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IL Y AVAIT UNE FOIS UN ENFANT

Et les jouvencelles aux joues fraîches et à la mise soignée, et le négrillon, et la négrillonne aux pieds nus,

Et toutes les visions changeantes de la ville et de la campagne, partout où il allait.

Ses parents, celui qui l'avait engendré, et celle qui l'avait conçu en son sein et mis au monde,

Donnèrent à cet enfant davantage d'eux-mêmes que cela,

Chaque jour par la suite ils lui donnèrent, et ils devinrent une part de lui-même.

La mère au logis qui posait calmement les plats sur

la table pour le souper, La mère, avec sa voix douce, son bonnet et sa robe

d'une propreté exquise, la saine odeur qui effluait

de sa personne et de ses vêtements quand elle

passait près de vous, Le père vigoureux, étroit, mâle, positif, coléreux,

injuste,

292 Walt Whitman

Le coup donné, les mots violents et soudains, les conditions rigides posées par le père, les promesses captieuses,

Les usages familiaux, la conversation, la compagnie, les meubles, les aspirations d'un cœur gonflé,

L'affection qui ne veut pas être contredite, le sentiment de ce qui est réel, la pensée que si cela après tout était irréel,

Les doutes des jours et les doutes des nuits, les curiosités touchant le si et le comment,

Si ce qui apparait d'une certaine façon est bien ainsi, ou si tout cela n'est que lueur fugitive et simples petites taches ?

Les hommes et les femmes qui se pressent dans les rues, que sont-ils, sinon des lueurs fugitives et de simples petites taches?

Les rues elles-mêmes et les façades des maisons et les marchandises aux devantures,

Les voitures, les attelages, les quais aux solides planches, la foule énorme des passagers aux bacs,

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