‹ Une année `a FlorenceChapitre 10 sur 148 · QUATRIÈME SYSTÈME · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SYSTÈME

Ce quatrième système, qui n'était pas loin non plus d'être celui de Voltaire, avait été répandu avec un prodigieux succès par l'auteur anonyme des Mémoires pour servir à l'histoire de Perse. Comme V Histoire amoureuse des Godes, les Mémoires pour servir a l'histoire de Perse ramuteiil des anecdotes de la cour de France. Le rui y esl appelé Cha-Alibas, le dauphin Sephi-Mirza, le comte de Vcrmandois Gia-

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fer, et le duc d'Orléans Ali-Homajou. Quant à la Bastille, elle était désignée sous le nom de la forteresse d'Ispahan, et les îles Sainte-Marguerite sous le nom de lacitadelle d'Ormus. Voici maintenant l'anecdote réduite à ses vrais noms : Louis de Bourbon, comte de Vermandois, était, comme on le sait, fils naturel de Louis XIV et de mademoiselle de Lavallière. Comme à tous ses bâtards, Louis XIV lui portait une grande amitié, si bien que cette amitié ayant changé l'orgueil qui était propre au jeune prince en insolence, il s'oublia, dans une discussion avec le dauphin, jusqu'à lui donner un soufflet. C'était là un de ces outrages à la majesté royale que Louis XIV ne pouvait pardonner, même à un de ses bâtards. Aussi, toujours selon les Mémoires pour servir à l'histoire de Perse, Giaftr, ou le comte de Vermandois, fut il envoyé en Flandres, où peur lors on faisait la guerre. Or, à peine fut-il au camp, où il arriva si bien prêché par sa mère, qu'on croyait, dit mademoiselle de Montpensier, qu'il se fût fait un honnête homme, que le 12 du mois de novembre au soir il se trouva mal, et mourut le 19. Ce malheur, dit mademoiselle deMontpensier, arriva à la suite d'une orgie où il avait trop bu d'eau-de-vie. Les autres Mémoires parlèrent de fièvre maligne ou de peste. Mais l'auteur du 4e système prétendit que ces bruits n'avaient été répandus que pour éloigner les curieux de la tente du jeune prince, qui était, non pas mort, mais seulement endormi à l'aide d'un narcotique, et qui ne se réveilla qu'un masque de fer sur le visage.

Selon le même auteur, Ali-Homajou, c'est-à-dire Philippe II, régent de France, était allé faire une visite au comte de Vermandois, à la Bastille, vers le commencement de 1723; il était résulté de cette visite la résolution de rendre la liberté au prisonnier, lorsque la même année, le régent mourut d'une apoplexie foudroyante. Il en résulta que le pauvre Giafer resta dans la forteresse d'Ispahan, dont ce n'était guère d'ailleurs la peine de sortir, attendu qu'à cette époque il devait avoir à peu près soixante-cinq ans.

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