‹ Une aventure de Charles V; ou, La rosière par ordonnance; comédie en un acte, en vers libresChapitre 2 sur 48 · BERTAUDIN, ROSE, BÉRANGER, GERVAIS · texte numérisé non relu

BERTAUDIN, ROSE, BÉRANGER, GERVAIS

( Bertaudin est assis, il tient un crayon a la main, et, sur chaque genou, un

cahier de papier : il écrit tantôt sur l'un tantôt sur l'autre. )

BERANGER, excitant les travailleurs.

Allons, amis, courage!... activité!

Rose, sois donc un peu plus preste.

Vous, Mesdames, passez toutes de ce côté. Tressez ces fleurs.

BERTAUDIN, se levant et examinant les préparatifs.

Fortbien!.. c'est charmant!., je proteste

Que l'œil même d'un roi doit être ici flatté. Quel appareil ! quel air de fête !

(il met le doigt sur son front.)

Pourtant tout part de là.

ROSE

Vous avez de la tête, Mon parrain.

BERTAUDIN , d'un air capable.

Je le sais. Quel jour heureux pour moi !

Notaire et bailli du village ,

Je dois , suivant l'antique usage, Aux veux de tous , complimenter le Roi ;

Et puis ensuite à la cuisine

Justifier mon autre emploi Par une chère et de'licate et fine.

BÉRANGER

C'est beaucoup de travail pour vous.

BERTAUDIN , élan d'enthousiasme.

Apollon et Cornus m'animent !

Oui , je veux plaire à tous les goûts. Je sais au mieux ce que les connaisseurs estiment : Je ferai de bon vers et d'excellens ragoûts !

( Il examine tour h lour ses deux cahiers.)

Ah ! je possède à fond l'une et l'autre science.

Quel menu ! . . . quel discours î . . . Cuisinier , écrivain ,

Comme j'ai bien la connaissance

Du palais... et du cœur humain !

Je recueille le fruit d'une bien longue e'tude. Le Roi sera content de mon double savoir.

(Aux paysans.)

Travaillez. J'ai besoin d'un peu de solitude.

(Il va vêvei sous un berceau.)

ROSE , a Béranger.

Le Roi!... Nous allons donc le voir.

Ah! quel bonheur.

BÉRANGER

Oui , selon son usage, Tous les ans à sa fête il visite un village ; Et c'est le tour du nôtre aujourd'hui.

ROSE , soupirant.

Be'ranger !

BÉRANGER

Rose!

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