Elisabeth-Charlotte, Duchesse d'Orléans, dite LaPalatine
5. Duchesse d'Orléans (Françoise-Marie de Bourbon, dite Mademoiselle de Blois), fille légitimée de Louis XIV et de Mm° de Montespan, née en 1677, morte en 1749 ; mariée en 1692 à Philippe, duc d'Orléans (le Régent).
6. Duchesse de Berry (Marie-Louise-Elisabeth d'Orléansj, fille aînée du duc d'Orléans et de M'10 de Blois, dite MU" de Chartres, née en 1695, morte en 1719. Elle épousa en 1710 Charles de France, duc de Berry, troisième fils do Louis, dit le grand dauphin, qui mourut en 1714. Le scandale de sa vie,
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ayant désiré assister à l'audience malgré son deuil de veuve, était cachée derrière la queue du dais royal et avançait de temps en temps la tête sans se laisser voir entièrement.
Gomme le roi l'avait voulu, on avait construit tout le long de la galerie, face aux fenêtres, des gradins à quatre rangs. Les princesses du sang y étaient assises, en baveuses, comme les autres dames, et un gradin entier avait été réservé à chacune d'entre elles. Mme la Duchesse ' avait admis auprès d'elle l'électeur de Bavière, et la princesse de Gonti 2, fille de M. le Prince 3, avait invité le comte de Lusace, prince électoral de Saxe 4. Le
surtout sous la régence, fut tel qu'on n'osa pas prononcer son oraison funèbre.
1. Marie-Anne de Bourbon, fille de François, prince de Conti, avait épousé en 1713 Monsieur le Duc. Elle mourut en 1720.
2. Princesse de Gonti (Marie-Thérèse de Bourbon), fille aînée de Henri-Jules, prince de Condé. Elle avait épousé en 1688 François-Louis de Bourbon, prince de Conti, qui fut élu roi de Pologne, mais ne put prendre possession de son royaume. Un de ses enfants fut Louis-Armand II, prince de Conti, (cf p. 165).
3. Condé (Henri-Jules, prince de) connu sous le nom de Monsieur le Prince, 1643-1709.
4. Frédéric-Auguste II, électeur de Saxe, Auguste III, roi de Pologne, 1696-1763. Fils de Frédéric-Auguste Ier qui avait enlevé la couronne de Pologne au prince de Conti en 1696. 11 se convertit au catholicisme (1712) et épousa (1719) la fille de l'empereur Joseph. 11 succéda à son père comme électeur de Saxe (1733). Elu roi de Pologne (17 janvier 1734) sous la protection des Busses, il obligea son rival Stanislas Leczinski à prendre la fuite ; il se déclara contre Marie-Thérèse à la mort de l'Empereur Charles IV, revint toutefois à l'Autriche (1744). Il fut battu par Frédéric II (1756). lors de l'audience de
prince Rakoczi 1 et le prince de Vaudémont 2 se trouvaient encore sur les gradins avec les dames de la Cour, de Versailles et de Paris, portant toutes leurs bijoux les plus somptueux.
Les ambassadeurs et ministres étrangers n'avaient pas de places déterminées. Le baron de Breteuil et le chevalier de Sainctot 8 les avaient groupés debout, auprès de la dernière marche du trône, avec le peintre Goypel 4, et Boze, secré-
Mehemet Riza Beg, il était de passage à Versailles, au cours d'un voyage en France et en Italie.
1. Rakoczi II (François-Léopold), prince de Transylvanie, né le 27 mars 1676, mort le 8 avril 1735, fils de François Rakoczi Ier et d'Hélène Zrinyi. Il est connu comme un héros dont le nom fait tressaillir, depuis bientôt deux siècles, d'une joie patriotique tous les Magyars. Il fut le dernier chef des Hongrois pendant leurs luttes pour l'indépendance, celui dont le chant de guerre est encore si populaire. Son séjour en France, alors qu'il était exilé, lui valut des marques réitérées d'honneur et de sympathie de Louis XIV ; il en reçut ainsi une pension de 100.000 livres. Il parut très fréquemment à la Cour et Saint-Simon en a donné un portrait. Le récit de ses aventures présente un réel intérêt. Emile Horn, François Rakoczi II, Prince de Transylvanie 1676-1135. Paris 1906, Perrin, 1 vol. in-8°.
2. Vaudémont (Charles-Henri de Lorraine, prince de), 1649- 1723. Fils de Charles IV, duc de Lorraine et de Béatrix de Cusance, comtesse de Cantecroix. Il s'attacha au prince d'Orange et à l'Espagne, devint chevalier de la Toison d'or, grand d'Espagne, prince de l'Empire, gouverneur des armes aux Pays-Bas et gouverneur général du Milanais.
3. Sainctot (Nicolas-Sixte, chevalier de) seigneur de Vémars, né en 1674, mort le 16 octobre 1753 ; succéda, le 9 décembre 1709, à son père Nicolas Sainctot qui avait acquis en 1691 pour 50.000 écus, la moitié de la charge d'introducteur des ambassadeurs de Chabenat de Bonneuil.
4. Coypel (Antoine) peintre et graveur, 1661-1722, reçu académicien (1681), professeur (1707), directeur de l'Académie (1714), premier peintre du roi (1716).
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taire de l'Académie des Inscriptions ', à qui devait incomber le soin de rédiger une relation exacte de la cérémonie.
Les courtisans, quelles que fussent leur noblesse ou leurs fonctions, remplissaient le reste de la galerie dont le parquet était couvert de tapis : leurs habits, spécialement confectionnés pour la circonstance, charmaient les yeux par leurs couleurs et leur richesse. La Cour tout entière s'était donc conformée aux désirs du roi : Mehemet Riza Beg était mieux traité que le doge de Gênes en personne.
L'entrée de Louis XIV dans la galerie avait été annoncée aussitôt à l'introducteur des ambassadeurs. Le moment était venu de conduire devant Sa Majesté l'envoyé du grand sophy. A onze heures moins quelques minutes, l'ambassadeur, accompagné du maréchal de Matignon et du baron de Breteuil, quitta l'appartement du duc de Guiche. Il traversa à pied la cour pour gagner l'escalier conduisant au grand appartement V II avait mis
1. Bozo (Claude Gros de), 1630-1753. Antiquaire et numismate. Secrétaire de l'Académie des Inscriptions de 1706 à 1742, il remplaça Fénelon à l'Académie française en 1715 et fut nommé en 1719, garde du Cabinet des antiques.
2. L'escalier conduisant au grand appartement était l'escacalier des ambassadeurs. Commencé en 1672 sur les plans laissés par Le Vau, il fut achevé six ans plus tard. Détruit au xviii" siècle, il ne nous est plus connu que par la série des gravures de Surugue, réunies et publiées après la mort de Louis XIV. Du palier de l'escalier on passait dans le grand appartement qui comprenait le salon de Vénus, servant aux
son sabre à son côté et portait en outre à sa ceinture un grand poignard dans un étui d'or. Il ne voulut pas que ses bas domestiques marchassent à pied devant lui et allassent dans l'antichambre du roi comme le fait la livrée des ambassadeurs européens. Le secrétaire à la conduite, Merlin, marchait donc en tête du cortège ; puis s'avançaient les huit trompettes de la chambre et Agobjan, tenant la lettre du roi de Perse enfermée dans un sac de brocard d'or d'environ un pied et demi de longueur, ainsi qu'une cassette couverte de la même étoffe d'or qui renfermait les présents du chah Hussein.
Mehemet Riza Beg suivait immédiatement l'Arménien, flanqué des représentants du roi : il fut reçu au bas de l'escalier par le marquis de Dreux l, grand-maître des cérémonies, et par le sieur des Granges, maître des cérémonies. Les Cent Suisses 2 formaient la haie sur les marches,
collations, le salon de Diane, la chambre du billard, le salon de Mars, le salon de Mercure ou la chambre de parade, le salon d'Apollon, ou salle du trône, enfin le salon do Guerre ou des Trophées qui formait un ensemble avec la galerie dos Glaces et le salon de la Paix, s 'ouvrant à l 'au Ire extrémité. La décoration de ces divers salons n'a pas été modifiée.
1. Dreux (Thomas, marquis de Brezé, baron de Berrye). Appelé le marquis de Dreux, mort en 1749, avait été pourvu en 1701 de la charge de grand-maître des cérémonies dont il se démit en 1720. Il avait épousé en 1698 la fille aînée de Ghamillart, ministre et secrétaire d'État, contrôleur général des finances.