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Une ambassade turque sous le directoire

L'ambassade d'Esséid Ali EfTendi sous le Directoire ne mériterait guère de sortir de l'oubli où elle est tombée si l'intérêt des missions diplomatiques devait exclusivement se mesurer d'après les résultats qu'elles ont eus.

Ce représentant de la Turquie en France a joué en effet un rôle politique très effacé, et il n'a exercé qu'une action restreinte sur le cours des événements. Il a assisté en spectateur impuissant à la rupture des relations séculaires d'amitié qui unissaient la France et le Grand Seigneur et il a été surpris tout le premier par l'expédition de Bonaparte en Egypte. La vie

difficile qu'il amenée à Paris, gardé pour ainsi dire à vue, tandis que le Chargé d'affaires de France, Ruffin, était à Conslantinople, enfermé au château des Sept-Tours, a profondément diminué son prestige et personne ne s'est étonné quand la Sublime Porte, non contente de lui infliger un désaveu mortifiant en refusant de ratifier les préliminaires qu'il avait conclus avec Talleyrand, lui a enlevé la satisfaction de négocier et de signer la paix définitive entre la France et la Turquie,

Esséid Ali Effendi a donc été un ambassadeur malheureux : rien n'assurerait à son nom une place dans l'histoire s'il n'avait occupé quelque temps la France de sa personne et amusé tout un mois les Parisiens.

En a-t-il fallu parfois davantage pour passer à la postérité ?

Le succès d'Esséid Ali Effendi a été aussi complet qu'éphémère. L'ambassadeur ottoman a soulevé tout d'abord une véritable émeute de curiosité. La presse déjà libre et un peu satirique s'est emparée de lui : ses mots, ses gestes, ses attitudes ont été recueillis, notés, commentés ; il a révolutionné trois semaines la mode et

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