‹ Une Algérie nouvelleChapitre 66 sur 75 · V. — Les réalités maritimes de Nemours da)is un rapport · texte numérisé non relu

V. — Les réalités maritimes de Nemours da)is un rapport

officiel.

I..e port de Nemours est le débouché d’une très belle région où malheureusement la colonisalion n’a "encore pénétré que sous une Ibrine des plus timides et la production locale se ressent (breément de celle situation.

Chose assez rare en Algérie, il n’existe pas de vigne dans cetle région; on n’y fabrique par conséquent pas de vins. C’est à peine si quebjues rares propriétaires en possèdent quelques hectares dont le produit ne suffit môme pas à leur consommation personnelle

La raison de cette indilférence générale pour ce genre de culture n’est pas dans la mauvaise qualité des terrains, mais plutôt dans la situation réellement déplorable de cette contrée qui manque totalement de voies de communications, de motjens cl' embaniuemcnt et d'abri contre les mauvais temps, ce qui rendrait cette production difficile, coûteuse et aléatoire, l’écoulement en étant impossible.

Il y a également dans celte région des marbres de toutes sortes : des blancs, des jaunes, des onyx verts et roses translucides qui sont peu ou mal exploités par suite du défaut de chemins d’accès et de routes, de l’imperfection de routillage d’embarquement à Nemours et de V inhospitalité de sa rade ouverte éi tous les vents.

S. Giraud.

Président de la Chambre de commerce d’Oran.

Situation maritime commerciale et industrielle de la circonscription d’Oran 1905.

UXE ALGÉRIE NOUVELLE

VF. — Note de M. Aiiffret vice-président fondateur de ta

Société oranaisc de renseignement / ar l'aspect, sur l'avenir de Port-Say.

Port-Say est le port nalurel d’Oudjda, dont il ii’est réparé que par ILO kilomètres de roule siiuée pres({ue lolaleineut en plaine, par les deux vallées du Kiss et de l’islj.

Port-Say est aussi le vrai port moderne de celte antique cité, qui va se trouver modernisé malgré elle, par l’oecupation Trançaisc du mars 19U7.

Nous ne sommes plus au temps des Turcs, ni au temps des caravanes, où le grand couloir central passant par Tlemcen, taisait d’Oran le port du Maroc oriental, avec oUO kilomètres de pistes dangereuses à [tarcourir à dos de chameaux.

Nous ne sommes même plus à l’époque des transports par charrettes qui avaient lait adopter, en 18a7, la route des couvois militaires passant ])ar Maruia pour appruvisionner Oudjda, par Nemours, Nédromah cl le col de liai) Thaza, avec 72 kilomètres de route montaid à 8(0 mètres d altitude.

Nous sommes à l’époque des voies ferrées et des voies rapides,

il nous faut les plus courtes distances pour atteindre la mer.

C’est la vallée du Kiss et la vallée. de la Moulouva, avec leurs plaines fécondes à traverser, qui assurent à Port- Say une priorité incontestable sur tous les ports voisins.

Mélilla est à 150 kilomètres d’Ü.idjda.

Nemours est à 72 kilomètres, avec un massif montagneux à traverser.

Port-Say n’est qu’à 50 kilomètres d’OudJda, et c’est à cela que ce port, si récemment créé, a dù de pouvoir lutter victorieusement contre toute concurreuce. Et le gouvernement français La si bien comjtris que, avant même, l’occupation d’Oudjda, le gouvernement généj'al de l’Algérie

avait résolu de faire de Port-Say un seul et unique port du Maroc oriental, destiné par ses propres moyens d’action à combattre toutes les concurrences et à éliminer toutes les influences étrangères qui pouvaient se manifester, soit autour de Mélilla, soit autour de la Casbah marocaine de Saïdia.

G’^st à ce sentiment patriotique qu’a répondu le gouvernement général de l’Algérie en faisanf autour de Port- Say pour 900. OUO francs de routes destinées à mettre Porl- Say en contact avec Marnia, Üudjda et les mines de Ghar- Uouban.

C’est le sentiment de la nécessité impérieuse qui s’imposait de voir Port Say distancer tous nos adversaires commerciaux qui a poussé M, Jonnart à donner à Port Say le transit en franchise pour les marchandises destinées au Maroc.

M. Auffret cite ensuite les statistiques commerciales et il ajoute :

« Dès ({Lie le port sera terminé, dès (|ue la voie ferrée aura mis Marnia, Oudjda et les hauts plateaux du bassin de la Moulouya en communication directe avec la mer, Port- Say pourra entrevoir dans un avenir très prochain un chiffre d’importation dépassant de beaucoup les chiffres d’affaires de tous les ports voisins échelonnés entre Oran et Tanger, et destiné à atteindre, le jour oii s’ouvrira la voie ferrée sur Fez, le chiffre d’affaires des plus grands ports de l’Algérie ».

Dans tout ce qui précède, il n’y a aucune exagération puérile, aucune conception imaginaire. Le continent Nord- Africain a vu jaillir du sol, depuis des siècles, des cités merveilleuses que des conlitions économi({ues nouvelles faisaient disparaître tour à tour, mais que les mêmes fluctuations ont rétablies ensuite sur d’autres points.

Oran avait 3.000 habitants, il y a 70 ans. Il en a aujourd’hui plus de 100.000. Port-Say, qui existe d’hier, en a 300, mais du train dont vont aujourd’hui les choses, grâce aux moyens de locomotion qui racourcissent les distances, Port-

UNE ALGÉ151E NOUVELLE

Saj, sa situation merveilleuse « au sein d’uiii»ajs vierge dont le sol recèle d’immenses richesses inexploitées, ne peut que prendre un rapide essor », une place prépondérante dans la vie économique de l’Afrique du Nord.

Note sur les eonditions sanitaires du Maroc

oriental et de Port- Saij .

Elles sont excellentes. C’est un pays à cours d’eau. Ce n’est pas un pays à marécages. Naturellement comme partout les grands remuements de terre créeront la fièvre. Et les grandes chaleurs d’été fatiguent le blanc. Mais elles sont tempérées par la brise de mer qui se fait sentir jusqu’à Oudjda. Une bonne hygiène et l’emploi de toniques comme le vin Mariani, au lieu d’alcool, assurent la santé.

CJIAPITRE XLl ^

Conclusion .

L’utilisation complète des possibilités de Port- Say est une œuvre d’intérêt national, car elle permettra, et seule elle permettra,

de réaliser la colonisation pratique du Maroc oriental à bénéfice de la France.

La Générale Transatlantique a couvert les murs de Paris d’affiches sur quoi les passants lisent : « Tout bon Français doit visiter l’Algérie» on me permettra d’ajouter : « Et le Maroc oriental ».

C’est d’ailleurs très facile.

Le voyage d’Algérie comprend toujours celui de Tlemcen. En allant de Tlerncen à Marnia, puis à Oudjda et à Port-Say, ce qui se fait maintenant

TT N E A I. G É n 1 E N Ol î V E I. E

en d’excellentes conditions « tout bon français » pourra vérifier que c’est en (( bon français » que j’ai caractérisé l’œuvre qui au Maroc oriental s’impose aujourd’hui « aux bons Français ».

Jean Hess.

Port-Say, décembre 1908.

Paris, avril 1909.

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