CHAPITRE V
Constance de la politique moscovite, — L'asservissement de la Pologne fait naître pour la Russie l'occasion de déchirer le traité du Pruth et de reprendre en Orient sa marche interrompue. — Raisons qui déterminent l'Empereur à faire cause commune avec elle. — Evolution de l'Autriche vers l'est; la monarchie des Habsbourg déplace ses ambitions et cherche sur le Danube un dédommagement à ses pertes en .Allemagne et en Italie. — La tsarine .Anna et Thamas-Kouli-Khan. — Relations de la Russie avec les chrétiens d'Orient; agitation au Monténégro, en Grèce, chez les Bulgares. — Rapports enthousiastes du résident Yl ichniakof. — Prétexte de la rupture : les Tartares dans le Daghestan. — Inquiétudes des Turcs. — Une visite inopinée. — Formation d'une grande armée russe.
— Le vainqueur de Dantzick. — Importance d'Azof au point de vue des projets de la Russie. — La flotte future de la mer Xoire. — Siège et prise d'Azof. — Émotion à Constantinople; le sultan dans les casernes.
— Courage de IVichniakof. — Rôle de Bonneval. — Cérémonial usité pour la déclaration de guerre. — Prise des lignes dePérécop; les Russes
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envahissent la Crimée. — L'armée turque se concentre aux portes de Constantinoplc. — DéGlé des corps de métiers. — Mascarade traditionnelle. — Angoisses des principaux ministres. — Manifeste adressé aux puissances. — L'Autriche offre sa médiation. — Mot de Bonneval. — La médiation allemande acceptée. — Habile réserve de Villeneuve. — La France se prépare à intervenir diplomatiquement. — La nécessité de conserver le commerce du Levant prime à ses yeux toute autre considération. -^ Mémoire oîi se trouve exposée notre politique. — L'existence de la Turquie présentée comme une garantie de repos et de stabilité pour l'Europe. — Conditions possibles de la paix. — Nécessité d'interdire la mer Xoire à la marine russe. — La conduite des Turcs fille du caprice. — Envoi de ïott à Babadagh. — Description du camp ottoman; une ville mobile. — Mystère des négociations. — Annonce d'un congrès. — Tott et Dclaria font donner aux plénipotentiaires ottomans des instructions conformes à nos vues. — L'Autriche promet à la Russie son concours armé. — Sa politique consiste à flaltcr les Turcs d'espérances trompeuses et à les surprendre. — Ruses de Talman; il entraîne au delà du Danube le reis-effendi et ses collègues. — Voyage dans la steppe. — Le passage de la mer Rouge. — Brusque attaque des Impériaux. — Rentrée en campagne des Russes. — Un congrès sous la tente. — Capitulation de Nisch. — Prise d'Otchakof; heureuse témérité de Munich. — Prétentions exorbitantes des alliés. — Extrême péril de la Turquie. — Le sultan prend le parti de recourir à la France. — Le Roi accepte le rôle de médiateur. — La France adresse aux Turcs de pressants appels pour les déterminer à la résistance et les assure de son appui 242