IM
Pbœ + 9CIH r=:aHO + Pi^CI 4. Q [3]
à moins que Ton n'admette une simple dissociation PbCI>3=:Pba + a[3}.
Léquation [1] donne la clé de ce qui se passe quand on verse peu de perchlorure dans de Teau contenant du bicarbonate de chaux ou tout autre agent capable de neutraliser Tacide chlorhydrique.
Pareilles réactions sont fournies,, quoique d*une manière moins franche, par le liquide qu*on obtient :
Soit en traitant du peroxyde de plomb par une dissolution saturée de chlorure de calcium contenant un peu d*acide chlorhydrique.
Soit en faisant dissoudre ce peroxyde dans de Tacide chlorhydrique affaibli.
Les réactions de tous ces liquides cadrent avec cette opinion qu*elles sont occasionnées par un chlortire tt singulier : n le perchlorure de plomb. Il doit donc être possible d'effectuer la combinaison de ce perchlorure avec rétber si, ainsi que je Tai précédemment établi (ces mémoires, année 1865, p. 104 et suiv.) (1), la tendance à s*unir à Téther est une propriété caractéristique des chlorures u singuliers n en général.
(1) V. tuti Compif rwichif dft êéanMê de PAcad. dêê fotfifiMV, t. LX> p. 479. — Annale» de chimie et de phyêique, 4* lérie» t. V, p. 461. — Journ. depharm, et de chim,, 4* série, t. I, p. 328. — k*lnêtitul, mars i86tt.
Disons de suite que les liquides cf-dessus mentionnés se montrent fort indifférents à Tégard de Télber et qu*ils ne lui cèdent pas de composé à base de plomb, sans doute parce que celui-ci est retenu par le chlorure alcalin ou par le grand excès d*eau. Mais on réussit par voie indirecte, le perchlorure étant mis à Tétat naissant; pour cela, on le déplace au moyen d'un acide approprié, étendu d*éther. L*acidç qui réussit le nyeux est le phosphorique.
De Tacide phospborique syrupeux est donc délayé dans de Téther anhydre et soumis au refroidissement; ensuite il est versé dans le liquide plombo-colcique précédemment décrit et le tout est exposé à une forte agitation. Suivant Tétat de concentration du chlorure de calcium employé, on obtient, ou non, une masse onctueuse, blanche, que surnagent des gouttes huileuses, jaunes, formées du composé éihéré en question; ces gouttes subsistent même en présence d*un surcroit d'éiher qui n^exerce sur elles qu'une action dissolvante Irès-modérée.
Ajoutant, s*il y a lieu, un peu d*eau pour délayer ceue masse onctueuse, on obtient trois couches liquides, les deux supérieures sont éthcrées et renferment du perchlorure de plomb ; la plus lourde des deux est de consistance huileuse et se détache sur le reste par sa couleur jaune ; c'est Vélher perchloro-plombique proprement dit. Il occupe le milieu et surnage la surface aqueuse, chargée de chlorure de calcium, d'acide phos-
— M7 — pborique, de plomb, de phosphate de chaux et d'acide chlorhydrique.
On décante et on conserve autant que possible à une basse température, car Téther perchloroplombique est fort altérable ; même en vase clos, dans un tube scellé à la lampe, il laisse promptement déposer des cristaux de protochlorure de plomb, en émettant du chlore qui ne tarde pas à réagir sur la molécule étbérée.
J*ai fait bien des analyses de cet éther et employé bien des moyens pour l'obtenir exempt d*acide pho»phorique (1); peine perdue! Cet acide adhère avec une ténacité difficile à vaincre à cause de la grande altérabilité du composé élhéré. Jusqu'à nouvel ordre je ne donnerai donc pas de résultats analytiques. Tout ce que je puis en dire, c*est que, comme tous ses pareils, Téther perchloro-plombique est toujours uni avec plusieurs équivalents d*oxyde d'éthyle ; il en contient jusqu^à sept et davantage; toujours, aussi, il renferme de Teau qu*il a naturellement empruntée au milieu où il a pris
(i) 11 est possible que Tacide phosphorique coDtribae • la stabilité de ce composé éthéré, mais dsDs tous les cas, il ne saurait favoriser sa prodoctioo ; des expériences directes, faites avec do cblore et du chlorure de plomb additionnés d'acide phosphorique soit syrnpeui soit étendu d'éther, m*ODt, en effet, appris que le chlorure de plomb est incapable de fixer du chlore dans de pareils milieux.
La combinaison perchlorée ne se fait pas davantage dans un tube scellé à la lampe, contenant du chlorure de plomb et de Tbydrate de chlore; toutefois il se produit un peu de peroxyde, PbO'. é866 iO
— S98 — naissance et qi^e s«ns dpute lacide phosphorique M a amenée.
J*y ai Urouvé aussi de l*acide cblorbydrique libre.
Il peut contenir jjusqu'à 8 pour 100 de percblorure dei plomb.
Ce cooiposé éthéré Q*a pu être obtenu àlétat buileux, ni avec le pjsrcbloroplombate de sodium ni a.ve^ cebii à base de potassiumi, sans, doute parce quft ee&. liquides sont trop pauvres en percblorure.
Létber perchloioplombique partage les propriétés générales des peroblorures étbérés ; il se réduit fietcilement à Tétat de protochlorure et admet comme eux,^ une certaine quantité d*eau sans se décomposer.
Il est trés-altérable, abandonne du cblore et dissout For plus facilement encore que ne le fait le composé cblorocalcique ci-dessus décrit. L*or battu y disparait à vue d*œil ou plutôt s*y transforme visiblement en un squelette blanc de chlorure de plomb qui se précipite peu à peu. Il dissout également le platine, mais avec moins d*énergie. Le platine employé était en feuilles obtenues par le battage.
Ajoutons que cet étber brunit le protochlorure de manganèse en le transformant en peroxyde à Finsiar du composé calcique ; Tammoniaque le précipite en brun, rhydrogène sulfuré en noir.
En général, il réagit plus énergiquement que ne le Inii le corps d'où il dérive : on en voit une preuve dsms <toii niiitiide à Tégard des alcaloïdes. Avec la morphine,
il donne une belle coloration aurore ; avec la brucine, un rouge cerise magnifique, avec la dnchonine, une coloration jaune qui se développe par la chaleur; ces colorations ne paraissent pas quand on les regarde è la flamme de Talcool salé (Voyez plus haut p. 351 et Annales de Chim. et de Phys., V sér. t. viij, p. 296).
Gomme ces réactions ne sont produites ni par la quinine, ni parla strychnine» il est permis d*y voir le germe d*un procédé permettant de distinguer la quinine de la cinchonine, la strychnine de la brucine, ainsi que la morphine de certaines de ses congénères.
Ces colorations et notamment le rouge de brueine se développent surtout à Tair; les réducteurs tels que Tacide suUîireux et le protochloriire d*étain, décolorent instantanément cette matière rouge.
Ajoutons qu*avec Taniline et ses homologues, Tétber perchloroplombique produit des réactions colorées rappelant la rosaniline et ses dérivés.
En résumé :
1^ Il existe dans la série du chlore, un composé cor* respondant au peroxyde de plomb PbO' ;
2^ Ce composé est un perchlorure et offre, par conséquent, tous les caractères des composés singuliers ; sa formule est PbCP;
S"" Les chlorures alcalins lui donnent de la stabilité à la condition de se trouver en excès, car il en fixe un grand nombre d*équivalents ; il est aple aussi, è s*unir avec réther et constitue un puissant agent de chloruration et d*oxydation.