A. E. Perse, t.3, f
2. « La danse, dit Chardin (op. cit., tome 2, p. 205), étant un
Le trajet entre Lambez et Avignon fut marqué par un terrible accès de colère de l'ambassadeur. Le sieur Le Bret ■ ayant eu la pensée d'envoyer son carrosse au-devant de l'ambassade, Mehemet Riza Beg apprécia à un tel point le confortable de cette voiture qu'il la réclama, le lendemain, pour gagner Orgon. Le propriétaire y consentit et, après avoir conduit le Persan dans cette dernière localité, le carrosse rentra au logis. Dès que Mehemet Riza Beg en fut informé, il ordonna d'aller le rechercher déclarant qu'il ne partirait pas aussi longtemps qu'il ne pourrait l'utiliser. Saint-Olon essaya de lui expliquer que ce caprice était irréalisable, mais l'ambassadeur devint comme fou de rage, interdit l'entrée de son logis à tous les Français qui raccompagnaient, Saint- Olon, Morel, Padéry, Dipy, Richard. Il fallut plusieurs heures pour le calmer a.
On réussit enfin, à force de patience, à lui faire
« exercice deshonnête dans l'Orient, on n'y a point l'habitude « de danser, soit pour se divertir, soit pour se donner bonne « grâce; mais on y a la danse comme un art ou comme une « profession du théâtre dans l'Europe, avec cette différence <■; néanmoins que, dans l'Orient, l'art de la danse est non scule- « ment deshonnéte mais infâme surtout à l'égard des femmes.» La prétention de Mehemet Riza Beg que les dames de qualité dansassent devant lui en France était donc vraiment impertinente.
1. P. Cardin Le Bret, comte de Selles, premier président du parlement d'Aix, commissaire pour le roi et intendant de Provence de 1704 à 1734, conseiller d'État (janvier 1730;, mort à Marseille le 14 octobre 1734 à l'âge de 58 ans.