ACTE II, SCÈNE III
THERME à part.
Cest trop vrai.
MATTA
Des maris, sans avoir à nous plaindre^ Nous coramcncons pourtant à nous faire un peu craindre. Il en est de filcbeux ! aussi je crois prudent De s'amender beaucoup, car il est évident Quà force de tromper les pères et les filles, ISous nous ferons chasser de toutes les familles.
THERME
Cela vaut encor mieux que de s'y voir admis
A charge dVpouser la fille du logis.
Mais vous renoncerez à ce plan téméraire,
Le cher Marquis n'est pas très-facile en affaire;
Dès que sur ce sujet il vous verra venir,
Sa fureur....
MATTA
Quelle idée!
THERME
Il faut vous prévenir Qu'humoriste et brutal ici chacun le nomme.
MATTA
Non, il est ennuyeux^ mais c'est un fort bon homme.
THERME
(A part.)
Quel sang-froid! inventons quelque chose de mieux.
(Haut.)
Mais vous ignorez donc jusqu'où ce furieux,
Dans un accès d humeur, peut porter la vengeance.
On cite mille traits de son extravagance.
D'abord.... deux jeunes gens enfermés dans la tour,
Pour avoir à sa femme osé faire la cour.
Un autre, moins discret.... ou plus beureux peut-être,
Qu'il a fait sans façon jeter par la fenêtre.
Oh ciel ! que dis-tu là 7
THERME
Bail I ce n'est encor rien:
Pour sauver son honneur il a plus d un nio^en^ Et dès que le soupçon s'empare de son àme, Il gronde , il bat , il tue î. . . .
MATTA
KIj ! mon Dieu , de sa femme , Jamais un seul instant je ne lai vu jaloux.
THERMF.
C'est que devant témoin il cache son courroux.
Pour tromper l'ennemi , des maris d'Italie
Vous ne connaissez pas toute la perfidie ;
Devenez-vous rohjet de leurs jaloux transports ,
A vous bien recevoli- ils redoublent d efïbrls.
Le plus vindicatif vous caresse , vous fête ,
Auprès de sa raoiti ' vous laisse tète à tetr;
Mais si bravant l'ccueil qu'il fallait éviter,
De ce petit moment aous osez profiter,
Dieu puissant, quel ma. heur!. ..Tenez, monsieur, j'en tremble.
Ah î si vous m'en croyez, ne soupez pas ensemble,
Ce marquis me fait peur, ne vous y fiez point.
Comment, tu le croirais violent à ce point?
THERME
Demandez à ses gens. On a beau vouloir feindre, Avec nous les déiauts se font jour.
MATTA
Qu'ai- je à craindre
Des siens ?
Tout.
THERME
MATTA
Comment, moi?
THERME . f%
N'en soyez pas surpris.