MER VILLE, DELPHINE, L\ MARQUISE, LE MARQUIS, LE CHEVALIER, MATTA
LE MARQUIS, en montraut la Marquise.
Demandez-lui plutôt.
DELPHINE
Est-il bien vrai, ma tante?
Vous n'irez point au bal , seriez-vous mal portante?
LE MARQUIS
Par ma foi, cette crainte aujourd'hui suffirait
Pour critiquer nos mœurs et les peindre en un trait.
De refuser un bal avez-vous la sagesse?
Chacun vous croit malade et près de vous s'empresse.
Comme si pour rester chez soi tranquillement,
Il fallait que Ton fût à son dernier moment.
LA MARQUISE
Je n'ai pas, je Tavoue, une aussi bonne excuse A vous donner....
DELPHINE
Eh bien! si ma tante refuse.
Je ne la quitte pas et je refuse aussi.
MER VILLE, à Delphine, avec dépit.
Espérez-vous causer plus libreuieut ici Avec le Clievalier?
24 UNE AVEjNTURE DE GRAMMONT.
DELPHINE, â Ml rville.
Oui, monsieur.
LA MARQUISE
Je m'oppose A ce beau sacrifice, et ne serai point cause Dune privation dont tons nos courtisans Me feraient à bon droit des reproches sanglans. En agissant ainsi, ma cbère, Ton commande,
LE MARQUIS
Je le vois, vous allez cédera sa demande.
LA MARQUISE , regardant le Chevalier.
Lorsque de m'en prier tout le monde est d'accord. Pourrais-je résister sans me donner un tort?
DELPHINE
Ah ! c'est trop de bonté.
LE CHEVALIER , à la Marquise.
Ce trait de complaisance Vous assure à jamais de ma reconnaissance. Je n'aurais porté là qu'un esprit fort distrait , Et j'y vais , grâce à vous , trouver un intérêt.
DELPHINE, à la Marquise.
Si pourtant vous souffrez , il n'est pas raisonnable. .. .
LA MARQUISE , regardant le Chevalier.
Je me sens beaucoup mieux.
LE CHEVALIER , à la Marquise.
Oue vous êtes aimable .'
LA MARQUISE , à part.
Tlierme a tout dit.
LE MARQUIS , d'un air fin à la Marquise.
J'entends , oui , vous faites fort bien } Mais comme dans ces bals je ne suis bon à rien , J'espère bien ici , messieurs, ne vous déplaise , Avec l'un de vous trois souper tout à mon aise.
LE CHEVALIER , vivement.
Matta sera cliarmé de rester avec vous.