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NOUVEAUX DISSOLVANTS DE L'OR

Par M. J. NICKLÉS (1).

L*or est soluble dans les perehiorures et les perbromures éihcrés que j*di fait eonnailre il y a quelque temps CMém. Acad, SlanisL, année 1863J (2). A mesure que la dissolution s*opère, — et elle s*effectue assez vite avec de rorbaïui, — la couleur verte du composé manganique pâlit, car le perchlorure ou lo perbromure de manganèse se réduit à l'état de proto-chlorure ou de proto-bromure insoluble dans Téther et peu coloré^ d*ailleurs.

L'*expérience peut donc être considérée comme terminée quand le liquide a échangé sa couleur verte contre la couleur jaune ou rouge des dissolutions d*or.

Si le liquide ne contient pas d'autres substances Gxes et qu'après Tavoir fait évaporer on chauffe surGsamment

(i) Conférer Comptes rendui det Séances de VJead, des Seien' ces, Mtri et jaillet 1 866 . •

(2) Annales de chimie et de physique, 4fi lérie, t. V, p. 121 .

Joum, depharm. et de chim., 4* série, I, p. 328; LIneUtui, Mars 1865.

le résidu pour le décomposer, le fond du tube se tapissera d'une couche d*or assez fortement adhérente pour qu*il soit possible d*entrevoir dans cette réaction les éléments d'un procédé de dorure sur verre.

Chauffée avec de Tacide azotique, cette couche métallique perd de son adhérence sans se dissoudre ; elle se détache alors au moindre frottement.

La même dissolution éthérée donne, avec le sulfate de protoxyde de fer, le précipité d or si caractéristique par ses reflets dichroîques.

Le proto-chlorure d'étain occasionne une réaction analogue; je n'ai pas vu se produire de pourpre de CcLssius dans celte circonstance.

Les perchlorures et les perbromures ne sont pas seuls aptes à dissoudre Tor et la présence de Télher n*est pas indispensable au succès ; il y a des sesqui-chlorures et des sesqui-bromures qui se trouvent également dans ce cas , par exemple, les composés correspondants aux sesqui-oxydes de manganèse, de nickel et de cobalt. Le sesqui-chlorure de fer résiste à |a réduction et n*agit sur Tor ni à chaud ni à froid, pourvu qu*il soit exempt de chlore libre ou de vapeur nitreuse.

Le sesqui-bromure de fer se comporte différemment; il dissout peu à peu Tor battu, aussi bien à la température du bain-marie que ;sous Tinfluence des rayons solaires.

Deux espèces de sesqui-bromures m*ont servi à cette occasion : l'un, préparé depuis quelques années avec

du fer, de Peau et du brome en excès, et conservé à Pétat sec avec de Tamianthe ; Tautre, préparé tout exprès avec du sesqui-oxyde de fer et de Pacide bromhydrique aqueux.

L'un et Pautre composé étaient exempts de brome libre ; toutefois, par surcroit de précaution, on eut soin d'ajouter aux deux produits un peu de proto-bromure de fer, afin de paralyser les traces de brome libre que le liquide aurait pu retenir ; il y avait assez de fèrrosum pour bleuir fortement en présence du prussiate rouge.

La solubilité de Por dans les circonstances indiquées, s'explique sans peine : elle est due au chlore ou au brome, émis par le;3 composés halogènes si altérables dont il vient d*é(re question. Le chlore et le brome sont, comme on sait, d'excellents dissolvants pour Por et il est admis, avec raison, dans la science, que ce métal est aUaqué toutes les fois qu'il est en présence d'une source de ces métalloïdes.

Le perchlorure de plomb éthéré que je fait connaître plus loin, se trouve dans le même cas. Il se réduit spontanément et très-vite quand on chauffe et rend, ainsi, disponible une certaine proportion de chlore.

Les dissolvants qui viennent d'être mentionnés, ne s'altèrent pas tous avec une égale facilité ; aussi il ne faut pas s'attendre à ce qu'ils attaquent l'or comme le font le perchlorure ou le perbromure de manganèse.

Le sesqui- bromure de fer en dissolution aqueuse, eài dans ce cas. A l'ébullition^ il s'altère peu à peu en lais-

— KS — sant déposer du sesqui oxyiie de fer, et en émettaiii des vapeurs de brome ; même le flacon dans lequel il a été conservé à Tétat sec, répand, quand on le débouche, une odeur manifeste de brome et l'atmosphère de ce flacon bleuit instantanément le papier ioduré, amidonné. Néanmoins, la dissolution de Tor, n*cst pas pëtaipte à s*effeetuer dans un pareil milieu et pour y arriver il faut toujours un délai même lorsqu'on opère au bain-marie, évidemment parce que la proportion de brome émise dans Punité de temps, est trop minime pour que le résultat de la réaction soU visible autrement qu*à la longue.

Si le chlore et le brome attaqijent Tor même à la température ordinaire, on n*a pas pu, jusqu'à ce jour, en dire autant de leur congénère Viode dont Tactivité est bien plus limitée dans le cas qui nous occupe. Sans douie. Pelletier a vu juste en reconnaissant que Tiode libre est sans action sur Tor, toutefois, il ne faudrait pas donner à celte observation un sens trop absolu, car je vais établir que celle indifférence de Tiode pour Tor n*est admissil>le que d'une manière générale, et lorsque les deux corps simples sont en présence à ciel ouvert.

Dans d'autres conditions, l'attaque peut être effectuée à chaud ou à froid sans cesser d'être directe ; c'est ce qui arrive quand on opère à chaud et sous pression, ou encore sous Tinfluence des rayons solaires. Que l'on emprisonne dans un tube, de Tiode, de l'or battu et de l'eau et qu'on* chauffe : une température de 50® C. sufGra

pour faire disparaître peu à peu le mêlai précieux.

Même résultat si Ton remplace l'eau par Télher, è cela près que la réaction se fera plus lentement.

La dissolution dans Téther s'opère encore, lorsqu'on remplace la chaleur du bain-marîe par une forte insolation, la liqueur ne se trouvant pas dans un tube scellé, mais, tout simplement, dans un flacon bouché à i'émeri.

Dans toutes ces situations, l'or est attaqué et passe à l'état d'iodure ; le liquide filtré abandonne une pellicule d*or métallique lorsqu'on le soumet à l'évaporation dans un tube placé dans un bain de sable suffisamment chauffé 5 la fin de l'opération, pour ménager la décomposition de l'iodure produit.

Du moment que l'iode peut agir directement sur l'or, les per-iodures doivent se comporter comme des dissolvants pour ce métal. En effet, le per-iodure de manganèse éthéré le dissout rapidement pour le convertir en iodure. Il n'est pas même nécessaire de préparer d'abord un per-iodure ; il suffit de projeter dans de Tacide iodhydrique un per-oxyde, un acide métallique ou, en général, un oxyde dont Tiodure correspondant offre moins de stabilité que le proto-iodure, pour obtenir aussitôt, un proto- iodure métallique et de l'iode libre qui auaque l'or- mis en présence.

Comme exemple que j'ai directement vérifié, je citerai l'action produite par l'acide iodhydrique sur les sesqui-oxydes de manganèse et de fer, le peroxyde de manganèse et celui de bismuth.

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