‹ Une aventure du chevalier de GrammontChapitre 22 sur 55 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

THERME à part.

Cest trop vrai.

MATTA

Des maris, sans avoir à nous plaindre^ Nous coramcncons pourtant à nous faire un peu craindre. Il en est de filcbeux ! aussi je crois prudent De s'amender beaucoup, car il est évident Quà force de tromper les pères et les filles, ISous nous ferons chasser de toutes les familles.

THERME

Cela vaut encor mieux que de s'y voir admis

A charge dVpouser la fille du logis.

Mais vous renoncerez à ce plan téméraire,

Le cher Marquis n'est pas très-facile en affaire;

Dès que sur ce sujet il vous verra venir,

Sa fureur....

MATTA

Quelle idée!

THERME

Il faut vous prévenir Qu'humoriste et brutal ici chacun le nomme.

MATTA

Non, il est ennuyeux^ mais c'est un fort bon homme.

THERME

(A part.)

Quel sang-froid! inventons quelque chose de mieux.

(Haut.)

Mais vous ignorez donc jusqu'où ce furieux,

Dans un accès d humeur, peut porter la vengeance.

On cite mille traits de son extravagance.

D'abord.... deux jeunes gens enfermés dans la tour,

Pour avoir à sa femme osé faire la cour.

Un autre, moins discret.... ou plus beureux peut-être,

Qu'il a fait sans façon jeter par la fenêtre.

Oh ciel ! que dis-tu là 7

THERME

Bail I ce n'est encor rien:

Pour sauver son honneur il a plus d un nio^en^ Et dès que le soupçon s'empare de son àme, Il gronde , il bat , il tue î. . . .

MATTA

KIj ! mon Dieu , de sa femme , Jamais un seul instant je ne lai vu jaloux.

THERMF.

C'est que devant témoin il cache son courroux.

Pour tromper l'ennemi , des maris d'Italie

Vous ne connaissez pas toute la perfidie ;

Devenez-vous rohjet de leurs jaloux transports ,

A vous bien recevoli- ils redoublent d efïbrls.

Le plus vindicatif vous caresse , vous fête ,

Auprès de sa raoiti ' vous laisse tète à tetr;

Mais si bravant l'ccueil qu'il fallait éviter,

De ce petit moment aous osez profiter,

Dieu puissant, quel ma. heur!. ..Tenez, monsieur, j'en tremble.

Ah î si vous m'en croyez, ne soupez pas ensemble,

Ce marquis me fait peur, ne vous y fiez point.

Comment, tu le croirais violent à ce point?

THERME

Demandez à ses gens. On a beau vouloir feindre, Avec nous les déiauts se font jour.

MATTA

Qu'ai- je à craindre

Des siens ?

Tout.

THERME

MATTA

Comment, moi?

THERME . f%

N'en soyez pas surpris.

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