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ment , et elle paraissait en un instant modes» t^ment vêtue. .
J'ai toujours vu ces jeunes filles gaies , de bonne humeur , riant et folâtrant. Le capitan Isprav^nik , grand admirateur du beau sexe 3 venait souvent le soir chez moi , à l'heure où les beautés de Kurgan allaient cher-r cher de l'eau , pour se placer avec molà la fenêtre , et les voir passer. Il me les nommait Tune après l'autre, se vantait des faveurs de plusieurs d'entre elles, et l'air moitié familier, moitié honteux, dont elles le saltiaient en .passant , prouvait qu'il disait vrai. .
Les visites fréquentes des habitans de^ Kurgan me devinrent à- charge a la longue, quoique je ne pusse méconnaître leur bonae intention. Un greffier , ou quelque choise diap prochant , qui demeurait vis-à-vis de moi , m'ayant vu quelquefois fumer ma pipe le niatin à .ma fenêtre ^ et grand fumeur luimême , se fit annoncer comme voulant fumer tous les matins sa pipe avec moi, et m'aider à passer mon tems. J'eus toutes le peines du monde à le faire renoncer à ce projet , car ni lui , ni les autres messieurs de Kurgan ne pouvaient concevoir commcat il m'était possible d'être toujours seul , et d'aimer la solitude* Ils ne savaient pas. quavec l'image d'une épouse chérie dans le cœur , et Séneque à. la main , on n'est jamais seuÛ
Je dois beaucoup , je dois tout à Sénèque *, et je ne crois pas que depuis dix-huit siècles homme au monde ait béni et révéré sa mémoire comme moi ! Souvent , quand le désespoir fixait ses poignards dans mon cœur, jetendais mes bras vers cet ami , qui tous les jours versait le baume de la patience et du courage dans mon ame. La ressemblance de nos destinées me le rendait encore plus cher. Il fut banni , il était innocent , il lanuit huit années dans les rochers déserts de a Corse. La description qu'il fait de sa situation s'accordait parfaitement avec la mienne ^ il dépeint le climat rude, les mœurs sauvages, il se plaint d'un langage étranger et grossier; tout était applicable a mon sort. Mais c'étaient sur-tout les passages forts et énergiques de son livre 5 les belles sentences contre les ♦frayeurs de la mort,, qui me transportaient. Je les recueillais avec soin, je familiarisais mon esprit, mon cœur avec elles, je les portais toujours sur moi, comme Frédéric-le-Grand , ce poison bienfaisant dont il comptait se servir si tout espoir lui était ravi.
Je ne saurais mieux dépeindre la situation de mon ame , ni fournir à tout malheureux qui lira ces feuilles , de consolation plus efficace, qu'en lui communiquant quelquesunes de ces sentences, qu'à (ixct de les répéter, je parvins à graver — ailleurs qu'en ma mé- Q^oire.
Le dénier des mai^x peut-il être un grand mal: Est -il si difficile d'apprendre à mé-
1)riser la mort? Cela narrive-t-il pas tous es jours ppur des choses de peu d impor- ' tance , pour lamour d'un vil gain } Un esclave t po^ir échapper à la fureur de son maître, $e précipite du haut d'un toit; un fu^ ^itif, de peur d être saisi , se perce la poitrine, jpourauoi le courage ne pourrait - il pas produire les mèmts effets que U crainte }
La perte de la vie est là seule dont on nr puisse se plaindre après coup»
Tu tombes entre les mains d'un ennemi, il t'entraîne ••• où ? Sans lui; tu suivais la même route,' tu y marchais dès le jour de ta^naissance. N'apperçois-tu que d'aujourcThui le glaive suspénau sur ta tête? Regarde donc avec calme arriver ta dernière heure , afin ■que la , crainte quelle t'inspire ne vienne pas empoisonner toutes tes autres»
Une vie longue , voilà le but de tous les hommes: peu leur importa d'ailleurs que!!è soit SÂge et honnête *) et cependant tu es maître d'embellir ta vie par la vertu, et tu ne l'es pas de l'alongcr.
La mort est le seuil de la demeure du repos, et tu trembles en y posant le pied ?
( "3 ) Nous sommes de grands enfans ^ qui craignotis la mort comme les petits enfans crai^ gnent leurs plus proches p«urens quand ceuxci ont Un masque sur leur visage. Qui nous est plus proche que la mort? Arrache -lui courageusement son masque, ôte-lui la hache, la corde; ôte4m ^ suite, les médecins, les prêtres et f appareil funèbre ; que restera-t il l rien que la mort*
Que les^ plaintes et les gémissemens ne tefTraiem point! ce n'est là que la douleur , ce nest point h mort. Tout goutteux , tout libertin usé , toute femme en couche si^p^rte la douleur. Plus la douleur est viv^ , plus
sa dorée est courte !
Je mourrai , c est-à-dire , je cesserai d'être
soufirant i mes chaînes se briseront -, je cesserai
de gémir sur ma femme , sur mes en&ns •, je
(fesserai d'être esclave , même de la mort.
La mort t'affranchit de tous les maux, mémo de la crainte quelle t'inspire..
Ne moumns - tious pas tous les jours ? L'^fant ccc&i «t gmtidit ^ mais sa vie décroît. Nous partageons ^^ec lu mort chacun de nos jtmrs. Ce n'est pas avec la dernière goutte que nous vidons la coupt «, mourir n'est qu'accomplir la mort
. Tant que tu vis ^ apprends à momir ^
cuoique tu ne puisse faire usage quune seule
{ois de ce que tu auras appris. Apprendre à
mourir ^ c est désapprendre qu on est esclave.
Les enfans et les fous ne craignent pas la mort. Qu il serait humiliant 3 pour la raison ^ de ne pouvoir nous donner ce que nous procure la folie! .
Redevenir ce que nous avons été , c'est mourir* La lumière est-elle plus malheureuse, lorsqu'elle s éteint , qu avant qu elle fut allumée ? Ne sommes-nous pas aussi des lumièresqu allume et qu éteint le soufQe brûlant de la nature ? Le vent se joue souvent , il est vrai 3 de la flamme ; mais Tinstant d^avant et d'après règne un calme profond* C'est une erreur de croire que la mort ne fait que suivre la vie : elle là précède aussi. Finir , ou ne pas avoir commencé d'être , revient au même.
La mort est le but de notre voyage, ou simplement un point de repos où nous changeons d'habits. Dans ce dernier cas , tant mieux pour nous , nous y gagnons , car nos habits nous gênaient de tous* côtés. Mais si elle est lé but de notre voyage , il ne valait pas la peine de l'entreprendre ^ cependant y
f ^^5 ) aous BOUS endormons fatigués , et n'avons point de songes à craindre.
Nous ne faisons que longer les côtes de la vie^ L'enfance , la jeunesse , 1 âge mûr , passent avec rapidité a coté de nous, comme les villes et les villages devant les yeux du navigateur. Enfin , nous appercevons le port ; et, insensés que nous sommes ! nous le prenons pour un écueih
La captivité est duré ^ mais qui^ te force à vivre captif? Mille chemin:» conduisent à la liberté , chemins courts et faciles. Grâces aux dieux , qui ne contraignent personne à vivre de force]
Pour être heureux il ne faut pas vivre longtems, il faut vivre joyeux. C'est pourquoi le sage ne vit pas aussi long-tems qu'il peut, mais aussi long-tems qu'il veut. Si le malheur trouble son repos, il se débarrasse du fardeau. Il lui est absolument indifférent d'attendre la mort ou d'aller au devant d'elle, de vider son calice goutte à goutte ou d'un seul trait. Quiconque se soustrait au danger de vivre malheureux, vit bien.
Le Rhodîen Télesphore était un lâche.
Renfermé dans une cage par le tyran qui
ropprimait, nourri comme une bête sauvage^ ii disait: Tant que je vis j'espère. Quoi ? \aa oserait racheter la vie à tout priz } Vous me dites : La fortune peut tout iaire pour Içtre vivant *, et moi je vous réponds qu elle ne peut rien pour l'homme qui sait mourir.
Que de fois on se fait saigner pour chassée un mal de tète ! et vous balanceriez de vou& ouvrir une veine pour faire jour à la 4ouAeu£ d'une vie malheureuse?
II y a des apôtres de la vertu qui appellent le suicide un crime , tout comme il y a des chiens qui aboient contre voiis quand vous approchez de la porte de la liberté. Le créateui; fut plus compatissant. Un seul chemin conduit à la vie 9 mille en font sortir.
Je peux choisir la maison où je veux demeurer ^ le vaisseau sur lequel je veux m em-> barquer ^ et je ne pourrais choisir le genre domort qui doit me conduire au-delà du tom«> beau ?
Une longue vie n^est pas toujours ce qu'il y a de pire. {Z'est pour cela que la mort doit obéir à notre volonté. Nous devons compte aux autres de notre vie , bous ne devons compte de notre mort qu'à nom-meuies.
Je
"Jt nentréprenârai pas de nier que parmi' Ces sentences, îl ny en ait plusieurs qui n'ont que du dinquant V mais qui pourrait m'^i vouloir ai , dans la position où ) étais , j'évitais a^eic soin de les examiner de près avant de les adopter ? Je voyais ma dernière espérance dis* paraître au bout de qudques mois y je voyais ma bonne femmt dîsvenue la proie de k dduleur et du tombeau; je voyais Oèuljani-nûw (i), plus redoutaUe pour nous que la mort, 1 empêcher de me rejoindre *, je voyais le reste de mon argent partir avec l'été ; je mb : voyois réduit à travailler comme un manœu- > vr&, dans une température de trente degrés,
E&tir maïig^ un morceau de pain sec, pour ^ oire un verre de quass \ je voyais devant inbi cette perspective cruelle : que me restâir4I que ^ lai mortî •
' Ma résolution était mûrement pe^êy itton t plan était fait et arrêté* Dans le cas où nfon i é^use pût me joindre j'avais imaginé- lé-^ dernier ^l'unique inôyen de'fiyte. Mon projetât se fondait sur I expérience quon pbut parcourir t tout l'intérieur de la' Eu^ie d'Un boutirautreri sansjctre visité; Jefondàis sur cettç circons^taiice ïe plarP siàvant i^ ' ' - i r :
Jef faisais pratiquer dans magrand^chambcc-» uhe cloison de pla^dies ^ et je placpiisdâ^s^unl
"Ufâ^am-*'
'(l) l*xoctrreBi>5éaértl'4c PiïtkJ; ' .. ,^. ^D
dès coins extérieurs une grande armoire atut habits. Après ces préparati6 je vivais avec ma famille l'espace de deux mois ,• tranquille et content en apparence. Au bout de ce tems j'affectais un anaiblissement progressif de santé» et à la fin un dérangement d'espric Cette seconde époque durait cieux autres mois» Ensuite j'allais déposer un soir, dans l'obscurité 9 ma pelisse et mon bonnet fourré suc les bords du Tobol à côté de l'ouverture qu'on pratique en hiver pour puiser de l'eau y cela fait , je me serais glissé chez moi et caché dans l'armoire dont la corniche avait dé l'aie. Ma femme fait du bruit. On me cherche* On trouve mes habits. Il est décidé que je mo auis jeté dans l'eau ; une lettre de ma mam aonoûce mon plan de me détruire. Ma femme est au désespoir. Elle garde le lit toute la journée., ta nuit elle me fournit des vivres. On fait rapjx>rt de cet accident à Tobolsk» et de là à Péter^boujrg.Là lerapport est mis de côté : on m'oublie. Quelque tems après ma femme se remet un peu , demande un passe-port pour la Livonie, qu'on ne peut lui refuser. Elle achète un grand kibik-traîneaii, dans lequel un homme peut être couché de son longs c'était en effet la seule espèce de voiture avec laquelle on pût former une telle entreprise. Je remplis le aeux de la voiture ; on me couvre de coussins et de bagages. Ma fisoune occupe
( 119 )^ le sié^c^ et me donne de 1 air toutes les foi$ que i en ai besoin j et si mes forces ne m'a« Dandonnent pas en chemin , |e suis sûr d'arriver sans le moindre obstacle jusques devant la porte de ma maison de Friedenth^l ^ car^ comme je lai dit , on ne fouille personne dans fintérieur de la Russie, et Ion peut voyager de Polangen à Tsçhukotskoi-Noss^ sans quon vienne s'informer de ce que vous avez dans, votre voiture.
Le point principal consistait à donner un caractère de vraisemblance à ma mort 3 ce qui était d autant plus facile à Kurgan , que nous y avions affaire à des gens simples , peu soupçonneux 3 et incapables de suivre le fil d'une trame aussi finement ourdie.
Arrivé à Fried^snthal , il m'était aisé d'y rester pendant quelque tems caché à tous les yeuz^ De trfus 9 f avais en Esthonie plus d'un ami 5 sur lequel , pour tout dire, je pouvais compter comme sur mon épouse. Knorring -ou Huek m'auraient transporté de la même manière jusqu'à Réval. Le généreux Frédéric de Uiigern-Sternberg m'eût fait passer de là sur sa terre d'Hapsal, et plus loin par eau^ dans Itle Daooe , d'où je me ferais embarqué pour la Suède dans une barque de pêcheur-, qui eût fait le trajet en douze heures par un vent favorable. Je le répète, tout dépendait du deg^é de mes forces, et de Ja question,
( Itl) /
tqaîly en a peu qui ressemblent à mon tàtéin conseiller ou à mon doucereux Piostenius.i Oui ! je le pense «t je le dis avec çonvictiotu .Sois malheureux, et tu trouveras par-tout des jaihis ; les bras , les cœurs s'ouvriront , à ton .approche, dans les recptns les plus isolés, les :plu5 déserts de la terre !.
/ Les bons et honnêtes habttans de Kurgan jsbnt sur^tout de ce nombre. Ib m'invitaient •à toutes leurs, petites fêtes, ils me faisaient .partager chacun de leurs morceaux, de buts |>lai$irs. Ils ne me coiituiissaiént pas comme auteur à mon ^ivéc; mais un article ,^ui se irouva par -hasard dans la gazette de Moskpu^ et ou il était .parlé de râccueil distingué quos faisait en Angleterre à mes pièces, leur apprk mon exîstehcê littéraire , et servit à augmenter je prix dont ; étais à leurs yeux. La bpnhommie et la bonne intention aveé laquelle ils cher*-, ïhaient à me distraire et à m attirer dans. leus sociétés , me fut plus d'une, ibis^ià charge ^ car, d'un côté, mon esprit était peu monté alors au. ton de ta vie sociale', et de l'autre, le ton de leur société avait peu de charmes .pour un* Européen gâté , comme moi f par la meilleure compagnie. .' .. .
■ J<» vais fournir imexem^. l'a»e»eiir Judas Nikiiitschi eut eniv ie de céléfaars sa xfête qui, comme on sait , est en Russie tni !|ûur: plus solemnel que rannivenaise'^de^b
juissànce« Je le vois arriver cbex moi dé boïi matin ; il m'ipvite à me rendre chez lui. 1 midi, où je trouverais tous les notables de la ville. J'anive. On me régalera mon entrée, d'un hurlement de cinq voix d'hommes , qu'on appelait ici des chanteurs > et qui ^ le dos tourné à la compagnie,. et appliquant leur jnain droite i la. bouche pour reniorcer le son de leur voix, .criaient a tue-tpte dans un des coins de la chambre. C'était la rér ception qu'oti .faisait à chaque arrivant. Une laoLe immense, ^éimissalt sous le poids de vingt plats ^ mais il n'y avait ni couverte lii chaises pour ' les convives; Le. tout avait l'aix d'un déjeûner (sakuschka«)On.y voyait pril^• cipalement des pirogues, espèce de pâté fempli d'ordinaire de viande, mais cette;foi$ci de poisson , à cause du carême. Outre cela ^ jl y avait une. quantité .de poissons msLtinés^ £t de la pâtisserie de plusieurs espèces. L'hote ^lait et venait , une grosse bouteille d'eau^^ :de-vie à la main , empressé a servir ses con^ •vives , qui buvaient fréquemmem à sa santé, •sans .pourtant qu'il se manifestât, à mon ^tand. étonnement , le moindre indice d'ivresse. Il n'y avait point de vin, et en générai ^ç n'en ai bu, dans toute la Sibérie, qu'à ;XQbolsk, chez le gouverneur.. C'était dû via «1b Russie, assez potable, et. qu'il :aVait'fatt '^as^x 9^ 91 :fc» ne mt Jxompt ^ de laXIjdaiéd
Au Heu éc cela » Judas Nikititschi nous présenta une autre rareté , savoir de Thydramel , dont on fait grand cas , parce qu'il ny a point d'abeilles en Sibérie , mais auquel tous les convives 9 excepte moi, préiiérèrent pourtant . i'eau-de-vic»
Je m'attendais , à tout moment ^ à voir s!ouvrir une autre porte, et à nous mettre À uble ; point du tout. Les convives prirent l'un après l'autre leurs chapeaux , et se retirèrent 'y il fallut bien suivre leur exemple. -
Le festin est-il fini \ demandai^je à M. de Gravi , qui m'accompagnait.
Oh pour cela non , . répondit*il ; chacun -se retire chez soi pour dormir ; et à cinq heures, on se réunit de nouveau;
Je retournai, à l'heure dite, au lieu du festin. La scène était changée \ la grande tabk occupait encore le milieu de la chambre ^ mais au lieu d'être chargée de pirogue , de poisson , d'eau-de-vie , elle l'était de gâteaux, âe raisins , d amandes et d'une quantité de confitures chinoises , en panie d^un goût exquis , et parmi lesquelles, on distinguait surtout une espèce de gelée ou compote sèche de pommes, coupées en tranches.. ..
Alors parut aussi l'hôtesse , iemme .jeune et chartiiante,. et en même tems. les femmes et les filles des cpn vives, dans leurs habits à i'amique. Ox^ sexvit du dié avec de, l!eau^
<4e-vie dt France ^ du punch, où la baie in
^llikwafv€iccinium okjcôçcôsL.J rcm-
/plaça- les citrons; On plaça les tables de jeu
>et on fit des parties de Boston 3 qui durèrent tant que les liqueurs fortes permirent aui
Joueurs de distinguer les cartes. Vers le tems du souper 9^ tout le monde se retira comme à midi, et tout fut fini.
On n'aura pas de peine à croire qu'il fallait un effort de complaisance de ma part», pour prendre part à de telles recréations. Que
jetai» heureux quand je pouvais rentrer dat$ ma chatnbre, y respirer librement ^ ou, le
^fusil sur l'ëMUle , me promener av6c mon
.honnête SokolofF.
^ Ainsi s écoulaient mes jours à Kurgan. Ma santé ^constamment et invariablement
Jbonne^qui ik^ ap|C5 ayc>iç été pendant plusieurs années pour moi ^ne jouissance rare , était devenue ma fidellc compagne ,^Qntribuait sans domè à ïâs^réner mon cijptit. J^spé* rais. Je voyais en idée ma famille se rassembler itutour de moi. Ainfi réunis, nous ne pouvions pas être malheureux , mêi;nè à Kurgan. 'ïclle était ma conviction , et je savais aue ma femme pensait comme moi.
D ailleurs , ce n'était pas - là ma seule et dernière espérance. N'avais- je pas' fait pré- ^nter à l'empereur un mémoire î à un empereur ^ qui aimait sans doute à exercer la
justice , et ne rougissait pas de lépwtex un moment de vivacité que le soupçon où la calomnie avait pu faire naître en lui \ à un empereur qui , père lui-même , permettait à la voix de la nature de pénétrer jusqtra son cœur , à travers toutes les barrières que son procureur -général Obuljahinow élevait entre elle et lui. Avec quel plaisir j'ai soit^ haité un heureux voyage à mon conseiller I combien de fois j*ai calculé les jours et les semaines qu il lui fallait pour arriver à Pétersbourg ; les jours et les semaines qu^il fdlait ensuite pour apporter la décision de mofi sort , des bords de la Neva à ceux du Tobol. A la fin d'août , si toul se rencontrait avec mes calculs , je pouvais m attendra à recevoir ma sentence définitive.
Xavais mal calculé ! Dieu soii loué ^ )*a* vais calculé maU
la main qui nous co&datt «iani cette soBobut voie , Ne Teut pas de noi maux que nous loyons la |roie. Lors même que Tespoir jette son ancre en vain , Disons nous avec foi , disons nous zyltc joie : Un seul instant peut changer ton destin !
Fin du Tome premier.
UNE
DE MA VIE