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IL Y AVAIT UNE FOIS UN ENFANT QUI SORTAIT CHAQUE JOUR

Il y avait une fois un enfant qui sortait chaque jour.

Et au premier objet sur lequel se posaient ses regards, il devenait cet objet,

Et cet objet devenait une part de lui-même pour tout le jour ou une partie du jour,

Ou pour nombre d'années ou d'immenses cycles d'années.

Les précoces lilas devinrent une part de cet enfant, Et l'herbe et les belles-de-jour blanches et rouges et

le trèfle blanc et rouge, et le chant du vanneau, Et les agneaux de Mars et les petits rose pâle de la

truie et le poulain de la jument et le veau de la

vache,

290 Walt Whilman

Et la couvée caquetante de la basse-cour ou celle qui s'ébat dans la bourbe au bord de la mare,

Et les poissons qui se suspendent si curieusement sous l'eau et l'admirable et curieux liquide,

Et les plantes aquatiques avec leurs gracieuses têtes aplaties, tout cela devint une part de lui-même.

Les pousses qui pointent dans les champs en Avril et en Mai devinrent une part de lui-même,

Les pousses des grains d'hiver, et celles du maïs jaune clair, et les racines comestibles du jardin,

Et les pommiers couverts de fleurs et de fruits ensuite, et les baies sauvages et les herbes les plus communes le long des routes,

Et le vieil ivrogne qui rentrait chez lui en titubant, du hangar de la taverne où il venait de se lever,

Et la maîtresse d'école qui passait pour se rendre à sa classe,

Et les enfants qui passaient aussi, les uns amicaux, les autres querelleurs,

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