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(i> X'auttur se .trompe ici.
mon cbef » le maréchal dç la cour NariSr chkin , dont je ne puis que vanter avec, beaucoup de reconnaissance , les nobles pro-i cédés, mille misères n'avaient contribué à ma dégoûter de la direction du théâtre , je pourrais compter avec vérité , cette période de ma vie parmi les plus heureuses \ car j'avais formé autour, de moi un cercle damis choisis et aimables ; ces aniis étaient en petit nombre , mais ils en valaient beaucoup. Je puis nommer entr autres ici M. le conseiller iJ^orcA, connu en Allemagne comme un auteur estimable, et dont j'ai le bonheqr de connaître le cœur noble sensible \ l'excellent conseiller d*état Suthhqf et son aimable épouse \ M. le conseiller d'état TVelzien , homme sans prétention et doué d'une humeur oijginale et sèchement comi* que. Nous avions établi entre nous un petit ' cercle réglé, où j'ai pas^é des heures, dont le souvenir me remplira encore long-iems d'un doux attendrissement. Je sais que de leur côté, les amis que je viens dé nommer, i;e rap^ pelleront encore souvent de moi.
Vers ce tcms je me vis tout- à- coup dé-^ chargé de la direction pénible du théâtre , de la manière la plus agréable. L'empereur venait d'achever s»n fameux palais de Michaïlow; amoureux de ce château de fées, sorti de terre comme d'un coup de baguette magique , et
qui àvdit coûté entre quinze et dix-huit. mil-?
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lions de roubles, il le préférait i tous ses autres palais, et quhtaentr autres son palais d* hisser ( comme on Tàppelle), sain et com* mode, pour s'enfermer dans des murs épais et humides doù leâu découlait encore. Ses médecins furent chargés à plusieurs reprises» d'examiner ce nouvel édifice , et chaque fois ils avertirent du danger qu on courrait \ mais voyant qu'on les y renvoyait sans ces^e poui obtenir un jugement plus favorable, ils Is tendirent à la 6n en haussant les épaules» L'empereur alla donc occuper au cœur de l'hiver cette habitation méphitique , et ij plut extraordinairement* Il trouvait grand plaisit à conduire par- tout lui-même ses hôtes, et à leur montrer lui-même les trésors de marbre et* de bronze qu'il avait fait venir à grands irais de Rome et de Paris. Les louanges exaltées qu'on prodiguait naturellement, à 1j| lus petite bagatelle ^i et l'exclamation mille bis répétée , que tout était divin , unique ^ firent à la fin naître en lui fidée de faire conv» poser, une description détaillée de cette hui* tième merveille du monde^ Il me chargea de cet ouvrage de la manière la plus flatteuse» Plus d'une fois il me dît à moi-même, qu'il s'attendait à voir sortir qœlque cbose aex* traordinaire de ma plume , et me 'jeta dfUis le plus grand embarras , en se faisant une si haute i^e de loon travaiJr .II tira de sa bî-
liliôthêque et me prêta la Description de JBerlin pt de Potsdam par Nicolaî , en
^ouhaitam que ma description fût, s'il était possible, encore plus détaillée que ,hi sienne.
En délénujt teî!! ^5 ^^^l ^^ ordres , j observai que plusieurs connaissances nécessaires pour la composition de cet ouvrage me man* quaient ) que je lie savais pas priser avec ta précision de l'art les beautés d architecture , de sculpture i de peinture*, j'osai en conséquence i dèmandef qu'il me fût permis de jn'asSo^fiel: des bornmes experts dans ces parties, •Cette permission rae fut- toute de suite accordée. Je prôpcsai pour les antiqiies M. le iicoftseîller de la cour KdKler, garde du ca- 'bînet des curiosités de THermita^e, etausâi -habile qtie complaisant. Pour 1 architecture je nommai l'architecte romain Brenna , et pour, la peinture les deux frères Kugelchen dont le mérite et famaBilité sont générale- •Hient connus.
. l,e monarque consentît avec bonté à tout ce;^ue je proposais, et donna ordre que • j^eusse à toute heure et par-tout les entrées du chiteau. M. le grand-maréchâj, en sa qualité de caipitaine du palais , en fit la première fois le tour avec moi , et je commençai mott travail*
11 n'y avait pas de jour , que je ne passasse
.en grande partie dans ce palais. J'y étais lè matin 5 l'après midi, souvent le soir fort tard* Je rencontrais à tout moment l'empereur -^ quand dans l'inventaire que je faisais , je no*tais dans mes tablettes tout ce qui me paraissait rcmatquaDic. Cnàqu* foiS. il s'arrêtait alors , me pelait avec amitié , m exhortait souvent à ne rien décrire superficiellement^, et à entrer dans les plus grapds détails
Je profitai de cette conjonaure pour d^ mander ma retraite en quaiitç de directeur du théâtre allemand. Je présentai à cet effet ma demande par écrit à mon chef; elle éta\t datée du 8 février. M. de Narischkin eut la. bonté de me faire pluisieurs obejctions flatr teuses , et voyant' que j'insistais , il renvoya la chose à un tems indéterminé. Après quelques jours je revins àlacharge^etjene me lassai pas de réitérer mes instances et mes sollicitations , jusqu'à ce que je visse clairement , que je ne réussirais jamais de cette façon. Alors je m y pris autrement pour parvenir du moins à alléger le fardeau qui me pesait si étrangement. Je représentai y que vu mes occupations non interrompues dans le palais de Michaïlow » je me trouvais dans l'impossiSilité de donner au théâtre le tems nécessaire, et que , si moti congé m'était refusé , il ne me restait qu'à demander un adjoint. On m*acc6rda cette der;nière demande , en me chargeant du choix
de mon collègue. JTobtins de cette matiière, dans U personne d'un de mes amis , un régisseur avec 1 500 roubles de traitement ,^et un bénéfice par an ^ et je pus me décharger sur ses épaules d'une grande partiQ du fardeau et du chagrin qui accompagnaient mon poste.
Je dois à cette occasion m'arrêter un moment à réfuter une nouvelle absurde et indi* geste qui s'est glissée dans le journal allemand intitulé : Gazette pour le beau monde. Il y est dit premièrement ^ que j'ai fatigué mes acteurs à forcé de leur faire apprendre des rôles par cœur. Apparemment que le corres<pondant qui a fourni cet article, est un co^ jnédien paresseux , puisque , pour apprendre un rôle d*un peu de conséquence , je donnais quinze joiirs de tems. Secondement , qu'on n'a joué que mes pièces. Quel reproche ridicule ! Sans doute que la plupart des nouvelles pièces étaient les mien^ies, par la bonne raison que je n'en avais point d'autres. Toute TEurope sait qu aucun livre, aucun manuscrit n osait passer la frontière, pas même la bible ^ comment m'y serai-je donc pris, pour me procurer de nouvelles pièces ? Je n'en avais point d'autres au répertoire que celles que l'entré"preneur^ Miré m'avait laissées , le Soui^enit dlffland , ï Incognito de Ziégler et quelques autres. Je les ai données j je ne poui^ais pas en doâaer d'autres, /en appelle au témoi-
gnage de M. Iffland lui - même ; H attestera que je lai prié p^r écrit, de m envoyer ses nouvelles pièces , sur des feuilles volantes , écrites d'un petitcaraaère,et en forme delettrcs. Céîâ rîêpfic était dangereux pour moi , et si je n'obtenais rien de cette mtoière , je ne pouvais donner que de vieilles pièces , car j étais au bout des miennes. Pourquoi doilC ver:: m.:: tm reproche si plein d'amertume, donit. finjustice devait sauter aux yeux du corresponr dant, s'il était alors à Pétersboiorg ^
Ce qu'il a encore écrit contre moi avec une animosité affectée, a été réfuté ailleurs , ou le aéra dans la suite. Le lecteur voudra bien prdonner cette digression à mon honneur visi* blement et cruellement cifênsé.
. La description du palais de Michailov' tour chait à sa nn quand l'enipereur mourut. La plupart des choses précieuses qu'il renfermait ayant été bientôt après transportée^ ailleurs^ et ce bâtiment même, aus^i bien que l'anangement qui. y régnait, jetant dujour sur le goût et même sur le caractère de ce prince, je rem* .plis le vœu exprès de plusieurs de mes amis» et je crois satisfaire la curiosité de plusieurs de mes lecteurs , en insérant ici un coûte abrégé de ce long iet fatigant ouvrage.
Description abrégée du pal4us impérial
de Michailow.
Ce palais occupe la place , où se trouvait autrefois le palais d^été que Pierre-le-Grand fit jbatir en 1 7 1 1 , au confluent de la Moika et de la Fontanka. Llmpératrice Elisabeth le renouvella depuis; cependant il n était que de boisy et menaçait ruine. Aujourd'hui c'est ie phénix sorti de sa cendre.
La rue des Jardins aboutit au portail.
Huit colonnes doriques de marbre rougeâtre du pays 9 supportent des trophées. Trois porter
Eiliées s'ouvrent entre quatre piliers de granit* î chiffre de l'empereur ( entouré de la croix de S. Jean ) , des aigles , des couronnes , des guirlandes de bronze doré ornent les porta et la grille. La porte du milieu ne s'ouvre que pour la famille impériale* Toutes trois conduisent à une triple allée de tilleuls et. de bouleaux , plantée sous fimpératrice Anne , et qui a trois cents pieds de longueur. EUe s'étend à gauche ie long de la salle d'exçrcice ^ à drotteie long des écuries , et aboutit à deux paylUlons ou communs ^ de^ii^ pour le logement des officiers de la maison de l'empereur. La salle d'exercice est un imoieqse bâiimem » en carré-
long^ incbaufiable en hivec, malgré vingt* 4]uatïe grands poêlés.
On passé sur un pont-levb- un canal revêtu de pienes de taille , et large de cinq toises, et Ton parvient au connétable ou à la grande place du palais^ qui. a ^6 toises de long sur 60 de large. Au milieu s'élève sur un piédestal de marbre, qui repose sur trois marches 3 une statue équestre colossale de Pienele-Grand , de bronze. Le cheval semble avancer au pas ; le cavalier est costumé à la romaine , le front ceint d'une couronne de laurier. tJn Italien, nommé Martelli, a jeté cette statue eh moule en 1744 sous le règne d'Elisabeth, et depuis on l'avait oubliée sous un angar. L'estime de l'arrière-petît-iils pour son bisaïeul la tira de cet oubli. Sur le devant dû piédestal on lit cette inscription simple. :
PRODAEDU PRAWNUX ( I }.
A droite et à gauche il y a deux bas-reliefs de bronze , savoir la bataille de Pultava et la prise de la. forteresse de Schlusselbourg. . Nous voilà en face du palais ^ et tout près de ce grand édifice. Il forme un carré parfait. Chaque . coté , indépendamment des angles saillans , est de 4^ toises. Le palais est en- Xomé de tous cotés par des canaux qui tirent
{ i7 ^ii ^ÂÎeuI l'tffièrc^fiém-iU.
Ci^9 y
leurs' eaux de la Fontankà ^ et sont revêtus rie' quais de granit , sur lesquels on a jeté en tout cinq ponts -lëvis.'^ Les fondemens du château ont neuf pieds de profondeur ; ce sont de gros pilotis enfoncés l'un à côté de l'autre , et surmontés d'un gril de charpente.
- Les souterrains et le rez-de-chaussée sont* construits dé pierres de taille de granit 5 et les deur étages de briques incrustées en grande partie de marbre. Le reste est revêtu d un enduit de couleur rougeatre , jqu'une tradition digne de foi prétend devoir son origine à un trait de galanterie chevaleresque. Une dame dè!la cour ayant un ^ôur porté des gants de cette Couleur , on assuré que l'empereur en envoya un pour modèle au compositeur dé la couleur de cette incrustation. Il iaut avouer, cependant, qiï'un rouge aussi tranchant convient mieux à' june paire de gants qu'à un palais. Plusieurs habitans de Pétersbourg' saisirent cette occasion de flatter finement i*empereùr; en donnant cette couleur à leurs' ïfiaîsons. Madame Chevalier poussa la fmcf galanterie encore plus loin, en la choisissant pour faire le rôle d*Iphigénie , quoiqu'elle^ aimât peu les draperies.
'Qu'on se représente la première^ îrapressîoa' générale que doit prodoîte, >sttr un itranger. qui approche de ce palais, une masse monstrueuse de pierres rougeâtres, environnée de
fossés et de ponts-levis 9 hérissée de vingt nons neufs de. bronzé, du calibre de douze* Qu'on 7 joigne lefiet que doivent faire sur lui les ornemens qui fiappent sa vue , et dont plusieurs contrastent diamétralement avec les régies de fart ; comme , par exemple , à l'entrée de la façade principale deux obélisques immenses de marbre gris , qui touchent jusqu'au coït 9 et portent le chifire de l'empereur en bronze et des trophées dé marbre blanc. A ooté de ces obélisques 9 dans de petites niches , les statues très-mesquines, en comparaison de Diane et d'Apollon .du Belvédère » de maigre blanc ; au-dessus d'elles ijine colonnade d'ordre ionique , supportant un portail rustique; pardessus im frontispice de marbre de Paros^ des frères Stagi, représentant FHSstoire sous b figure de la Renommée^ telle qu'on la voit sur la colonne Trajane; plus haut» sur^ Tattique, deux Déesses de- la gloire qui soutiennent les armes impériales-, et paf-<i^5ûs tout le toit de fer verni en: vert^ sur lequ^. paraît une émeute de statoes qui représentent i des Cybèles couronnées de tours , et portant surleiurs ix>uçUers les armoiries des provinces russes; puis encore , .^ur la &ise,: faite àtr. porphyre du p^ys^ finscriptioa suivante^ en grosses letires d^ brôafzei • -.
DOMU
• rrOMU TWOJEMO PODOBAJET ÇWATUNA GOSPODNA F i>OLG(>T0
et enfin ao-dessus de la pdne ^ su» un fond de marbre noir^ ce mot:
WOSKRESENSKIJA (l).
Quon se reptéseniece mjébngebisafrred'oB^ jets, (jui^ priscbaCBû seporémeat , of&^iu de gcsendes beaaré$ 5 mais, dont f ensemble ainsi gœupé, ârappe^ mais ne plaû p^înu LWdii^ tecte Brenna , .<}tti a dirigé imit l'ouvrage p^ prétend que ^e«e con»position a été expressé mem^rdoisiiéepar feaiperear , qcâ eaairraic mêsne fbarm les dessins ; inais â y en a gui en ciottient.
\\lë^vi& soft en Sarme ovale, de k seconde façade« Elle est incrustée de marbre grî^dè 51« béiie , et orné'e de bas -^ reKe& représentant tes^ quatre évangélistes, d une corniche de û\&^ csanges^^ et de deux stametf d;3ns des niches, la Religion et la Foi. Sur f atrique on voit \t% appàaès St.-Picwe. et St^r-PauJ à^i deux cotés^ de k aois;. Une noor d^e son dir daine de
('i]r fia- saifKÎrcé aoriiê ca muHSOfi pour iBic loRgaff- durée. I^seaunie xciii. 5. .
(x) La porte du Dimanclie.
I église. Elle est environnée de quatre Gamdélabres, oui, ainsi que le dôme et la croix, sont de bronze doré.
Au-dessus d'une porte qui se trouve non Ipin djB 1 église, il y a sur une plaque de marbre noir ce mpt:
ROSCH ÉSTW ENSKI J,A ( I )•
JTai inutilement cherché à découvrir l'intention du monarque , en choissant ces deux inscriptions. Porter du dimanche, et Porte de la résurrection. Un homme très-consé-
3uent m'a conseillé de les laisser sans les tra- , uire , dans ma description. .
Je passe à la troisième façade. Elle est du côté clu jardin d'été. Un escalier rond , de zd' marches de granit de Serdopol , conduit dans un vaste vestibule, supporté par dix colonnes doriques de marbre rougeatre. Le parquet est de marbre blanc. Des deux côtés il y a dans des niches deux statues égyptiennes, de bardi^ glio dl Carrara ^ pierre dure, qui imite la couleur du basait. Sur le palier de l'escalier brillent des deux côtés les superbes statues de l'Hercule et de la Flore de Farnèse , dairain et jetées en moule sous la direction de l'académie^ des arts de Pétersbourg; à côté d'elles, spnt deux vases d'^ain sur des consoles de
(x; Port* àt. la Résurrection.
granit, fidèlement copiés par un artiste nommé Gasteclouoc y sur les deux vases de Médicis et du palais Borghèse.
Au-dessus de la colonnade s'élève un large 'balcon orné de dix vases et des quatre Saisons de marbre blanc. L'attîque est porté par six caryatides , entre lesquelles un artiste français, nommé Tibault^ a placé des bas- reliefs de marbre blanc. Le toit est surmonté , comme celui de la façade principale , par des statues représentant des provinces russes.
la quatrième façade est ornée des statues de THercule de Farnèse , et de la Flore du même palais, l'une et l'autre de marbre blanc.
Le portail est supporté par six colonnes doriques de marbre rpuge, au-dessus desquelles » s élève un attique^ environné d'une balustrade etservantdè belvédère. Deux niches renferment lesLstatues de la Prudence et de la Force. Dans un pavillon surmonté d'une coupole, est l'horloge du château, et tant que l'empereur est dans le palais , le drapeau impérial est arboré sur une petite tour, faisant partie du pavillon.
Après avoir fait le tour du palais, nous y entrons du côté de la grande façade, et la porte du Dimanche nous conduit sous le péristyle qui forme un carfé long. De chaque côté de 1 entrée pour les voitures, qui coupe ce péristyle , s'étend une colonnade de vingt - quatre
colonnes doriques , dont chacune est faite d'un seul bloc de granit ; les socles et les chapitaux sont dé marbre de RuskoL Au milieu de la colonnade , entre les colonne»,, sont des copies des vases de Médîcis et de Bbrgbèse de mar- . bre blanc ^ et de côté , dans des niches ^ deux statues colossales d'Heiccule avec sa massue^ et d'A lexandre-le-<j rand.
Apres avoir traversé le péristyle on entre dans la cour intérieure du palais ^ <^ui a trentetrois toises de diamètre j et qui est d'environ trois arschincs (i), ptus haute que le terrain extérieur. Il n était permis qu'à 1% famille impériale et aux ambassadeurs dentrer en carrosse dans cette cour.
Il serait impossible de compter le nombre infini de fois q^jé le chiffre de l'empereur se trouve placé dans rmtérieiu: et Textérieur du palais. Dans la cour intérieure j^ il décore tout a Tentour, les trumeaux des fenêtres. . Dans huit niches on voit huit statues les.. plus pitoyables qui soient jamais sorties de la main d'un sculpteur. Elles doivent représenter la Force , \ Abondance , la Victoire , la Gloire ^ etc. mai^ce sont des horreurs ^ des monstres ,, et non das statues-,, elles fouraisseut une nouvelle prei^v© du contraste choqpint
.( I ) Une» afiKhiho a. ouvitoa. U loftgivur d!uas wpr df
de luxe et de manque de goût qui règne dans ce palais.
Quatre grands escaliers et deux autres moins grands conduisent de la cour dans l'intérieur du palais , et sont fermés par de graiides portes yitrëes. Maïs sans ipasser par la cour, on entrait par la gauche du péristyle dans un salon otale où trente hommes et un officier du régîméht des gardeis-du*corps de Tempereur étaient constamnient de garde.'Cette troupe était toujours fdevëe pfer une autre du même régiment, tandis que les autres parties du palais ' étaient gardées* par des soldats de différens ré« gîmetïs. La place de ces trente hommes de là garde avait été prudemment choisie , le salon qu'ils occupaient touchant d'un côté à l'çxtrémité dû péristyle, et de l'autre au grand escalier de parade ,pèis6nne ne pouvait parvenir à l'empereur par le chemin ordinaire, sans passer à côté de ce corps-de-garde.
Les degrés de granit de l'escalier de parade s'élèvent entre deiîx balustrades de marbre gris de Sî!bérie , et des pilastres de bronze polî, LesL murs sont incrustés de marbre de différentes espèces ;. les champs , encore en blanc , devaient être peints à fresque. On admirait sur le palier la célèbre C!éopan:e du musée Capî- , tolin , parfaitement copiée et de marbre blanc. Dans des niches de côté on voyait les statues de la Prudence et de la Justice. Au haut dé
( ÏZ^ )
f escalier deux grenadiers étaient en faction.
J'ai conduit le lecteur jusqu'aux superbes portes d'acajou , dont les panneaux sont richement décorés de boucÇers , d'armes et de têtes de Médusé de bronze. Lesbattans à droite s'ouvrent, et l'on entre dans les a|)partemens de parade du monarque.
D'une antichambre ovale , dans laquelle on remarque avec plaisir le buste de Gustave Adolphe , ce brave roi de Suède , et avec
Eilié un plafond allégorique, peint par un arbouilleur russe, nommé SmuglewitscK ^ on passe dans une vaste salle de stuc tacheté sur un fond jaune. Fidèle à mon plan je n in« diquerai que les principaiix ornemens de chaque pièce. Dans cette salle il y a six grands tableaux historiques , hauts de huit arschines et larges d'environ six. Ils représentent la victoire de Pultawa^ ^zx. Schehujeffy beau tableau plein de force et d'expression , où Pierre-Ie-Grandet son général Scheremetoff figurent principalement-, X^prisedeCasan ^ par le tsar I wan Wasilewitsch, par Ogrumoffy tableau bien groupé \ le Couronnement de Michel Fédorowitsch Bomanow , aïeul de Pierre-le-Grand , tableau très-bien fait , ouvrage à'Ogrumq/fj qui mérite une place parmi les meilleurs pelntresf d'histoire de son tenis ^ la réunion desjlottes russe et tur^ que , leur passage commun par le Bosphore ,
par Pretschetnikoff y événement mémorable , mais tableau des plus médiocre!» dont tout au plus la perspective de l'air mérite quelque éloge \ la victoire du prince Deme^ trius Iwanovvitsch Donsky sur les Tastares du Don , dans les plaines du KulikofF; et le baptême du grand-duc JVladimir , peints par un Anglais nommé Atkinson , dont le pinceau frappe, mais dont le crayon dessjne souvent mal. (On a depuis élevé le catafalque de l'empereur dans cette salle, )
Je passe avec mon lecteur dans la salle du tronc , qui a prés de douze toises dé long sur cinq de large. Elle était parfaitement-bien décorée, et à sa vue on se sentait pénétré de respect et de confiance. Je ne parlerai ni des tentures de velours vert brochées d'or , lii dû superbe ameublement, ni du poêle colossal , qui a treize arschînes et qui est presqu'entièrcment revêtu de bronze \ je ne parlerai que du trône et de son entourage. Il était de velours rouge, richement broché çt brodé en or. Dans l'enfoncement se trouvaient les armes de la Russie entourées de celles des royaumes de Casan , d'Astracan , de Sibérie et de la Grande Russie. Vis-àrvis du trône, (dans des niches pratiquées au-dessus des portes, on voyait les Dustes antiques de Jules-César, d'Antonin-le- PieiiK, de Lucîus Vérus^ etc. Plus haut se présentaient les figures colossales de la Justice, de
la Paîx, de la Victoire ^ de la Gloire; et icnrt autour de la salie étaient appendues^ peintes de leurs couleurs naturelles^ les armoiries de toutes les provinces soumises au sceptre de la Russie ( au nombre de^soixaute-seize)^ représentant ainsi emblémali^uement les différens peuples de ce vaste Empire. II faut avouer que ces décorations, qui sont de l'invention même du monarque^ ne pouvaient pas être mieux choisies, et qu elles connent à connaître , quoi qu'on dise, 1 esprit noble et chevaleresque qui 1 animait.
Je distingue encore j dans le superbe ameublement de cette salle , un miroir qui est le plus grand du palais : il est d'une seule pièce , a près de six arschines de haut et plus de troiis de large, et a été coulé à Pétersbourg^ plus, trois tables magnifiques, lune àcf^erde ani/co , les deux autres de porphyre vert oriental. Chacune de ces tables avaient plus de trois arschines de longueur et plus d'une dé largeur^ Elles reposaient sur des colonnes d^airain et de bronze , ou sur des génies de bronze hauts de quatre pieds* Un immense lustre de bronze était suspendu au plafond, lequel était décoré de deux peintures allégoriques dt P^àleriànf, très-médiocres. La bannière de Tordre de Malte se distinguait sur Tune et Tautre.
De la salle du trône on passe , paur entrer dans la galerie des arabesques , entre deux
colonnes îonîques d'une grande hetmé , Je
Eorphyf e oriental , apporté de Roirie a Pétersourg. Sur la coriltctïe 6n a placé le buste de JWarc-Aurèîe, et de grands vases âc porphyre rouge de Sibérie. Qnq niches contiennent autant de statues copiées àRortie sur î atttiqiîe , . et représentértt la VéniiS dô Médîcîs j Antinoiis , Getmanîttrs , rAptollon dé Flt)rcnce , ctiaVéhus Kàliipygos, L âfchitfectare de cette galerie tôt une imitation de la célèbte loge de .Raphaël à Rome^ et le tout est peint, comme elle , en arabesques de différentes couleurs, par Piètfo S Cuti f et lès figures par f^tghi ; cejJendani Touvf âge n'était poîhi encore achevé,
Dô cette loge ou galerie on entre en passant par de hautes et lattges pt)rtes de glaces de niiroif, dans la galetle de Laocoon, ainsi appelée du groupe célèbre de ce nom, copié à Rome sur l'antique, et tiré d'un seul bloc de marbre sans taehè ni veine , et nransporté jasqu à PétêfSboufg sans le moindre atcident,
Quatté sUpetbes tentures déS Gobelins dé* côreût les murailles; elles 6ht ^\i arschines en câifïé, et représentent la péché dé St.^ Pierre, JésiL^ chassant du tetnple les ,
acheteurs et les î^èndeufS , la résurreC" tîori de Lazate , et Matle-Màgdèlainè oignant les pieds du Stiweur. Ge qui contraste uil peu avec ce^ sujets pris dé Téctiture Sainte, ce sont deux groupes de la fable,
( ijo )
{avoir : Diane et Kndyrnion , X Amour et Psyché , que Pacetti a copiés sur les Originaux du célèbre Canota, Adossés contre les Gobelins , Tœil porte en même tems sur Jésus-Christ et sur Endyraion.
Les dessus de portes , deux tableaux encaustiques de Dallera à Rome , Ulysse retrow^ant Pénélope , è\. Hector prenant congé (TAndromaque, avaient déjà soufFert de 1 humidité des myrs ; les adieux dliector sur-tout étaient endommagés par une crevasse. Je ne parlerai point des tables précieuses de hreccie et d albâtre oriental à fleurs, des beaux fauteuils de velours, des difFéreos bronzes, tous travaillés à Paris, etc. \ je ne ferai mention que de quelques-unes des pendules innombrables dé ce palais. Dans cette salle, par exemple, on voyait Içs quatre Saisons de bronze sur un char traîné par des- lions, et conduit par un génie. La roue servait de cadran. Mais il ne fallait pas lever les yeux en l'air, à' moins de vouloir perdre tout Teffet de ces beautés. Trois grands plafonds déparaient la salle ; celui du milieu , qui représentait jHTercule entre la Volupté et la Vertu, était le plus supportable \ts trois. A droite, le Courage récompensé par le Mérite , et à gauche, la Justice et la Paix ^em^ brassant, peints ipsitSmuglewitsch, l'avorton des Muses et des Grâces. Cependant