‹ Une année mémorable de la vie d'Auguste de KotzebueChapitre 16 sur 18 · V. A. XX. D. V · texte numérisé non relu

V. A. XX. D. V

ANTISTIA. APATE*

SOR OR. GBMELLA. *

FJSCIT PIÊNTISSlMiE.

( 15^ ) desquelles sont deux magniâqpes statues de -Cayaceppi , représentant un Faune et une Bacchante^

On parvenait, par cette salle » à h salle du trône ou d'audience, du grand^uc, dont les murailles étaient tendues de velootspourprie broché d*argent. Le grand-duc y donnait ses audiences sous un dais, maïs debout, et le tapis sur lequel il se tenait n'était point élevé sur des gradiBS.

Le second étage du palais était habité par

les grandes-duchesses Marie et Catherine

et leur gouvernante, la comtesse de Liewen.

.Leurs appartemens étaient plus simples, mais

très-élégans^

. Dans la cour il y avait encore un grand

; corps-de-garde , d'une compagnie des gardes-

.du-corps. Le bruit qui s'est répandu daiis

.■le tems, et qui m'est parvenu de plusieurs

.côtés , que le nombre des factioimaires et des

corp-de-gardes avait été trop petit dans ce

.palais, est destitué de fondement. L'intérieur

. est tm vrai labyrinthe d'escaliers sombres et

d*obscurs corridors, où il brûle nuit et jour

des lampes. Il m'a fallu plus de quinze joujrs

pour me passer de guide, et pour ne pas

- m'égarcr seul dans ce dédale compliqué.

Ridn de plus contraire à la santé que cette :: habitation. Par-tout ondécouvrait des vestiges .de Tfaumidité destructive, et dans la salle (]ui

contenait les grands tableaux historiques, j'ai vu de nies yeux, malgré les deux cheminées où Ton entretenait un feu continuel , de la glace d'un pouce depaisseur et de quelques palmes de large dans les quatre coins du haut en bas. On avait remédié en quelque sorte ài^ froid et à rhumidité des chambres de lempereur et de Timpératrice, en les boisant -, mais le reste du monde souffrait prodigieusement. Ce palais était fort incommode -pour tous ceux ui y avaient des affaires ; à tout moment, fallait parcourir , pti le péristyle , ou les corridors exposés au courant d air, ou la cour. 11 y avait peu de grands auxquels il fût permis' de descendre au pied du grand escalier ^presque tous devaient arrêter à une petite porte basse, et faire un lortg voyage en montant et en (descendant, jusqu'à ce qu'ils parvinssent aii lieu de leur destination»

Mais l'empereur était tellement charmé de ^a création , que la censure la plus délicate l'irritait autant que la louange la plus gros^ sière était sure de lui plaire. Il renconura un jour une dame âgée sur l'escalier : « On m'avait dépeint les escaliers du palais con>me incommodes , dit-elle ; je les trouve très-bons »-. L^empereur fkt si 'charmé de cet éloge qu'il embrassa la dame. Les courtisans savaient mettre ceitte disposition à profit. Leurs louangeis ne tarissaient point y et je sais que lorsqu ils

s'étaient épuiser en expressions et en excla^ mations 9 ils se mettaient à genoux devant les bronzes 3 et les adoraient dans une extase muette.

L'empereur m'ordonna de sa propre bouche, et me ht souvent répéter l'ordre , de ne tien omettre, et de ne pas laisser échapper la moindre bagatelle à mon attention. De cette manière, les couples de feuilles que j'ai placées ici , se seraient converties en un gros livre , qui aurait fait périr d'ennui l'auteur et le lecteur. Quelques semaines avant sa mort je lui présentai un échantillon de mon ouvrage , dont il fut très-content. .

Il se peut qu'il y ait des palais* qui renferment un plus i^rand trésor de choses précieuses , mais il n en est certainement point qui , comme celui de Michaïlo'or ^ aient été bâtis, arrangés et habités en aussi peu de tems (en moins de quatre ans). Un superbe service de table d'or massif ^ et un autre de porcelaine, avec des vues de ce palais, n'étaient point encore achevés.

Peu de semaines après la mort de lem- -percur , tous les effets précieux transportables ont été sortis de ce palais et distribués dans les autres, pour les sauver de l'humidité. Aa- <jourd'hui il est inhabité^ et ressemble à un mausolée.

( «5> ) Le' Il inafs à une heuie, par conséquent environ douze heures avant sa mort, je vis 1 empereur Paul et lui parlai pour la dernière fois. Il revenait d'une promenade à cheval avec le comte Kutaissov, et paraissait de très-bonne, humeur. Je le rencontrai sur le :and escalier , tout près de. la statue de )lcopatre. Il s'arrêta comme à son c^dinaire, et me parla cette £>is-ci de la statue qui était devant nous. Il lappela une très- belle copie , •examina les diverses espèces de majore qui entraient dans la composition du piédestal ^ m'en demanda les noms ; passant ensuite à rhi$toire de cette reine d'Egypte , il admira sa mort héroïque 5 et parut m approuver d'un sourire 3 lorsque j'observai qu'elle ne se serait pas. tuée, si Auguste n'avait dédaigné ses appa$. A la fin ^ il me demanda si ma description était bien avancée. Je lui répondis qu elle touchait à sa fin , et il me quitta en me disant d'un air de bonté : Je me réjouis Vavance du plaisir de k Voir.

Je le suivis des yeux montant l'escalier. Arrivé en haut il se tourna de mon côté, qui était en bas , et nous ne soupçonnions guères ni l'un ni lautre que nous nous étions vus pour la dernière ibis. Cette statue de Cléopatre m'est devenue bien remarquable depuis cet entretien, et je me suis arrêté plus dune fois avec attendrissement à cette place, après la mortderempereur»

Le I z mars, de tcès r* bon matin » «fa aoU' velie de Tavènement au trône du ^eune empereur y se répandit. Dè$ ks huit heures , Ie« grands de l'empire lui. préfèrent hommage dans 1 egiiso du palais d'biy&r< Le peuple s abandonna à l'allégresse e.t à Tespérance, auxquelles l'autorisaient les qualités connues de son jeune monarque^ Le soir, Pétersbourg fut illuminé. - ^

Les premières démarches d'Alexandre, son manifeste, les premiers ordres qu'il donna, tout cimenta la confiance avec laquelle ses heureux sujets l'avaient vu monter sur le trône, de ses pères. Il promit solemnellement de régner dans l'esprit de son aïeule de glorieuse mémoire ^ Catherine II -, pepnit à chacun de s'habiller à .sa guise ^ dispensa les habitansde la capitale du devoir onéreux de sortir de carrosse à l'approche d'uii àes membres de la famille impériale j lenvoya le procureur - senéral 0^w^a/ï#iow^ justement haï et détesté j supprima Y expédition secrète^ , ce fléau du pays ; rendit au sénat soj;^ ancienne autorité) élargit les prisonniers d'état renfermés dans la forteresse. — Quel coup - d'œil touchant et beau , de voir ces infortunés délivrés 4e leurs fers , s'étonnaût de se voir libres, muets de surprise, prenant leur bonheur pour un rêve ^ et chancelant vers leurs demeures !

Jai vu de mes propres yeux un vieux colopel des cosaques et son fils , que Ton conduisait de la forteresse chez. le- comte de Pahlen; L'histoire de ce fils généreux est des plus touchantes. Il-y a quatre ans que son père avait été transporté , j'ignore sur quel soupçon j de Tscherkask à Pétersbourg , et mis "à la forteresse. Quelque tems après arrive son fils , beau grand jeune homme , et brave , puisque , sous te rèçne de Catherine , il avait obtenu les croix de S.Georges çt de Wolodimir. Il essaie long- tems d obtenir la liberté de son père à force de prier çs et de sollicitations -, mais voyant qu'il ne réussit pas de cette manière, il demande pour dernière grâce de pouvoir par^ tager sa prison et ses chagrins. Elle lui est accordée— -en partie j il est enfermé dans la forteresse ; mais — non pas. avec son père ; et ce vieiUard infortuné n apprend ^as même que son fils est si près de lui. Tout à coup les verroux se retirent , lés portes de sa prison s'ouvrent, son fils s'élance dans ses bras, et ckns un seul et. même moment il apprend non*seùIement qu'il est libre, m^is que la piété filiale lui a fait le plus beau sacrifice; C'est à lui seul de décider laquelle de ces nouvelles inonda son cœur des plus pures délices. Je l'ai vu quelques matins de suite dans le grand .salon d'audiencfe du comte de Pahlen. Il portait encore sa longue barbe

grise qui lut descendait jusqu'î la obture 'y il était d'ordinaire assis dans l'embrasure d'une fenêtre ^ les yeux baissés à terre , sans faire attention au bruit qu'on faisait autour de lui. Son brave fils» dont le noble fiiont était plus décoré par le souvenir de sa belle action , que sa poitrine ne l'était par ses deux ordres 9 se promenait dans le salon , et parlait avec ses connaissances.

C'était un riche champ à exploiter pom l'observateur et pour le connaisseur du cœoi humain , que ce salon d audience* Quoique je n'eusse rien à y chercher, jy passais régulièrement quelques heures tous les matins ^ et je ne quittais jamais la' foule qui l'assiégeait) sans avoir enrichi mon recueil. Pour contraster avec la scène touchante' que je viens de décrire « je vais placer ici une anecdote plus gaie. C'était , je crois, le surlendemain de la mort de l'empereur^ le salon était pkin de monde; il pouvait y en avoir quelques centaines. Je me chauffais , lorsque tput*à-coup il s'élève un murmure, et les assistans; dabord un à un , ensuite par groupes , à la fin tous ensemble, de se précipiter aux fenêtres et de regarder dans la ru^, comme si le ciel était descendu sur la terre. La curiosité m'attire aussi , un des derniers , du coin de mon Î>oële. J eus beaucoup de peine à percer la bule, pour jouir d'un spectacle aussi4nté-

( 1^3 ) tessaht A k fin | y parvins. Qu était-ce ? Le prenuet chapeiiu rond passait. Ce cfaa^ pcsau rond semblait faire une impres^on plus agréable sur toute cette foule , que Télargis* sèment des prisonnios d'état. On ne vit oans un moment que des figures riantes , épanouies* £t voilà les hommes !

Il me tarde depuis long tems de communiquer à mes lecteurs ce qui , dans les pre-> miers jours du règne S Alexandre le cl^^ ment , lut pour moi le plus grand sujet de jeie. Éoi écrivant mon histoire , j'ai été en

foie à maints souvenirs navrans \ j'en viens un qui inonde mon cœur de délices. Par oidre au jeune monarque 5 le sénat fit imtn^mer et disàribuer tceis listes qui contonaiem les- noms des bannis quon rarppelait de Sibérie. A peine eus-' je tfppris cette nouvelle j que j'envoyai mon domestique pour mtn procurer un exemplaire. Mon œil le parcourait en hâte , jusqu'à ce que , nageant dans une larme de joie , il reposa délicieusement sur le àom tk Sokolqff. Oui , il obtient sa liberté 4 au moment où^llécris , il^ a embrassé ^a femme et ses enËmsl Puisse-t-il , comm^ moi 5 les avoir retrouvés tous six ! puisse , de son rêve pénible , ne lui rester que le .souvenir de son compagnon d'infortune, et le sentiment de l'amitié qui nouis tmissait dans nos communs malheurs!

M. de KiniakoiF et ses frères ^ lë iharchancl fiecker de Moskou ,' et plusieurs autres de tnts connaissances 9 se trouvaient écrits sur ce livre de vie. Je distingue , comme le plus remarquable de tous, le pasteur S**. Il toinba dans les filets infernaux du censeur de Riga , l'atroce conseiller detat, Tumanski ( !)• Quoiqu'il soit probable qu'il publiera lui-xnême son histoire, je crois pouvoir la rapporter ici^ parce que je Ja tiens de très-bonne ipain* •

M. S**<v pasteur dans le. voisinage dc^Dorfj^t , avait formé , à l'usage de ses parbibiens -^ une petite bibliothèque <fc lecture. Tumanski-, nommé censeur de la province , pour prouver S3L grande vigilance , demande à M; S*^* un catalogue dé ses livres. S**, intimidé par l^s signes du tems, lui réj5ond qu'il a. renoncé à sa société de lecture. C'était effectivement son dessein •, il faisait rentrer peu*à-peu les livres qui étaient en circulation^ ce qui hti réussit, à quelques-uns près; De ce nombre était uji volume de l'ouvrage d'Auguste La•^ fontaine^ intitulé /e Pouwir de l^Amour\ Ne pouvant pas so»^ rappeler à qui il avait prêté ce volume, et fie . vbulaat pas le perdre ,

(x) Il ne faut. pas confondre cet homme avec, un de set pareas éloignés, M. Je conseiller d^Écac' Xuoaanski , ch<|f <3^ la censure à Péursbourg^ , qui a^a rendu personn» malheareux^ ec qui a la répuudon' d*un homme très- cultivé et crès^ honnête.

il se servit de la voie ordinaire , et fit insérer dans la gazette de Dorpat : « Que celui qui avait ce volume , faisant partie de sa biblio'^ theque d^-iecture , eût la bonté de le lui tendre j)«

Cette annonce tomba malheureusement entre les mains de Tumanski. On assure que Tintention du monstre était moins de nuire au pasteur S**, que d'attirer une réprimande au brave gouverneur - général de Livonie, M. de Nagel , auquel il portait une secrète rancune à cause d'une pi:étendue offense. Il fit rapport de la chose à son protecteur et patron Obuljaninov , en y ajoutant des circonstances odieuses \ et celui-ci en instruisit Tempereur avec de nouvelles particularités de sa façon. En un mot ,. le pasteur S**, fut accusé d'avoir continué sa bibliothèque, de lecture malgré l'avertissement du censeur, et de chercher à répandre , dans le cercle de %t% lactcurs, des principes dangereux, en faisant circuler des livres jacobins prohibés. ( N, B. qu il aexistalt pas de catalogue de livres prohibés. > Tout cela fut présenté au prince sous un point de vue si faifx et si odieux, qu'il ordonna sur-le-champ de faire arrêter le pasteur S**, de le conduire à la forteresse de Pétersbourg , et qu'auparavant Tumanski ferait environner sa maison d'un détachement de troupes , et ferait brûler publiquement toui ses livres*

Lorsque TumanskLpartit pour se rendre, à cette .fête , pour exécuter cette délicieuse commission , tout Riga le pria de £àiic son posr- ~ sihle pour sauver cette famille malheureuse. Il le promit -, mais » comme on peux croire^. sans tenir parole. Au milieu de Ja nuit 9. des soldats commandés par le noble Tumaiiski ^ entourent la maison du pasteur , qui. dormait paisiblement avec sa femme . et ses enfans. Qu'on s'imagine leur réveil i Toutes les issues sont gardées , on fait l'inventaire de ses pa-. piers , on y met le scellé ; on entasse en monceau tous ses livres, .memer ia bible ^ et on les brûle. Le malheureux est jeté dans, un kibik , et un officier de police le. mène à Pétersbourg.

Vers le matin , s'étafit un peu remis de son premier étourdissement , il demande à son conducteur la permission, d'écrire quelques lignes à sa femme. Cet homme Ëiux le lui permet, fait semblant de porter lui-même la Icttre. à la poste, mais la garde et la remet à son arri-. vée à Pétersbourg au procureur-général. Cette lettre contenait , outre des plaintes assea naturelles , une prière à sa femme de ttanquiL* User préalablement les paysans jusqu^ù.

son retour. De là on conclut qii'il avait déjà ameuté les paysans , et qu ilsjiattendaient que le retour de leur chef ^ur éclater. D*aatrés prétendent qu'lL avait prié sa femme de

brûier uue ^vieille correspondance avec un de ses amis-, où il était question de la révolution française > et qu on avait effectivement envoyé un chasseur ayec des chaînes pour arrêter cet ami , <][ui heureusement était mort depuis plusieurs années.

Quoi ^u il en soit , la chose fut présentée avec des couleurs si noires au monarque par son procureur-général, qui n avait de l'homme que la figure , que ce prince ordonna tout de suite, au collège de justice ,"de décréter contre le pasteur S*^^ une peine corporelle , et de renvoyer ensuite dans les mines de Sibérie. Le coUége de justice se trouva dans un erand embarras. La sentence qui devait être le résultat de l'examen de la Personne et des actes, lui était prescrite d'avance y de cette manière le collège se voyait réduit à n'être qu'un simple agent exécutif. Le président risqua de faire à ce sujet des représentations au procu-^ reur-général , qui lui répondit sèchement : «^Qu'il pouvait faire à ses risques ce qui lui semblerait bon *, qu'au reste il savait la vo« lonté de l'empereur».

On annonça un matin dans la forteresse au malheureux S * * , à qui on n'avait pas nommé de défenseur ,, qu il eut à se revêtir de ses ôrnemens sacerdotaux et à suivre M. de Makaroff devant ie collège de justice , où on lui publierait sa sentence.

Plein d'espérance , et la fondant en partie sur Ja circonstance dii mode d'habillement qu'on lui avait dicté 5 il alla au devant de son sort. Dans la salle du jugement, on le plaça contre le mur. Le secrétaire lui lut sa sentence. Lorsqu'il en vint à ces mots : Le pasteur S * * sera démis de son emploi , on lui arrachera rabat et manteau, il recevra vingt coups de .knout, et sera conduit encbamé dans les mines de Nertscliinsk « pour y travailler jusqu'à sa mort : le malheureux perdit toute connaissance. Après avoir un couple de fois remué la tête en rond par un mouyement convulsif , il tomba droit à terre. On vint à son secours ; et après qu'il eut repris l'usage de ses sens , il se jeta à genoux, et pria qu'on daignât l'entendre.

Ce n'est pas ici le lieu , répondit le procureur. OU donc? cria Finfortuné d'une voix terrible, oii ? là ! là^haut ! dans le ciel!

On le traîna dans la prison commune. Tout Pétdrsbourg prit part à son sort*, tout pria, tout sollicita en sa faveur, même le clergé russe , à qui ce trait fait beaucoup d'honneur. Le comte de Pahleii gagna les cœurs de tous les habitans par les efforts inouis qu'il fit pour le sauver. En vayt, Obuijaninow avait trop, bien saisi sa victime. S ** fut conduit à la place du knout. A moitié chemin on le fit retourner sur SQS pas , pour prendre la communion des.

mains

( lo )

maiiis Hu pasteur Reinbott Ensuite ^ ou ae remit en marche.

Déjà ses.deur bras étaient fiés au poteau; à^à on Taivait dépouillé pour commencer iexécutien, lorsqu'un officier arriv&'et parle à loxeiUe. du bourreau^ Celui-ci r^ond respectueusement sluscfui (Je comprends } s ^ . pais lèvent baisse vingt fois 1er knom sur le malheuceux sans le toucher^ tant il sut faire adroitement glisser les coups sur riiabillemenc du crimineL II est manifeste qu'un cœur hti**. main qixi^aAraSt pas pu arracher cethomaie innocetit a rignominie , a du moins voulu , par soii' autorité , lui épargner la douleur. . Le pasteur S *^ fiit xeconduit dans sa prison. M. "de Pahlen retarda, son départ pour les mines 5 soiu différons prétextes:, et eut mêuie à ce sujet qtielques pourparlers assez vik avec le procureiff-^nér^L Mais l'empereur insista si fort sur le xapport .de l'entière exécution de l'arrêt^ qn il fsdlut céder i là fin , et le mal-kenreux S**^^: porta pas à pas ses chaînes jusquàNeftschindc. Son épouse qui voulut le suivre, !ne pm en obtenir la permission* . . Lai aussi esritbre dans re moment* Quand . je^parris dè'Pétetsbourg , on l'y attendait tous les joars ^ et.personiiêfie doute q(ie le jeûne «mpereur^ aussi juste queiclémenV^ttie le i^î tablisse dansson bodnettr et* dans sa fortune. Q^lqpies Jours Jiprèf la moit de fempereur *

( 17^ ) Baul» le prince Subo«r doomt un ^aûil &at de cent couverts, chez un restaurateur à y ingtcina roubles pair tcte , sans le vin. On y but eiitr autres quatre cents boutdliBS lie Chaoh pagne à ainq roubles. Je ne ferais pas xnctitionde ce repas de prince ^ si un tndt de prince ne lui servait àc.txtùoL £n nlnqtiant, v{uelqu un se rappela xiu malheureux pasteur S ''^ * , et Ton ouvrit -suj^le-champ une sousoripcion en sa fnveur , qui rapporta , aiit-an, dix mille roubles.

. U y a àts jurisconsultes qui doutent que Tiordre inlinté aucoUége de justice ^idlofligei au pasteur S^ un châtiment corporel 9t)btigcât os coUége à décréter contre lui la peine du knouit5 la plus xig<»itteuse de tontes. Au xeste, il ne sera pas ittdiiSkent 'âmes lecteurs d apprendre que ie sieur Tuofandbi , depuis tant dannées le Aéau d« Kig^^ y a fini son rôle de la plus triste manièxe. iFurieux du mépris • dont on l'accablait par-^t0iit^ ik entreprît de perdre les babita«sjidecctte bopn):V31e; pom c^t e&t, il les dénohça.lbus à isnapeiem comme jacobins^ ctenvoya entovr unelongoB Ijste 9 sur laquelle -^ <ii:ouvaient les noms ies principaux bourgeois çtibnctiennaiies publics de la vîlle^ ayant le digne ct^vieux^ouvex- .hcur^élïéralNàgol^à rieur !tête; j: , '

Xe roonaïqufi duoit-et daiiîysoyant :ayant lu ce libeUey. dédarâ^ avec:t&^-id^ -bç^^^

P^at^tre » t|u^ Tumahski éuit &u ^ et le de^

.titua de son emploi* A mon passage par Rig» ,

ftu mois de juin de cette année, U f vivak^

pauvre et tuépdsé , des ooilectes <}ue faisaient

pour Jui ces imêmes habitans qu'il avait vouiil

tendre maibeoreux. De cette manière la Justice

nu pied hoiteux ^ comme l'appelle Horace^

a atteint ce coupaî>le , et lui a fait subir ua

jchâtiment^, tcop doux sans doute en com*

paraison des larmes et des «oupiis que sqa

«administration a coûtés à tant dé maiheureuK»

Madame Cbôralier ^t son mari , devenui

célèbres, quoique d'une autre manière , «oui

le Tegne précédent , éprouvèrent aussi la cléf

mence du jeune monarque , qui se contenta

de les renvoyer» Le sieor Chevalier , qui a

joué un rofe si imposant et si peu honcNcablej

et oui s'efforce depuis quelque tems à per**

luader le public ae son innocence dans le

Moniteur , le Journal de Paris -, etc. ,

mérite bien quon examine un peu ses actions^

laits et gestes (avec les restrictions nécessaires) ;

sans me mêler de sa vie privée et de ses tra«-

casseries domestiques (qui ne font rien aa

public) 9 je me bornerai à montrer la manière!

dont lui et sa femme influaient au dehors.

Madame Chevalier est née a Lyon ; elle est la fille d*un maître à danser. Son p^e mourut jeune, et laissa sa veuve et sa BUû laas fifl^igence* M. CbevaUer s^>(»fi( i im

connaître dans cette situation , et répoiisa» Quant à lui, c'est Farrogance personnifiée, et un des plus mauvaiis maîtres de ballet qui aient jamais existé, quoiqu'il se soit vanté plus d'une fois à Pétersbourg d'avoir dansé .un pas de ciqq au grand théâtre de l'Opéra, /ivec Vcstris , uardel , etc« Un jour qu'il débitait cette gascon nade, un homme d'espiit ui l'avait connu à Paris comme figurant, it tout haut : « Je trouve M. Chevalier trèsxnodeste-, il ne parle que d'un pas^de cinq, ipab moi je l'ai vu danser un pas de seize )>. J'ignore s'il a été effectivement figurant-, d'autres prétendent qu il fut second, maître de ballet du- théâtre italien ^ peu, importe. Ce que je puis, assurer avec. certitude, c'est que les baUets de son invention rfr'ont toujouis paru les plus pitoyables que j'aie vu exécuter. Il cherchait à cacher la pénurie de son génie par de grandes marches, de bçlles décorations que lui fournissait le célèbre Gonzaga, unique dans son art , et par la richesse des habillemens* Les ballets coûtaient des sommes immenses , quoiqu'à peiné on pût les répéter un couple de fois.. Il jouissait, avec cela, du privilège qu'aucune de ses décorations, atueune pièce de sa garde-rohe ne pouvait çervir à d'^i^tre;s rôprésentations.qua ses ballets. X^e théâtre allemand a senti plus d'une fois l'inconvénient de. ce pûvilége exclusif ^ car

('73) toutes les fois qu'on avait besoin (l*un C09* tuiiie étranger, on aurait envoyé vingt fois chez l'inspecteur de la garde-robe du théâtre , dans la conviction que la chose demandée iy trouvait par centaine , quon et lit sûr d'avoir la réponse 9 que ces habits appartenaient i M. Chevalisr. JT^voue pourtant ici » que la haine que le théâtre français portait à l'allemand , s'est souvent servie de ce préteste peut couvrit son refus. Un dimanche , par exemple^ je me vis obligé de changer la pièce que je voulais donner 9 et qui était Octmne, contre une autre, peu avant quon levât la toile ^ parce que^ ntalgré toutes nies prières et mes envois, malgré un billet écrit de la main de M. de Narischkin , il n'y eut pas moyen de me procurer quelques misérables habits de soldats romains* Ceci en passant comme un ^€s cent mille désagrémens que j'éprouvais en dirigeant mon théâtre* . Je reviens au sieur Chevalbr. On Sait qu'il arriva avec sa femme d'Hambourg \ Péters* bourg, ou celle-ci, par sa beauté (car elle est trcs-belle ) sut se procurer les relations les plus distmgnces. Ccst à ces relations que son mari dut le litre d'assesseur de collège , et la victoire qu il remporta sur le vieux le Picq , maître de ballet d'un grand mérite.

. S'il se fût contenté de cet avantage , s'il eût régné dans sa sphère, s'il y eût éulé son

( ^4 ) «K nmôur-popre , on se serait contenté 'c^en, ifite 9 de se moquer de lui » et je n'en ferais nulle menticO'. Mais , malgré toutes ses pio^ lestattons d'innocence et de probité , il est prouvé qQ*il a vendu pour des sommes îm-' jnenses son crédit réd ou prétendu. J'en sai^ «ne foule d'^emples* Je ne veux comprp' xnenre personne 5 mais en cas de besoin f Je pfuls prouper ce que fàvance. J ai atf devôût faire cette déclaration , afin qu on M me soupçonne pas (f avoir à la légère, et si»: Atsi ôuï-dires , attaqué la réputation d'un bon • jaête bchnme.

L'histoire la plus révoltante dans ce genre 1 et que tout Pétetsbourg sait , est précisaient telle que le sieur Cnevalier soutient dans le Journal de Paris, être fausse et îndipiment eontrôtïvée, Cest quil a eu Taïf lie profiter d^une petite circonstance accessoire qui a été mal présentée , pour crier i iâ^lomnîe'ct à Tinjustice. Oui, ^îeur Chevalier ^ il ne sfagit pas d*ttn dircnve-, et voîfi f)oQrquoi vous appelez le ciel et la terre 2 témoin de votre innocence ; mais il s'agit d une escroquerie" et d'une atrocité , et voilà pourquoi il faut raconter le fait.

■ Une certaine madame de N** , d'une de^

Îremières familles de l'empire russe, avait fgué , par t«tanïem , a l'aimable comte de R**. son bien ^consktam en 1 3 mtlle|>aj'saûs

(^75) JEUe arait pri» la poécautioa de saaanger auparavant arec la âmUfe àcson mari ^ et ae disposait par coméqumt <pie de son douaire. Csôberine II avait confirmé le testament ^ nonobstant cdà » il fut impugné sous le cègas de Paul I , et cassé par un ordre du cabinet*

M. de. N**^ à Moskou,. ae fondant sur. cet e3ien:ipIo, voulut parvenir à un but seul* niable.. Il se servie, pour conduire son a(* Jjùre, d'un Piémontais dont fai oi^lié h Aons 9 honnête bcmune et leconnn pour tel, qu'il chargea de s'adresser à M. et 4 ma* mne Cher^îer* La n^ociatibn s'entame^ On pix>aiet un superbe coluer à Madame et une iomme à Monôeur , qu'on fait monter si haut ^tie, de peur de me trotnper, je neveux pas mèmt la dire». Le coUiet est remis en guise d'anrhes^ amsi que la moitié de la somme promise;» On propose la chose à rempeieur, lequel la trouvant ixi^ttste, la rqette» On cache ioi^tems au Piémontats la non^néussite ^ i la fin U rapprend, redemande ses pœsens: on. lui répond par des sarcasmes et par des mepaces*

Désespéré » fl ^'adiiesse à une certaine m»dame de BonœU^ française de naissance, dom Tapparition mystérieuse i PétQtsbourg était une^ ésîgme pour tout le monde, et qui^ ayant.su se procurer de fortes protec*tioas ,. était tolérés par Kempereur non-seu-

leraent dam la résidence , mris à Gaischiiia mêoie. On la prise , avec assez de vraisem- .blance, pour une agente de Bonaparte.

, Cette femme prit ie parti du JPiémontais^ et raconta son histoire au comte Rostopschin, ministre d'état \ lequel étant brouillé dans ce moment avec ïami de madame Chevalier, la rapporta>à Tempereur. IXautres prétendent que ce prince lappf it par une lettre, interceptée du Piémontais» Quoi quîl en. soit, il est sur que lempereur apprit la chose par le comte Rostopschin.

Le monarque , natiitellement juste , entra dans une furirâse colère contre les Chevalier, et metiaça de faire un exemple tenible. Le seul parti à prendre pour emr., fut de. nier le fait, (c Est -ce- notre faute,, dirent- ils, si on nous oiFre de largent î- suffit que nous /l'en avons poim accepté » «En même tems ils demandèrent que le~ calomniateur fât exemplairement puni* .Le malheureux Piémontais est arrêté par «fdrede l'etpéditif procureurgénérai. O» trouve tout dun coup que liri, connu jusqu'ici comme un royaliste. zélé, est un ardent )acobrti« On lui appliqué le kiiout, on. lui iend les narines y. 6n: l'envoit à Ncïs* chinsk, dans les xnînes--^-^ Cette reiatioli est d'iuie personne impartiale et vraie ,~ qui la puisée dans la première source. De plus^ tout Pétersbourg. est témoin de HiorrîMe atco-

( 177 ) cité par, laquelle on surprit, d'une manière aussi monstrueuse , la religion et la justice sévère du mpaarque. Je puis me tromper dans les détails accessoires, mais le fond de Thistoire e^t aussi vraie que le soleil. Quiç M. Chevalier expli<}ue, sil le peut, coni-r ment il fait pour goûter une heure de som-> meil paisible !

Le luxe qu'il étalait dans sa maison , étaîç révoltant. Ses chambres ne le cédaient bas ^^ eh partie , à celles du palais J^licliaïlow^. Unî cabinet couleur de rose, drappé de fine mous^ scline à fleurs , semblait être le temple de la volupté, La famille jouissait d'un traitement considérable, montant à 13,000 roubles Cjr compris Mons Auguste , frère de la dame et danseur txès-médiocre, > Outre ce traitement, le frère et la sœur avaient dQS représentation^ à leur bénéfice, dont chacune rapportait vingtmille roubles et au-delà ^ car oii saisissait , avec enfipressement , ce moyen de se récom* mander a la famille toute-puissante. Je con^ nais des grands, parmi les courtisans, qui ont payé une seule loge mille roubles- Je connais des marchands qui ont eiivdyé vingtcinq roubles pour trois places, lesquelles en valent ordinairement une-et demie , et aux-

3uels on a renvoyé leur argent avec un de^ ain méprisant. Tout ce qui était en crédit . a<:our^ tout ce qui cherchait ^ s y main-

(etilf 4 faisait C6i)ovaî^]k des sacriiSces' s6iiv^( âù-dessitô de leurs forces^ sachant bien que f idole qii* Us encensaitfnt de cette fnamère ^ pouvait le leur tevâi&it^ eft qu'une somm^ qui ne répondait pas à soir attente ^ n échap'* pait ni' à ion attention ni à sa vengeance. -

Madame Chevalier n'avait pas besoîh d'offrir les places quand il y avait spectacle i ton bénéfice : on assiégeait sa porte pour avoir les premières loges ^ et chacun s empressait de lui témoigner son attachement en ttpèces Sonnantes. Mais Mons Auguste se Voj^âit obligé d'avoir recours à des rhoytni

3U1 ne sont pas à la disposition de rhomitid 'honneur. Il éctivalt ae^ billets ( ou pour itiieint dire il les faisait ébrire, car pour lui il n'était pas en état de le faire, 6t j'en parfe èh témoin oculaire ) à tous tes grands et riches de là ville , pôiif leur of&îr ses loges le poî-^ ;fiâfd Sur là gorge. On appellerait cela, en \6ù allemand , menditr , car effectivement cette eôntfibutîôn était une guèuserie, et ce'U» qui avaient le front dé se la permettre avaient, àprès-côup 5 Celui de se moquer de ceux qui leur avaient fait Tâumône* '

Oh conçoit que la famille Chevalier dut, de cette Manière , et 6n se Servant de mille autres moyens connus, parvenir à rasseiiibler àès richesses imrt"toses. Dé peUr de paraître vouloir dubrèt les choses > ;e m'abstiens dSn-

^t|tièt ici 1er ptk auquel oit faicaft mont^ les b&icHix es Madame^ et les sommes in« croyables que Monsieur faisait sortir de tems i autre dâ pays. Le banquier L^o ^ qui faisait ses affaires 9 serait l'homme qui pourrait en dire davants^e v çt en effet tout Pétersbourg s'attendait à ly voir contraint ^ ayant que * snadame Chevalier obtint la permission de

Emir 9 puisquil existe en Russie une loi à quelle on veille toujours: c'est que tout particulier qui sort du pays , quelque petite que soit la lortune qu il emporte avec sot , est obligé d'en laisser, en partant, un dixième à la courotuie ; on croyait donc , à bon droit, que puisqu il s'agissait ici d'une fortune aussi ; considérable et amassée d'une telle manière , où la défalcation eût été de quelques cent mille roubles peut -être, la loi serait mise à exécutiotu Cependant la générosité et la clémence du jeune monarque passa sur cetta circonstance. Il est même de fait , qu'il or:* donna au comte de Pahlen d'accorder, dans une lettre très-polie à madame Chevalier, la permission de partir : ce quelle ne se fit pas dire detix fois.

Son«iari avait été chargé, peu de semaines auparavant, par l'empereur Paul, de la cornmission honorable d'enrôler de nouveaux comédiens à Paris. Pour cet effet il avait «eçu , en argent, aurdelà âe lo^ooo roubles

pour sot) voyage 9 et des lettres -de -change* ppuc autant et davantage. Par-tout en rouici il étala l'insolence la plus grossière : et Je» maîtres de poste de. toutes les stations ne tar rissent pas sur- ce chapitre; Dans les< gazettes on lisaii : « M. Chevalier , conseiller de jcotlége et chevalier de Malte, a. passé par telle ou telle ville, etc. »• J'ignore s'il: a eu la hardiesse de s'arroger ces titrbs ^ mats cela fui ressemble fort. On a cru devoir protester, par ordre supérieur , contre, ces forfanteries ridicules.

C'est à lui que madame Chevalier doit probablement le reprocha d'avarice qu'on lui fait^ et qui cadre si-mal avec la douceur etl'aniéniîé de sa figure, mais dont on cite plusieurs traits. Le plus révoltant de tous est la manière indignQ dont elle a traité- sa vieille mèie, qui vit à Lyon dans la dernière indigence. C^e pauvriâ femme délaissée lui écrivait lettres suc lettres, ipQur en/ détenir .quelques secours. Point de réponse. A la fin anive un étranger à Pétersbourg , qui ayant >été témoin de sa misère k Lyon, lui av^i^. promis d en faire un tableau touchant à sa fille. Il se fait annoncer deux , trois , quatre fois chez madame Chevalier , sans être admis. N'ayant aucun besoin personnel de sa protection, il s'impa^. tiente , et lui fait dire qu'il était chargé d'une comaiisiiion de^ s* mère, et que s'il lui. im-^

( ï8i ) perlait de rapprëodie , elle eût la bonté de lui adresser quelqu'un. Elle envoie -^ un do» mestiqi^e.; L étranger outré et honteux d'un pfocédé si peu filial , refuse.de s'expliquer à 1» valct«^lorSi arrive Mons Auguste, comnie plénipotçatiaire de sa sœur. L'étranger lui fait la description la plus touchante.de l'état de. sa mère , et madame Chevalier.lui envoie de{ix cents roubles en billets de banque , pour lès lui remettre dans l'occasion. Deux cen ts roubles ! — la cinquième partie.de ce qu^unè seule loge lui rapportait souvent ! Elle à qui il n'en eût coûté qu*un mot pour conduire sa pauvre mère en triomphe à Pétersboiirg , et ly fairç^ vivtfe au sein de l'abondance ! elle qui comptait sa fortune par cent mille roubles , en envoie à ^a mère indigente rfewo: cents! Je souhaiterais pour 1 amour de madame Chevalier qu'elle pût réfuter cette anecdote \ mais jusquesla je n'ai pas la moindre raison de douter de la véracité ae mon garant.

Cette femme était belle , et elle 1 est encore, malgré son embonpoint et s^ trente ans. C*ést une chanteuse à grand talent , excellente pour les rôles naïfs et comiques. Un air riant et épanoui, qui réjouit le spectateur au moment où elle parait sur la scène , contribue à faire aimer son jeu; Mais elle s'est quelquefois aventurée dans^le tragique 5 et dans ce genre elle est^ selon moi, au'-desso^s du médiocre«Dans

le rôle dlphigénie , où elle charmait tafit f ent-

rsreur , elle n'est pas parvenue un seul instant faire oublier madame Chevalier , quçi <fi€a^. ait dit une petite pièce de vers qui ciroilak ^> alors à Péteisbourg , où Racine était à stt /

Senoux , et les Muses et les Grâces , au.-pcit 'elle 9 des dames de la halle.

Combien s'élève au-dessus (Telle , combien lui est supérieure à tous égards madame f^al^ i>ille , première tragédienne du théâtre de Pé» tersbourg ! qui sait joindre à un extérieur qui commande le respect 9 le sèndment le plus pur et le plus profond, Ja plus belle déclamation et une pantomime parfaite ; qui n'est pas seulement grande actrice, qui est avec cela une femme aimable, mqdeste et d*une délicatesse de sentiment qui rend d'autant plus méritoire en elle la grandeur d'ame avec la* quelle elle supportait toutes les oflFetises ou<« trageantes auxquelles elle se voyait sans cesse exposée. Elle est en même tems la plus tendre ^es mères , Tépouse la plus sensible et 1 amie la plus sûre* Piiisse-t-ellc pardonner cet éloge à mon zèle , qui l'emporte dans ce moment Sur la crainte d'appeler la rougeur sur son front, sur ce front qui n'a point désappris à roi^ir 1

Madame Chevalier fut au reste réveillée d'une nianière peu agréable du rêve de sa gtaadwr* Deux t>iSci0ac8 pénétsèroat de r^uit

éàfu^ ^ mù^m t et àcm^nditttÈi i lui parléif &ar*le^hamp. La soubrette insolente ^ accou-^ tûfnëe à voir tf aitâr sa dame en déesse ^ et à se troire elle-même un pei^oniiage d'importance^ Voulait le^ é<^onduird d'une manière peu hoa^ ftête ; mahctss messieurs , méprisant ses menaces et ses cris , entrèrent dans la cbantbre i coucher de madame , 0t se présentèrent devant $on lit. Elle se réveille en sursaut ^ et leut proteste que^son mari est à PariSé Ce n'est pas hri que nous cherchons , fut leur réponse^ Ayant appris en peu de mots ce qui s'était passée elle ^e vit obligée de se lever au mo« ment'iîiême ^ et de prêter 1 oreille à des railleries peu délicates.

II lie s agit pa^ ici du sujet de la commission de CCS messieurs. La visite fut courte. Ott n'éveilla pas même Mons Auguste. Ce qu elle éprouva pendant le reste de la nuit , et l'attente alarmante de l'avenir ont peut-être vengé , en partie , la' foule des malheureux quelle a faits , et des innocens qu elle a perdus. Cependant elle n'avait rie^ à craindre. L'admirable délicatesse du jeune empereur l'épargna énércusement; ce qu'elle n'osait ni espérer ni emander pour elle-même , elle l'objtint par des considérations respectables ; elle osasoitit de Pétersbourg sans qu'on l'inquiétât. Je l'ai Vue à Kcenîgsberg et à Be^i^Hn , plus brillante et plus grasse que jamais ^ et oUfire IVnntii ;

( i«4 ) îe n'ai remarqué en elle aucun sentiment cgâ eût lair de la tourmenter.

Je ne doute pas que le sieur Chevalier, avec son impudence ordinaire , n'entreprenne de nier hardiment les faits que je viens de rapporter, et ddnt la plus grande partie est à sa charge. Il tachera de rendre suspectes mon impartialité et ma véracité, mais je déclare ici solemnellement , que je n'ai personnelle' meiU aucun sujet de me plaindre ni de lui ni de sa femme, que je ne fais que partager rindignation ^Vz€ra/e du. public \ que j'aurais pu rapporter le quadruple de ce que j'ai<^it, si javais voulii citer les bruits populaires, et que c'est à grand dessein que )e n'ai choisi ne des traits qiii m ont été communiqués p&r es témoins dignes de foi , oculaires et auriculaires, témoins- qu'aucun tribunal ne récuserait J'ai administré de sang-froîd , comme il est du devoir de tout juge , loffice et la correction de la publicité , dont les fleurs-delys s'appliquent tôt ou tard sur le front du scélérat heureux. — Maisisn voilà assez sur le compte de ces gens.

La mort de l'empereur ntouvrit de nouveau l'heureuse perspective, de retourner dans ma patrie. Je résolus, dès que je le pourrais sans détourtier Tattention du jeune monarque des affaires importantes de l'Empire^ pour l'appeler sur un objet de si petite conséquence, de

^mand^ ma retraite. Le 30 de mars f exécutai mon projet 5 en remettant un mémoire au prince Subow; 9 aide-de-camp , général de Fempereur. Le z avril je reçus par la même .voie la réponse flatteuse, « que S. M. souhaitait, me garder à son service )7« Tant de ^bonté, tant de distinction durent me rendre extrêmement pénible la résolution de persister dans mon projet de retraite. Pénétré de la plus vive reconnaissance ^e dé(;larai que je m'estî- ' merais heureux de continuer à servir un prince aussi chéri et aussi digne de 1 être ^ mais que yu.i'état actuel.duthéatrer allemand, iljie me convenait pas de le diriger ; que s'il plaisait à -Ëempereur d y apporter des changemens favorable*;, de le ^régénérer , d'en faire un théâtre effectif èiZ la cour , au lieu d'un théâtre tituicdrey de l'égaler en tout aux comédiens fran- :( ais, j&consaaerais avec joie tous mes efforts pour! le -rendre digi:ie de l'approbation de la coiu.

Je reçus Tordre de dresser un. mémoire, , ;dans lequel j*eusse à indiquer les moyens 4e ^perfectionner le théâtre allemand. J'obéis. Mon î^VPLy quHl a plu à tsn correspondant de la îgaxette: d'Hambourg ignorant ou malévole, ^l'appeler gigantes^è, était calculé avec la plus grtiKlQ économie. Tandis que le théâtre irançais coûtait par an au 7 delà de cent mille xoubles. eu Simples appolntemeos , je m'cngar

geais a entfeiemt, à raison de soixante ni;^^ une troupe qui pût rivaliser la fran^iise. U parait que l'auteur de cet artide de la gazette n'est pas uû Allemands ou qu'au moins il n'aime guêres cette nation, puisqu'il trouve gigantesque qat jfaAc demandé pour l'entre^ tien des comédiens allemands m peu pte de la moitié àa, gage àe% Français^ ^

L'empereur chargea le grand-maréchat de la cour d'eiciminer mon plan. Cchâ-ci Fap^ prouva*

« Combien coûtera , daprès ce plan , k théâtre allemand » ? demanoa l'empereur.

Soixante mille roubles par an;

« Et combien a-t-il coûté jusqnà pzâ* sent ?»

Hien.

Cette r^K>nse dut nattirellement éttnmar fempereur. Elle était juste sous un point de vue. J'avais, à force d'ambition et décèle, à force d'application et <l'efForts , porté la recette .de l^hiper à jiaooo roubles, et de cette rexette j'avais fait tête à toutes les dépenses Mais le grand - maréchal ne songeait pas que ta recette des sept semaines du carême serait imlle , et celle de l'été très - médiocre \ ^que d'ailleurs le théâtre étaitt fort imparfait ext^ ^eait de. grandes améliorations» On ne poiE* -yatt s'attendre à voir le monarque descendre de InU même à de tels détails , (fautant *{^ia

aiic le méinoitt n'en faisait aucune mention, n'était 4pnc pas étrange qu'il trouvât lu isommc trop forte.

J'étais assez instruit de la disposition oui était la cour par rapport au théâtre. allemand ^ et paï conséquent assc^ préparé à révènement ^• pour ne pas avoir , au cas que rempereur n'approuvât pas nron plan ^réitéré la demande A ma retraite. Elle me fut acordée» dans le* fermes les plus eracieux ^ et f obtins en mteme tcms te grade de conseifier de collège.

Je suis parfaîtemer^t convaincu , jusque ce Jour , que la couf^ne pçut maintenir k théâtre ^Hemand, même dans letat défecmeux où il se trouve aujourd'hui, sans imc contribution anttuelk de ? 7,000 roubles (i). si l'on eût répondu à l'empereur : « Après les changeinens et les améliorations, ce théâtre coôterl à V. M. 2},ooo roubles de plus q«*â présem, fai lieu de croire que la réponse du nlonar- ^ue eût été autre, d'autant plus qiie la jeun^ impératrice aime les muses allemandes. Mats ce Rien ne pouvait psK produire un autre effet.

Tdîes sont les circonstances démon congé» dont fauteur d*un article de la gazette d'Hambourg a eu la bonté de dire malignement :

irt*i

^i\U n'igoure pas que M. Miré ,, et «o cerdn Cauxzt m ^Dt chargés de l*cncrepri»e à un taux bien plu» médiocre ^

Qu il n*est pas bien clair si fc 1 ai demandé ou reçu« A Pétessbourg, la chose était fort claire. Malheilreusemem- il y. a toujours d^ hommes, à qui l'envie fait croire le cou* traire de ce que tout le monde sait*

En faisant mention de la pension qui me fut accordée , le même çi^respostdant ajoute tout aussi malignement ^ que je lavais dé^ mandée f et veut par U rendre cette distinction moins hoporable pour mou II ignorait que f empereur Paul avait assigné cette pension sur sa cassette \ que ces pensions continuaient souvent , et même d'ordinaire ^ quand on lenonçait au service , et que sans me rendre le moins du monde à cnarge au jeune Mo^ narque par des sollicitations et des prières , eUe me fiit accordée sur ma simple demande^. * Je suis trop jaloux^ et de cette marque de bonté et de bienveillance du jeune empereur^ et de ma propre réputation d'homme xao - 4éré dans %t% prétentions 9 pour ne pas avoir mis ce point dans tout son jour^ au ris<|ue d*avoir ennuyé mes lecteurs*

Le 1^ avril je quittai Pétèrsbourg avec ma famille, pénétré de reconnaissance pour le Monarque défunt et Icmpercur régnant. A Jewe nous nous arrêtâmes quelques semaines chez le prévôt Koch , et au sein de sa noble famille. Accompagnés de leurs vœux tendres et sincères, nous continuâmes notre route

pour Wolmarshof , campagne du baron de JLowenstern, qui nous y avoit cordialement invités, ' ~

Comme le cœur me battait en approchant tdc cette demeure de la probité et de la loyauté ! A 'la firi je voyais s'accomplir je plus ardent •de mes souhaits I j allais revoir la femme qui dans les momens les pltis terribles de ma vie m'avait envoyé tous les secours qui dépendaient délie ! Que j étais impatient de presser ses mains contre mes lèvres et sur mon cœur ! J allais revoir le jeune homme dont les larmes avaient coulé sur moi, etqui.s'é-tait efforcé d'alléger mes peines avec une tendresse de frère!- La première personne que |c rencontrai en sortant de voiture, fut M. le chambellan de Bayer. Quel mélange de sensations se croitèrent dans mon rame à sa vue ! D abord après lui parût madame de Lovenstern. Je fus incapable de lui rieil dtre^ mes larmes parlaient éloquemment à ma place. Je cherchais des yeiix son brave fils , il vola dans mes bras , et je le pressai avec des ^entimens fraternels, contre mon cœur. O

Sue le souvenir des maïix passés est doux ans le cercle de Tamitié participante ! ' Je reçus ici plusieurs éclaircîsscmens sur cette partie de ition histoire où ces dignes

Eersonties s'étaient trouvées intéressées. Les itties que j'avais écrites à Stockmanhof avaient

lout^ été envoyées par M. de JBayor tu bra^if gouverneur de Riga, à lezception de celle au comte de Cobenzl ^ qui n aurait pu qM me nuire« Le gouverneur les avait, sw$ le moindre saupuie, envoyées. à lempeceur^ qui, d'abord, ibrtement inité de mon.érasioq^ lui avait répondu ; « qu il eût à faise towt d^ suite venir le chambellan de Bayer à Kiga.^ pour lui adresser une forte réprimande d^ ce qu'il avait osé permettre à un prisonnier d'État décrire des lettres »• Cette répimande^ qui contenait .un éloge du cœur de M» de êayer , lui fut faite ; mais on peut s imagiq^c combien l'humanité reconnue du gouverneur en aura adouci la rigueur.

J'appris encore que'mon^ conseiller ava|t communiqué à M. de Bayer Ses instructions ^ et qu'il eût, par conséquent, été tcès*da]^ereux pour celui-clde s'intéresser plus vivement pour jpioi. M. de Baycac essaya de justifier le iroid et prudent sieur de Piostenius. .Ce n'est pas ma faute ^ si mon sentiment intérieur résista. à tous ses argumens.

On avait généralement regardé le conseiller comme un homme bon et sensible, et on s'en étak'Seaucoup promis. Cette erreur était bien {^rdonnable à ces âmes ihonnetes, car jamais je n'ai vu joindre tant de rudesse à t^m de dissimulation. N'est-il pas venu trouver ma ismme j lorjsquà son retour à

Péterskrarg 'û em appris ma prochaine xlé* Uvrance, pour la féliciter» «t lui dire que notts éUofis amis intimes» que nous avions vécu en frères pendant tout ie voyage ? N'estil pas venu ches moi - même » après avoir appris 4a distinction avec laquelle 1 empereur me tsaîtait » me faire bassement sa cour ? Sa v^ue. m'était oïdieuse ^ je la sentais comme un coup de poignard : aussi le remarqua -t-il à la En 9 et ne revint plus.

Afsès avoir passé agréablement à \^ol*^ oiarsbof quelques jours , nous nous remîmes . en route pour Kim , où des amis âdèles nous attendaient. Je ny trouvai pas le digne gou^* verneur.de Richter, qu une maladie retenait malbeureusement à la campagne <j mais j'y vis mon anû le sensible Eckardt», et l'habile médecin Stof&egen» auxquels j'exprimai toute ma reconnaissance/ Nous fûmes conduits par lepremier dans sa campagne de Grajfieivheyde». quiiest un petit paradis terrestre, eMious nousî quittâmes au bout de quelques jours ^ nous comblant de bénédictions et de vœux réci-* prooneSi

. J appris enttr'autres à Riga » qu'une lettre que :ma ièmme avait écrite .4 k duchesse )de Weimar^ avait été envoyée .à Pétersbourg pcar le directeur de la poste , et lue par iem<s peret»; que celui-ci avait donnéordre, en la envoyant .tout' de «uite^<de la ^eciiçheter arvep

soin et de la faire parvenir à son adresse. Mes amis avaient tiré de cet incident de favorables conjectures \ et il est certain que cette lettre » que je possède en copte, na pu produire qu'une impression salutaire sur le cœursen^ sible du monarque. Je dois donc peut^-être en partie ma délivrance, à la personne du monde a laquelle j aimerais k mieux la devoir, â ma femme. .

Nous ne retrouvâmes plus , à Mietan , le gouverneur <le Driesen : il était déposé. Le brave conseiller Sellin de Poiangen fêtait aussi. Je ne le vis point , mais je vis le lieutenant qui m avait accompagné de Poiangen à Mieiau, et qui se nommait de Bogeslasw^kL * Il me reçut comme un ancien ami, et nous força à déjeûner avec lui« Comme je nie: rappelai, dans ce local, k. scène de mon arrestation i Quelle faveur de la natme^^quele souvenir de nos peines passée prodt^se la^ même jouissance, et peu^etre mie plus grande'^ encore, que celui àt nos plaiiirs passés! Je/ m'informai do T-bonnète cosaque qui nous avait accompagnés sur le siège du cocher-, ^voulais lui faite tm cadéàu-vtl était absent.

Quand nous senfîitîés la voiture rouler avec» nous , quand nèus. passâmes à côté dn corpsde-garde!,- quand là batçiètô^àbàissi derrière nous ,- quand bientôt' *pi:ès' laigie prassi«i ftous teiKiu4eSa^e^5^-r-^urqu0i rougirai^fe

davoufic

4i*avoUer que je fondis en larmea? que je le^ confondis avec celles de ma femme ^ en nous tenant fortement embrassés ? Ce n'est pas que j'eusse auendu ce moment pour me réjouir du sentiment de ma liberté y non, le nom ê^ Alexandre est, pour tout honnête homme^ un garant sûr de son existence civile \ mais c'était un mélange confus de sensations inex-^ plicables et fortes, qui faisait couler ces douces larmes \ c'était la vue du théâtre de mes malheurs \ ht récapitulation de toutes, les scènes. par où j'avais passé s le souvenir de cette angoisse involontaire qui m'avait accompagné, il y a un an , dans la même roi^te s 1^ contraste de mes sensations \ le tour heureux et imprévu que mon sort avait pris > ^^ reconciaissànce envers Dieu qui m'avait rendu tous ceux qui m'étaient chers \ la joie de voir mon long et pénible rêve changé eh un réveil agréable : toutes ces .considérations , passant dé mon cœur dans mes yeux ^ en pompaient cçs larniès délicieuses , et ce fut en les répandant que je saluai les heureux états de Fré^ défie Guillauriïe III. Au moment où je inîs le pied sur leur frontière, je crus rentrer daps ma patrie.

, Je troui^i à Kœnteberg le comte Ku-» taissov, favori et confident habituel de l'empereur Paul. Si quelqu'un pouvait me doxmec

(i?4) des édaÎKissemens sur les causes et mon «^ feslatkm , c était luU II v avait kmg-teo» ^ je le comiaissais , mais cétak dans nafems où il eût été peii coaveaaUs de kn faiie des qaes^ tions relsvtives à mou Ce qod )a navab pas, oséfaiveàPétccsbotirg, je peuvaisk £dieid •ans scrapule* Je lui insinuai le ,desii tjae ^'avais d appendre ks motife qm avaient pa eagages rempecear à me tiaiter avsc tant dq f^œuf • U oie lépondit avec une feancbise qua titti ne pouvait rendie siiqaecii»^ ^ue Tempo* ffeur n'avait euancun motkT jpariicuU^r> mais i^e ic-hil avais donné de londnago comme anteui» « Mais , afouta * t - il 9. vous arvesc "vu combien vite çt avec ^^i^ pbisis il zev«aaît d'une erceur. li vous sômait ^ Il vous ena donné tous les jouis des pensves^ et vous Haoniten» corn mieux pàm^ dans la suite »•

Qu elles reposem donc en paix^ les cendres d'un prince cjui pourrait rejeter en grande partie les torts qu'on h|i a reprochés^ su^ tes ronces dont on a parsemé sa jeunesse ^ sur les évèneiùens étranges, de la£n de son siçele, ^t sur le caractère des personnes qui Tentouraient^ qui. souvent a pu se méprendre sur le choix des moyens qn il employait pour faire îê bien^ maê qUi^ie voulait qttê leiiw^, ia justice, sans appajreiice des peisomies -^ ^uis^ma àsd bkiifaits^i l'infifii)^ immu^ hîûl ^«nief «jua

des plantes vénéneuses, dontjes fleurs brillaient agréablement autour de Iqi , mais dont les va*, peurs méphitiques Ipnt flétri et étouffé.

Je finis en plaçant ici des vers qui ont circulé dans PétersDourg peu de jours après la mort de l'empereur. Je n'en connais pas lau-^ teur y mais spn tableau porte le cachet de la

-Jirérité.

On le connue trop peu, lui ne connut pendnnej Actif, toujours pressé, bouillant, impérieux. Aimable, séduisant, même sans la couronne. Voulant gouverner seul, tout voir, -tout faire mieux: U fit beaacoup d'ingrats, et mourut malbeUtcuz.

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