SCÈNE V. i
Mais ils faisaient eneor fort bonne contenance. Quand, tout à coup le flux poussant la mer vers nous, Je les vois tous de l'oeil cherchant une retraite. « Sire, fuyez! fuyez! — Messieurs, que craignez-vous ? « Ne suis-je pas le Roi !... Je brave la tempête. « \ ous allez voir. » Alors je crie : arrête !
Je commande aux flots en courroux.
Ordre inutile ! une montagne humide , Bien loin de ce'der à ma voix , Me force à fuir d'un pas rapide.
A tous mes courtisans que la crainte intimide
Je dis : « Messieurs , convenez cette fois « Que vous avez eu peur d'une pareille épreuve. « Allons , je viens d'en acque'rir la preuve , « Tout n'obe'it pas aux rois. »
Eh bien ! qu'en dites-vous ?
ROGER , avec adulation.
Il faut qu'on le confesse , Ah ! toujours Votre Majesté' Force d'admirer sa sagesse.
Quelle haute leçon !
Elle a bien profite'.
On vient... Souvenez-vous de ma défense expresse ; Ne dites mot.
ROGER
Vous serez obéi.