Février
à notre Majesté; c'est pourquoi a été expédié un commandement royal, très noble, afin que les commandants des ports, non seulement ne les refusent et ne les détournent, mais qu'ils leur permettent, tout de même qu'aux autres nations chrétiennes, d'aller et venir, et qu'il les traitent avec honneur et respect. Et d'autant que par la grâce et faveur de Dieu, et par sa bonté infinie, les terres bien gardées de notre empire sont des lieux de sûreté aux marchands, aux trafiquants et aux voyageurs, il faut qu'en toute confiance et tranquillité d'esprit ils apportent toutes les sortes de denrées et de marchandises qu'ils ont, et qu'ils vendent et débitent leurs effets, à l'exemple de cet ancien commandement.
A présent que l'empereur du grand renom des pays et villes... (Voir, pour renonciation des différentes villes et provinces, le commandement précédent)... Louis XIV, empereur, pour resserrer les nœuds de l'ancienne amitié, et de la ferme paix, avec notre auguste et puissante Majesté, a envoyé une lettre pleine d'amitié à notre magnifique trône dont Saturne est l'esclave, par les mains du sieur Michel, son envoyé extraordinaire, dont il fait cas et en qui il a confiance, par laquelle il témoigne le désir que les portes du commerce soient de nouveau ouvertes, ce qui procurera l'utilité et le profit des deux empires ; et ayant donné des pleins pouvoirs audit envoyé, et recommandé que créance soit donnée et foi ajoutée à ce qu'il représentera à ce tribunal de justice et d'équité, et après que cet envoyé a donné à connaître le désir de cet empereur de haute dignité, et que l'on est convenu de plusieurs points particuliers qui regardent les marchands conformément aux capitulations, il a requis qu'un commandement, faisant obéir le monde, pour confirmer
lesdites capitulations qui ont le pouvoir de la prédestination, soit honorablement expédié, afin que les négociants aillent et viennent faire leur commerce dans les vastes pays et provinces de Perse.
Ce que considéré, nous ratifions et confirmons lesdites capitulations sacrées et nous permettons auxdits négociants d'aller et de venir en tous les lieux de notre empire, trafiquer et commercer en toute confiance et sûreté ; leur promettant la protection entière et les bons traitements de la part de notre Majesté Impériale, afin qu'en ce qui regarde la faveur, la considération et les égards envers lesdits honnêtes négociants, il n'arrive aucun manquement de la part de qui que ce soit, et ils seront comblés des bienfaits et des grâces de notre Majesté qui est l'ombre de Dieu dans le monde.
Donné au mois de Redjeb, l'an 1120 (c'est-à-dire au mois de septembre 1708).
Itinéraires de Perse *.
d'après Oléarius 2, Tavernier, le chevalier Chardin, Vabhé Gaudereau et les caries de Delisle 3.
On peut faire le voyage de Perse par cinq chemins différents : par la Moscovie, par Gonstantinople, par
1. Ces itinéraires sont extraits du Journal historique du voyage et des aventures singulières de V ambassadeur de Perse en France. Paris, mars 1715.
2. Adam Oelschlager, dit Oléarius, écrivain allemand (1603- 1671). Use joignit, avec le poète Fleming, à l'ambassade envoyée en Perse (1635-1639) par le duc Frédéric de Holstein-Gottorp. Il en publia la relation en 1647.