‹ Une année mémorable de la vie d'Auguste de KotzebueChapitre 13 sur 18 · MO · texte numérisé non relu

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ÎI faut observer que l'empereur luî-même avait fourni les idées de ces plafonds, que c'est lui qui a associé la justice et la paix , le courage et le mérite 5 quel dommage qu'il n'ait pas ctiargé de l'exécution un artiste plus habile î Mais voilà ce qui lui arrivait presque toujours. La source jaillissait en bouillonnant , claire comme du cristal, du rocher de son esprit et de son Cœm -, mais les vaisseaux destinés à recueillir, étaient rarement d'une argile pure et nette.

Deux bas- officiers des gardes-du- corps gardaient, l'esponton à la main, l'entrée d*un salon ovale , où seize colonnes corinthiennes de stuc soutiennent un attique, dont la voûte en caissons repose sur seize caryatides faites par jilbani. Cinq bas-reliefs allégoriques, difficiles à expliquer , remplissent les intervalles» L'ameublement du salon était de velours couleur de feu , garni de cordons et de glands 'd'argent, qui faisaient un très ♦ bel effet.

Le plafpnd , peint par Vighi , et bien préférable aux précédens , représente l'assemblée des Dieux dans l'Olympe. Jupiter semble nager dans une gloire de lumière , et le tout annonce un artiste distinojué.

Ce salon touche à la grande salle de marbre, qui sert de corps-de-garde à la garde des chevaliers de Malte. Cette salle a quinze toises de long , cinq de large , et près de sept de

haut. L atcfiitecture est composée Je Jeinc ordres, et partagée , jiisquà lattique^en grands eompartîxnens de breccia eoratina de Gc*— /èo^^j, dont les champs sont incrustés de marbre noir de Porto- Veneje. Ces lustres longs et plats de bronze poli , attachés au mur, font un très bel effet sur le maxbre noir* A Tune des extrémités de la salle il y a un orchestre de matbre blanc, avec une balustrade de bronze poli, sur laquelle se trouvaient dix grands candélabres de bronze, travaillés en vases. Le plafond était encore en blanc -, on peignait à Rome un Parnasse qui devait y être placé»

Une large niche formée et soutenue par deux superbes colonnes ioniques de Sibérie, partage la salle en deux parties égales. On a pratiqué dans cette niche une cheminée de marbre blanc, portée jpar quatre termes, incrustés avec du lapis et de l'agathe de Sibérie» Le long du mut à droite et a gauche , il y a deux cheminées semblable^, placées entre quatre niches, dont le fond est fait dç gipolino aniico , aussi rare que singulier, parfaitement semblable à du bois vert pétrifié. Cette espèce de marbre n'est pas belle , mais elle frappe au premier caup-dTœîL Dans les niches il y avait quatre statues copiées à Rome, sur des antiques, savoir : Bacchus , Mercure^ Flore et Vénus. Je pa^e sous silence les su-

perbes bronzes dont étaient faits les pendoles?, les lustres, les <ràscs^ les petites statues» et tous les ornemens , jusqu'aux chenets.

A rextrémîtéde la salle est une grandenîdie, formée par deux grandes colonnes d'ordre ionîcjue. Cest par là qu'on entrait dans le salon circulaire du trône. •

Scîxe Atlas dé forme colossale soutenaient la coupole. Les murs étaient revêtus de velours TQuge broché d'or , et décorés de sculptures doiécs. Toute» les fenêtres étaient cachées par des rideaux de la même étoflfe , à l'exception d'une , faite d'une seule vitre encadrée dans de Fargçnt massif. Le trône qu'on voyait dans . cette pièce, ne différait de celui de la salle du trône que par le nombre des gradins ; le premier en a huit , cehii-ci B*en a que trois. Un grand lustre de quatre arschines et un quart de haut, et huit autres de trois arschines et deinîe , tous ensemble d'argent massif, tra- . vailles en mat et en poli , et oun fini parfait , sont sortis de la fabrique de Fingénieux et habile IVL de Buch, conseiller d'Etat du Dstnemarck. Le plafond , en camaïeu et or, avec des arabesques, est pcinrpar Carlo ScotL

Quelques, teras avant sa mort, Fempcreur avait ordonné quelques changemens dans cette salle. Les cnamps de velours rouge de- Talent disparaître et faire place à d'autres de Velours jaune avec une superbe broderie eu

. (134) argent: dans les coins il dévêtit y avoir de grandes roses d'argent massif , des médaillons et des couronnes de laurier. Le& deux tables, les guéridons , les pendules , etc. , devaient être tous d'argent massif, et on avait déjà fourni aux orfèvres quarante pouds (i) d'argent à cet ejffet.

De ce salon , une porte conduit dans les appartemens intérieurs de l'impératrice. La

Î première pièce était tendue de haute-lice d un bnd i>leu^clair , dans les champs de laquelle on voyait des vues du château de Pa^^lovP'sky. Dans renfoncement de l'appartement, il y avait une niche soutenue par deux superbes colonnes de porphyre , d'ordre ionique , devant laquelle se trouvait ïe groupe d'Apollon et de Daphné, copié du Bernini, et fait de marbre de Carrare. Des vases, des pendules, des tables de porphyre , dagathe , d'albâtre oriental à fleurs, de rosso antico , de bronze , etc. ,. remplissaient et ornaient cette pièce. hç$ dessus de portes étaient de belles peintures encaustiques, de Dallera ; le plafond , ainsi que la plupart des suivans , était peint en gouachd", par Cadenacci.

Des. portes de bois d'acajou , de bois de rosier et de cèdre, richement décorées de sculptures dorées, et dont les panneaux de

. (0 Un poud pèse environ trente-cinq livres d'AUcaïa^nc.

( \iS )

marbre hianc sont incrustés de lapis ^ de broiize et de malachite , conduisent dans un cabinet aussi surchargé dornemens que les portes, au point qu'a la première vue Tœil en est fatigué. Les murailles sont de marbre gris de Sibérie y les champs de lapis avec des linteaux de bronze "jles coins d agathe de Sibé* rie ^ les lambris de giallo et de nero antico; la comic|ie de têtes de lions de bronze sur du lapis \ au-dessus de la corniche des basreliefs sur un fond d'or poli \ les divans , les tabourets , les rideaux , de drap d'or \ une niche formée par deux colonnes Corinthiennes, exquises d albâtre oriental à fleurs, composées d*un seul morceau -, leurs piédestaux incrustés de 9erde antico et de lapis -, un groupe de marbre blanc, représentant Castor et Pollux, ouvrage SAlbagini; dans de petites niches de côté, les Muses de la tragédie et de la comédie \ la cheminée de f^erdB antico , de malachite , de bronze ; tables , vases et petites statues d agathe , de bronze, etc.; de. superbes porcelaines dans le goût de celles de Raphaël , peintes en arabesques j tout cela , et bien davantage encore , se trouvait dans un cabinet d'environ deux toises de long et de large.

Ce cabinet touche à la chambre à. coucher de parade, ornée plus simplement, et par cela même plus agréablement décorée. Cette

pièce est très- grande •, les/inurt sont de stuc^ • et Tentoiirage de guirlandes de feuilles ^ sut un fond d'or poli.

Derrière une balustrade d*argent massif, ^ qui a treize arschines de long et qui pèse quator2e pouds, se trouvait le lit richement sculpté et doré, sous un ciel de Velours bleuclair , relevé avec des cordons et des glands d!arpènt. Des colonnes corinthiennes supportent, à droite et à gauche, la corniche peinte en arabesques sur un fond d'or poli ; çntre les colonnes sont des divans de velours bleu , et de grands miroirs d'une seule pièce. La cheminée est de marbre blanc de Carrafe, et ;sa corniche ornée en partie dé lapis et eo partie de mosaïque de Florence , en pierres Énes ( améthystes et autres ) qui imitent, jusqu'à faire illusion, des fruits naturels de toute. espèce. Un plafond allégorique et médiocrement peint par P'^aleriani , ne ma pas présenté un sens net et clair,

La salle ccntiguë à cette chambre à coucher de psrade , est d'un goût simple , et servait tantôt dé salle à manger et tantôt de salle de concert. Outre deux cheminées et quelques vases de porphyre- de Sibérie , elle n oifirait rien de remarquable. Je Taîmaîs cependant beaucoup, parce qu'elle servait aux^ jelix des jeunes grands-duc^. Je les y, ai trouvés plusieurs fois : ce sont deux princes vifs et

< M7 ) éveillés , pleins de politesse et daffabilîté pour tout le monde, La tendipcsse maternelle ( car on sait que rinipératrice nacre ne vît que pour ses en fans) avait fait garnir les

- portes vitrées qui donnent sur le balcon , à la hjiuteur d'environ quatre pieds , de Ct)ussins, pour prévenir les acxidéns.

En sortant de cette salle à gauche , . et eft laissant à droite les appartemens ordiilaires àt rimpératriçe, on passe par ime pièce de peu d'apparence , dans la salle du trône. Le trône même Tessemble , à la grandeur près ,. à celui de Tempereur, hormis qu'il ne repose que sur. un gradin. Une grande niche, portée par deux caryatides ccJossalcs , renferme une superbe cheminée de marbre blanc, décorée par un bas -relief qui représente les neiif Muscs. Le luxe de l'ameublement était le xdcme que dans les autres pièces ; je ne faiis mention que d'une charmante pendule représentant Phébus sur son char attelé de deux chevaux , faisant son cours diurne. Le cadran est placé dans la roue du char , et le tout est d'un travail fini et om chef- d*œuvre db Tart. Le plafond, peint par Mettenleiter, TeprcSente le j arment de Pdris , et n'est pas sans prix \ non plus que les dessus de portes, qui sont de Bessonoff , élève de

, l'académie des arts de Pétersbôurg , et qui représentent la Peinture , la Sculpture et l'Architecture.

A coté de la salle du tronc ^ est la galerie de Raphaël. Elle doit ce liom à quatre magnifiques hautes-lices qui couvrent presque toute la longueur de lune des quatre murailles, laquelle -a environ douze toises d& long. Ce sont de superbes coptes de. quatre tableaux connus de Kaphaël , qu on trouve dans le Vatican j savoir : Constantin ha-^ ranguant ses troupes le jour de la bataille contre Maxence ; Héliodore chassé du temple ; la fameuse Ecole d^ Athènes , et le tout aussi fameux Parnasse où Apollon

{"oue du violon* Je renvoie le lecteur à la )elle description que M. de Ramdohr a faite de ces tableaux, devant les copies desquels j'ai passé maintes heures dans 1 oubli de moi-même. Un grand plafond et deux petits , peints par Mettenleiter , méritent detre remarqués. Celui du milieu représente le temple de Minerve , sur les degrés duquel les Arts libéraux sont couchés. La figure du Grec qui représente l'Architecture , est un portrait de 1 architecte Brenna , et Met-* tenleiter s'est peint lui-même dans le personnage allégorique qui -représente la Peinture. Les deux petits plafonds montrent, Tuiî Prométhée animant Thomme , et l'autre la Paresse et l'Application. De superbes bronzes, des cheminées de marbre, etc. , décorent cette galerie.

Elle conduit dans un salon carré - long , où. se trouve une très-belle statue antique de Bacchus^ et une autre moderne, peut-être tout aussi belle, de Diane , faite pat Houdon. Tout le ^alon était rempli de bustes , bas* reliefs , sarcophages , vases antiques , etc. , d'un prix très-différent.

Ce salon est enfin contîgu au vestibule des gardes , où un détachement des gardes à cheval était toujours en faction. Ce vestibule n*est décoré que par quatre colonnes ioniques, et par un plafond de Smugle^ wUsch, où (Turtius se jette dans le précipice, d'une mariière un peu mal-adroitè.

Nous'voîcî encore sur le grand escalier de parade, après avoir parcouru, de droite à gauche,, les appartemens de parade de lempereur et de l'impératrice. Le 8 novembre 1800, l'empereur fit l'inauguration du palais avec la plus grande pompe ; y dîna pour la première fois, et y dortna aii public, qui s'y portait en foule, ' un grand bal masqué , pendant lequel tous les appartemens que je viens de décrire étaient ouverts et éclairés de plusieurs milliers de bougies , qui en redoublaient la pompe et l'éclat. On dansa dans la grande salle de marbre et dans la galerie de Raphaël.

Le lecteur sera sans doute curieux de connaître les appartemens ordinaires que l'empereur et fimpératrice habitaient. Une porte

conduisait de la galerie de Raphaël dans Je» appartemens du monarque. Une antichambre sinaplement peinte n était ornée que par sept tableaux de Charles Vanloo^ représcnum les légendes de Su-Grégoire.

La seconde pièce, parquetée de blanc, à linteaux d'or , avait dans les champs de trèsbeaux pays'ages , et quelques vues de palais même. Ce qoii lui servait sur-tout d'ornement, c'était un plafond peint par Tiepolo ^ et qui représentait Marc-Antoine et Cléopatre jetant la perle dans le vinaigre. L'ignorance pleine de bonhoramie du pèmtre à péché plaisamment contre le costume.

Dans la troisième pièce les murailles sont presque entièrement couvertes par six paysages de Martinoff , qui offrent des vues des châteaux dé Gatschlnà çt de Pâwlowky. Dans six armoires élégantes de bois d'acajou , sut lesquelles se trouvaient vingt vas«s superbes de porphyre , d albâtre oriental v etc. , on conservait la bibliothèque particulière de l'empereur. C'était dans cette pièce que se tenaient les hussards du corps ou de la chambre de l'çn^pereur. Une porte dérobée conduisait de là dans la cuisine particulièrement destinée à la table de ce prince , et dans laquelle il avait spécialement établi une cuisinière alle^ mande qui lui préparait à manger. Il avait fait arranger , peu de tems auparavant^ une

, ( Hi ) .

semblable cuisine , tout près de ses- appartemens ordinaires, dans le château dit le palais d^ hiver. Qui pourrait, avec de telles précautions, peut-être nécessaires, envier le sort du monarque le plus puissant de la terre ! .

Une autre porte dérobée conduisait à une petite chambre destinée aux hussards^- diicorps , et qui touchait immédiatement à un escalier en limaçon, devenu très-<:élèbre dans la suile , e^qui conduisait dans la cour , où un seul hocnnie était en Ëurtioa à la porte»

Delà Kîbfîotfeèque on entra:it dans la chambre à coucher dd l'empereaf ^ où il se tenait aussi de jour , et où Ô est mort. Cette pièce fort grande, a, si je ne me trom|)e, cinq à six toises carrées. Un 2;rand nom-bre de paysages, fo plupart de f^emeù , qiielques-mis de W*ow^rmanHS et de f^/î der Mettten , pendaient au3e f»urs boisés de bois bfemc. Au milieu, un petit lit de camp , sans rideaux , derrière un^ simple écran j au^-dessus du lit un angi ( »o»ttn ange tutélaire ) de Guido Reni^ Dans un coin pendait lé porttérit ^un ancien chevalier banneret, peint par Jç^n te Duc , dont l'empereur fàrisait grand cas.

Un rflauvais portrait de Frédéric II à cheval i et la figure connue de plâtre de ce monarque j^ placée dans un coin sur un piédestal

de marbre , contrastaient étrangement avec ces magnifiques tableaux.

La table à écrire de l'empereur était remarquable à plus d'un égard. Elle reposait sur des colonnes ioniques d*ivoire , ayant des socles et des chapiteaux de bronze. Une galerie d'ivoire très-finement travaillée et ornée de petits vases de la même matière, l'environnait. Deux chandeliers à branches d'ivoire sur un cube d'ambre portaient quatre pâtes ou frittes d'après un modèle de Leberecht, représentant l'empereur , l'impératrice , les deux grands^ducs et la grande-duchesse Elisabeth. Cette table et ce chandelier sont l'ouvrage de Timpétatrice \ eHe qui protège les arts et les cultive avec succès, a tourné l'ivoire de ses propres mains, et formé les pâtes.

Il pendait encore à l'une des murailles un tableau qui représentait tous les uniformes militaires de l'armée russe. Je passe sous silence le reste de l'ameublement.

On a répandu et mille fois répété le bruit , que lempereur avait dans sa chambré à coucher une trappe , et plusieurs portes dérobées. Je puis assurer et garantir la fausseté de cette . assertion. Le superbe tapis qui couvrait lejplancher rendait l'existence d'une trappe impossible. De plus , le poêle ne reposait pas sur des pieds , et par conséquent , il n'y avait au- . cun espace dessous, comme on l'a prétendu.

( H3 ) Deux portes de tapisserie étaient à îa vérité dans la chambre , mais Tune conduisait dans un coin qui servait à lin usage connu, et l'autre fermait une armoire où Ion déposait les épées des officiers envoyés aux arrêts. Les portes à deux battans , qui de la chambre de Fempereur conduisaient dans les appartemens de l'impératrice , n'étaient pas ouvertes, mais fermées et verrouillées des deux cotés.

Le passage de la bibliothèque dans la chambre à coucher , avait de doubles portes , et vu l'épaisseur prodigieuse de ces murs,- il y avait entre ces doubles portes assez d'espace , pour qu'on ait pu pratiquer à droite et à gauche , dans le mur, des portes dérobées. Elles s'y trouvaient eifeçtivement •, celle à droite servait à fermer un emplacement pour les drapeaux , celle à gauche ouvrait un escalier dérobé par où I on . pouvait descendre dans les appartemens de l'empereur, au rezde-chaussée.

- Ici l'on trouvait d'abord une grande pièce boisée en blanç avec une vieille horloge dans le mur , faite en 1724 , par Dingliri" ger^ à Dresde. Trois aiguilles d'argent indiquaient , outre les heures , les changemens de la température et du vent. Cette horloge était autrefois dans la maison de Jardin de Pierre-le-Grand.

On passait de là dans un cabinet rond et

boisé , où Ton voyait deux statues cntalie ^ une Vesta et une femme qui sacrifie v de plus, un Apollon fait dans facadémie des arts- de Pétersbourg, de superbes vases de porcelaine de Sèvres, et une table précieuse de ro^iioant/ca,

La pièce contigue ^ également boisée , offrait un portrait orodé de Pierre-Ie- Grand , d'un travail exquis , de beaux vases de la fabrique de Sèvres , et quelques vases de hauteur d'homme, de celle de Pétersbourg.

La dernière pièce^ celle ou l'empereur travaillait d ordinaire, était boisée en noyec, avec un entourage de guirlaadesde bois verni^ dans. les champs il y avait des représentations de divinités peintessur le bois^^et envii:onnécs de {estons, sur lesquels se bakxicaiem des oiseaux* L'ensemble de cette cha^obre offrait un coupd'œit doux et agréable. L'amexibiement en était superbe,. sur- tout une »:moire du fameux Rontgen de Neuwied. Ua petit, monuraen^ sur la table , avec Tinscription : JUarie^ fe zr opril 175H (r), était probablement un ouvrage de l'impératrice. Un déjeuner; de porcelaine, de la fabrique de Pétersbourg , su£ lequel étaient peintes en dîfiérentes couleucs^ des vues dsi palai& de Micha'iiaw , était uae nouvelle preuve de la prédilection que ce

( I } C'écaic , comme tout le monde sak« la jour de t&aaâiStiux d£ Catiiccioe IL

prince

( Hî )

prînée avait poUr. cet, ouvrage de sa créarion. Encore deux mots des appactemens que rimpéffatrice occupait. On y parvenait en passant par la salle du concert ou à manger.^ qui a été décrite plus haut. Une chambre que l'élégance et un air gai recommandaient aa premier coup-d'œil, conduisait dan^ une pièce, de parade , dont les murailles étaient de marbre gris de Sibérie , les champs de lapis et de porphyre, les bordures de marbi;e bigarré,, et les riches ornemens de bronze doré. On voyait des bustes antiques dispersés ça et là sûr un fond de porphyre î les panneaux des lambris étaient de breccia. La cheminée reposait sur des colonnes d albâtre, la frise était de vert antique, etc. L'ameublement répondaitau reste. Un lustre du plus beau crystal avait coûté 20,000 roubles.

La chambre de toilette et d'ouvrage de l'impératrice était contigue à cette chambre de parade. Elle était boisée, les armoires à livres et les commodes du plus beau bois d'acajou. La toilette d'or attirait moins sur elle les regards que quatre originaux gracieux, peints l'un par Marie Gérard , Tes autres trois par Greuze , entr'autres la jeune fille grondée par sa mère, pour s'être trop livrée a ses distractions amoureuses , et avoir négligé de nourr-ir un oiseau , mort de faim. Diderot ^ dans son Traité sur la peinture , à

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hiUint description détaillée de ce tableau. La table à écrire occupait le milieu de la chambre , et on y découvrait de nobles et fréquentes marques de l'usage qu'on en faisait. On m'a assuré que dans les derniers tems l'impératrice se servait de cette pièce pour chambre à coucher, parce qu elle n'était pas du tout humide. Enfin la dernière pièce était un boudoir , ou cabinet rond , resplendissant de magnifia cence. Un velours bleu-clair avec une riche broderie et bordé de riches linteaux d'or , couvrait la muraille. On voyait par-tout dans la plus grande prodigalité le bronze, le marbre, le lapis et d'autres pierres d'un grand prix. «Tai sur- tout admiré un très -grand vase de porphyre rouge sur un piédestal de même , avec des socles et un dessus de malachite ; le tout avait cinq pieds de haut. Un tapis de haute- Kce couvrait le parquet*

Ce cabinet situé dans un coin du. palais derrière la chambre à coucher de l'empereur et celle de l'impératrice, rendait ces deux pièces contigùes. Elles n'étaient séparées que par un mur ^ mais ce mtir était d'un telle épaisseur que l'on conçoit que Timpératrice n'ait pu être avertie que tard de la mort de son époux*

Outre l'empereur et l'impératrice, il ne demeurait dans cet étage que le grand-duc Constantin , son épouse et la dame d'honneur de ProtassoJ/l Une pendule dans la chambre de

l^^grande-duchesse Anne, m'a trâjoins frappé v dit avait pour inscription : F Amour réduit à la. raison^ L'Amout y parait enchaîné, la Raison tiei\t le bout de la chaîne. Ici, sous les. yeux d'une princesse. aussi belle et aussi aima»; hle^ son châtimcm ne paraît pats rude. Dans lappartement de son époux se. trouye imé> copie de l'Hermaphrodite de ta wlia Bôr"^ ghèseyetàch Vénus qui:sort du bain, de> la galerie de Florence. .

• Au reznle-chaussée on ne-trouvé , outce un* très-petit théâtre , qui.nestpa$ même achevé,) que l'église» Quatorze colonnes ioniques' de granit de Serdopol ,. chacune d'une pièce.,* avec socles et chapiteaux, de bronze poli , porteiu le chœur. Le maître-autel est un octogone de marbre noir et blanc, dans l'intérieur duquel conduisent trois portes; celle du mir lieu d'argent massif travaillée à jour,' avec six médaillons. peint$ sur cuivre, par M...le po-:» fessejar Qic^enco* Au r' dessus de la porte, brille une Gloire d'argent j l'incrustation est da lapis et de broi^ze. Le tableau de 1 autel représente l'institution de la Cène, par M. Aki-^ moff^ professeur ^e l'académie. A droite ct à gauche de la porte (iu milieu se trotive une magnifique colonne de porphyre d'ordre cotinthien , avec socles et chapiteaux de bvonze ; le piédestal incru^é delapis« Devant Ic^ images pendent de^lampesd argent ^ et aumilimi une

lampe <l*or enrichie de brilians. Tout en haut ,: dans renfoncement ^ la vue est bornée par un grand tableau ( peint par l'artiste au nom de mauvais^ allure Smuglewitsch ) représea* tant Tarchange Michel , patron de 1 église , qui précipite les démons dans fabîme. L'artiste décent, qui ne pouvait représenter ce groupe qu'en naturaUbus , s'est servi d'un singulier expédient pour ne pas /alarmer la pudeur., Chaque démon couvre de la main ou du.

pied, comme par hasard, les parties du corps de son voisin qu'il importait au peintre de cacher -, ce qui , au fonds , choque la décence au lieu de la sauver. La coupole offre "un plafond peint par Charles S toti ^ qui re-

Îrésente la Trinité environnée de têtes d'anges, leûreusement pour l'artiste , la peinture a tellement souffert dç l'humidité , qu eUe est presque qiéconnaissable. Quatre triounes des deux cotés de l'autel, avec des balustrades de. marbre et de bronze , étaient destinées pour la Êunille impériale.

Le reste du rez-^e-chaussée était, habité par le graud-rduc Alexandre et son épouse, par le jeune grand-duc Nicolas Pa^Iooritscb , la princesse Gagarin,. le grand^maréchal de la cour Narischkin, et le comte Kutaissovp'y favori di l'empereur.l^ur n'être pas trop long ,je me contenterai de faire la ^ description des dpparteiheos du grand r duc , successeur de

( 149 ) f empereurPauL Us étaient moins niagnifiqud?, mais' j'avoue qo ils me plaisaient -mieux que les chambres ae parade. du. bel étage; Je me souviens ett même tems avec ^reconnaissance des procédés extraordinairement honnêtes et des prévenances engageantes et polies de toutes les personnes qui environnaient le grandwiuc. La bonté, dn. mattre avait réchauffé lé cœur de tous ceux qui lui appartenaient , et dont chacun parlait avec enthousiasme du noble couple auquel U avait le bonheur d appartenir. . La chambre de toilette de la grande^uchesse Elisabeth, présentement ijppératrice, était ta^- '|)issée de superbes étoffes dVLyon. Deuxbplles colonnes ionique^ de marbre xouge et blanc d'Olonets , ornaient une niche , et sappor-* laient an. entablement déSoré de bustes anci* <iues^,A:<oté de la niche étaient deux statues de .marbre de Carrare 3 une femme affligée qui soutenait sa:, tête avec la main^ et une jeune fille qui jouait avéc-un pigeon.

. . Ondistingoai t encore dans la même chambre une table dans kquelie étaient enchâssées toutes les'diffécerites espèces de marbre du pays, et une pendule représentant Bacchns aissis sut un. tonneau, sur le fond duquel le cadre était .place. , .

Un charmant cabinet, tapissé de glaces^ 'était contigu à cette chambre. Dans une niche portée par d*ux coloanes de marbre de France,

était '}!»Iacé le divan^ lequel V ^nsi que fe j^este (ib. .la :d]:âpêrl!e , était àtart velours as couletit.<i€ rosey i;}ui paraissait couvert de £ne deotelle^ :I1 est imposibie d'exprimer lefiet douK et agréable que produisait ce ca«l>inet et son ameublement. Un secrétaire covl^ vert de livres , et un piano de Longman iBt Brçderip , prouvaient, que: plus d'une mtise' avait émbli ici sa demeure.

Xa chambre à coucher avait quelque chœe ^'imposam*. L^ champs des moiallles 5 à moitié velours poiipae^ à moitié dr«p d'or •glacé ^étaient partagés en deux par.une g^irîfalDsde rbrodéc en or , qui serpentait tout aii^ leur de i^^ chamble. Le iit était drapé «le même* On voyait des st&tiies de . macère cl d'airain. Lé tout^ait magnifique^ sans blesser ni fatigues:' la vue. Mais cette chambré à cou«trliér n était pas habitable ^ lliumidité y létait extrême , et avait attiré plusieuts incoitimo-«dites à la grande -ducluisse. Les dessus de portes. , de . peinture encaustique , n étaient plus reconnaissables. .

La chambre à TOUcher touchait au saloit des antiques^ qui contenait une cinquantaine lie. ^ statues ^ de bustes; de sarcophages , et d'autres monumens de l'antiquité. Je nen .décrirai ici que les principaux.

• - i\ Un beau. iuste colossal de Junon, de .deux pieds quatre pouces ^ placé sur un sar^

cophage ayant trois bas-reltfs et une inscription. Premier bas-relief, une figure de Femme^ ^ robe volante, et tenant quelque chose dans $es mains élevées ^ deux masques sous elle. Le même bàs-relîef est répété vis-à-vis. Troisième bas-relief, Bacchus couronné de^appes ^ à côté de lui la corbeille mystique , sur laquelle est assis un tigre ^ de l'autre coté un serpent. L'inscription ^ fidèlement copiée^ porte ce qui suit:

P. SCÂNTIUS PI.

OLIMPUS

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