III. — Le siège de Port-Say
Récit publié par VEcho d’Oran :
Le 27 novembre à 10 heures du nïatiq, Port Say a été
attaqué pour la première fois par les marocains. Depuis le 27 les attaques se sont renouvelées deux fois, sans compter les escarmouches insignifiantes.
Nous n’avons eu que deux tués et deux blessés dans la soirée du 29. Port-Say matériellement n’a pas souffert. Deux petits magasins ont été dévalisés à l’entrée du village, mais aucune maison n’a été incendiée ni démolie. Il ne reste plus aucune trace de ces trois attaques qui auraient pu anéantir en une nuit le produit de sept années de colonisation et de travaux maritimes sur la frontière du Maroc
Ce résultat, si heureux pour le prestige français sur la frontière oranaise est dû à l’énergie de deux hommes de cœur qui ont fait leur devoir comme voisins de Port-Say et comme soldats. Il faut avoir le bon goût de le reconnaître. Le Pacha Si El Hadj Hallal chef militaire de la Casbah marocaine de Saïdia s’est porté courageusement audevant des bandes de pillards marocains pour leur défendre de passer la rivière du Kiss et de se ruer sur Port-Say.
Et d’autre part, le capitaine Petrement qui commandait le camp du Caroubier et le mamelon 87 a eu l’énergie morale d’abandonner ses positions défectueuses pour voler au secours de Port-Say et transformer le village des Bocoyas en réduit militaire imprenable
En six heures le mamelon 87 a été évacué, le camp du Caroubier a été vidé et tout le matériel, tous les approvisionnements ont été transportés dans la nuit au village des Bocoyas qui s’est transformé en acropole militaire imprenable, dominant tout Port-Say et protégeant la ville. Le village des Bocoyas a été. évacué par les familles des marins pour être transformé en redoute et blockhaus inaccessible aux Beni-Snassen. Des tranchées ont été creusées. Le mur d’enceinte a été complété par des sacs de sable et des gabions de terre. Le phare a été occupé par des sentinelles chargées de surveiller la plaine, et le village des marins de M. Say est devenu un camp fortifié avec 400 hommes de troupes, une section d’artillerie, une compagnie de ti-
railleurs, une compagnie de Zouaves et üüO.OOU cartouches.
Le 30 le commandant Léger est arrivé d’Oran pour prendre le commandement des forces et tenir les marocains en respect. C’est à l’armement rapide du village des Bocojas que Port-Saj doit d’avoir échappé à la panique et à la destruction.
ües timoniers sont installés au phare des Bocojas pour maintenir le commandant Leger en contact par signaux avec les deux contre-torpilleurs VArc et la Pique.
IV. — Les réalités, maritimes de Port-Say présentées en projections photographiques et commentées par M. Autfret dans les conférences de la Société oranaise d’enseignement par l’aspect.
« Le Zénith » en rade de Port-Say.
Le Zénith est le premier bateau qui ait embarqué des céréales sur la plage de Port-Say, le 7 août 1001. C’est un petit vapeur côtier qui transporte passagers et marchandises. Par temps calme il met huit heures d’Oran à Port-Say, tandis que d’Oran à Port-Say, par terre, il y a 3',0 kilomètres, et le trajet, par chemin de fer jusqu’à Turenne, puis par voilure, ne prend pas moins de vingt heures en movenne. /
La rade foraine de Port-Say avec la « Norma ».
■ Toute l’importance commerciale et politique de Port-Say vient de ce que son port met le port d'Oran en contact immédiat avec le Maroc.
Port-Say est fréquenté par les steamers de trois compagnies d’Oran : la C‘® Chaber et Castanié possède la « Norma », le « Maroc »; la C^® Oser possède le « Zénith »; la C^® Mazzella et Baronne fait naviguer le « Léon et Tony »;
fort souveüt encore la C?® Scoito y envoie la « Ville de Mostaganem ».
Ces cargoi-boats font le service continuel enire Oran, Port-Say, Melilla et vice-versa.
Les quais de Port-Say avec marchandises.
Les principales marchandises exportées sont : les céréales, principalement le blé dur et l’orge, les oraoges, les caroubes, les écorces à tan, les tissus marocains, les peaux brutes, la maroquineries, les tapis marocains.
Pour Pimportation : le sucre, le thé, le calé, les semoules, le riz, et tous les articles européens.
En 1906, il a été importé (LOüO sacs de sucre et 3.000 sacs de semoule.
Les deux Jetées de Port-Say. — Extrémités côté mer.
Le port de Port-Say est fait sur le plan des ports romains, avec deux jetées convergentes.
La petite jetée à l'Est a 100 mètres, la grande jetée à l’Ouest a 275 mètres. Les jetées sont en blocs de marbre blanc, sillonnées par les voies d’un chemin de fer Üecauville, servant au transbordement des marchandises. Ea jetée Est est flanquée de trois échelles d’aconage, palier, terre plein et môles.
Les deux Jetées. — Extrémité du côté terre.
Les (leux jetées s’amorcent sur la plage de Port-Say, solidement enracinées à la terre ferme et enserrant enti-e leur emprise un vaste espace plan et sec, où s’élèvent déjà les trois premiers Docks et les Entrepôts, en attendant les grands quais de garage dont la construction est dtijà tracée .
Vue d’ensemble des deux jetées, côté terre.
Les deux jetées, vues de terre, représentent un éventail dont la poignée serait à l’entrée du port. Elles enserrent
UNE ALGÉniE NOUVELLE
un espace superficiel de deux lieclures, destiaé à abriter les barques, gondoles cl chalands.