‹ Une année mémorable de la vie d'Auguste de KotzebueChapitre 17 sur 18 · LA RUSSIE · texte numérisé non relu

LA RUSSIE

J ' A l-lu les Mémoires secrets sur la Russie, Ce livre a fait beaucoup de bruit , plus qu^il ne méritait d'en faire. On a crq , et l'on croit peut être encore , que Tauteur a puisé dans des sources authentiques; il vaut donc la peine d'examiner son ouvrage en détail. Il a fait rejaillir sur ks grands et sur les petits un poison si corrosif; il a attaqué avec tant d*audace rhonneur et la vertu du monarque et de la nation, que je crois mériter la reconnaissance du public, en soulevant le masque qui le couvre , et en le contrefaisant ouvertement là où mieux instruit qiie lui , J9 suis à portée de le faire.

Si je voulais , à son exemple , transformer en autorités des bruits de ville et le caquet des antichambres , il me serait facile de réfuter chaque page de son livre ; mais peu versé dans Fart de se donner un certain air d'importance , }e répète que je ne

parlera! que là où ma conviction me permettra de

parler. Si les Mémoires secrets pénéttent jamais en Russie , il sy troMyérà assez de personnes , n^ieux instruites que moi , en état d*en dévoiler le faux.

L'auteur se donne l'air , dés sa préface , d*avoîr ÔCcu'pè , Dieu Sait , quel poste important à la coûr ; et réditeur ajoute qu'il a vécu clans des relations intimes avec tout ce qu'il y a de grand et d'influent à St.-Pétersbourg. Or comme il importe a tout historien ou rédacteur de mémoires qui forme ûqs prétentions à la confiance du public , de prouver qu'il a pu savoir la vérité et qu'il a voulu la dire , commençons par nous occuper. un peu de la personne de l'auteur.

M. de M**. ( I ) le cadet est Suisse. L'histoire de sa jeunesse ne serait point ici à sa place. Il eut accès dans la maison du général Soltikow» à la recommandation duquel il obtint le poste d'inspecteur des écuries du grand-duc Alexandre , empereur d'à présent. Il se peut que le grand-duc lui ait voulu du bien; mais je ne vois pas comment son poste a pii lui frayer la route de ses relations intimes avec tout ce qu'il y avait de grand dans l'empire. Il a fait de fc »i ■ — ^^^■^— i^— 1^— »— — ■ I ——■11.^—

[ I ] Je n'achève pas son nom par ménagement ^out son rétpectable frère. Du reste , il à lui-même épargné au lecteur la £eine de le deviner y puisqu^il s'est rendu par-tout si reconnais'sable « <|u'on volt '^u'il lui importe peu de garder L'auonyme^ *

petits vers ; îl a passé d^m son cercle pour un homme de bonne société, mais il peut se tenir pour assuré qu*un bon nombre de grands et de personnes in* fluentes à Pétersbourg, ignorent jusqu'à son existcnce< Qu^n juge par>là ,. s'il a pu toujours dire la vérité.

Mais en supposant qu^on lui accorde ce point, il est bien sûr qu'il n'a pas voulu la dire. Lui-même dit naïvement : il ne faut pas moins que le plus juste ressentiment pour m'enhardir à parler. Que peut-on attendre d'un écrivain , que son ressen-timent fait parler, et qui n'a pas honte d'ajouter : n'est-ce point à l'indignation à révéler ce qu'uiie coupable reconnaissance peut engager à taire ? C'est donc son indignation qui éclate seule dans ses Mémoires , et qui est tellement exaltée qu'elle lui fait regarder la reconnaissance comme coupable , dés qu'elle ne lui permet pas de dire tout ce qui pèse sur son cœur. Que peut-on attendre d'un écrivain qui croit à une coupable reconnaissance ?

Et qu'est-ce donc au fond qui l'aigrit tant ? On a eu des torts envers lui , j'en conviens; il était innocent, je veux le croire. Des soupçons, quelques mots insigmfians, l'éloge des troupes françaises etc. engagèrent l'empereur, trop vif peut-être à bannir les deux frères M** de ses états ; mais il le fit sans toucher à leur honneur, sans retenir leur bien, sans refuser à leurs familles la permission de les suivre. Ils étaient tombés en disgrâce, voilà fout;

Tempereur leur avait retiré sa confiance , et ne voulait plus les avoir à son service; voilà tout. C'est bien assez , dira-t-on , c'est bien dur; oui, mais pas assez pour faire de la reconnaissance quelque chose qui dépende des circonstances. Si M. de M** se fut contenté de prouver solidement et paisiblement-son innocence dans un méinoire,il aurait gagné tout lecteur impartial. Mais cette collection d'anecdotes scandaleuses , ce soin visible de recueillir tout ce qui peut rendre la cour de Russie atroce ou ridicule, prouve assez que l'empereur Paul n'eut pas fort d'écarter un observateur aussi atrabilaire , qui voyait tout au travers d'un verre noirci. En général , le livre de M. de M*^ est à mes yeux la meilleure Justification de la conduite de l'empereur à son égard. Qu'il essaie de composer dans la république française si vantée , la chronique scandaleuse de la cour française d' aujourd'hui , et je gage qu'il s*estimera heureux s'il n est pas déporté à Caycnne.

11 dit: je n'écris que ce que j'ai vu , entendu , senti ou éprouvé moi-même. Cela est singulier l Je ne trouve dans tout son livre que des choses en^ tendues , et que j'ai entendues avec raille autres , quoique souvent autrement que lui. Bon Dieul si pour écrire des Mémoires pour la postérité , il suffisait d'ouvrir les oreilles ^ il faudrait que la muse de THistoire fit son temple de chaque antichambre. Si M. de M^* voulait qous faire ajouter foi à ce q[u11 n'a ni vu , ni senti , ni éprouvé , mais entendu ^

^evûc nous oosKcr ses gsaoi; ùmÊcéttfmoiiiï permettra de at pas Kcme plas de cosrfiaace M inspccmr d^s éccnes da gjaod-dacy qœ is loar aotre sous eicp'oré de la cour ife Rossîe. Page 4 de la prê^ce îl saoone fanpeieixr n tyran vindicatif. Certes Facl n etsit riea oiocss que vindicatif. Faire torr, souve:;! grand tort à ^e!:p:*ca dans le premier fea de sa colère, cVst ce qoll pouvait; mais la rancune , b vccgcacce étaient étrangères à son coeur. Cterai- je àss exemples de personnes dont il se croirait offensé à tort on à raison 9 qu^il ptmissaît dans im moment, et que le moment d'après il clerait sur les premiers degrés de son trône. U serait iiitnîle de dter ces exemples; tout le monde les comair. Si Tem* perenr eût été vindicatif, et par corsécnent rsi:ciineux (car Tun ne va iamais sans Tantre)., If s annales de FhîstcMre parleraient probablement à la postérité d*un horrible attentat de moins. M. de M** se vante de hardiesse et de franchise en prononçant le tnot de tyran vindicatif; cù est Fiionnéte homn:e qui ne trouve quli appelle d*un nom beaucoop trop doux les méchancetés qvTû se permet?

On ne peut que sourire en lisant ( p. 5 } a que M. de ^*** sent er éprouve que les despotes atteignent de W>in ». LVmperenr nb plus fait mention de lui, n a plus pensé à fur. U est encore plus ' choquant quand il sonti. nt cTabord^ après hardiment u ^u îl use avec modérarion du droit d'échre ». Je

voudrais bien siToîr, comment îl aurait fait pour rassembler pies d'horreurs en deux volumes I

Il avoue assez naïvement (p. 6 ) que sa faible mémoire est la seule source dans laquelle II puise» puisqu'il a jeté tous ses matériaux au feu. C'est effectivement prétendre un peu trop du lecteur , que de vouloir que l'on ajoute foi à la Jalble mémoire d*un Inspecteur d^s écuries du grandr duC| quand il nous vient conter tous les secreir de l'état et des familles.

M. de M** s'emporte impîtoyablemenc dan» son livre contre les pauvres écrivains allemands. Il ne les désigne jamais que sous le nom de/<7^jrneurs^ sans appuyer cette épith^te injurieuse d'une seule preuve. Ah ! M. de M**, si j'alais publier quelques-uns de vos petits vers, qui mériterait mieux que vous le titre de flagorneur ?

M, <?e M** voudrait représenter chaque sujet de Russie comme un vil esclave; il prétend n.éme c;ue le Russe , par Une espèce d'apothéose , a changé le nom de Catherine en celui de Jecathe^ r//7«rqui signifie selon lui ArchU Catherine» La plaisante invention l Jecaiherine est un nom , et signifie aussi peu A rchh Catherine ^ que a^urkè (qu'on dit en Livonie pour gurke^ concombre) une tfrchi - concombre ^

P. 48, M. de M** n*a pas honte de dire de Tempereur : « Le tyran de l'empire l'est aussi de sa famille; il y défend les premiers et les

VIJ plus justes sentimens it la nature )i. Jamais on n'a dit une plus abominable fausseté. Il faudrait écrire un livre, si je voulais citer tous les traits domestiques , où l'empereur Paul s'est montr.é époux tendre et bon père ; et je n'en sais que le plus petit nombre. Je ne prétends. pas nier qu'il ne se soit permis envers sa famille des mûuvcmens de colère, qui, quoique de courte durée, auraient pu avoir quelquefois des suites très- sérieuses \ mais il n'en était pas moins susceptible des plus tendres fentimens de la nature.

Qu'il est rare , par exemple , de consulter une princesse quand on veut disposer de sa main. Eh bien! je sais de science certaine que l'empereur laissait aux princesses ses filles le libre choix de leurs époux ; ne consiiltant pas ici la vcix de la politique , mais celle de son cœur paternel , il ne faisait à cet égard aucune promesse , qu'avec l'expresse condition qu'elle eût l'approbation de £a fille. Qu'on me nomme beaucoup de cours- où cet usage prévaut !

Lorsque la défunte grande-duchesse Alexahdrine prit congé de lui , avec quelle tendresse inexpriiXiable la serra-t-il dans ses bras? combien de larmes il versa dans son seip ? Elle était déjà en caresse, qu'il descendit encore dans la cour, ou<* vrit la portière, et bénit sa fille chérie en sanglotant. Est-ce là la conduitç d'uii homme qui étcfead Us premiers sentimens dt la nature ?

Je pourrais dire encore bien des ch<jses , mais je ne cro)S pas , comme M. de M**, quil me soit permis d'imprimer tout ce qu'on nra dit. Cependant ]e vais encore fournir une preuve contre son.assertion insensée, puisqu'elle est en même tems un exemple de Taniour et de la tendresse que l'empereur Paul a témoignés à sa famille jusqu'au dernier moment de sa vie.

Cécait le 1 1 mars, à cinq.ûu six heures du soir, peu d'iieures avant la mort de Tempère ur, que le conseiller de la c6ur V**, qui avait été appelé pour affaires chez Tlmpératrice « attendant ses ordres dans.rant;chambre, vit au travers de la porte entr'ou verte l'empereur se reijdre auprès d'elle. 11 avait l'air de la meilleure humeur , et dit à son épouse en entrant : Mon ange, je vous apporte quelque chose qui vous fera plaisir. — Comme tout ce qiiî me vient de votre part , répondit l'impératrice. Alors l'empereur tira de sa poche des bas qui avaient été brodés par dé jeunes demoiselles nobles dans un institut que l'impératrice protége'et dirige. Apres avoir eu cette attention pour la princesse, il se tourna du côté de se> plus jeunes cnfans qui jouaient autour de lui, les prit dans ses bras, dansa avec eux par la chambre ; en un mot , fit tout ce qu'un 'père de famille tendre et aimable peut faire. M. le conseiller V** fut vivement touché de cette scène, et je n'ai pas besoin d'ajouter lin seul moT, puisque c'est à des coeurs sensibles que je parle.

A la page 79, M. de M** fait une violente sortie contre les grands de Fempire durant les dernières années du règne de rioipératrice Catherine. Il dit d^eux qu'ils étaient sans connaissances , sans vues , sans élévation , sans probité ; il leur conteste même cet honneur vaniteux qui est à la loyauté « ce que l'hypocrisie est à la vertu. Il les accuse d'avoir été durs comme des bâchas, êxacteurs comme des péagers , pillards comme des laquais , et vénaux comme des soubrettes de comédie, en un mot , il n*a pas honte de les appeler la canaille de l'empire.

Qu'on place un tel tableau , que la fureur virulente pouvait seule esquisser , et l'extravagance la plus effrénée se permettre d'achever; qu'on le place» dis-)e j à côté des portraits d'un Repnln , également grand en campagne et dans le cabinet , d'une probité incorruptible, généreux et libéral ; d'un /^o« man^ow , de ce grand capitaine qui légua ses vertus à ses enfans; d'un Besborodko qui était à la vérité un bon vivant y mais une excellente tète et un travailleur infatigalle; d'un Wasitiew ^ trésorier de l'empire , que l'on peut sans flatterie comparer à Colbert pour la probité et les talens; d'un Soltikow^ Kutusoff, Markoff etc. t et Ton serait tenté de donner à ce qu'il plaît à M. de M** de nommer hardiesse et franchise , des noms tout différens et bien plus durs* Et quand il a le front d'ajouter , que les grands ont salarié leurs domestiques j leurs bouffons, leurs secrétaires et même le gouverneur de leurs enfans ,

par quelque caisse de la couronne , dont ils avaient le maniinent , cette assertion est si déshonorante et si calomnieuse » que celui qui Ta jetée sur le papier au hasard çt sans la prouver, mériterait. d*^tre traduit devant un i/ibunal criminel.

Je prie , a|i reste , Je lecteur de remarquer , combien de fois M. de îA^* , entraîné par la passion , contredis ses propres assertions» En appelant les graad$,sou5 Le rigoe^eCatherine^la canaille de Tempjre 9 il fait un prime à l^empereur Paul , de les avoir é.carté$ à son ayènement ^u trône ; en convenant que ks entours-de Paul étaient moralement meilleurs 9 il se moque à tout moment des nouveaux

p. 8a il répète le reproche rebattu qu'en Russie il ny a pas de lois , mais simplement <les ornas ou des ordonnances. Il est vrai que la commission {>Qur les lois^ établie par Catherine , n'a point encoce opéré 'tout ce qu'on osait en attendre ; cependant il s'est fait infiniment plus pour la législation sous le règne de cette femme immortelle , que M. de M^^« oe paraît savoir. Son incomparable JnstrucUon pour i^adminîstrdtlon du gouvernement de f empire de Russie ; son Instruction pour les villes; son Instruction pour la noblesse ;- son Instruction pour Us métiers , etc. : tout cela est plus que de simples oucas y et forme , dans son ensemble , un code de lois assez complet. Tai été mol-<même , pendant dix ;àa« > dans le cas de juger une foule de procès d'apros

CCS lois ^ et je me suis rarement vu dans4a nécessi^^é d'avoir recours à un co^Jjg étranger.

Ce n'est pas ici k lieu d'exapiiner si le pl^n de l'impératrice d'introduire un co.de uniforme cîans son. vaste .empire j n'était pas u;n pie u^ désir et ôep. de plus. SfUis doute qu'il serait heureqx de pouvoir abolira la an la confusion qui ne piut que ^-é^ult^r de cette, foule de çoutumes^et.de privilpges qui sp croisent. Par exemple > le <ribun^al de justice dqi^t j'ai eu l'honneur d'être Drîsiclent.p^dant dix annéçs, était un tribunal d'appel pour tQiîs,les çijgjstrats djî la province, de,sorte^^uj?jesç;^uf^sli^igieu|!ies deR(;- . val JHaflsal, \l^eis§eiist!çin.W/etfien t^^ et B^ltifchport devaient y^çtreju^fes;i^.aisj*4i^^^o^l^^ procès de Reval selon tes lois de Lubeck; un de .Hapsal selon celles .de.Suèd,e;.^a^^e Bahischpo^c selon celle.s de^Russie , etc. , ce qui rendait J'admi,lîistration <le la justice infiAipe^t compliquée ^t pénible. . -

.M. de jyi** R9*ts?^ ( ?• V^ ) l*amour dp ^r^iq^p pu po\qtdç soutenir que l'impératrice .(Catherine., i;amie et la fille gâçée^dcii muses , p'a point prp^gjé effiçacement^les arts et l,e& çclençes ,(ms)is qu^elle jl fait acheter par QstpijLt^tic(nd,es biyîpt|îèjquqs jet 4jtS collecyoxis ^e tableaux, et,eqypyéî,d,es,pédfii}li?s4 ^ des .écrivains aUefn,at)(}s^qui Ipi 4^iaient quelq^p ouvrage. Yoilà deces chgses qu'il ne^ftiit pas rçfg- .^*^^if?î?>s ^W^^ 4V? spuf ire de.pitié.

; Pft >:«^îe^,,.U.fst,txis-plai5a9t de \w,^^^j<^

quelle sufSsanee une tète aussi superficielle que Test celle de M, dç M** juge tous les ouvrages qui ortt paru pendant les trente-cinq ans du régne de Catherine. A Texception de quelquies ouvrages d'histoire naturelle, dit-ît, aucun livre digne d*ètre connu ailleurs, n'a honoré la Russie. Sam doute qu*it n'en connaissait pas la plupart, et pe savait que les titres de quelques -uns, Euler par exemple , Hnsignifiant EuUr^ \\ Ta passé sous silence. D'un autre côté il nous conte des merveilles de bibliothèques entières qu'on a découvertes dans des ruines sur les bords de Tlrtisch.

P. iio, M. de M** dit qu'à St. Péteribourg les 'Allemands sont artistes ou artisans, sur-tout taîlleurs et cordonniers. L'inspecteur de Vécurie aurait bien dû ajouter les selliers , qui sont pour la plus plupart allemands; et malgré cela^ il n'aurait pas désigné la moitié des allemands qui vivent dans cette ville , et dont le nombre passe celui de ^0,000. Fresque tous les marchands, et un grand nombre de fonctionnaires publics sont de nation allemande. Au rtstt^ M. de M** se trompe quand il prétend que l'on mange plus dans les maisons aile* jnandes qu'ailleurs, et qu'on s'y fait force com— pltmens. Il est vrai que les pauvres allemands bornés n'ont aucune idée de cette hardiesse et de çtns fiéuichtse ^ où M de M** excelle.

L'abus qu'il relève (p. ^ij) que les colonels étaient ks despotes de leurs régiraens; et que

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' tous les détails ffe réconomie passaient par leurs "mains , est fondé ; mais il aurait dA ajouter qu*il d été réformé au moment où Tempereur Paul est monté sur le trône. ,

P. 131 M. de M** reproche à l'auteur de la description de St. Pétcrsbourg une négligence impardonnable, celle d'avoir confondu sa personne importante comme homme de lettres y avec celle de son frère. Fiez -vous après cela, s'écrie- tr il , aux descriptions? Et pourquoi non? Peut-il importer à un seul lecteur, de connaître un petit auteur de petits vers insignifiant? Pourvu que les notices intéressantes soient vraies , il vous fera grâce de celles qui ne le sont pas. Du reste , M. de M** devrait être bien aise routes les fois qu'il se voit confondu avec son digne frère. Cet homme modeste» honnête et plein de méiite vit dans une terre près d'Erlangen , et ae s'est pas peu effrayé de la publication insensée des Mémoires secrets. Il y eut des personnes, qui ne le connaissant pas assez particulièrement, le prirent pour l'auteur , mais il s'est expliqué avec force et sérieusèment sur ce point avec ses amis.

P. 132 , M de M** fait à l'empereur Paul un nouveau reproche injuste, celui d'avoir laissé, sans les achever, les travaux les plus utiles de sa mère, et de n'avoir hâti que des casernes et des maisons d'exercice* M. de M^^ nomme entre * autres ici les quais et les canaux , et oublie que

Tempereur a fait revêtir toute la Mo'ika de pîerr§s de taille. Il a »es raisons pour garder le silence sur Texcellente maison des orphelins ^i][itair^es , qui doit son existence à Temperei^r Paul,piifpji élève au-delà de huits-c^ots enfanis , gardons et filles , orphelins d'officiers et dp soldais, où Us soi\t nourris, entretenus j instruits, et placés convenablement quand ils sont parvenus à mi certain âge. Cet institut est dîrjgé par le respectable colonel de Weimarn et par son épouse, laquelle , ainsi que je Tai vue plus d'une fois aye;c émotion , est chérie par tous ces «nfans comme leur propre mérè. L'empereur se rendait fréquemment dans cette maison, c'était une de ses promenades favorites. Il s'intéressait tendrqfnent à la fondation ; il y déposait sa couronne , il s y montrait le père de ces enfans , et .ne s'en retournait jamais sans ef^iporter avec lui ^s bénédictions et les larmes de reconnaissaace et d'amour de cette jeunesse. M. de M** n'aurait pa^ dû taire des traits de cette nature; ou bien S^s correspondans .ne les lui ont ils pas appris? se sont- ils peut' être contentés d^ ne lui rapporter que .des caquets d'antiçhamlpre ?

Si l'on ignorait les raisons particulières que M- de M'*^* ayait de ménager la mémoire du prince Poten^in , on serait surpris d.e ^^ manière superficielle ^v^c laque^lle il. passe sur le caractère ^de cet homme famc;px. On ne sait que trop (juel

mépris insultant il portait à ses semblables , qu'il ne regardait que comme des instrumens de Tèdifice de sa grandeur. Jamais Tempereur Taul ne $*est permis, pour satisfaire ses caprices, les ac. tions que Pbtemkin s'est permises. Qui ne connaît la fameuse anecdote de T honnête marchand de Moskou , qu'il fit enlever par la police et conduire à Pétersbourg, pour faire voir sa longue barbe à une dame ? Le malheureux arrive à Pétersbourg , Potemkin a oublié sa barbe , et il languit six mois dans les fers. Enfin il revint en idée au satrape de considérer cette fameuse barbe. Le marchand retourne malade à Moskou, y trouve sa femme morte de chagrin , et sa maison ruinée. Le fait est atroce , mais vrai mot à mot. L'empereur Paul a quelquefois fait des malheureux par précipitation, mais jamais pour satisfaire un misérable caprice ; il croyait du moins toujours faire un acte de justice.

Personne, à l'exception de M- de M**, n'a senti que la mort de Potemkin ait fait un vide immense dans l'empire. Le triple évanouissement de Timpératrice à la nouvelle de sa mort, me parait peu vraisemblable; du moins y a-t-il des personnes mieux instruites, qui prétendent qi^e son pouvoir parvenu à une hauteur prodigieuse, et ne pouvant plus même être réprimé par la. puissance impériale , avait souvent gêné Catherine^ et qu'après sa mort elle s'est avouée à eller même qu'elle respirait plus librement.

M. de Lanskay a trouvé singulièrement grâce devant les yeux de M, de W^. Il l'appelle Vama^ leur des ans et Vami des talens. An vrai, c'était rhomme le plus ignorant de toute la cour , et rimpératrice a souvent rougi pour lui, quand il ouvrait la bouche.

P 1 64 y M. de M*^ dit : Paul est plus russe que sa mère ; il prétend qu'un comte ou prince du saint empire grec vaiit mieux qu'un comte ou un prince du saint empire romain. Il ne me convient pas de décider lequel d^u fils ou de la mère a eu raison ; cependant je crois toujours qu'il convient à un empereur de Russie de distribuer lui* même les dignités dont il souhaite de voir ses sujets décorés.

P. 1574 il parle avec mépris du général Piscor , l*un des plus braves Allemands qui aient été au service de la Russie; il l'appelle un satellite russe. D*abord après il se moque des noms barbares de Kretscàetnlkoffct Kachowski ou Kakowski { Dieu , quels 00ms ! dit-il ; ceux qui les portaient étaient plus baroques encore) et il oublie que celui de son héros Kosciusko n'est guère plus sonore.

P. 173, M. de M** parle d'une statue que le duc de la Feuillade érigea , à ses frais , à son maître Louis XIV y et ajoute : Potemkin n'a jamais rien fait pour Catherine qui approchât de cette galan» terie-là. Si > si j mais à la Potemkin , c*esr-à-dire 5 avec un composé de fausseté et de cruauté. Car lorsque l'impératrice fit le voyage de b Tanride ,

Potemkin supposant qu'elle pourraît avoir Fidée embarrassante pour lui de voir chemin faisane routes les villes et les villages florissans dont il Pavait si souvent entretenue , il fit construire en toute hâte des deux' côtés de la route ces villes et ces villages , bien entendu en peinture , c'est-à-dire , en façades peintes. Ueffet du coup-d'oeil était assez beau; mais pour animer ces paysages il fallut rzt* sembler de vingt lieues à la ronde les paysans avec leurs troupeaux 9 et les poster à côté de ces décorations. L*impératrice vit en pafsmt, les champs couverts de brebis et de bêtes à cornes qui paissa'ent sous la conduite de pâtres bien vêtus; elle vit des maisons gaies et nouvellement peintes; elle vit les villes qui existaient dans son almanach (i)et qui fourmillaient d'heureux habitans* Cette galanterie n*était pas à la vérité aussi durable que celle du duc de la Feuillade , mais elle était du moins plus .finefilent imaginée.

P. 224^ l'auteur cherche à dénigrer une des plut belles institutions de Paul , ou du moins à en diminuer le mérite ; c'est la permission qu'il accorde à tous ses sujets de lui présenter immédiatement àcs ^ lettres et des suppliques, "M. de M** rapporte, qu'il

«■^■^^^M— I I I I I II I I I I I 1' I ■ I I I — — ^— ^fc^— — ^i^—

( X ) L'almanach de Pécersbourg con ternit , sou$ le règne , de Catherine , une liste de toutes les vilhs existantes et projetées de TEmpire russe y avec l*indicacion de leurs distaiicet de la capitale.

y avait iHie espèce de bureau sur Tescalier du palais» oii chacun pouvart aller jeter sesiettres^inais il ajoute que Paul y trouy a ot> contre son attente,plus de9uppliqnesque de délations » se dégoûta d'y faire droit , que tout retomba dans le premier chaos , et que les secriraires chargés de l'examen de ces pièces furent, comme auparavant , les arbitres des malheureux qui avaient recours à l^ur maure.

Je dois réfuter cette accusation. Pepuis le moment q^ Tempereur Paul mom^sur le uône, jusqu'au dernier joi^r de son ré^e et de Sf vie » il 6^t permis à chacun de ses sujets de s'adresser k lui pa^* écrit , et on é*ait sur d'obtenir peu de jours après une réponse cathégorique. Les secrétaires n'ctaienc rien moins que le& arbitres du sort des malhpu/eujr.; jVur^is voulu voir celui qui eût Q$é supprimer une lettre ou en faire un*fau^ entrait I II arrivait trè^ SûMvent que Tempeieur demandait à vol;- Toriginal et se le faisait lire. On en a vu un e^cemple da^s mon histoire, et il ne s'agissait pourtant que d'une lettre de remercîmehs insignifiante. Les secrétaire;! avaient toujours sur eux les originaux ; coipment auraient-ils osé , sous les yeux d*un maître au5si sévère, altérer les extraits, ne sachant jamais si l'empereur ne demanderait pas à voir l'original pour se convaincre de la fidélité du rapport!

Il est vtai que le rapport fait beaucoup ,*et que tout dépend souvent de la manière dont il est conçu pour faire obtenir ou refuser ce qu'on demande.

M^is^st ce la faute du monarque ? Doit* il, quand il a choisi ses gens , ne pas se confier en leur probité ? peut-il employer à^s moyens plus efficaces pour ^'"é^^er d'être trompé» que de les contiôler quelquefois a Timproviste ? Croit- on qu'il ail été pliysiquement possible à Temperetr de lire tputes les suppliques? Je suis en état de prouver le contraire par Tanecdote suivante 9 prise dans Thistoire àcs premiers jours du régne de ^empereur d'au? fourd^hui.

Lui aussi permet à chacun de ses sujets de lui écrire , et même de lui présenter sa lettre en personne ; usage qui ne peut qu'attirer stir lui la bénédiction du ciel et de la terre. Toutes les fois qu*il sortait du château pour se rendre à la parade , il fallait quil passât par une triple file d'hommes, et sur-tout de vieille femmes , qui tenaient des spp» pliques à la main. Cet usage prévalant , et Temp^ jreur ne voulant pas l'abolir, il se servit du biais d'envoyer ses aides -de «camp quelques minutes avant son apparition , pour se faire donner les suppliques. J'ai été plus^d'une fois témoin de leur retour dans ramichainbre ; ils étaient à trois, et chacun d'eux en avait un mouchoir plein dans une main , et le chapçau plein dans l'autre. O ! mon dieu ; s'écria un jour Tempereur en souriant, en les voyarit arriver ainsi chargés , et il n'avait pas tort de s^ permettre cette exclamation , car je n'outre rien ep .assurant qu'il y avait dans les chapeaux et les

mouchoirs au-delà de trois cents lettres. Il en iizit tous les jours de mèiRe. En supposant que Tempereur ▼oulut les tire tontes , et ne consacrer que deux minutes de tems à chacune » il lui aurait falla dix heures de simple lecture par jour ! Et )e ne compte pas ici la quantité innombrable de lettres qui arri^ ▼eut par la poste , ou qu'on remet au secrétaire d*état. Il resterait à peine à ^empereur le tems de subvenir aux besoins les plus urgens de la vie y et il n'en aurait point pour vaquer aux grandes affaires de son empire. Tout serait sacrifié au caprice des «upplians , qui se permettent souvent de lui adresser les solliciiarions les plus absurdes* , au point qu*uti jour une femme lui écrivit pour lui annoncer qu*cUe avait perdu une vath^ , et pour lui en de» mander une autre à la place.

Uusage que Tempereur Paul avait fnt réduit de faire insérer les refus dans les gazettes , paraît dur ; mais on pouvait Tempêcher en s'annonça'nt en' personne ou par mandataire/hez le secrétaire d'état » pour retirer la réponse. Pouvaifon exiger de ce ministre , surch.^rgé d*a(laires , qu'il répondit sépa-

rément à chaque lettre ?

M. de M** dit ( p. ^%% ) : Le vol est un vice inhérent au gouvernement ruése » et tient au caractère national , au défaut de mœurs , de probité et d'esprit public. Heureusement qu'au moment même où il vient d'écrire ces horreurs , sa conscience se réveille et le force d'ajouter la note suivante , qu'il

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commence par un hélas de bonne, sorte. Hélas ! en écrivant tour ceci , je ne m'attendais guéres à voir les mêmes infamies triompher sous un régime républicain , chez une nation régénérée. £k bien ! s'il en fait la remarque 9 s'il vient de se convaincre que ce n*cst pas le caractère national , le défaut d'esprit pubUc qui est la source des malversations et des rapines dans les grandes villes ^ mais un luxe efFié* né , une ambition déréglée etc., pourquoi n'effacet-il pas son assertiop^offensante ? N'y avait*il pas déjà dans, son livre assez d'invectives contre la nation russe ?

P. 238, M. de M** décrit , toujours sur le simple rapport d'un autre ^ la prison du malheureux Iwan à Schlusselbourg. Il l'appelle un cachot , dont la fenêtre cachée par des tas de bois élevés dans la cour laissait à peine entrer un demi-jour J'ai vu de mes yeux cette prison, lorsqu'en 1782 je parcourus avec M. de Bdwr , général du corps du génie , le canal 'de Schlusselbourg jusqu'à l'embouchure du lac de Ladoga , je Tai trouvée sombre et triste , mais non pas au point que M. de M** le dit. De la grande cour de la forteresse on passait dans une plus petite , qui en était séparée y et qui conduisait dans une espèce de vestibule contigu à la chambre du prince Iwan. Elle était haute et spacieuse , et une grande fenêtre l'éclatrait suffisamment. On ne voyait pas le ciel y même en se tenant à cette fenêtre f car la petite cour gazonnëe était environnée

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d*une fnu!^aîUe extrêmement haute ; mais le com-^ mandant nous assura que le prince avait la permission de prendre IVir dans cette cour.

Je passe sous silence une foule d'anecdotes dont M. de M*^ parsème son ouvrage » pour prouver au lecteur sa propre importance et retendue de son crédit. Tantôt c'est Tun , tantôt c'est Tautre qu'il a protégé et placé. En supposant que cela fùt^ k quoi bon cet étalage de vanité ? que nous im«> portent ces hommes obscurs , en faveur desquels M. de M** est descendu au rôle de flagorneur allemand 9 ^u point d'écrire des lettres flatteuses à des maîtresses afin de mendier quelques centaines de roubles , ou un petit emploi ? M. de hx**^ ne sent*il donc pas qu'il anéantit lui-même^ par de telles misères j toute Timpression qu'il a voulu produire sur son lecteur , en afEcliant de grands principes de liberté ?

11 saisit avec uii amour-propre Tîdicule , chaque occasion de parler de soi. Nous sommes forcés ( p. 249 ^^ ^"*^* ) ^^ ^"* emendre faire le récit fas^ t'rdieux d'une. Jiagornerie en vers , qui a llionneur de l'avoir pour auteur y et dans laquelle le tribut d'éloges qu'il rend à la mémoire de 'Catherine, contraste singulièrement avec les horreurs qu iî en dit dans ses Mémoires secrets^ Il dit d'elle dans cette pièce :

l*âigle puissant du Nord se rabat sur la terre, •Son astre s'est éteint ,

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et à la page 67', du seccnd tome des Mémoires , il appelle cet astre une vieille furie.

P. 265 et suiv. On croit pouvoir respirer uâ liioiiient à son aise , et se reposer après cette foulé de caricatures odieuses qu'il nou^ a étalées. On y trouve ime peinture aussi vraie que belle de la per* sonne et du caractère de l'impératrice- itiére d'à présent. Mais ce plaisir est de courte durée; et comme si le cœur de M. de M'^* répugnait à é^vt du bien de personne y -il dit de cette princesse aimable j dans une note : il faut avouer que ses bonnes qualités sont singulièrement obscurcies par une petite vanité.

Ceux qui savent que cette princesse , si digne du tribut d'admiration et d'amour de tous les Russes ^ était, en particulier, la bienfaitrice de Tauieur , seront effrayés de voir \z. franchise et la hardiesse avec laquelle il est parvenu à étouffer sa coupable recorinaissance,

11 juge tout aussi mal (p. 171 ) l'empereur régnant ; et si l'oti he savait pas de reste qu'il n'a jamais été à même de suivre et d'apprécier ce pnncà comme grànd-dtic, il suffirait de ce sèut trait pour sVn convaincre. Il dit de lui : Alexandre est d'uH caractère Heureux , mais passif, li manque de handjèsse et de cdnficince pour rechercher l'hofiime dfe mérite toujours modeste et reténu. Un seul jodr ât son règne a suffi pour réfuter cette assertion absurde. Le choix qu'il a fait de Fintègre Sekleschefif .

pour procureur - général , du comte Panlo et du prince Koiirakin pour les affaires étrangères ; de Troschinski pour les affaires intérieures , de WasUieff pour le trésor , etc. prouve assez avec quel œil pénétrant le jeune' jnonarque sait distinguer le vrai mérite , et avec quel empressement Jouable il sait le tirer du pair. Je ne veux pas m^arrèter à copier les prédictions ridicules de M. de A'*** , elles ne valent pas la peine d*être réfutées.

M. de M** fait au comte Nicolas Soltikow, rhonneur de n'en rien dire. Il se contente tie le nommer et de mettre après ses titres quatre lignes de points. Il est probable que son génie sublime n'a pas pu surmonter entièrement sa coupable rt" connaissance. ^

P. 308, M. de M** reproche à l'enTpereur d'avoir traité les anciens régimens des gardes avec trop de mépris. «La plus grande injure, ajoute-i-il, que ce prince croyait dire à des officiers qui servaient mal , c'était ces mots : Tu ne vaux, rien que pour servir dans Us gardes 1?. Supposez que cette ' anecdote soit vraie, l'empereur avait-il tort de parler ainsi ? Que faisaient les officiers des gardes sous le règne de Catherine ? . Se parer comme des femmes; porter des fracs élégaos; courir les rues en whiskis à quatre chevaux ; donner le ton au spectacle; jouer des jeux de hasard et entretenir des danseuses. Je parle par une longue expérience. Les gardes étaient , dans ce tems , pour

les

les jeunes gens rlclies et de bonne famille , un tnoyen aisé de se pousser rapidement. Il était Facile à tont père qui avait quelques connexions » ou qui jouissait de quelque protection à la cour , de faire inscrire , dès le berceau , son fils dans le régiment des gardes, lequel avançait alors avec les autres sans avoir fait le moindre service. Mon fils aîné, encore enfant, fut nommé de cette manière sergent, des gardes, ensuite fourrier^ puis porte - enseigne ) sans avoir jamais vu ni Pétersbourg ni les gardes. Sur ce pied ^ Il aurait avancé avec 4000, je dis quatre mille de ses petits camarades j si à son avènement au trône, l'empereur Paul n'.eût, d'un seul coup, exclu des gardes tous les enfans incapables encore de servir* Cette mesure m'affligea dans le tenis ; cependant je ne pus me cacher qu'elle ne fut juste. ^

P. 315» Fauteur verse un torrent de poison et d'invectives sur un très -digne homme; c'est sur M. le baron de Nicolaii, président de l'académie, conseiller d'état, connu en Allemagne par des poésies agréables , chéri de ses inférieurs comme un père et comme un ami ; de ses amis comme un homme sensible et droit, et estimé par tous ceux qui le connaissent comme un beau génie et comme un esprit très - cultivé. Il a sans dQute eu le malheur de ne pas avoir admiré comme U faut les grands mérites de M. de M**; peut*

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