‹ Une Algérie nouvelleChapitre 2 sur 75 · ET UNE CITATION DE M. GABRIEL HANOTAUX · texte numérisé non relu

ET UNE CITATION DE M. GABRIEL HANOTAUX

Celle de M. Haiiotaux d’abord, car elle précise la nature de l’effort qui nous est aujourd’hui permis au Maroc par les traités.

« Comment dégager^ disait ancien ministre ^ la formule générale de notre ti'avail futur au Maroc f Cest une sorte de collaboration.

« Ce n'est, bien entendu, ni une annexion, ni un protectorat : c'est une alliance. Oui, nous al~ Ions faire au Maroc une collaboration avec un allié qui sera obligé de compter beaucoup avec

nous; c'est une collaboration d'influence, y)

UNK ALGÉRIE NOUVELLE

(Discours prononcé au déjeuner de la fédération des industriels et commerçants français.

Compte-rendu de la Presse Coloniale, 24 mars 1909.)

Dans quelle partie du Maroc pourrons-nous pratiquer le plus avantag'eusement cette collaboration ?

Le gouverneur général de l’Algérie nous l’indique.

Le 30 mai 1908, devant les coupes de Rouïba mousseux que les personnages du Conseil supé- ^ rieur de l’Algérie allaient boire, M. Jonnart disait en effet :

... la longue, voye^-vous, les vieux pays s'^ énervent, s"^ anémient, confinés dans leurs frontières.

Il faut que les vieilles races se renouvellent et se retrempent, qu'elles débordent au dehors, que les qualités qui font les grands peuples aient V occasion de se déployer, qufin vaste champ soit ouvert aux initiatives, aux énergies, à V esprit dfiventures, contenus, comprimés, emprisonnés dans les limites trop étroites de notre continent européen.

Les indigènes algériens ont le même intérêt que nous à voir cesser le désordre et l’anarchie qui désole l’Empire Marocain. Ils peuvent constater qu’en dépit des jalousies et des hostilités nous maintenons nos légitimes prétentions jusqu’au Guir et à la Moulouya. Nous nous sommes chargés d’assurer l’ordre sans esprit de conquête, mais conscients de nos droits nous l’assurerons.

On ne saurait mieux dire.

Jusqu’au Guir et à la Moulouya... Voilà notre Algérie nouvelle, ouverte à nos initiatives, à nos énergies, à notre esprit d’aventures.

Pour que nous ayons l’occasion de déployer

dans ce vaste champ les qualités qui font les

grands peuples, M. Jonnart nous a promis que

le gouvernement de la France y assurerait l’ordre.

Eh bien I les gens d’initiative et d’énergie, les gens — ne disons point les gens d’aventures — les gens d’affaires ne demandent précisément que cela, tout simplement, tout bonnement, l’ordre assuré... mais pas comme en Algérie, grands Dieux I

Car si dans te naufrage marocain nous n’a-

viens sauvé la région qui va jusqu’à l’oued Guir et à la Moulouya que pour y faire une nouvelle Algérie, ce serait vraiment à désespérer do tout.

Or, nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas désespérer. Nous espérons. i

Le gouvernement général do l’Algérie voit dans le Maroc oriental un pays destiné à nous permettre de compléter notre effort algérien.

Le ministère des affaires étrangères, me semble-t-il, y voit un pays destiné à nous payer de tout ce que notre effort marocain eut... d’inutile.

Gomment pourrons-nous réaliser tel espoir?

L’objet de ce livre est de le montrer.

Une

Algérie Nouvelle

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