterminée dans la résistance vitale par les agents ané-
sthésiques. Mais la cause qui peut motiver le plus les troubles nerveux qui déterminent la syncope, parait être le choix vicieux par le chirurgien d*une période de réthérisme au moment d'une opération docAoureuse. On comprend facilement le danger de la syncope qui peut survenir à la suite des réactions motivées par la douleur et poussées jusqu'aux manirestàtiofn^ les plus éner- ^ques,au milieu d*un désordre générai, lorsque rfntelligence est affaiblie, ou qu'elle est dans un état de perversion qui rend la sensation de la douleur phis odieuse en la faisant attribuer, pendant des rêves, à une attaque, à une trahison, etc., etc. Beaucoup d*opérateurs craignant les effets profonds de réthérisme, se bornent trop souvent à obtenir le sommeil de Tintelligence, et se préoccupent peu des douleurs, lorsque ta volonté du malade ne peut plus mettre obstacle à rexécutibn d'une opération. Ilsfuientla vraie période chirurgicale et ne savent pas, qu^en outre des difficultés inouïes, parfois, qu'ils font naître en vue de la pratique des opérations, ils placent précisément le sujet à opérer dans les conditions psychiques les plus défavorables qu*il soit possible. Qu'à ces conditions l'on associe par la pensée un certain nombre d'états organiques, l'hémorragie, etc. etc., et il sera facile de comprendre un arrêt dans la circulation, soit momentané, soit définitif. MM. Perrin et Lallemeni ont observé que les syncopes étaient rares chez les enfants et chez les aliénés, et pour les enfants anésthésiés l'on ne connaît, en effet, que le seul cas de mort rapporté par le docteur Crockett.
Restem à indiquer d'autres oirconstahces dont le ehirupgien doit avoir, encore, toute la responsabilité. £n première' ligne, il importe de noter toute situation du malade autre que celle de la simation borixontale. U faut que le chirurgien en prenne son parti et quMI ne songe plus à sortir le malade de cette situation pour la pf atiqtie desÉmputatiofis, pour la rédttctioto ded itftatiotos, pour les opérations à faire sur les yeux, etc., etc. Les syncopes dans la saignée, lorsque le malade est assis, démontrent tous les jours lés dangers de cette attitude. Au tome I"^ de nos Recherches, nous avons vu une anésthésie d*une rapidité excessive (Obs. 5 et 7), due plutôt à la syncope qu*à l'éthérisme, lors d*une extraction de dent pratiquée dans la situation assise. C'est ici, encore, à côté de la responsabilité que réthérisnie fait peser sur le chirurgien, qu'on peut comprendre combien Fanésthésiation a rendu ses devoirs plus complexes et plus difficiles. La manière dont Tanésthésiation est conduite, la tenue des assistants, le caractère apparent de l'opérateur, les conditions d'aération de la salle d'opération sont, encore, d'autres circonstances qui dépendent en partie de la volonté du médecin, et qui peuvent faciliter la syncope dont il est question en ce moment.
• Ces questions si importantes reparaîtront plus tard en traitant du mode des anésthésiations, et je n'ai voulu, dans cette partie de mon travail, emprunter aux considérations pratiques que ce. qui rentrait dans le cadre i866 10
— Î34 — fixé par son titre même. Je ne dois pas m'arréter, par conséquent, ici, sur les divers degrés de la syncope, ni sur les moyens thérapeutiques à mettre en usage lors de son apparition (1).
(1) Ce traTiil fait saîte aux doq mémoires de l'aaleor, relatif! à l'Eiber et aa Chloroforme, insérés dans les lra?aux de l'Âeadémie et dont l'objet est indiqué an présent Tolome, page 3.
SUR DBS