‹ Une aventure du chevalier de GrammontChapitre 26 sur 55 · ACTE II, SCÈ\E V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈ\E V

Qui doit , sans vanité , me rendre prt'tVrable A 1 amant le plus teudre et le p.us ai^réable.

M ATT A

A cet obstacle-là je n'avais pas pensé: Les agromeiis sont tout , oui , rien nesl plus sensé , Et vous avez raison de compter sur les vôtres ; Allez, ce garant-là vaut autant que les autres.

LE MARQUIS

N'est-ce pas ?

M ATT A

Comment donc ! je n'ai jamais douté Des plaisirs que loti trouve en votre intiniité. Et pour vous ie prouver, je vais , sans plus d adresse , Vous demander la main de votre aimable nièce.

LE MARQUIS

Vous arrivez trop tard ; je ne puis vous nier Qu'elle est depuis long-temps promise au Cbevalier.

MATTA

A Grammont?

LE MARQUIS

C'est encore un secret de famille.

Il nous fallait savoir comment la jeune (ille Accueillerait ce cboix ; et s'il vous la caché , Votre ami le devait , n'en so^ez pas fâché.

MATTA

Vraiment , non ; dans ceci rien ne peut me déplaire. Car c était pour lui seul que j'entamais laflaire.

LE MARQUIS

Oui?.... Tant mieux ; mais «tant daccord sur cet objet , Occupons-nous un peu d un plus grave sujet. Tel que vous me vovez , vif, léger dans le monde , Je n'en ai pas moins fait une étude profonde De l histoire , et des mœurs de chaque nation.

4o u:ne aventure de grammonï.

Sur ce point important de l'érudition ,

Votre savoir, dit-on , mérite des éloges ,

Et je veux réprouver : parlons des Allobroges.

MATTA

Des Allobroges? Moi.... je n'en connais pas un.

LE MARQUIS

Allons donc... Sans vouloir vous paraître importun, Je puis vous demander vers quel temps ces barbares Sont venus en Piémont porter leurs mœurs bizarres : Ce fait n'est constaté par nul bistorien. Peut-être savez- vous?...

MATTA

Vraiment , je n'en sais rien.

Mais c'est probablement dans le temps de la ligue ,

Lorsque les lansquenets appelés par l'intrigue

Des Guises, vinrent....

LE MARQUIS

Bab ! je doute de ce fait.

MATTA se levant.

Par ma foi , doutez-en , tout autant qu'il vous plaît.

LE MARQUIS

Pour un homme érudit

MATTA

Que le ciel me punisse , Si d'être un érudit j'eus jamais la malice.

LE MARQUIS

Vous le niez en vain ; et ce soir même ici , A propos de savans Grammont vous a trahi.

MATTA

Le traître ! il le sait bien -, nous autres gens de guerre Nous ne lisons jamais.

LE MARQUIS

Tout prouve le contraire.

Vous avez trop d'esprit pour être un ignorant.

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