ACTE III, SCÈ^iTE II. 5l
LE MARQUIS
Lorsque de ses faveurs , Le ciel semble vouloir combler la destinée, Qui peut donc Taffliger?
DELPHINE
Je ne me sens pas née Pour jouir de ces biens en vivant loin de vous. Si monsieur de Grammont devenait mon époux, Il faudrait renoncera vous, à ma patrie, Et ce serait vraiment sacrifier ma vie.
LE MARQUIS
Ab I ces réflexions vous viennent un peu tard, J'ai donné ma parole , et déjà j'ai fait part A nos procbes parents de ce beau mariage. Hier vous en avez reconnu l'avantage , Et tout à coup voilà que vous cbangez d'avis,
DELPHINE
Mais cependant, mon oncle , il doit m'ètre permis.
LE MARQUIS
Ebl que me parlez-vous d'exil , de sacrifice , Quand tout est convenu? d'un semblable caprice, Non , je ne serai point la dupe , le jouet , Et vous épouserez le mari qui vous plaît; A subir cet arrêt, sans peine on est docile.
DELPHINE en pleurant.
Ah î je n'ai plus d'espoir î. . .